Une destinée désertique

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Lors de mes vacances d’été, je m’étais décidé à rendre visite à mon grand père. Après avoir obtenu mon baccalauréat, je m’étais dit que rien ne valait une visite au Sahara pour me changer les idées. Mais, le vrai but derrière ce voyage était de découvrir mon passé. En effet, actuellement mon grand père vit à Djanet, et moi et ma famille nous vivons à Alger. Cependant, quand j’étais petit nous vivions tous ensemble sous le même toit. En effet, moi ainsi que mes parents vivions avec mes grands parents au Sahara, à cette époque ma grand mère était toujours en vie. Après la mort mystérieuse de cette dernière, mes parents avaient pris la décision d’aller vivre à Alger en m’emmenant avec eux de force, car je voulais rester vivre avec mon grand père. J’avais donc quitté le Sahara à contre cœur, car j’y étais très attaché. Aussi, je n’ai pas eu la moindre explication, au sujet de ce départ inattendu. Néanmoins, avant de quitté le Sahara, mon grand père m’avais promis que tous me sera révélé à mes dix-huit ans, et aujourd’hui j’ai enfin dix huit ans. Ca me parait si loin maintenant. Malheureusement, les temps changent. Cela fait maintenant dix ans, que mon grand père vie seul en touareg. Je me demande à quoi il ressemble aujourd’hui, je ne l’ai pas revu depuis ce funeste jour. En effet, lui et mes parents m’avaient interdit d’aller lui rendre visite avant d’avoir dix-huit ans. Mais, j’ai toujours veillé à rester en contact avec lui, surtout au moment des fêtes, car je lui dois une partie de mon éducation. En effet, grand père m’a appris tant de choses quand j’étais petit, je me réjouis beaucoup à l’idée de le revoir à nouveau. Le grand jour ne tarda pas à arriver, je me suis alors rendu à l’aéroport et avais pris l’avion pour Djanet. Après deux heures et demie de vol, j’étais enfin arrivé à destination. Une fois à l’aéroport, j’avais aperçu mon grand père qui m’attendait. A peine l’avoir vu, je m’étais dépêché de le rejoindre. Puis, je me suis directement jeté à son coup en l’enlaçant fort dans mes bras
-Comment ça va grand père, c’est moi Ilyes, tu m’as tellement manqué
-Moi aussi, tu m’as manqué mon garçon, ça me fait chaud au cœur de te revoir. Mais, je ne suis pas seul regarde qui est avec moi
C’est la que je l’ai vu. Rayonnante tel un soleil, ses cheveux châtains étaient si lissent, qu’elles flottaient au moindre contact avec le vent, et ses yeux bleus étaient comme un océan, dans le quelle je me noyais. J’étais resté sans voie devant sa beauté
-Je suis Safa ta cousine, ne me dis pas que tu m’as oublié Ilyes ?
-Safa ! Quelle surprise c’est bien toi ? Comment pourrais-je t’oublier ? On jouait souvent a cache-cache ensemble quand on était petit
- Ca fait tellement longtemps, qu’on ne s’était vu, n’est-ce pas ?
-Tu parles, on s’est séparé depuis l’âge de six ans, toi et ta famille étiez parti vous installer en France. Depuis, je n’ai pas eu de tes nouvelles, sinon qu’est-ce que tu deviens ?
-J’ai obtenu mon bac et je compte poursuivre des études en géologie a l’université. C’est d’ailleurs pour cette raison, que je suis venu ici, en espérant que ce séjour m’aidera pour approfondir mes connaissances dans ce domaine
-Je suis navré d’interrompre vos retrouvailles mes enfants, mais, il est temps de rentrer. Vous continuerez votre discussion autour d’une bonne tasse de thé, que je vous préparerais avec joie

Nous avait dit grand père. Après quoi, nous avions pris un taxi et lui avait demandé de nous emmener à Dider, ou vit précisément mon grand père. Au cours du trajet, j’étais resté émerveillé en observant les dunes infinies, d’où émergent des massifs de roches multiformes et multicolores renfermant d’antiques gravures rupestres, les palmeraies verdoyantes. En effet, Djanet offrait un festival de paysages sublimes et des sites d’une rare beauté, et d’une valeur universelle exceptionnelle. Une fois arrivé chez mon grand père, j’étais rempli de nostalgie. Tous les souvenirs de mes visites me revenaient en boucle et un sentiment de déjà vu s’était emparé de moi. Ce dernier habitait toujours une Zériba, la maison traditionnelle des touaregs, construite uniquement de pierres et de feuilles de palmiers. Une fois a l’intérieur, grand père est alors allé nous préparer du thé. Assis autour d’une table, nous l’attendions moi et Safa
-Nous avons parlé de moi tout à l’heure, mais toi, tu fais quoi dans la vie ?
