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Une parenthèse à Paris

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Raven

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La nuit vient de tomber. Le vent frais d’été m’effleure la peau partiellement cachée par mon blazer. Les terrasses des cafés sont toujours bondées à cette heure ci. J’adore observer les personnes qui y sont assise. Ici, à Paris, j’ai l’impression que la ville ne dort jamais. Peu importe l’heure et la raison pour laquelle je me trouve dans cette rue, mais à chaque fois, je prends le temps de m’y arrêter quelques instants afin de regarder une à une chaque personnes assise face à moi. J’essaye alors de m’imaginer leur vie, leur nom, leur âge, leur profession, le nombre d’enfants qu’ils peuvent avoir... A force de pratiquer cet exercice, il m’est de plus en plus difficile de trouver de nouvelles personnalités et de nouvelles habitudes à mes sujets.
Il y a toujours ce type de femme, qui se donne un genre très distingué pour appartenir à la « haute » comme ils disent. Elle tient une longue cigarette, même pas encore allumée, et aime parler fort et faire des gestes exubérants. Elle est souvent entourée d’un grand nombre d’amis, tous comme elle à se prendre pour ce qu’ils ne sont pas. Peut-être que je me trompe. Peut-être que je juge mal, sans connaître et que ces personnes s’expriment de la sorte dans leur quotidien.
Il y a aussi ce quarantenaire, assis seul à une table avec son journal. Les jambes croisés, un costard impeccable et sa petite mallette de cuire posée à ses pieds. J’imagine qu’il boit un café bien serré et sans sucre, examinant la bourse. Il a certainement un poste à haute responsabilité dans une grande entreprise parisienne, et profite de ses soirées à se détendre en terrasse sous la brise d’été.
Quelquefois, il arrive que je remarque un couple de personnes âgés. Assis face à face, comme pour se rappeler leur premier rendez-vous, s’échangent quelques mots et beaucoup de sourires. Monsieur remue son café en écoutant attentivement son épouse qui lui raconte sa journée. Toujours très chic, madame profite une fois encore de Paris sous la pleine lune, en espérant que sa soirée dure encore longtemps.
A cette heure-ci, il n’y a pas de parents en terrasse. Du moins, pas de parents avec leurs enfants. Les couples présents ce soir doivent certainement avoir laissé la garde à une nourrice afin de profiter de cette belle soirée étoilée.
Moi, je suis seul, debout de l’autre coté du trottoir à regarder les gens s’amuser. J’aime ma vie. Je ne pense pas avoir besoin d’une compagnie pour apprécier mes soirées. L’observation des autres me suffit à me divertir et pour être honnête, je ne vois jamais le temps passé.
- Excusez moi ?
C’est une voix de femme. Je me retourne.
- Oui ?
- J’aimerai passer, vous bloquez le passage.
- Oh excusez-moi.
Je m’écarte sur ma droite, libérant le trottoir. Je croise rapidement le regard de cette femme, magnifique. Ses longs cheveux blonds sont attachés en arrière, dégageant ses beaux yeux verts. Elle se tourne pour repartir mais je ne peux m’empêcher de lui demander :
- Euh, madame ?
La jeune femme se retourne et me sourit.
- Mademoiselle, s’il vous plait.
- Pardon ?
- Vous pouvez m’appeler mademoiselle. Je ne suis pas encore une dame.
Mais oui bien sûr. Je suis idiot. Pourquoi lui ai-je demandé de répéter ? Je n’arrive plus à être moi-même. J’ai l’impression d’être ridicule, comme un enfant découvrant pour la première fois son idole. Je l’ai arrêté pour lui parler mais n’ai aucune idée de quoi lui demander.
- Vous vouliez quelque chose ?
- Euh... oui. Vous aimez le café au lait ?
Oh mais qu’ai-je dis ? Je ne suis quand même pas stupide à ce point ? C’est la pire méthode d’approche. Je n’ose même plus la regarder. Elle doit me trouver ridicule.
- Oui j’aime bien. Et vous ?
Elle m’a répondu ! Je croise son regard. Un large sourire traverse son visage, me permettant de me sentir un petit peu plus à l’aise.
