Un Noël Farfelu

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Plus qu’une semaine avant Noël. Au loin, dans le ciel, si vous faites bien attention, vous pouvez apercevoir une étoile très brillante, bien plus brillante que Sirius. Située au pôle Nord, cette étoile n’est en fait que la maison du père Noël. Dès que les préparatifs du grand jour commencent, cette maison, tel un bijou serti de diamants, est parée de petites lumières multicolores et très vives. A l’intérieur, dans un vaste salon, de milliers de petits elfes s’affairaient en silence. Ils fabriquaient toutes sortes de peluches, des ours, des Mickey, des girafes...Le père Noël avançait doucement, inspectant le moindre détail. Il s’arrêta devant les peluches destinées aux bébés.
« Non, je vous ai dit, pas de rouge pour les plus petits, mais, plutôt de l’orange, c’est plus apaisant. »
Un petit elfe s’approcha du père Noël :
« Père Noël, c’est la mère Noël qui m’envoie, elle te fait savoir que le repas est prêt.
- J’arrive bientôt, répondit le père Noël, il ne me reste que le salon des maisons de poupée. »
En effet, dans cette immense maison, on dénombre des centaines de pièces, chacune consacrée à la fabrication d’un seul jouet ou autre cadeau.
Dans la cuisine, la mère Noël finit de poser la table quand le père Noël entra.
« Ça sent la soupe au potiron ? Demanda-t-il sans grand enthousiasme.
- Oui. Pourquoi ? Tu aimes bien la soupe.
- Oui, mais pas tous les jours.
- Mais ce n’est pas tous les jours ! Hier, on a mangé un ragoût de bœuf aux pommes de terre.
- Oui, je sais... C’est juste que j’ai très envie de tester autre chose.
- Autre chose ? Quoi de particulier. »
Le père Noël se rapprocha de la mère Noël et timidement rajouta.
« Il y a dans la petite ville nommée Paducah dans le Kentucky, on y trouve les meilleurs burgers et je rêve d’y goûter ! Viens voir. »
Il ouvrit une petite boîte en bois un peu plate et telle une télévision, il lui montra cette fameuse ville et la nourriture qui lui fait tant envie. La mère Noël ne fut pas très convaincue.
« Mon gros gourmand ! Tu sais qu’on doit éviter de manger ailleurs que dans notre maison, tu ne connais pas ces restaurants et ces cuisiniers.
- J’ai envie d’y goûter juste cette fois, s’il te plaît supplia-t-il avec des yeux doux.
- C’est bon, tu peux aller chercher ce qui te fait envie et tu reviens vite ! Il y a beaucoup de travail qui t’attend encore, puis surtout ne te fait pas repérer ! »
Tel un enfant, le père Noël sauta de joie. Il embrassa sa femme et se dirigea vers son attelage de rennes.
« Ho ho ho ! S’écria-t-il » avant de s’engouffrer dans un nuage. Quelques secondes plus tard, il en ressortit, mais sur un vélo, portant un large pantalon noir, une chemise à carreaux blanc et rouge et un béret sur la tête couvrant à peine sa longue chevelure blanche. Tout en chantant, il se dirigea vers le centre-ville à la recherche des meilleurs burgers. Mais voilà, il se retrouva au milieu de dizaines de petits fastfoods qui offrent des mets aussi savoureux les uns que les autres. Le père Noël fut face à l’embarras du choix.
« Mère Noël m’a bien permis de choisir ce que je veux, pensa-t-il, donc je vais goûter à tout
ce qui me fait envie.»
Il entra dans un premier fastfood et s’installa à une table. Le serveur s’avança vers lui.
« Salut grand-père ! Que puis-je vous servir ?
- Un grand burger.
- Quel type ? Viande, poulet, tomates, cornichon... À vous de choisir, lisez la carte devant vous. »
Le père Noël prit la carte et il fut encore plus étonné par le choix des burgers proposés. Puis sans hésitation, il s’adressa au serveur.
« Je les veux tous.
-Tous ? Précisa le serveur.
-Oui tous. »
Le père Noël sortit avec un gros sachet. En passant près d’une pizzeria, il s’arrêta pour regarder avec gourmandise une belle image de pizza aux champignons et aux olives.
« Pourquoi pas ? Tout ce qui me fait envie m’a dit mère Noël ! »
Et il s’offrit encore deux grandes pizzas. Cependant, avant de prendre la route, il appréhenda la réaction de mère Noël face à toute cette nourriture.
