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Qualifié

Je déteste m’assoir au milieu d’un restaurant, je ne saurais vous dire pourquoi. Fidèle à ce toc, je tergiverse et tourne en rond comme le ferait un canidé qui cherche sa place. Et comme toujours je finis par m’assoir le dos au mur pour avoir une vue dégagée sur la salle. La journée à été longue, un journal, un petit verre aux reflets dorés et la paix. Voilà ce que je m’octrois avant de dîner, quel que soit l’endroit ou me conduisent mes tournées.
Ce soir je reviens pour la quatrième fois dans cet endroit respectable ou jamais je n’ai été déçu. Le choix est convenable la carte est belle, le chef connaît son affaire que souhaiter de plus ? On s’habitue à la solitude d’un métier nomade. Quelques fois se nouent au hasard des amitiés éphémères et des amours sans lendemain.
Lorsqu’une belle de passage accepte l’invite d’une mélodie jouée par un orchestre improvisé, on se laisse aller le temps d’une soirée.
La commande est passée, je jette un regard circulaire autour de moi et surprend la vie qui parade. Des mains se frôlent et se caresses. Une jeune femme est sous le charme d’un dandy de campagne qui n’aura pas les moyens de subvenir à ses besoins. Plus loin une tablée joyeuse tape la belotte et des envolées lyriques rejoignent les volutes de fumées d’une pipe récalcitrante. Autour d’une grande table, des conversations s’enflamment, les visages s’animent, les opinions se divisent en de démocratiques allusions. Mais on reste sobre par prudence, en évitant les passions.
Le garçon évolue avec aisance saluant les dames, questionnant les messieurs, avec le savoir faire d’un sommelier. Lors de son prochain passage, c’est la valse des senteurs dégagées par des plats enchanteurs qui pressent des têtes curieuses à se retourner. Tout cela est remarquablement organisé et je me dis que je ne saurai faire ce métier.

La porte opaline reflète à chaque tour de manège les lustres dorés et leurs discrètes lumières se dédoublent en milles reflets changeants. Les gens entrent en se frottant les mains, la nuit est tombée et le vent s’est levé car l’hiver s’approche à grand pas. On les débarrasse de leurs manteaux et de leurs gants en priant les dames de bien vouloir choisir leur table préférée.
Mon tour est arrivé et quand l’assiette est posée devant moi, elle arrive à point pour juguler une faim qui vient de s’imposer. Le repas est délicieux, je me laisse aller aux fumets du jarret braisé, à l’agrément d’une choucroute accompagnée comme il se doit de quelques pomme de terre fondantes en bouche ; bref, je suis heureux. Un petit verre de blanc pour ne pas oublier ma terre natale et tout va pour le mieux.
Il ne faut rien de plus pour laisser s’envoler mes pensées vers une époque révolue.

Voici quarante ans, je suis venu pour la première fois à Strasbourg en tant que jeune appelé au service national dans un régiment situé à une cinquantaine de kilomètres de là. J’aime cette ville, j’aime m’y promener et déambuler dans ses ruelles. Puis pendre un thé au premier étage d’un café que je garde secret.

Le destin est étrange, il peut être votre allié pour peu que vous ne soyez sourd à ses mises en garde et réticent à ses prises de pouvoir. C’est ainsi que je me remémore ce vendredi soir ou débutaient les jours de permissions que nous étions heureux d’obtenir. La feuille signée par l’officier de semaine à la main, nous étions tous déchaînés, sautant par-dessus nos lits comme des cabris échappés de leurs enclos. Nous avions soixante douze heures pour rejoindre nos familles avant de revenir à la caserne. Ce qui était long pour les uns, était très court pour les autres désavantagés par les trajets qu’ils devaient faire pour revenir au pays. Parmi ces soldats, certains avaient abandonné l’idée de partir en permissions à moins de quatre vingt seize heures de liberté.