-Moi aussi, j’ai obtenu mon bac et j’ai l’intention de poursuivre des études en informatique à l’université, à Alger bien sur, comment vont tes parents ?
-Bien, et les tiens ?
-Ils vont très bien également. Mais, à part les études tu fais quoi ?
-Je lis des livres. Depuis mon arrivé en France, je me suis intéressée de très prêt a sa littérature car elle me fascine et toi, tu fais quoi dans tes heures perdues ?
-Moi, je suis un Geek. Je ne fais que regarder des animés et jouer aux jeux vidéos. Au fait, tu compte rester combien de temps ?
-J’ai prévu de rester une semaine. Etant donné que je suis arrivé hier, il me reste six jours a passer ici, génial non ?
-Oui, carrément. Moi, je compte rester dix jours. Ce qui veut dire que je vais profiter de ce séjour plus que toi
-Ha ha ha ! Très drôle
Aprés avoir échangé ces quelques mots, grand père nous avait rejoint. Assis tout les trois autour de la même table, il nous a servi du thé. Puis, il a commencé a nous faire part de tant de choses
-Ah ! Cette odeur m’a manqué. Il n’y a pas à dire, le thé de grand père est unique pas vrai Safa ?
-Oui et comment, j’ai lu que c’est la spécialité des gens du sud algérien
-Effectivement mes enfants, mais, vous savez pourquoi notre thé a cette particularité ?
-Non, à toi de nous le dire grand père
Avions demandé moi et Safa
-Et bien, mes enfants c’est parce que nous les touaregs avons un rituel de préparation, dont nous sommes les seul a détenir son secret. De plus, le thé c’est sacré chez nous, c’est le symbole de l’hospitalité. Partout et a tout heure, le thé est servi aux visiteurs et aux touristes. Traditionnellement, on servait trois tasses. Le premier est amer comme la vie, le second fort comme l’amour et le dernier doux comme la mort
Moi et Safa étions fascinés par l’explication de grand père, nous avions ensuite commencé à siroter notre thé, quand cette dernière lui demanda :
-Grand père, il y a une question que je veux te poser depuis que je suis arrivée ici
-Je t’écoute, mon enfant, de quoi s’agit-il ?
- Je suis curieuse de comprendre l’origine du mot Djanet
-Djanet est le pluriel de Djenne, devenus el Djennat et qui veut dire paradis. Cependant, je tiens aussi à vous rappeler la légende de ce targui, qui lorsqu’il faisait pâturer ses chameaux, a cru qu’il les a perdus, alors qu’ils étaient accroupis et penchés dans l’oasis. Le Targui avait demandé à son ami, où étaient les chameaux. Ce dernier lui avait répondu « Jennat », qui veut dire, ils sont assis, en Targui. C’est de la, que provient l’origine de l’appellation Djanet.
-Tu as vu Safa, notre grand père sait beaucoup de choses, mais en même temps, ça ne m’étonne pas de lui
-En effet, Ilyes, nous avons de la chance de l’avoir
Grand père avait souris avant de nous dire :
-Vous me flattez mes enfants, mais le meilleur est à venir. Une fois que vous aillez fini votre tasse de thé, je me ferais un plaisir de vous faire visiter Djanet
Après avoir pris le thé ensemble et partagé cette conversation, je me suis retrouvé en tête a tête avec grand père et lui avais alors demandé :
-Grand père, tu ne peux pas imaginer à quel point ça m’a fait plaisir de te revoir et de parler avec toi. Toute fois, rentrons dans le vif du sujet, je te prie. Te souviens-tu de la promesse que tu m’avais fête ?