« Je vais commencer par manger ici avant de rentrer à la maison.»
Il s’installa dans un parc à l’abri des regards et entama sa mission, celle de manger un maximum en prenant soin de laisser deux burgers, un pour lui et l’autre pour mère Noël. Sur le chemin du retour, il ressentit quelques vertiges. Une fois arrivé, il tomba sur le plancher de la cuisine. Affolée, la mère Noël accourut vers son époux puis cria.
« Bigelf, faite venir Elfdocteur.» Bigelf est le chef de tous les elfes
Une demi-heure après le diagnostic tomba.
« C’est une indigestion ! Déclara Elfdocteur, je vais lui prescrire des médicaments, mais surtout, il lui faut du repos.
- Mais en cette période, vous savez que c’est impossible, répliqua la mère Noël.
- C’est obligé, ses vertiges risquent de s’aggraver.»
La mère Noël s’adressa au son époux avec une pointe de colère.
« Je t’avais pourtant prévenu !
- Je suis désolé, répondit le père Noël d’un air triste, je vais vite reprendre des forces, tu vas voir. »
Pendant ce temps, le travail des petits elfes ne s’est pas arrêté un instant, le problème qui se posa par la suite, concerne la distribution des cadeaux pour le soir de Noël. Seul le père Noël possède les compétences nécessaires pour une telle tâche.
Bigelf essaya de rassurer tout le monde.
« Ne vous en faites pas, tout va rentrer dans l’ordre, car il y a toujours une solution. Je vais m’en occuper. »
En quittant la chambre du père Noël qui s’était assoupi, la mère Noël rejoignit Bigelf.
« Comment pensez-vous régler ce problème ? demanda-t-elle »
Bigelf, d’un air embarrassé, baissa la tête, puis répondit.
« En vérité, je n’en ai encore aucune idée, ce que j’ai dit, c’était juste pour rassurer le père Noël.
- Si on demandait à Elfsavant ?
- Oui, c’est une très bonne idée. »
Elfsavant, comme son nom l’indique, c’est un elfe qui possède beaucoup de connaissances et d’expériences en ce qui concerne la terre, il est aussi l’inventeur et le concepteur de nouveaux jouets. Il travaille seul dans une petite pièce au dernier étage. Sur sa porte, on peut lire laboratoire.
La mère Noël, accompagnée de Bigelf, exposa le problème à Elfsavant. Ce dernier, commença à faire les cent pas dans sa petite pièce en se frottant le menton. Tantôt, il s’arrêtait pour griffonner quelques mots sur le papier, tantôt, il recherchait, on ne sait quoi, parmi les livres de la bibliothèque. Soudain, une lueur brillante dans ses yeux ainsi qu’un large sourire, laissa penser qu’il venait de trouver une solution. La mère Noël et Bigelf, les yeux écarquillés attendirent que Elfsavant s’exprime.
« Farfelu ! S’exclama Elfsavant.
- Quoi Farfelu ? Répondirent en chœur la mère Noël et Bigelf.
- C’est Farfelu qui a la solution !
- Qui est Farfelu ? Demanda la mère Noël.
- C’est la personne la plus intelligente sur terre ! C’est elle qui peut nous aider.»
« Oui, bien sûr, ricana Bigelf, on va simplement chez cette personne et on lui demandera de nous aider à distribuer les cadeaux du père Noël qui est malade !
- Il a raison, rajouta la mère Noël, c’est une chose impossible à faire pour un humain.
- Pas pour Farfelu !
- Et puis pourquoi on l’appelle Farfelu si c’est la personne la plus intelligente ?
- C’est comme cela qu’on l’appelle, chez les humains, tous ceux qui sont différents sont considérés parfois comme fous ou Farfelus.»
La mère Noël hésita un peu. Puis fit part de sa décision.
« Père Noël doit rester au lit pour se reposer, on n’a pas le choix, on va contacter ce Farfelu, Bigelf, tu vas partir avec Elfsavant. »
- Mais qui va superviser les ateliers, s’inquiéta Bigelf ?
- Je vais déléguer Groself. »
Le lendemain, les deux compères eurent la permission de disposer du traîneau du père Noël.
