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Avenue Mozart

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Fréd

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Au 109 avenue Mozart,

Barbote un bateau blanc écru.

Des mousses fleurissent les amarres,

Et ses mâts sont à moitié nus.

Venus d'une lointaine terre.

Une terre où pas un n'aurait cru,

Devoir abandonner ses frères,

D'un 5 juillet qu'ils ont connu.

Et portés par des vents de sables,

Que Dieu lui-même a insufflés,

Les pleurs figeaient les équipages

Pour une obscure destinée.

Ils arrivent en terre de France,

Qu'un général leur avait dit :

"Vive la patrie et vive la chance"

De la chance il n'ont vu que mépris.

A force de croire et de courage,

De ténacité et d'ardeur,

Parler pied noir fût une rage,

Mais parler vrai fût une peur.

Mon oncle capitaine de vaisseau,

Ma tante déesse de navire,

La fontaine aurait pu écrire,

Un paquebot et trois matelots.

Sur le pont supérieur du délice,

Où la cannelle, le pain d'épices,

Décorent les tables du dimanche,

Comme un arbre se nourrit de ses branches.

Longue vie sur cette caravelle.

Tous ceux qui viennent en sont séduits.

C'est un bateau ivre d'amour.

Un voyage au bout de la vie.
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Nabelle Martinez · il y a
c'est très joliment écrit. un voyage qui me plait
si le coeur vous en dit, j'ai deux poème saint valentin en compèt' : http://short-edition.com/oeuvre/poetik/de-toute-eternite-1
et aussi
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/foudroyes
si l'un ou l'autre (ou les deux vous plaisent)... mais sans obligation.

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