- Oh oui. En face ils en font un excellent. Je peux vous inviter ? Vous avez un peu de temps ?
- Disons vingt minutes ?
- C’est parfait.
Je n’en reviens pas. Pour une fois, je vais aller m’asseoir à une table dans le café que j’observe chaque jour, et accompagné en plus.
- Vous préférez en intérieur ou en terrasse ?
- En intérieur si ça ne vous dérange pas. Je suis un peu frileuse, avoue-t-elle.
Je pousse la porte de l’établissement. A peine rentré que je sens déjà la chaleur étouffante prendre possession de mon corps. La sensation de liberté que j’aime ressentir à l’extérieur vient de s’évaporer en l’espace d’un instant. J’examine la salle. A cette heure-ci, il ne reste plus beaucoup de tables de libres, mais j’en remarque une, à l’écart du bruit et de l’agitation. Je m’empresse de la rejoindre, suivi par la jeune femme.
Tel un gentleman, je lui tire la chaise, l’incitant à s’assoir. Dans un large sourire, elle prend place. Je ne peux m’empêcher de lui rendre bêtement son sourire.
- Vous êtes ? Me demanda-t-elle une fois que je fus assis face à elle.
- Pardon ?
- Comment vous appelez-vous ?
- Oh excusez-moi, je m’appelle Franck. Et vous ?
- Enchanté Franck, Amandine.
Cette demoiselle avait bien une tête à s’appeler Amandine. Oui c’est ridicule, mais c’était un des prénoms que je m’étais imaginé pour elle. J’hésitais entre Amandine, Alice, Marie, Julie et Louise.
- Vous faîtes quoi dans la vie Franck ?
- J’aime regarder les gens et m’imaginer leur vie.
Oh mais qu’est-ce que je viens dire ? Je n’ai répondu sans réfléchir. Elle va me prendre pour un psychopathe... Je suis tellement bête, elle voulait certainement me demander quel était mon métier. Mon regard est plongé dans la carte du café, esquivant ainsi tout contact visuel. Je balade mes yeux entre les différents cafés : café noisette, cappuccino, mocaccino, café allongé, café au lait...
- C’est intéressant. Vous pouvez me montrer ?
Je relève la tête. Amandine semble s’amuser. Je n’arrive pas à décrire ses sentiments précisément. Se moque-t-elle de moi ou est-elle vraiment curieuse par mon passe-temps ?
- A vrai dire, c’est purement fictif. Je ne les connais pas après tout. Je peux bien penser ce que je veux.
- Je me doute bien, mais montrez-moi, ça m’intéresse.
Je regarde les occupants des autres tables. Rien de bien excitant. Il y a une famille avec leurs deux enfants. Le père est en train de remuer le chocolat chaud de son fils pendant que celui-ci s’amuse à taquiner sa soeur. La mère est focalisés sur son téléphone, oubliant presque le moment convivial qu’elle est en train de vivre. Il y a aussi quelques amis à une table, à rire très fort. Sûrement des étudiants, vue leur jeune âge et leur style vestimentaire. De grands adolescents pas encore prêt à quitter le cocon familiale mais souhaitant malgré tout vivre comme des adultes. Je n’ai rien de particulier à rajouter sur ces personnes. Mes yeux continuent de sillonner la salle, à la recherche d’une cible simple à analyser mais qui puisse faire son effet auprès de la demoiselle assise face à moi.
- Vous voyez la table du fond ? Demandais-je finalement à Amandine.
- Vous parlez de l’homme assis seul en train d’écrire ?
- Effectivement. Mais il ne fait pas que d’écrire sur son journal. Je suis presque sûr qu’il réalise des mots-croisés.
- Comment pouvez-vous le savoir ? Nous sommes bien trop loin pour distinguer ce qu’il fait.
- C’est justement là tout l’intérêt de ce que l’on est en train de faire. On peut s’imagine ce que l’on veut. Vous pouvez très bien penser que cet homme est un humoriste qui prépare son prochain spectacle. Ou bien un homme d’affaire qui recompte encore et encore ses stocks de marchandises qu’il enverra dès demain matin en Chine. Ou encore un père divorcé qui rédige sa liste de course afin de faire plaisir à ses enfants ce week-end lorsqu’ils viendront lui rendre visite.