-Bien entendu, mon enfant. Celle de te dire la vérité au sujet de ton départ forcé
-Oui grand père, celle la même. Alors, je t’écoute
-Mon enfant, tu la connaîtras au cours de ton séjour. Maintenant prépare toi à découvrir la plus belle ville du Sahara, selon moi.
Nous sommes alors sorti tout les trois pour visiter Djanet avec comme guide notre grand père. C’est ainsi, que nous avons passé notre séjour à visiter les merveilleux et historiques endroits de Djanet, les un après les autres. Dès le début de notre aventure, nous avons compris que dans ces contrées désertiques, aussi fascinantes que séduisantes, la notion de temps n’a plus de signification. On à l’impression que le temps allait s’arrêter dans ces espaces infinis. Le paysage vous offre un tableau, qui vous coupe le souffle, et l’oasis, du grand art archéologique. On a pu le voir, dès notre première halte, dans le lieu-dit «Tinrassou». Les deux grottes perchées au sommet de la colline rocheuse cachent des peintures rupestres représentant des vaches, des girafes et autres animaux qui témoignent l’existence d’une vie antérieure avant le désert.
Cette impression nous l’avons eu tout au long de nos excursions, partout nous sommes frappés par un paysage lunaire fait d’un mélange, d’un sol rocailleux avec des couleurs variés, et des dunes au sables d’or. Partout, nous trouverons la trace de ceux qui ont vécu dans cette région à travers des peintures rupestres et des écritures en Tifinagh (Alphabet Touaregs).
“Il existe plus de 5.000 gravures rupestres à ciel ouvert, ils sont tous classés patrimoine national” nous avait expliqué grand père au cours de notre visite au Parc.
C’est comme un musée à ciel ouvert avec ses nombreuses œuvres rupestres. Grand père nous a expliqué que le Parc représente l’ensemble du plateau du Tassili, il est l’un des plus vastes au monde avec 80 000 km2 et se distingue par une grande richesse en faune et en flore. Ce qui lui a valu d’être classé patrimoine mondial de l’UNESCO. Le parc est devenu un lieu de pèlerinage des touristes, qui viennent découvrir les nombreux œuvres, qui représentent la grande faune des mammifères tels l’éléphant, l’hippopotame, la girafe, le rhinocéros etc... Tout dans le parc est fascinant, la roche, les dunes, les gravures, la nature, le désert, les pitons rocheux aux divers formes, l’immense ciel, tout nous rappelle que dans cet extrême sud, on préfère s’évader dans le temps et oublier les tracasseries et le stress quotidien.
Plusieurs endroits nous ont fasciné au cours de ce voyage, à commencer par Tin Zoumaitek, un endroit touristique et culturel, qui se trouve sur la plaine Tamghit. Il se distingue par ses peintures rupestres de couleurs rouges et blanches, ils représentent des animaux et des figures géométriques, ainsi que le célèbre masque, qui symbolise la personnalité de l’homme Targui.
Il y a aussi Sefar, qui illustre parfaitement la période euphorique de l’homme. Les peintures qu’on retrouve dans cette localité, représentent des séquences de la vie quotidienne, ainsi que la chasse aux animaux. La femme targuie est également présente dans cet épisode qui remonte selon grand père à plus 5000 ans.....
Tamghitest, un endroit qui se situe à quelques Kilomètres de Djanet et qui prouve la richesse de cette région en matière de la faune et la flore. Cette région met en relation l’union sacrée de l’homme Targui avec le Chameau. Nous avons eu à le vérifier à travers les nombreux dessins et peintures rupestres, qui mettent en évidence cet animal. Tadrart est quant à elle, une région qui se situe dans le Sud Est de la ville de Djanet. Elle se distingue par une grande richesse naturelle et culturelle. C’est la localité préférée pour les antilopes et notamment la gazelle. Le touriste est émerveillé par les paysages fascinants de cette région. Essendilen, un Oued qui se trouve à environ 60 kilomètres de Djanet, longe toute l’oasis de la région. C’est l’un des plus beaux endroits touristiques du plateau. Il est très prisé par les étrangers, du moment que le terrain offre les plus belles randonnés pédestres. Aussi les nombreuses plantes et arbustes témoignent de la richesse biologique de la région.