Ce soir encore on remarquait les heureux bénéficiaires faisant leurs bagages et les autres le regard perdu s’étalant lamentablement sur leurs lits, se laissant aller à leurs déceptions. Certains se vengeaient sur les châlits et d’autres traînaient leurs chagrins au bar du mess. Il pouvait se passer plus de trois mois avant que ne se représente l’occasion de rentrer chez eux. C’était le cas de Jérémy Calmette. Ce jeune originaire du Massif Central venait d’être père et le mal du pays commençait à faire son œuvre. Il semblait absent et jouait de son instrument par défaut, exaspérant le Lieutenant à chaque répétition.
Jérémy avait obtenu sa permission et c’était ce qu’il y avait de pire. Il avait dans sa poche le congé tant convoité mais le délai hélas trop court ne jouait pas en sa faveur. Le Lieutenant était un homme dur et exigeant, mais juste ; nous marchions comme un seul homme, aucun ordre n’étant contesté. La renommée du groupe ne supposait aucun relâchement.
Jérémy, présentait l’image d’un garçon très avenant, excellent camarade et il ne laissait personne indifférent. Une petite réunion de l’ensemble des musiciens restant en service fut donc organisée séance tenante. C’est moi en tant que sous-officier, qui une demi-heure plus tard, fut, « désigné volontaire », pour tenter de convaincre le Lieutenant de bien vouloir rallonger de vingt quatre heures la permission de Jérémy pour qu’enfin il puisse rejoindre sa jeune femme et son enfant. L’homme en général était inflexible mais je remarquais ce jour là que l’officier appuyé nonchalamment sur le rebord de son bureau, ne résisterait pas à ma demande.
« Calmette devait être garde-trompette lundi, que me proposez vous ? »
« Mon lieutenant, je vais prendre le service de garde à sa place, il est impératif que cet homme puisse rejoindre sa famille, sinon c’est au service social que nous devrons faire appel ! »
« Bien, mais il me semble que j’ai également signé votre permission à vous, donc, vous renoncez ? »
« Monsieur quarante huit heures suffisent pour les deux cents kilomètres que j’aurais à faire, Calmette est nettement plus désavantagé pour un trajet qui dure pratiquement un journée. »
« Ok, je suis d’accord..., seriez vous prêt à me trouver un trompette pour mardi ?
« Oui mon lieutenant, je suis certain d’avoir un remplaçant, trois musiciens au moins se sont spontanément proposés pour prendre la garde de mardi. »
Dégageant un large sourire, l’officier fit une réponse d’ordinaire peu conventionnelle ;
« Ah ! Oui.... je vois, c’est un complot..., je veux leurs noms... ! »

Au sortir du bureau j’avais en main le précieux document autorisant cent vingt heures de liberté pour Jérémy. Ceci était tout à fait exceptionnel et c’est l’engagement du groupe en faveur de Calmette, qui avait été déterminant. On l’aida à faire ses valises en l’accompagnant dans sa folie joyeuse, mais il restait un problème à régler. Il était trop tard pour qu’il n’arrive à temps en gare, donc nos esprits survoltés se mirent en quête d’une solution.
C’est finalement, François Briard, un Maréchal des Logis de carrière, dont on admirait la nouvelle voiture de sport au parking du régiment qui proposa de conduire Jérémy à la gare de Strasbourg.
« Allez les gars montez fissa » disait-il, heureux de pouvoir se mettre au volant de son bolide.
« Allez... allez on y va si vous vous voulez qu’on y arrive à temps ! »

En cet instant le destin a choisi pour moi. Quelques secondes plus tard, ma route allait se séparer de la leur et je pestais furieusement de ce bâton qu’il jetait dans ma roue, on était bien un vendredi 13 et me voilà encore sujet à ces maudites superstitions.
« Margis...Margis, (Maréchal des Logis), Vincent s’est écroulé au poste de police, ainsi que deux autres gardes venez vite ! »
Ma permission venait définitivement de sauter, il était dans mes attributions de faire relever le trompette malade et de porter assistance au chef de poste pendant qu’il prenait contact avec l’adjudant-chef de garde.

Je vis donc la voiture et mes quatre amis passer devant moi. Je fis lever la barrière et elle disparut dans le flot de la circulation de ce vendredi soir.
Je n’eus pas le temps de m’apitoyer sur mon sort. Trois cas de méningite venant de se déclarer, les recommandations pour ce genre de problème furent immédiatement appliquées. Portes closes, toute circulation entrante ou sortante fut proscrite, puis arriva le médecin militaire qui consigna l’ensemble du régiment.

Des hélicoptères se posèrent sur la place d’arme, ce fut un véritable branle bas de combat, un ballet qui dura jusque tard dans la nuit. Les cas suspects passèrent en visite médicale et furent isolé. Les plus touchés furent transportés d’urgence à l’hôpital de la 6e Région Militaire.
La nuit fut longue et personne ne s’étonna de ne voir les vacataires en excursion à Strasbourg se présenter au poste de police. L’heure avancée aurait pourtant due leurs rappeler qu’ils devaient être de retour avant minuit. Mais rien, ne se produisit, pas le moindre coup de téléphone qui justifierait leurs absences ne fut enregistré au poste de police.
Vers une heure du matin, la gendarmerie d’un village situé entre Strasbourg et Haguenau fit part d’un communiqué téléphonique au poste. Le sous-officier se retourna vers moi, le visage blême et tandis qu’il reposait le combiné, il eu ces mots terribles :
« Ils sont morts..., les gars qui sont partit avec Briard se sont tués en percutant de plein fouet un bus qui venait en sens inverse. Briard et tes musiciens..., tous les trois sont morts... »
Je restais figé, affalé sur la couchette submergé d’émotions ;
« Ils étaient quatre, tu me parle de trois hommes..., et Calmette ? »
« Calmette n’y est pas, l’accident à eu lieu au retour de la gare de Strasbourg »
« Et dans le bus, combien de victimes ? »
« Le bus n’était pas en service, le chauffeur est blessé, mais heureusement sa vie n’est pas en danger. »