- Et qu’imaginiez vous sur la vie de cet homme ?
- J’imagine qu’il vient régulièrement dans ce café, qu’il s’assoit toujours à la même table, va commander directement au comptoir et qu’il en profite pour prendre le journal. Il passe ensuite une petite heure à lire puis à remplir les différents sudoku et mots-croisés. Là, il en est à la partie des mots-croisés. Comment je le sais me demanderiez-vous ?
- Je vous demanderai plutôt : pourquoi imaginez-vous cela ? Pourquoi ne pourrait-il pas remplir une grille de sudoku ?
- D’après ses mouvements de bras, il semble remplir des grilles en horizontal et vertical. Aussi, il a l’air de réfléchir entre chacune de ses actions.
- Mais il pourrait écrire une liste de course et réfléchir à ce dont il aura besoin, vous ne pensez pas ?
- Effectivement, mais pourquoi écrire cette liste sur un journal ?
- Il n’a peut-être rien d’autre ?
Je m’amuse. J’aime la façon qu’Amandine a pour essayer de trouver le détail qui remet en cause toute ma théorie. Elle a raison et je le sais. Cet homme n’est peut-être pas en train de compléter une grille de mots-croisés, il n’a peut-être même pas acheté son journal au bar du café. Mais peu importe, j’aime analyser et essayer de trouver une histoire à toutes ces personnes.
- Vous avez raison, il n’a peut-être rien d’autre. Et vous, qu’imaginez-vous ?
- Moi, dit Amandine, je m’imagine que cette personne se sent seule, qu’elle souhaite avoir de la compagnie comme j’en ai aujourd’hui grâce à vous. J’imagine qu’une fois sa liste de course terminée, elle se hâtera de finir son café pour repartir chez elle. Je pense qu’elle ne reste pas si longtemps que vous le dîtes.
- Vous avez peut-être raison.
Un serveur s’approche de nous, un bloc note à la main.
- Bonsoir, que désirez-vous boire ?
- Un café au lait s’il vous plait, s’exclame Amandine.
- Deux s’il vous plait.
Il prit le temps de noter notre commande, nous remercie et se retire pour aller prendre la commande de la table à coté.
- J’espère que vous aviez raison.
- Sur quoi ?
- Sur le café au lait. Vous m’aviez promis que l’établissement en faisait un excellent, j’espère que c’est vrai.
Moi aussi, avouais-je au fond de moi. Honnêtement, je n’étais encore jamais rentré dans ce café. D’habitude, je me contente de rester dehors, à regarder les occupants de la terrasse.
- Et selon vous, Franck, comment s’appelle ce monsieur ?
- Celui du fond de la salle ?
- Oui
Je réfléchis rapidement. Cinquantenaire, crâne dégarni, lunettes à bords écailles, sourcils épais, mal rasé et réalise des mots-croisés.
- Que pensez-vous de Bertrand ? Finis-je par dire.
- Hum, pourquoi pas. Je pensais plus à Michel ou Bernard voyez-vous.
- Trop commun Michel, dis-je, Bernard c’est trop vieux.
- C’est vous l’expert, finit-elle par dire en riant. Avez-vous déjà demandé à une personne son prénom après l’avoir deviné ?
- Non jamais.
- Vous devriez essayer. Avec un peu de chance, vous pourriez avoir raison.
- Et si je me trompe ?
- Et si vous vous trompez ?
- Oui.
- Vous vous tromperez. Quelle est la probabilité que cette personne s’appelle Bertrand ?
Elle avait raison, une fois de plus. Il m’était impossible de garantir que ce monsieur s’appelait effectivement Bertrand. Mais j’avais envie de l’imaginer comme ça. Bertrand, vivant seul, se réfugie chaque soir à cette même table dans le même bar, prenant son doux café et réalisant ses mots-croisés. Après, il rentre chez lui, arpentant Paris de nuit, la tête enfouie sous une grosse écharpe de laine.
- Alors ?
- Alors quoi ? Répétais-je.
- Quelle est le probabilité que cet homme s’appelle Bertrand ?