« La vache qui pleure » est un endroit fascinant situé à Tigharghat. La légende raconte que cette localité était jadis très riche en eau. C’était un lieu privilégié pour le pâturage, jusqu’au jour où la sécheresse a gagné toute la région. Les paysans voyaient ses vaches souffrir et entendait les gémissements de leurs troupeaux. Ils ne pouvaient rien faire devant la force de la nature, et ils n’ont pu que graver des dessins représentant deux vaches, dont les yeux sont débordés de larmes. Ces gravures rupestres sont toujours visibles sur les vieux rochers de cet endroit, qui porte le nom de ce triste épisode dans l’histoire des Touaregs. La légende raconte aussi que l’esprit de ces vaches hante toujours ce lieu maudit, cet esprit était connu sous le nom de Tafunast.
La roche éléphant, La nature a façonné au fil des années un mélange de rochers et de sables pour en faire des formes harmonieuses et sculptées par le vent et l’eau. Les figures sont différentes les uns que les autres, et certaines laissent le visiteur dans un éblouissement total. C’est le cas de cette roche qui a pris l’allure d’un immense éléphant, la couleur ocre de la roche qui culmine en plein milieu de sable jaune a donné à l’endroit plus de valeur et de fascination. Nous avons également était témoin de la dense du Sebiba, lors des soirées artistiques animées par des orchestres Targuis de la région. Ces soirées ont été programmées au niveau de la Khaima du Ténéré village. Nous avons été gâtés par la musique Tindi, qui constitue l’une des richesses culturelles de la population Targui du Tassili. En plus du rythme fascinant et entrainant de ce genre musical, des membres de l’orchestre nous ont gratifiés des pats de danses de « Sebiba » Une danse rendue célèbre par l’homme bleu, lors des fêtes commémoratives. Grand père, qui maitrise lui aussi cette danse, nous explique qu’au début de chaque année hégire (Moharrem), les Touaregs commémorent une page de leur histoire. Il s’agit d’un pacte de paix signé entre deux tribus Touaregs, Oraren et les Tar’Orfit. La fête qui porte le même nom que la danse « Sebiba » dure plus d’une semaine (jusqu’au jour d’El Achoura), et met en valeur la richesse culturelle de toute la région. Nous avons passé un moment à la fois magique et inoubliable, tout se passait bien. Cependant, à la veille du départ de Safa, alors que nous dormions tous les trois, cette dernière a commencé à crier de toutes ses forces. Ses hurlements nous ont tout de suite réveillé moi et mon grand père, et nous nous sommes immédiatement précipité vers elle, c’est la que je m’étais écrié :

-Qu’est-ce qui t’arrive Safa ? Où as-tu mal ?

-Ah ah ah ! Je ne sais pas, j’ai mal .Je sens que mes forces m’abandonnent
Elle suait à grosses goutes et semblait s’affaiblir après chaque seconde. A ce moment la, grand père m’avait dit :
-Suis moi Ilyes, il n’y a pas une seconde à perdre, nous devons agir avant qu’il ne soit trop tard
-Quoi ? Tu veux dire que tu as compris ce qu’il lui arrive, mais comment ?
-L’heure n’est pas aux questions, je t’expliquerais tout cela plus tard. Tout ce que tu dois savoir, c’est que ta cousine est possédée par Tafunast
-Quoi ? Mais je croyais que ce n’était qu’une légende
-Détrompes toi mon garçon, ici, les légendes naissent de la réalité
Il est allé préparer du thé sans perdre un instant. Toute fois, l’odeur de ce thé était étrange à celle de celui qu’il avait l’habitude de nous préparer
-Grand père, pour quoi tu prépares du thé ? Et pourquoi son odeur est si différente ?
-C’est un thé spéciale dont seule une poigné de touaregs détiennent le secret. Tu dois savoir que la menthe grâce à la quelle je prépare ce thé existe de puis des milliers d’années, et que c’est le seul moyen de sauver Safa
-Comment ! Je ne comprends pas ?