Quelques minutes plus tard le lieutenant informé de l’accident restât un instant sans réaction, puis ses émotions prirent le dessus et les meubles en firent les frais. Les officiers supérieurs entourant le Colonel se présentèrent devant le régiment rassemblé au garde à vous. Un silence de mort s’abattit dans les rangs et le discours du Colonel commandant le régiment fut poignant. Demain allait être une journée particulièrement difficile, ainsi que les jours suivants le drame. Nous avons mis des semaines pour retrouver un semblant d’intérêt à toutes nos actions.

« Monsieur..., pardon, monsieur...., puis-je débarrasser ? »
« Oui, je vous remercie, pardonnez-moi j’étais ailleurs. »

La porte tournicote toujours, les couples entrent et sortent, la soirée est à peine entamée et les commandes ne tarissent pas ; cette affaire est une mine d’or et cela correspond à la célébrité de l’établissement qui dépasse largement la ville.
Je reviens à la réalité et l’ambiance du lieu me sort de ma torpeur. La porte pivote encore pour laisser le passage au couple suivant et celui-ci avance dans l’allée centrale. Il a bien de la chance l’heureux élu de cette femme magnifique qui sur son passage emporte des regards envieux. Ils prennent place à la table qui me fait face et je regrette que cette égérie de beauté me tourne le dos. Un peu honteux de ne pas arriver à détacher mes yeux de cette table, je cherche un point d’intérêt ailleurs. Cet homme va finir par remarquer mon manège et j’en aurai l’air fin. En vérité il ne m’est pas inconnu sa démarche son comportement, tout me rappelle quelqu’un, j’en suis sûr !
L’image brusquement s’éclaire et je sais précisément ou je l’ai rencontré ; mon esprit alors refuse obstinément d’envisager cette possibilité.

C’est François Briard, il n’y a pas de doute ! C’est lui ! Il est maintenant plus âgé, cela confirmerai la possibilité que ça puisse être lui. Mais non... je dois me faire des idées, il est décédé il y a quarante ans dans ce drame de la route. Nous l’avons porté en terre au court d’une cérémonie militaire, ce n’est qu’une illusion, un sosie peut-être. Il faut que je me raisonne, assaillis de frissons, je commande un Calva en me disant que ça passera.
Mais non ; rien n’y fait, c’est Briard on ne peut pas ressembler de cette façon à un homme que j’ai trop bien connu. Nous avions fait ensemble nos classes de sous-officier, je reconnais son rire ses exclamations, ses gestes même. Je sais que je n’en resterai pas là, il faut que je lui parle, que je sache la vérité sur cette affaire.

Un long et éternel moment je ne pus me résigner à cette vision et finalement j’ai cédé. Il était tout simplement impossible pour moi de rester là sans savoir ce que m’était arrivé ce soir là ; je me suis donc levé lentement, tremblant, pour me diriger résolument vers cette table.

« Bonsoir, madame, monsieur..., je vous prie de bien vouloir m’excuser, mais vous êtes bien monsieur Briard n’est-ce pas ? »
« Euh ! Oui, on se connait ? »
La gorge serrée je restais là, tant la surprise était grande.
« Monsieur que vous arrive t-il ?, monsieur, ça va ? »
« Comment est-il possible que vous soyez là ?, mais vous ne me reconnaissez pas ? »
« Non, je suis désolé, mais vraiment je ne vous connais pas ! »
« Je suis Michel, Michel Falck, »
« Non, je ne me rappelle pas de vous, vous devez confondre avec quelqu’un d’autre. »
« Vous m’avez bien confirmé vous appeler Briard n’est-ce pas ?, François... tu ne me reconnais pas ! nous étions ensemble au régiment ? »
Après un silence plutôt déroutant, j’attends avec insistance sa réponse ;
« Je comprends maintenant, monsieur Falck, vous me parlez de mon frère François qui est décédé d’un accident de voiture il y a longtemps. Nous étions jumeaux, c’est un très mauvais souvenir que vous me rappelez là ! »
« Oh ! croyez bien que j’en suis désolé, monsieur, mais c’est la seule option que je n’ai pas pris en compte. Pardonnez-moi, mais j’ai vraiment pensé voir François et je ne m’en remets toujours pas ! »
« Vous n’y êtes pour rien ! Permettez que je vous présente, Anna Briard, sa fille. »
« Bonsoir Anna, je suis émus de savoir que vous êtes la fille de François ; et je suis honoré de vous rencontrer. Mais monsieur Briard, comment se fait-il que je ne vous ai pas vu le jour de l’enterrement ? »
« J’étais alors engagé moi aussi dans la marine et en opération extérieure je n’ai donc pas eu de permission pour assister à son enterrement, nous étions en mer et il était impossible de rejoindre le continent. »