Bien emmitouflés dans leur doudoune, sur la tête des bonnets en laines rouges pour cacher leurs longues oreilles, ils se rendirent à Riquewihr un village féerique situé en Alsace. Le jour commençait à peine à se lever, ils dévalèrent une ruelle en pavé pour arriver devant une grande bâtisse dont la façade gothique était partiellement recouverte par du lierre, des fleurs multicolores pendaient de chaque balcon, des décorations lumineuses étaient suspendues autour des fenêtres. Au-dessus de la porte, étaient accrochés des grands bretzels.
« On dirait la maison de Hansel et Gretel ! S’écria Elfsavant.
-Vérifie plutôt qu’on est bien au bon endroit.
- C’est là, j’en suis sûr.
- Bon, on va attendre un peu que les gens se réveillent. On va s’asseoir au café d’en face.»
Après plus d’une heure, la porte de la maison s’ouvrit.
« C’est Farfelu ! S’écria Elfsavant. »
Il se dirigea vers lui suivit par Bigelf. Arrivé à sa hauteur, Bigelf s’adressa à Farfelu.
« Bonjour, vous avez un moment ? On voudrait vous parler. »
Une voix fluette leur répondit.
- Désolée, je suis en retard pour mon travail, puis rajouta sans s’arrêter, de quoi voudriez-vous me parler ? »
Bigelf chuchota à l’oreille d’Elfsavant.
« Tu ne trouves pas qu’il a une voix plutôt féminine ?
- Peut- être parce que C’EST une fille, répondit Elfsavant. »
Bigelf écarquilla les yeux.
« Tu n’as jamais parlé d’une fille.
- Et alors ça change quelque chose ? Elle est quand même très intelligente. »
Bigelf prit la parole.
« Voila, c’est simple ? Nous sommes les elfes du père Noël qui est malade, on est venu vous voir pour trouver un moyen pour le remplacer, c'est-à-dire un moyen facile pour distribuer les cadeaux le soir de Noël. »
Farfelu s’arrêta net, puis éclata de rire.
« Je ne suis pas la seule Farfelu de la ville ! C’est une blague de Kevin ? N’est-ce-pas ?
- Qui est Kevin ? Demanda Elfsavant.
Sans se décourager, Bigelf continua :
« On ne connaît pas Kevin, et comme on n’a pas le temps, on va vous prouver qu’on ne vous raconte pas d’histoires. Où allez-vous ?
- Au musée de la tour des voleurs, je suis guide touristique.
- On peut vous accompagner ? Demanda Bigelf, personnellement, je suis curieux de voir ce musée.
- Si vous faites tout ça pour des entrées gratuites, ce n’est pas gagné !
- Pas du tout, répondit-il, nous sommes vraiment des elfes. »
Et il enleva son bonnet pour exhiber ses longues oreilles. Sans montrer aucun signe d’étonnement, Farfelu répliqua.
« Très réalistes vos oreilles, écoutez, il y a longtemps que j’ai cessé de croire au père Noël, maintenant je vais travailler »
Elle pénétra dans son petit bureau, enleva son gros manteau puis son bonnet laissant apparaître des cheveux noirs mi-longs et très raides, elle ajusta ses lunettes et prit son agenda.
« Première visite à dix heures trente.»
Bigelf, ne pouvant plus contenir son impatience, exposa pour la seconde fois le problème pour lequel ils viennent solliciter son aide. Pour étayer son histoire, il tira de sa poche une sorte de bourse en velours vert qu’il montra à Farfelu.
« J’ai ici, de la poudre d’invisibilité, voulez-vous l’essayer ? »
Farfelu éclata de rire.
« J’ai vu des touristes de tous genres, mais vous, vous êtes des perles rares.»
Sans répondre, Bigelf repend une poudre dorée au-dessus de sa tête qui commença à disparaître peu à peu, jusqu'à ce qu’il disparût entièrement. Farfelu ne put cacher sa surprise.
« C’est le tour de magie le plus réussi que j’ai jamais vu ! »
Sans se décourager, Bigelf ordonna à Farfelu de prendre un miroir, il versa ensuite un peu de poudre sur sa tête. Il lui demanda d’aller à la boutique à côté pour acheter n’importe quoi. Ce qu’elle fit.
« C’est fou ce qui m’arrive ! Combien de temps je vais rester invisible?
- Oh, je ne t’en ai pas mis beaucoup, un petit quart d’heure.»
- On a du temps avant l’ouverture, Venez, suivez-moi.»
