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Bimbo blues

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Fabrice Antonov

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Quand elle promène, ingénue, son séant dans les rues,
Les hommes, devenus fous, roulent des mécaniques.
Ephémère étoile ou vénéneuse Angélique,
Elle emmène tous les mâles sur le chemin du rut.

Parfois, à demi-nue, allongée sur la plage,
Elle expose ses airbags, le regard dans le vague.
Indolente parvenue, l ’argent te fait songer
A ces fastueux hôtels, posés près du rivage.

Tu exhibes ton smartphone sans aucune pudeur,
Dévoilant des selfies qu'aurait honnis ta mère,
Et ces poses équivoques, prises sans en avoir l'air,
T ’enterrent lentement dans un sinistre malheur.

Dans la moiteur nocturne, tu t'affiches sur la toile,
Pour y tisser tes liens, exhiber tes ardeurs,
Telle une métisse nue vénérée des hardeurs,
Tu te rêves en Princesse enrubannée de voiles.

Bimbo, ma douce bimbo,
Ton blues est en mineur, et je t'arrache aux tiens,
Bimbo, terrible bimbo,
C'est un détournement de mineur, un monstrueux chagrin.

Dans les grandes surfaces, un sac à la main,
Tu te frayes un chemin à travers la foule.
Frénétiquement, ton corps mu par le Malin,
Déambule tel un chalut, porté par la houle.

Tu te retrouves bien seule sous les draps,
Pleurant cet homme obscène et insolent
Qui t'a abandonnée et là, couchée sur le divan,
Tu t’enfonces en douceur dans un profond coma.

Tu penses que l 'existence se résume
A poster sur les réseaux sociaux
Ces tatouages apposés au bas de ton dos,
Mais tu y perdras toutes tes plumes.

Bimbo, ma douce bimbo,
Ton blues est tellement nostalgique.
Bimbo, éternelle Bimbo,
Tu disparaîtras à jamais dans les fonds pélagiques.
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