Tout était clair maintenant, lors de cette soirée particulièrement riche en émotions, nous sommes devenus des amis. J’ai revu Anna, bien plus qu’il n’aurait été nécessaire de le faire. Elle n’attachait aucune importance à notre différence d’âge et nous nous sommes laissé surprendre par une extraordinaire complicité sentimentale. Cette rencontre avec Yves, le frère de François, a eu le don de me réconcilier avec cette funeste histoire, ce qui ne m’empêche pas de me rappeler de deux compagnons musiciens, décédés également en cette nuit tragique. Calmette est rentré de permission comme prévu et il s’en est voulu tout le reste du temps que nous avons passée ensemble sous les armes.

Un train raté de quelques minutes a mis en marche la roue du destin et le décompte des heures d’existence de trois personnes ; il ne leur restait plus très longtemps à vivre. C’était un vendredi 13.

PRIX

Image de Printemps 2018
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Virgo34 · il y a
J'ai passé un beau moment avec votre récit plein d'émotion.
Mon sonnet est en finale. Je vous invite à aller le découvrir. Merci.
http://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/au-bout-de-la-nuit-1

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Luce des prés · il y a
Je découvre et je vote ! +5
Je vous invite à découvrir mes haïkus , si ça vous dit ...
Merci d'avance et bonne soirée .

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Johnny Carpentier · il y a
La mélancolie qui se dégage de votre histoire m’a beaucoup touché ! Très émouvant !
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Max Delvo · il y a
Merci beaucoup, heureux d'avoir eu l'honneur de votre lecture!
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Elisabeth Marchand · il y a
Interpellée par votre passage sur le forum, je suis venue vous lire et ne le regrette pas...la faute au vendredi 13?? Je ne sais... le malheur ne choisit pas tjrs son jour... mes 5 voix...
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Max Delvo · il y a
Merci de ce message Elisabeth pour votre intérêt et votre sympathie, je la chance ainsi de faire votre connaissance et je vais en profiter séance tenante, bonne soirée.
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Elisabeth Marchand · il y a
merci Max... Pour moi aussi, le site Short Edition est un site qui permet de beaux échanges... Toutes mes amitiés...
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Marie · il y a
Max, encore une fois vous nous offrez une histoire des plus romanesques même si elle est tragique. Le service militaire était un bon creuset de l’identité nationale mais il coûtait cher...Le repas au restaurant avec la choucroute m’a fait saliver et j’adore Strasbourg que j’ai découvert tardivement. Merci pour ce texte.
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Max Delvo · il y a
Je vous remercie Marie, pour l'intérêt que vous me portez, oui, le service national coûtait cher à la Nation, mais au moins nous étions formé à agir collectivement pour l'intérêt général., en oubliant nos origines et nos différences! Merci beaucoup !
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Marie · il y a
Je suis d'accord.
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Thomas Clearlake · il y a
Ce texte est une petite merveille, merci. Vous avez mes voix.
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Max Delvo · il y a
Merci de ce compliment bonne journée.
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Yann Olivier · il y a
J'aime. Je vote. 5 voix.
De mon côté, je suis en compétition pour Imaginarius 2017 (sujet : la brume) : http://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/ainsi-soit-il-2

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Fred Panassac · il y a
Une terrible histoire, narrée avec beaucoup d'empathie et de retenue, avec les détails caractéristiques du contexte militaire, qui ne cessent d'étonner celles ou ceux qui ne sont pas passés par là. La fin du texte avec la rencontre du frère jumeau est bouleversante. Mes votes sans hésiter.
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Max Delvo · il y a
merci encore Fred, nous avons eu la chance d'avoir vécu ce mélange social et c'est un manque pour la jeunesse d'aujourd'hui, j'en suis convaincu, merci!
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Didier Lemoine · il y a
Bon texte. Mes votes pour vous. Si vous voulez visiter et pourquoi pas voter pour "la princesse Alexandra" qui lutte dans le prix IMAGINARIUS, c'est ici :http://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/la-princesse-alexandra
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Manita · il y a
Que d'émotion pour ce texte à qui je donne mes voix. Je vous invite à me lire si vous en avez le temps. Belle journée de Noël.
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