US ET COUTUMES 4

il y a
2 min
3
lectures
1
A rire de tout, on peut parfois faire des gaffes monumentales. Eh bien ce fut le cas aujourd’hui. Ma grand-mère disait tjrs que le ridicule ne tue pas. Je confirme. J’aurais préféré disparaitre et mourir un instant face à la situation impossible du jour :
Je suis au boulot, dans l’agence ou je travaille depuis près de quinze ans, alors, les clients, je les connais pratiquement tous, et inversement. Certains sont devenus des amis, ou des amis des amis... ce qui dans mon esprit est presque pareil. Je ne suis pas quelqu’un de familier pour autant, j’ai toujours une certaine réserve avec les gens, qui d’ailleurs aurait dû être exacerbée pour ce qui va suivre...
Un client restaurateur asiatique arrive dans l’agence, je suis de bonne humeur et raconte des bêtises depuis le matin, et rien ne peut m’arrêter. Alors quand il rentre avec un bandeau blanc autour de la tête, avec son sourire poli, son respect naturel et puis sa gentillesse aussi parce que sans cela, le reste n’aurait jamais eu lieu, je ne me doute pas que le pire est à venir. Les salutations passées, je lui dis que ça lui va bien ce petit bandeau blanc et qu’il ressemble à Bruce Lee, le dieu du karaté, maitre de tous les maitres. Et je le noie de paroles discontinues, puisqu’il me regardait toujours avec autant d’attention. Il hoche la tête aimablement en souriant. Il avait l’air d’apprécier mes propos. Moi, à l’aise, encouragée par sa politesse de trop... et ayant un souvenir impérissable de Kung Fu panda, je commence à imiter ce héros, gesticulant avec des petits cris tels qu’on les imagine, bloquant ma respiration à chaque nouvelle posture, expirant comme si toute mon énergie était concentrée dans ce souffle divin.. Il sourit. Ça m’encourage.. Je crois que je l’impressionne. Je vois ma collègue qui me fait des gestes désespérés derrière le guichet d’accueil. Mais je continue ? Je m’en fous, Je suis inspirée, franchement le panda à cote de moi, c’est le petit scarabée. Ma collègue finit par me tirer par le bras, m’attire dans un bureau, et me dit de sa voix plus aigüe d’une octave :
- il porte le bandeau blanc en signe de deuil, il a perdu son père hier ;
- Tu deconnes ??
- Pas du tout... maintenant bon courage pour la suite

Elle me plante la sur ces paroles.
La suite, outre le vide intersidéral qui s’est installé dans mon esprit, s’est déroulée dans le bureau en huit clos. Seule avec moi-même et ma honte. Assise sur la chaise, la tête dans les mains, je trouvais la situation tellement drôle et tellement absurde, que ça faisait le Ping pong en accéléré entre ces deux émotions. Faut dire il y avait la place compte tenu du trou noir qui s’y est formé. Le chaos !
Une seule chose à faire, aller m’excuser...
Je pense que je vais en entendre parler pour le reste de ma vie, enfin moi à leur place, je Le ferais !

Gardons une part de mystère G. DELOMBRE
1
1

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !