Une E-Stoire stupéfiante (part 5)

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Le dimanche matin se passa, pour une bonne partie, à faire la grasse matinée. Puis il y eut une virée au bowling où Marc avait rendez-vous avec Galdini et Karen. Natacha n’était pas avec elle. Comme d’habitude, Marc et Karen firent équipe contre Galdini et Cyril. Et comme d’habitude, Marc envoya plus de boules dans les gouttières que sur la piste. Galdini, lui, était plus doué pour le bowling que pour les blagues.
― Vous venez prendre un dernier verre chez moi ? demanda Marc.
Galdini répondit qu’il passerait un peu plus tard mais Karen avait un rendez-vous et passa son tour cette fois.
Une fois de retour à l’appartement, Cyril annonça à son père qu’il allait lire dans sa chambre. Marc s’installa devant la télé pour suivre le championnat de monde des poids lourds qui promettait. Mais Derzik envoya Botchenko au tapis dans le second round. Un direct qui fit même fait trembler le poste de télévision.
Guignol !
Le combat ayant cessé faute de combattants, Marc termina un repas froid puis il fit un tour dans la chambre de Cyril.
Il ne cessait jamais de s’émerveiller d’être le père d’un surdoué. Lui, Marc Lassy. Cyril lui tournait le dos mais Marc aperçut une bande dessinée.
Tiens ! Il a enfin décidé de lire des bouquins de son âge.
Le téléphone sonna et Marc laissa Cyril à sa lecture.
― Salut Caroline. Oui, le week-end a été génial. Et toi ?... Je suis content alors... Il est dans sa chambre. Et tiens-toi bien, il lit un album de bandes dessinées.... Si si, je viens de le voir. Comment t’as fait pour le convaincre... Je sais qu’il déteste... Bien sûr que non ! C’est toi qui achètes ses livres... C’est pas toi qui... ?
Marc laissa le téléphone et se précipita dans la chambre de Cyril. Une sorte de pressentiment. Il arriva juste à temps pour voir Cyril sur le rebord de la fenêtre. L’enfant se retourna vers son père.
― Et Tigerman s’élança dans la nuit à la recherche du Virus mutant, dit-il.
Il se retourna, écarta les bras et plongea par la fenêtre.
Marc plongea juste après. Une de ses mains accrocha la jambe de Cyril tandis que l’autre s’accrocha au rebord. Mais c’était trop lourd.
On va tomber. Il faut que je tombe le premier. Je dois tomber le premier. Cyril doit tomber sur moi. Trois étages. Il va s’en tirer.
Et Marc tomba. Mais il ne tomba que de dix centimètres avant que deux mains ne le rattrapent lui et Cyril.
― Tu sais décidément pas quoi faire pour pas payer ton verre ! dit Galdini.
Il les tira tous les deux à l’intérieur de la chambre. Cyril délirait toujours.
― Galdini ! J’ai jamais été aussi content de voir ta chemise !
― Tu peux l’dire. J’ai bien failli pas v’nir. Heureusement que Botchenko s’est fait étaler vite fait. Une vraie lopette ce type. Il m’a fait perdre 20 billets.
Le regard de Galdini se posa sur l’e-book encore ouvert sur la table. L’e-book qui était caché à l’intérieur de l’album de bande dessinée.
― Purée ! fit Galdini en comprenant ce qui venait de se passer.
― Il y a des bières dans le frigo. Peut-être aussi quelque chose à béqueter, dit Marc. Sers-toi, je reviens !
Il attrapa l’e-book et, cramponnant toujours Cyril, il revint dans le salon où Caroline criait toujours dans le téléphone.
― Ça va, ça va. Tout va bien. Cyril va bien. T’expliquerai !
Il raccrocha sans autre forme de procès. Il avait une chose urgente à faire. Il laissa Galdini dans l’appartement et poussa Cyril dans la voiture. Le jeune garçon était toujours absent et parlait toujours de Tigerman et d’autres choses inintelligibles pour Marc.
Même si c’était toujours défendu par la loi, Marc sortit son portable et appela tout en conduisant.
― Harry Base, répondit une voix encore endormie.
Il est 6h ! À quelle heure il se couche ce lascar ?
― C’est Marc! Marc Lassy.
― Officier Lassy ? Oh bon sang, quelle gueule de bois ! Comment ça va officier ?
― Je vous dirai ça dans quelques minutes. Et laissez tomber l’officier. Rendez-vous au labo SyberMonde dans quinze minutes.
― Mais...
― Eh ! Réveillez-vous Harry ! Dans quinze minutes.