- Oh très peu. Trop peu même. Mais qu’est-ce que ça change qu’il s’appelle Bertrand ou non ? Je me le représente d’une certaine manière, et vous d’une autre. Aucun de nous n’aura la réponse exacte.
- Et vous, qu’imaginez-vous sur moi ? Finit par me demander Amandine.
Le moment que je redoutais tant arrive. A la fois je le redoutais depuis le début de notre rencontre, mais je l’attendais aussi avec impatience. Lorsqu’elle a accepté mon invitation, j’étais persuadé qu’elle finirait par me demander une analyse de sa vie, par simple curiosité.
Je la regarde. Je la dévisage même. J’analyse un à un chaque détail de son visage : la couleur exacte de ses cheveux, leur longueur, leur parfum. La longueur de ses cils, l’épaisseur, le maquillage... Je descend progressivement mon regard jusqu’à arriver sur son cou. Elle porte un très fin collier orné d’une unique perle. Je connais ces colliers. Apparement, c’est votre conjoint qui vous l’offre, puis chaque année, il y ajoute une perle. Elle porte un chemisier bleu clair à rayures, où les deux premiers boutons sont ouverts, dévoilant que secrètement le haut de sa poitrine. Une veste en jean est posée sur sa chaise. Je n’arrive pas à voir les détails de cette veste, mais il me semble qu’il y a un écusson d’accroché. Ou peut-être un pins. Je ne sais pas. Amandine a les bras croisés au dessus de la table et me regarde fixement.
- Amandine, je vous imagine étudiante en lettre, variant vos plaisirs entre les lectures de grands auteurs français et entre la préparations de délicieux desserts les dimanches après-midi. Vous ne sortez pas beaucoup, n’avez pas un grand nombre d’amis mais le peu que vous avez ont toujours été là pour vous. Je m’imagine que vous vivez dans un petit appartement à l’écart de Paris. Vous devez subir les contraintes des transports en communs plusieurs fois par jour mais heureusement vous trouvez du réconfort chaque soir lorsque votre chat vous grimpe dessus pour se reposer. J’imagine également que vous voyez quelqu’un de temps en temps, que votre histoire est sérieuse mais que vous ne voulez pas vous engagez. Vous aimez votre indépendance et votre compagnon le respecte. Je pense que vous aimeriez voyager à l’autre bout du monde, mais votre situation ne le permet pas.
- Vous pensez donc tout ça de moi ?
- Encore une fois, c’est uniquement une des visions que le monde peut porter sur vous. Et moi, je vous imagine de la sorte.
Le serveur arrive, un plateau à la main et nos deux cafés posés dessus. Il dépose délicatement chaque tasse sur notre table et me tend l’addition. Je la saisis sans la regarder et le remercie.
- Et qu’est-ce qui vous fait dire que je suis étudiante en lettre ? Me demande-t-elle amusée.
- J’ai remarqué qu’un livre de Balzac dépassait de votre sac, avouais-je.
- C’est de la triche !
- Le fait d’avoir un livre dans votre sac ne fait pas de vous une étudiante, et encore moins une étudiante en lettre. Vous pouvez aussi être une serveuse qui aime s’évader dans ses lectures.
- Et pour le chat ?
- Comment ça ?
- Comment savez-vous que j’ai un chat ? Il est lui aussi caché dans mon sac ?
Je me mis à rire, et elle me suivit.
- Non. Vous avez quelques poils accrochés à votre veste.
Amandine tourne la tête afin de vérifier. Elle me sourit et trempe ses lèvres dans la tasse. Elle avale une petite gorgé de café au lait et je l’imite. C’est vrai qu’il est très bon !
- Et donc vous pensez que je ne sors pas beaucoup ?
- Effectivement.
- Et pourquoi donc ? Je suis bien assise dans un café, avec un inconnu. Une fille qui n’aime pas sortir aurait refusé votre invitation.
Elle marque un point.
- Si ma théorie est juste et que vous habitez en retrait de la capitale, j’imagine qu’il est difficile pour vous de sortir. Vous rentrez tard des cours, et peu de bars ou de boites de nuits sont à proximité de votre logement. De plus, vous m’aviez dit tout à l’heure que vous imaginiez ce monsieur derrière « seul et qu’il aimerait certainement avoir de la compagnie, comme vous ce soir ». Une fille habituée à sortir n’aurait probablement pas interprété la vie de cet homme de cette façon.
