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"Ce qu'il y a de bien avec les gens fêlés c'est qu'ils laissent passer la lumière." Maman me dit que je n'écris que des élégies. Je ne sais pas décrire les petites fleurs et les papillons  [+]

J'entends tes pas titubants dans ce cimetière,
J'entends tes larmes cogner à mon caveau.
Mon Amour, ne viens pas m'honorer dans cet ossuaire.
Pitié, emporte mon âme sœur loin de ces tombeaux.

Dis-leur que jamais je n'ai été aussi heureuse qu'avec eux.
Dis-leur que l'Eden, pour moi, était ici-bas.
Que je n'ai que faire des promesses de Paradis sans toi,
Et que les Limbes peuvent bien attendre encore un peu.

Je vous veux Mémoire, Sphinx, Gardiens,
Lorsque, haut et fort, vous prononcerez mon nom.
Un verre d'hypocras levé pour ces souvenirs qui sont légions,
Je vous veux, mes amis, riants, pour repousser le chagrin.

Non, je n'incrusterai pas le bruit de mes pas sur vos parquets,
Je ne projeterai pas mon ombre fantômatique au jour baissant.
Mais je murmurerai à vos consciences endormies l'ampleur de mon néant,
Et chuchoterai à vos cœurs ces airs sur lesquels je dansais.

En ce bas-monde je t'ai légué nos peines et nos rires.
Élève-les, confiant, en une prière d'amour,
Ne les érige pas en armure, en barrières tout autour.
Je te somme de vivre et de laisser venir.

Niche-moi dans ton cœur et va sur nos sentiers d'antan.
Laisse-moi voir de tes yeux secs mes levers de Lune pleine ou ses croissants.
Et quand tu auras cessé de guetter mes traces inlassablement,
Je m'en irai t'attendre sagement, j'en fais le serment.

Non, mon Aimé, vers cette Lumière rien ne me mène.
Je n'obéirai donc pas à sa douce mais impérieuse injonction.
Je préfère attendre, désincarnée, sur le Perron,
Que, dans tes vieux jours, tu viennes glisser ta main dans la mienne.

Nous franchirons ensemble les portes de ce nouveau conte,
Ton visage ridé admirant ma jeunesse.
Et nos âmes sans âges se rejoindront dans l'ivresse,
D'enfin contempler ce que nous n'imaginions qu'en songes.

Et quand la poussière sera retombée sur nos tombes,
Que nos cendres entrelacées seront mêlées à la terre,
Poussés par le vent sur les allées de pierres,
Laissez-nous, de cette façon, doucement quitter ce monde.


Hécate XIII. Le 21 mai 2017.
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Mohamed Laïd Athmani · il y a
Ah que j'aime à .................
C'est très joli comme poésie qui captive et qui interpelle.
Toute personne sensible, pour ne pas dire âme, vibrerait au grès des sensations éprouvées.