― Eh... D’accord.
Quinze minutes plus tard Marc arriva devant la grille qui barrait l’entrée de SyberMonde. Harry arriva en même temps, conduit par une jolie rousse.
Le garde les laissa entrer sans problème. D’ailleurs il valait mieux pour lui.
En voyant Cyril et l’e-book Harry devina rapidement ce qui se passait. Mais il ne posa qu’une seule question alors qu’ils se dirigeaient tous les trois vers le labo.
― Combien de temps ?
― Trois-quarts d’heure maximum, répondit Marc. Est-ce que ça ira ?
― Avec de la chance !
Une fois à l’intérieur, Harry plaça l’e-book ouvert dans une chambre spéciale. Il pianota sur son ordinateur et une série de signes apparurent sur l’écran. Des signes de différentes couleurs qui défilèrent rapidement. Puis après quelques minutes interminables, certains autres signes s’écrivirent sur un second écran d’ordinateur.
― Ça marche ! dit Harry en lisant le second écran. Bientôt il y aura suffisamment de mots pour que je retrouve l’histoire d’origine.
Cyril ne parlait plus maintenant. Il se mit à somnoler puis s’endormit sur sa chaise.
― Ça y est. J’ai l’histoire, annonça Harry. Incroyable !
― Qu’est-ce qui est incroyable ? demanda Marc
― Regardez-vous même.
― Je ne vois pas, dit Marc.
― Mais c’est une histoire pour enfants ! Je n’arrive pas à le croire. Le premier stupéfiant électronique de catégorie quatre est une simple histoire pour enfants ! Écoutez ça: Et la Peugeot blanche traversa le ciel à la poursuite du dragon...
Marc blêmit.
C’est pas possible !
― Et ça: L’agent de police du royaume magique eut le temps de relever le numéro de la plaque d’immatriculation... Chantal saisit sa baguette magique et la lança à Vincent...
Harry se tourna alors vers Marc et le fixa. Une ride se creusa sur son front. Puis il fixa Cyril et encore Marc. Puis retourna à ses écrans.
Oh zut ! Il a deviné.
― Inutile d’attendre plus longtemps. Quelqu’un est peut-être en train de le télécharger ! Effacez ce truc, dit Marc.
― Voilà ! J’ai supprimé le lien d’hébergement, dit Harry. L’histoire, est effacée.
― Et c’est tout ? demanda Marc. Mais si quelqu’un a sauvegardé l’histoire, il pourra la télécharger à nouveau, non ?
― C’est pour cette raison que je vais saturer le réseau avec un leurre.
Ce gars est vraiment pas possible ! S’il était en train de se noyer et s’il appelait à l’aide, il trouverait encore le moyen de faire croire qu’il prend un bain.
― Quoi que ce soit, faites-le vite, Harry.
― L’histoire a un titre, alors surtout je garde ce titre exactement. Mais je passe l’histoire dans un programme de camouflage. Voilà ! C’est fait. Ce programme change deux lettres du texte, au hasard. Même avec un texte assez court, les possibilités sont presque infinies. Le programme répète l’opération constamment et pulse les histoires modifiées par millions, sur le réseau. C’est ce qu’on appelle des leurres. Un lecteur ne lira jamais la véritable histoire. Même si quelqu’un télécharge à nouveau ce stupéfiant électronique il sera perdu au milieu de tous ces leurres inoffensifs. Enfin c’est le cas pour les stupéfiants de catégorie un et deux. Je n’ai jamais eu à traiter une catégorie quatre.
Dis pas ça, Harry !
― J’avais remarqué que Cyril avait beaucoup d’imagination. Même pour un surdoué, dit Harry maladroitement. Il ne peut pas être tenu pour responsable. Il n’y a aucun moyen de savoir qu’une histoire se transformera en stupéfiant électronique. Heureusement d’ailleurs. Mais il vaudrait mieux que Cyril évite de télécharger ses histoires à l’avenir.
Inutile de lui dire que j’ai inventé cette histoire moi-même.

https://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/une-e-stoire-stupefiante-part-7-et-fin
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Image de Jeanne en B
Jeanne en B · il y a
Ah, voilà que ça tourne à l'histoire perso
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Patricia Burny-Deleau · il y a
Ouf !
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Elisabeth Marchand · il y a
Aïe ! ça devient chaud !

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