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Nomi Uzelepo

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L'autre jour
Mon ange et moi étions au cinéma
L'air était si pesant si
Calfeutré oh j'aurais menti
Si je disais que je ne pleurais pas
Mon amour
Grandissant sous mes veines s'étouffant comme ça
Sanglotait doucement comme un cahin-caha
Mais mes prunelles à moi étaient noires impassibles
Mon ange chuchotait oh mon enfant terrible
Ah les sanglots si doux les fauteuils écarlates
Les vagues mélodieuses que mon cœur dilate
Entraient dans mes oreilles oh vapeurs d'ivraie
Comme si tout se cristallisait


Comme le jour la nuit.
Sont immenses


Ah
La salle était presque vide
Les visages éclairés apparaissaient livides
D'autres versaient des pleurs, je crois
Ou peut être était ce juste
Le reflet de l'écran sur leurs
Iris
Doux dérèglement
Des sens comme dirait Arthur
La chaleur, les chairs qui s'enfoncent
Ainsi qu'un pied dans la vase
Doucement
Doucement
Lentement
Les paroles
D'âmes désespérées
Flammes désespérées
Qui résonnent
On pourrait les saisir
Nous qui sommes assis
Assis dans nos fauteuils
Alors je pleure
Les émotions qui me traversent
Sont comme des fantômes infiniment doux
Comme des voiles qu'on met devant ses yeux
Pour ne pas se tuer
Comme
Des anges dont les mains s'effacent


Majesté


Je me demande si tout le monde est comme moi
S'ils ont derrière eux un ange
Visible par eux seuls
Et quand ils sont tristes
L'ange veut les embrasser pour boire leurs malheurs
Car l'ange
Est amoureux
Alors il reste dans leur ombre
Silencieux
Dénué de chairs ne pouvant pas pleurer
Infiniment triste mais ne pouvant pas
Verser un sanglot

Oh mon beau cinéma où des êtres doux se frôlent
S'embrassent
On est tous doux face à l'amour
Notre âme est douce comme un petit Jésus qui s'éveille
Nos yeux brillent comme des flammes tremblantes et chastes
Notre cœur bat comme un papillon à l'agonie
Mon beau cinéma
Et ton ambiance est si palpable et
Magique
Et si lourde et si triste et joyeuse à la fois
Les têtes s'abaissent comme des fleurs au crépuscule
Doucement
Lentement
Un doux abandon
Et on rêve à d'autres vies d'autres mondes
D'autres voies
Je voudrais ne jamais sortir de la
Avec mon ange derrière moi
Dans mon beau cinéma
Mais oh tous les films ont une fin
Même les génériques ont une fin
Oh non oh non je ne voudrais pas
Jamais jamais quitter ce beau cinéma
Mais mon ange me pousse vers la sortie, là bas
Au revoir enchanteur au revoir souffles clairs
7 euros 50 c'était le prix pour cette douce langueur
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