- Je dois avouer que vous êtes un étrange personnage.
Amandine reprend une gorgé de café. Elle ferme les yeux lorsqu’elle avale, savourant la coulée chaude du café à travers sa gorge.
- Le café est bon ? Demandais-je.
- Oh oui ! Vous aviez raison. Vous venez souvent ici ?
- Pas vraiment non. En général j’observe les gens qui sont en terrasse.
- C’est quand même une drôle d’activité. Et à quoi vous serve cette vie imaginaire que vous leur inventez ?
- Ils m’inspirent pour la création des personnages de mes romans.
Cette fois, c’est à mon tour de prendre une gorgée de café. Alors que je porte la tasse à ma bouche, je regarde Amandine. Elle me semble étonnée et me regarde avec de grands yeux.
- Vous êtes écrivain ?
Je repose délicatement ma tasse sur son socle.
- Je ne m’élèverais pas à ce titre, dis-je en riant. J’écris pour m’échapper du quotidien, refaire le monde, permettre à mes personnages de les faire voyager, de les faire se rencontrer...
- Et vous trouvez votre inspiration avec ces gens ? Me demande-t-elle en montrant du regard les autres personnes du café.
- Entre autre. Je me sers aussi de mes expériences et de mes rencontres.
Amandine rougit. Elle a compris que je parle d’elle.
- Vraiment ? Vous racontez vos rencontres comme elles se sont réellement passées ou vous enjolivez la vérité ?
Amandine me teste.
- Tout dépend s’il y a matière à en tirer quelque chose.
Elle reprit une gorgée de café en souriant.
- Ce soir, y-a-t’il « matière » ?
- Je pense que ça fera une bonne histoire.
Amandine ne dit plus rien. Elle savoure son café, et je reste face à elle, à la regarder. Ses longs doigts tiennent fermement sa tasse qu’elle porte plusieurs fois de suite à ses lèvres. Après une ultime gorgée, elle repose la tasse sur son socle.
- J’ai bien apprécié ce moment partagé avec vous, Franck.
Elle me sourit, se lève et attrape son manteau. Elle sort de sa poche quelques pièces qu’elle dépose sur la note, puis enfile sa veste.
- Vous partez déjà ?
- Je vous avais promis vingt minutes. En voici presque trente d’écoulées.
Je n’avais pas regardé l’heure depuis que j’étais en sa compagnie. C’est vrai que l’heure a filé à une vitesse incroyable. Je regrette déjà que le temps soit passé si rapidement.
- Est-ce que je vous reverrai ? Lui demandais-je.
- Tout dépend si vous me bloquer encore le trottoir, me répondit-elle en souriant.
Elle quitta la table, et avant de franchir la porte de l’établissement, Amandine se retourne et me dit :
- Au fait, je n’ai pas de compagnon. J’avoue que si je sortais plus, ce serait certainement différent. A bientôt Franck.
Elle sort du café. Cette parenthèse dans ma vie me fait le plus grand bien. Je me sens de nouveau vivant. Cette fille, à la fois compliquée à interpréter mais aussi passionnante à découvrir me donne l’envie de revenir chaque jour, à la même heure, sur le trottoir d’en face, espérant lui bloquer de nouveau le passage.
Je dépose à mon tour quelques pièces par-dessus la note, et sort du café en souriant.
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Image de Miraje
Miraje · il y a
Il est quelquefois de ces rencontres qui laissent comme une cicatrice ...
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Serge Debono · il y a
Une belle rencontre, un dialogue bien mené et un propos intéressant. Hormis quelques problèmes de temps, je trouve votre personnage fascinant, un genre de sniper du quotidien exerçant ses talents d'observateur dans les lieux publics, personnage rendu crédible par la pertinence et l'élégance de votre plume. De plus, et pour les mêmes raisons, la naissance de cette idylle sonne très authentique. Bref, j'étais venu vous remercier pour votre passage discret sur mon texte, mais le vôtre m'a enchanté. Bravo Raven ;-)
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Raven · il y a
Oh un grand merci Serge. Votre commentaire me touche. Bonne continuation à vous :)
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