-En buvant ce thé tu vas entreprendre le voyage intérieur. En d’autres termes, tu vas accéder à la dimension dans la quelle vie Tafunast. Tu devras ensuite le sceller avant le coucher du soleil. Sinon, il aura dévoré toute l’énergie vitale de Safa
-Mais cela est-il vraiment possible ? On croirait entendre une légende, et comment je dois m’y prendre quand je serais face à lui ? Je ne me suis jamais battu de ma vie !
-Je t’ai déjà dit tout à l’heure, qu’ici les légendes naissent de la réalité. Tu dois d’abord me croire, sinon tu ne pourras pas réussir car la force d’un homme vient d’abord de ces croyances. Pour le combat, tu dois comprendre que le voyage que tu vas faire est un voyage spirituel. Ce qui veut dire, que seul ton esprit le fera, ton corps ne bougera pas d’ici. Ta force dépendra donc de celle de ton esprit et non de ton physique. Dans la dimension de Tafunast, c’est la force de l’esprit qui compte. Une fois à l’intérieur, tu dois faire vite pour trouver Alyem, il te guidera jusqu'à la jarre du destin. Un objet mystique, qui a la capacité de scelle Tafunast. Si tu as compris toutes mes instructions, il est temps d’y aller, le thé est prêt
Grand-père m’donné la tasse de thé et au moment ou j’allais commencer à le boire, ce dernier m’avait dit :
-Attends, tu dois d’abord sentir son odeur un moment avant de le boire. Allez, je compte sur toi, Ilyes
Après avoir bien senti l’odeur du thé, j’ai eu l’impression que cela avait décuplé mes sens. Tout autour de moi me paraissait plus clair. Après quoi, j’ai bu le thé et j’ai eu une étrange sensation. C’était comme si j’avais plongé dans un océan, et que j’y m’enfonçais profondément, mais, cela ne dura que quelques instants. Je m’étais réveillé dans un désert vide en portant la tenue traditionnelle des touaregs. Il faisait une chaleur insoutenable, mais étrangement, cela n’avait pas l’air de m’affecter. C’est la que je me suis souvenu des paroles de grand père, lorsqu’il m’a dit que dans ce voyage spirituel, c’est la force de l’esprit qui primait. Cela voudrais alors dire que la mienne m’a permis de surmonter l’enfer dans le quel je me trouvais. J’ai regardé le soleil en ouvrant les yeux et je m’étais dit, que cela arrivait en plein après midi. Je m’étais tout de suite réveillé, c’est à ce moment la, que j’ai repéré au loin un énorme monstre, qui avait l’apparence d’une vache démoniaque. C’était surement Tafunast, qui s’était matérialisé dans sa dimension. Dés qu’il m’avait remarqué, il s’est tout de suite mis à ma poursuite. De mon coté, je m’étais mis à courir sur le champ pour tenter de lui échapper. La vitesse de Tafunast était impressionnante, mais, la mienne n’avait rien à envier a la sienne. Cependant, après avoir parcouru plusieurs kilomètres, j’étais fatigué. Il était clair que Tafunast allait me rattraper. J’ai levé à nouveau la tète pour regarder le soleil, j’étais alors surpris de voir, que cette poursuite avait duré si longtemps, car j’étais désormais en fin d’après midi. Je continuais désespérément de courir en me demandant, ou je pourrais trouver cette personne du nom d’Alyem, quand soudain, j’aperçu un chameau. Une fois face à lui, ce dernier s’était exprimé :
-Vite ! Monte sur mon dos gamin, sinon Tafunast ne va faire qu’une bouché de toi
Je m’étais dit a cet instant, que je n’avais pas encore atteint mon lot de surprise dans ce voyage. Voila maintenant, que je rencontre un chameau qui parle. Je l’ai tout de suite chevauché et il s’était aussitôt mis à courir. Toute fois, ce qui était le plus surprenant, c’est de voir que sa vitesse était au moins identique à celle de Tafunast, voir supérieure
-Dis moi, tu es qui au juste ? Je n’ai jamais vu un chameau qui parle et encore moins qui court
-Qui je suis gamin ! Tu veux savoir qui je suis ? Tu es sur que tu ne le sais pas ? Ton grand père a du te parler de moi non ?
-Mon grand père, mais attends ! Ca y est, je sais tu es...Alyem
-En cher et en os et toi comment t’appelles-tu ?