Ils se dirigèrent vers la maison du vigneron, autre lieu de visite pour les touristes. Ils traversèrent la cuisine pour descendre à la cave. Tout au fond de cette cave, elle poussa une étagère où sont posées quelques bouteilles de vin. Au grand étonnement des deux elfes, on vit apparaître une petite porte difficilement distinguable du mur. Il fallut se baisser pour entrer dans une pièce au décor singulier. D’un côté, une table sur laquelle étaient posés des ustensiles du parfait chimiste et d’un autre côté, un ordinateur branché à plusieurs appareils dont on ne sait à quoi ils peuvent servir. Farfelu s’installa face à son ordinateur.
« C’est ici mon chez-moi, mon paradis. Vous êtes les premiers à entrer ici.
- Mais tout à l’heure, tu es sorti d’une autre maison.
- Bien sûr, je dors et je mange chez une tante qui m’a élevée.
- Et tes parents ? Demanda Bigelf tristement.
- Je ne les ai jamais connus. »
Farfelu se leva d’un coup.
« Assez discuter, qu’attendez-vous de moi »
Bigelf commença ses explications.
« Pour distribuer les cadeaux, le père Noël possède un sac qui contient tous les cadeaux qui ont été commandés sur terre, mais on ne sait pas comment fait-il pour retenir tous les noms de ceux qui reçoivent ces cadeaux, ni comment fait-il pour les distribuer aussi rapidement en une nuit. Le père Noël est malade, on ne doit pas le déranger, ni percer son secret. On veut juste trouver le moyen pour distribuer les cadeaux.
-Vous me demandez là un miracle ! Noël c’est après-demain.
-Vous êtes la plus intelligente sur terre, vous trouverez ! »
Farfelu se met à réfléchir, puis se redressa d’un coup.
« Je dois créer une sorte de logiciel basé sur des réseaux de neurones... »
Tout en tapant sur son clavier, elle n’arrêtait pas de parler à elle-même. Les deux elfes la regardaient faire sans rien comprendre. Soudain, elle s’adressa à eux.
« J’aurai besoin de la liste de tous les noms sur terre.
- Bien sûr, j’ai cette liste.
- Sur un disque dur ?
- Disque quoi ? J’ai juste ça. »
Il tira un rouleau de papier sur lequel sont inscrits des noms. Farfelu écarquilla les yeux.
« Vous rigolez !
- Dites nous ce qu’il faut faire et on va se débrouiller, dit Elfsavant.
- Il nous faut du temps. Je vais demander la permission de ma tante pour m’absenter, je trouverai une excuse. »
La nuit fut longue mais fructueuse. Le logiciel est enfin prêt.
« Je vous explique comment ça fonctionne. Vous avez votre sac de jouets et bien sûr cet ordinateur. Devant chaque maison, des ondes circulent et mettent en contact le jouet commandé avec celui qui le recevra. Voila, c’est tout simple.»
Les deux elfes se regardèrent d’un air pas très convaincu.
« Il faudrait l’essayer avant, proposa Elfsavant.
- Je suis d’accord, enrichie Bigelf.
- Mais comment ? On ne va pas distribuer les cadeaux avant Noël ? Demanda Farfelu.
- Non, mais il y a les anniversaires. Ce n’est pas la même chose, mais on peut avoir une idée.
- Bonne idée ! S’exclama Farfelu. Je vais chercher dans les dossiers d’états- civils les noms de ceux qui fêtent leur anniversaire aujourd’hui juste dans cette ville.»
Le soir, Farfelu, avec son ordinateur et son émetteur d’ondes, est conduite jusqu’au chariot du père Noël.
« Wow ! J’étais encore dans le doute, jusqu'à ce que je vois ça, s’émerveilla Farfelu.»
En suivant les directives du fameux logiciel distributeur de cadeaux, le test commença.
Devant chaque maison, ils attendirent le moment où les cadeaux étaient offerts pour envoyer leurs ondes. Le résultat fut instantané.
Dans la maison des Bayer, c’est l’anniversaire de Silvie, elle ouvrit le cadeau que son époux lui a offert et surprise, elle découvrit un rasoir électrique. Son époux resta bouche bée.