-Je m’appelle Ilyes, mais comment tu connais mon grand père ?
-L’heure n’est pas à la discussion Ilyes, je vais t’emmener jusqu'à l’endroit ou se trouve la jarre du destin, mais avant prend ça
Il ouvrit la bouche et sorti un arc et une flèche avec sa langue, je les ai pris dans mes mains et lui ai demandé :
-Un arc et une flèche, pourquoi faire ?
-Ils ont le pouvoir de paralyser Tafunast pendant quelques instants. Tu en auras besoin, lorsque nous aurons trouvé la jarre du destin. C’est à ce moment que tu dois le sceller, tu n’auras pas d’autres chances
-Bien, j’ai compris Alyem
Après un long parcours, nous étions arrivé à l’entrée d’une grotte, c’est la qu’Alyem s’écria :
-Maintenant Ilyes ! Armes ton arc et tire ! N’oublie pas ! Tu n’auras pas d’autres chances
Je fis instantanément ce qu’il m’avait dit. Pourtant, je n’avais jamais tenu un arc entre les mains. Décidément, ce voyage était aussi mystérieux qu’étonnant. Je m’apprêtais à tirer quand soudain, je remarquais que le coucher du soleil était proche. Je m’étais rappelé les paroles de mon grand père, quand il m’a dit que je devais réussir avant que le soleil ne se couche. J’ai paniqué à cet instant, mais, dés que je m’étais souvenu que Safa comptait sur moi pour la sauver, j’avais tout de suite repris mon sang froid. J’ai visé Tafunast en pleine tête et avais réussi à l’atteindre là où je voulais. C'est-à-dire, entre les deux yeux. A cet instant, une aura l’a enveloppé l’empêchant de bouger, je suis en suite descendu d’Alyem pour pénétrer dans la grotte. C’est là que je l’ai trouvé...la jarre du destin. Une fois cet objet mystique en ma possession Alyem me dit :
-Vite Ilyes ! Ouvres-la et oriente la vers Tafunast !
Je fis exactement ce que m’a dit Alyem et la jarre a commencé à l’aspirer, jusqu'à le sceller. Je l’ai aussitôt fermé et je m’étais dit que j’avais accompli ma mission.
-Merci Alyem, tu as été un brave compagnon
-Je te retourne le compliment Ilyes, salue ton grand père de ma part
-Mais attends, tu ne m’as toujours pas dit comment tu le connaissais
A ce moment une lumière a surgit du ciel et m’a entouré, je m’étais instantanément retrouvé comme projeté tout en haut. L’intensité de la lumière était si forte qu’elle m’avait obligé de fermer les yeux. En les ouvrants, j’étais de nouveau chez mon grand père, Safa semblait ne plus souffrir et dormait profondément
Félicitation Ilyes...tu m’as vengé
-Vengé ? Que veux-tu dire ?
-Tu te demandais comment ai-je pu savoir, à quoi était dû le mal de Safa ? Alyem a du te parler de moi aussi. Et bien, il y a très longtemps, j’ai été confronté au même ennemi que toi, Tafunast. Son esprit nous considère comme coupables de ne pas avoir pu protéger la vache qui pleur. Pour cela, il vint s’emparer d’un membre de notre famille. Exactement, c’est lui qui a pris ta grand-mère. Tu n’es pas seulement le héros de Safa, tu es le héros de ta grand-mère également, tu es le héros de la famille. En scellant Tafunast, tu viens de mettre fin à la malédiction qui fut la notre depuis bien longtemps. A présent tu connais toute la vérité au sujet de ton passé qui t’a été caché délibérément
J’étais sidéré face à de telles révélations. Quelques secondes plus-tard, Safa ouvrit les yeux :
-Je...je t’ai vu Ilyes, je t’ai vu combattre cette chose, tu m’as...tu m’as sauvée
Elle me prend la main et la serre très fort contre son cœur, avant de me dire :
-Merci...
Grand-père la couvre, puis, elle s’endort instantanément. Ce fut une nuit magique, une nuit lors de laquelle, j’étais devenu le héros de toute une famille. Une nuit durant laquelle, j’ai fais face au désert et à ses légendes. Une nuit...un séjour, qui restaura à jamais gravé dans mes pensées.
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