« Je ne comprends pas balbutia t-il, ce n’est pas ce que j’ai acheté. Crois-moi »
Chez les Huber, c’est l’anniversaire du petit Rémi qui fêtait ses dix ans, il ouvrit son grand paquet que sa mère lui offrit pour découvrir un manteau de vison, étonné, il se rabat sur le cadeau de son père, il poussa un cri en découvrant les clés d’une voiture. Du haut de leur traîneau, les elfes sont sous le choc.
« Arrêtez ! Arrêtez tout ! S’écria Bigelf. »
Farfelu fut confuse et désemparée.
« Je ne comprends pas, où me suis-je trompée ? » Et elle recommença à taper sur son clavier.
Bigelf est complètement déçu.
« Il n’y a plus d’espoir, ce Noël sera sans cadeaux. »
Soudain, Farfelu s’écria.
« J’ai trouvé ! J’ai juste inversé des branches du réseau dans mon algorithme.
- Traduisez en langage simple, demanda Elfsavant.
- En fait ce qui s’est passé, les ondes exécutaient les désires propres aux personnes elle mêmes. Ce qui veut dire, ils offraient des cadeaux qu’ils désiraient recevoir eux-mêmes.
- Même si c’est vrai, on ne va pas prendre le risque d’exécuter ce logiciel sans l’essayer, et maintenant, c’est impossible. Noël, c’est demain.
- On peut tenter une petite expérience, proposa Farfelu. Je veux obtenir le cadeau de Noël qui me tient le plus à cœur. Je n’ai qu’à vérifier discrètement si mon vœu a été exaucé.
- Cela ne coûte rien d’essayer, répondit Bigelf. »
Sitôt dit, sitôt fait. Le soir, au dessus du toit de la maison de Farfelu, l’expérience est reproduite.
Farfelu pénétra dans la maison, sa tante dormait déjà. Elle ouvrit un petit paquet qui se trouvait au pied du sapin. Des larmes coulèrent sur ses joues. Elle sortit de la maison.
« C’est parfait, déclara-t-elle calmement. Ça fonctionne.
- Et tu as reçu le cadeau que tu espérais ? Insista Bigelf, étonné par son manque d’enthousiasme.
- Tout à fait, ne vous inquiétez pas. »

En se moment, Elfsavant, l’air pensif, murmura dans l’oreille de Bigelf.
« Il y a quelque chose de pas normale.
-Qu’est ce qui n’est pas normale, répondit Bigelf à voix basse.
-Cette invention, elle n’a rien de scientifique, c’est impossible.
-Comment ça ? Je ne comprends pas.
-C’est de la magie pure ! C’est impossible cette connexion entre les cadeaux et les personnes sur terre à l’aide de soi-disant ondes.
-Tu veux dire que ça ne va pas marcher ?
-Non, ce qui est étonnant, c’est que ça a l’air de marcher, une magie que seul le père Noel peut utiliser, c’est incompréhensible ! Et si c’était une sorcière. »
En ce moment, Farfelu leva la tête de son ordinateur.
« Alors, on fait quoi maintenant ?
-Bon, on doit rentrer pour avertir la mère noël. Répondit Bigelf, on ne saura jamais comment vous remercier !
- c’est déjà fait répondit-elle d’un air rêveur. »
Les deux elfes ne firent pas attention à cette réflexion, trop pressés d’aller apprendre la bonne nouvelle à la mère noël.
Leur première visite fut pour le père Noël qui allait mieux mais pas au point de reprendre du service. Il essaya de se lever en vain, mais il a une bonne explication à son manque d’énergie.
« C’est parce que je n’ai rien mangé de consistant depuis deux jours !
-Tu voudrais peut-être une bonne pizza ! Se moqua la mère Noël qui venait d’entrer.
- C’est le soir de Noël ! J’ai besoin de forces. On n’a pas le choix. »
C’est à ce moment-là que Bigelf intervint.
« Justement ! On voulait vous en parler. »
La mère Noël, impatiente,
« Alors, vous avez fait quelque chose, j’espère que vous avez une bonne nouvelle à nous donner.
- Oui, tout à fait, répondit Elfsavant. »
Pour donner plus d’explications, Bigelf rajouta.
« En fait, on a trouvé qui va nous aider à sauver ce Noël. Donc, père Noël, rassurez-vous et reposez-vous. »
Le père Noël sceptique et un peu mécontent répondit.
« Impossible ! Personne ne peut me remplacer ! Personne ne connaît mon secret !
Bigelf et Elfsavant se regardèrent avec un peu de doutes.
«  Farfelu a fait un bon travail et on a fait un test. On pense qu’on va réussir cette nuit de Noël, dit Elfsavant sans grande conviction. »
« Moi, j’ai confiance. Faites ce qu’il y a à faire, ordonna la mère Noël. »
Le père Noël se fit une raison. Bigelf et Elfsavant rejoignirent Farfelu et le voyage nocturne commença. Au-dessus de chaque maison, un lien lumineux se produisit entre les ondes qui sortaient de l’appareil conçu par farfelu et le sac du père Noël. C’est un petit sac, mais les cadeaux n’en finissaient pas de sortir.
Ce fut la plus belle nuit de Noël pour Farfelu, contribuer au bonheur des gens, a donné un sens à sa vie. Jusqu'à ce jour, sa vie se résumait à son travail au musée, puis une fois rentrée, elle plongeait dans ses bouquins, assoiffée de connaissances. Sinon, dans son laboratoire secret, elle pouvait, grâce à son génie, faire des inventions, aussi invraisemblables les unes que les autres, mais restant inconnues du monde. Kevin est son seul ami d’enfance, ils ont fait une partie de leur scolarité ensemble, mais arrivée au lycée, Farfelu quitta ses études qu’elle trouvait ennuyeuses. Sa tante s’occupe très bien d’elle, cependant, Farfelu n’était pas très épanouie dans sa vie. Elfsavant remarqua une larme qui coulait sur la joue de Farfelu.
« Ça va ? Lui demanda-t-il.
- Oui..., c’est juste que je me suis toujours demandé comment c’était un Noël en famille, avec une maman, un papa, des frères, des sœurs... »
- Écoutez Far..., mais en fait, quel est ton prénom ?
- Je m’appelle Aurore. C’est Kevin qui m’a surnommé Farfelu.
- C’est très joli, Aurore.»
En cet instant, Bigelf s’écria.
« C’est le dernier cadeau ! Mission accomplie.»
-Non, il reste un dernier cadeau, ajouta Bigelf »
Et avec le traîneau, ils volèrent très haut pour pénétrer dans un nuage. Quand ils en ressortirent, Aurore découvrit la merveilleuse demeure du père Noël qui scintillait de mille feux.
« Toi aussi, tu as droit à un très beau cadeau ! Dit Bigelf, tu vas rencontrer le père Noël. »
La grande porte s’ouvrit devant eux, faisant apparaître un long couloir. De part et d’autre, des salles où les petits lutins œuvraient en silence. On n’entendait que quelques cliquetis des machines utilisées pour fabriquer les jouets. Aurore était impressionnée.
« Mais c’est immense ! C’est une véritable armée de lutins !
- Et là, ils commencent à préparer les jouets de l’année prochaine. Commenta Bigelf.
- J’ai conçu moi-même les nouveaux jouets, rajouta Elfsavant, fier de lui. »
La dernière porte au fond du couloir s’ouvrit. Le père Noël était confortablement assis dans un fauteuil rouge. La mère Noël debout à côté de lui, souriante, accueilli Farfelu chaleureusement.
« Bienvenue à celle qui a sauvé Noël cette année ! On tient tous à te remercier.
-Je n’ai pas fait grand-chose, répondit-elle timidement. C’est moi qui vous remercie. Je viens de vivre les plus beaux jours de ma vie.»
« Aurore..., j’ai toujours espéré vous connaître.» C’est le père Noël qui s’exprima soudain et tout le monde le dévisagea curieusement.
« Comment ça ? Demanda la mère Noël, tu connais cette jeune fille.
- Bien sûr ! Je suis le père Noël, vous l’avez oublié ? Je t’ai toujours envoyé les cadeaux que tu me demandais, même la Barbie chimiste qu’on a fabriquée spécialement pour toi, t’en souviens-tu ?
- Alors c’était pour elle ! S’exclama Elfsavant.
- Je m’en souviens ! Répondit Aurore, j’ai toujours cette poupée.
- Cette année, ton vœu était plus compliqué ! »
La jeune fille écarquilla les yeux, son cœur se mit à battre trop vite, elle prend une grande inspiration. Tout le monde était accroché aux lèvres du père Noël, attendant le verdict. Mais quel était donc ce cadeau ? Le père Noël continua.
- Mais je suis le père Noël ! Et mon rôle et d’exaucer les vœux, comme je l’ai fait cette nuit ! »
Aux regards échangés, personne ne comprenait ce que voulait dire le père Noël.
« C’est vrai que tu m’as beaucoup aidé cette nuit et je tiens à te remercier aussi. Cependant, une grande partie du travail a été faite, il y a bien longtemps. Tous les vœux arrivent jusqu'à moi, les cadeaux sont mis dans mon sac dès que les elfes finissent de les fabriquer. Puis, le soir de Noël, Il ne me restait qu’à distribuer ces cadeaux avec comme support cette forte énergie qui est générée par l’amour, l’amitié, les bonnes actions, la foi.
L’onde que tu as générée par ton programme, c’est en fait, cette même énergie !
- Je n’étais donc qu’un intermédiaire, demanda Aurore
- Oui, mais pas n’importe quel intermédiaire ! Le hasard a voulu que ce soit toi !
- Je ne comprends pas.»
Tout le monde se tourna vers le père Noël pressé de connaître la réponse à cette dernière réflexion, car eux non plus, ne comprenaient pas ce qu’il voulait dire.
« Aurore, toi aussi tu as fait un vœu ce soir de Noël, n’est ce pas ?
- Oui, répondit-elle doucement et son visage devint tout pâle.
- Et mon rôle de père Noël est de l’exaucer car tu le mérites.
- C’est pas vrai, balbutia t’elle avant de s’accrocher à une chaise pour ne pas tomber. »
La mère Noël couru à son secours.
« Ça ne va pas ma petite ? »
Le père Noël sourit et répondit.
« Elle va aller mieux, faite venir Rosaelf, ordonna-t-il.»
Bien qu’un peu étonné, Bigelf partit chercher cette Rosaelf qui est responsable de la salle de fabrication des poupées.
Cinq minutes après, elle se présenta au père Noël, c’est une très belle femme, avec, en plus de ses grandes oreilles, elle possèdait de grands yeux noisette.
« Vous m’avez demandé ? Dit-elle en s’adressant au père Noël. »
Mais ce dernier, se tourna plutôt vers Aurore et répondit.
« Voici le cadeau que tu m’as demandé. »
Aurore resta comme figée sur place, avant de balbutier.
« Ma...Maman ? »
Rosaelf pâlit, elle s’avança pour voir Aurore de plus près, puis se tourna vers le père Noël.
« Aurore ? Demanda-t-elle.
- Oui, c’est Aurore ta fille, répondit-il »
C’est la grande stupeur dans la pièce. Rosaelf resta figée sur place.
Aurore regarda Rosaelf avec insistance, puis s’exprima.
« Ma mère est une elfe ?
- Mon Dieu ! Elle est grande, ce qu’elle est belle ! s’exclama Rosaelf
- C’est impossible ! Cela veut dire que je suis aussi une elfe.»
- Non, tu es une femme, ma petite adorée, mais tu as l’intelligence d’un elfe. »
- Et qui est mon père ? »
Rosaelf regarda le père Noël puis baissa la tête.
« Je crois que vous avez beaucoup de choses à vous dire, Bigelf accompagne-les dans la chambre bleue. Elles y seront plus à l’aise.
La mère et la fille s’installèrent sur des fauteuils face à la cheminée. Aurore au fond d’elle, était heureuse de connaître enfin sa mère, c’est le cadeau qu’elle espérait. Mais beaucoup de questions persistaient. Rosaelf commença son récit.
« Un jour que j’étais en mission sur terre, j’ai rencontré ton père, ce fut le coup de foudre !
On se voyait régulièrement, discrètement pendant plusieurs mois, notre relation n’est pas tolérée par le règlement, je n’ai jamais osé lui dire qui j’étais en réalité, et il a vraiment cru que mes oreilles étaient une malformation congénitale. Puis, un jour, je me suis retrouvée enceinte. Je devais le quitter et toi aussi. À l’accouchement, on t’a prit à moi pour te faire adopter sans que je sache quoi que ce soit. C’est le règlement. J’ai pleuré pendant des années.
jusqu'à ce jour, j’entends toujours tes pleurs dans mes oreilles. »
Des larmes coulèrent sur les joues de Rosaelf. Aurore se leva et se jeta dans les bras de sa mère et pleura aussi.
« Je suis désolée, je suis désolée, répéta Rosaelf sans cesse, on va chercher ton père, je te le promets. »
Aurore pensa.
« C’est vraiment le plus beau jour de ma vie. »
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