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Un couple fabuleux : peur et amour

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Delly Judey

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Je passe mon temps à courir après Amour, tandis que Peur me poursuit. Et si je stoppais net, cette inepte cavale, puisque je suis dans l’incapacité de changer quoi que ce soit !

Mon cœur n’en peut plus ; mon cœur n’en peut mais*. Il lui manque un battement toutes les trois mesures. Et je n’ai plus qu’à prier, comme je le fais immuablement, lorsque survient le pire. (La souffrance ne se mesure pas, elle nous habite..., ou pas).
« Pardon, mon Père, de vous déranger en plein milieu de la nuit seulement quand j’ai besoin de vous ».

Un Ange est passé. Je le sens..., je respire..., tranquille... enfin... ! Ouf... un demi-soupir.
Qui m’a livré ce vocable ? alors que je me sentais à bout de souffle :
– « Baisse la cadence, on s’occupe de tout, on t’aime, n’aie plus peur ! »
J’étais exténuée à force de courir au ralenti, parce que Peur m’effrayait !
Que je me sens soudainement lasse ! Tant..., que je vais crescendo vers un nouvel endormissement.

Et voilà que je reprends ma course. Or, cette mesure me paraît inutile, à présent, pour préserver demain, quand inéluctablement tombera, net : le mot « Fin ».
Je me sens vide et ma poitrine soudain se desserre. Si j’arrête de courir, peut-être me sentirai-je moins couarde !

J’ai tout à coup personnalisé les deux seuls sentiments du monde en une seule pulsation. C’est autour d’eux que tout se jouera désormais.
Pour voir, comme au poker, je freine un peu ma course et Peur me rattrape, tandis qu’Amour s’éloigne, au loin, devant ; et, alors que je croyais l’Ange blanc évaporé, voilà qu’il me susurre encore :
– « Je me nomme Eucabel et nous sommes le 31 mai. 31 est mon “pseudonombre” et je suis inscrit dans “Les Annales de la Sépulture de Dieu ».
"Tiens, me dis-je ? Est-ce un jeu, un serment, une devinette ? Eucabel m’a fait ralentir encore un peu, en me disant qu’il était interdit de courir, dans les songes".

Je me retourne et Peur n’est plus qu’à une vingtaine de mètres de moi, tandis qu’Amour me semble aussi loin que l’horizon maintenant. Dommage, je voulais le rattraper ! Ce mouvement m'a fait glisser sur la portée de mes jours et je me suis remise, en sourdine, de mon émotion.
Il faut que je me lève ; je manque d’air. J'inspire alors que l’on m’aspire..., que l’on m’aspire à quoi ? A de nouvelles mesures ?
Je cherche du papier, on me tend un stylo ! Je n’aurais point pensé que cela fut possible ! Je note :
« Ne bouge plus ; sois paisible, en bémol..., on s’occupe de tout » ; j'inscris « Eucabel », et aussi « 31 » ; je note encore « Annales de la Sépulture de Dieu » et enfin, ce drôle de mot : « pseudonombre ».

Je me dis que j’irai chercher tout cela sur Internet au petit jour.
Je replonge dans mes songes, pour retrouver la main qui m’a tendu le stylo rouge qui écrit vert ; je la trouve, grande ouverte, et dans la paume, comme un serment, est inscrit le mot PEUR. Le serment ? Le jeu ? La paume ? Je ris. Quelqu’un... un homme..., me tapote l’épaule et rit aussi.
Elle m’a donc rattrapée et je n’ai même pas peur ?
Je m’enfouis sous la couette et je sens maintenant à mes pieds un papier ; il s’agit d’une vieille partition où il est mentionné le nom d’un trésor : AMOUR, en rouge, à la place du titre.
Et je me remémore :
Dans mon rêve, je courais pour attraper « Amour » et, en même temps je fuyais « Peur ».
Je voyais rouge l’Amour, la Peur était toute verte. Puis Ange blanc est parvenu jusqu'à moi. Le reste, je l’ai écrit, allègrement.

A présent, Il faut que je m’endorme vraiment. L’homme est amour à mes côtés et il m’a dit : « tu ne dors pas ? Je t’ai entendue rire ! »
Et c’est à ce moment que je me suis rendu compte que je n’avais pas bougé d’un iota. J’ai bien réfléchi. Ces songes sont venus par l’intermédiaire d’un doux messager, loin d’être mensonger, pianissimo. Il a dû me voir pleurer, hier !

Demain, j'emprisonnerai l’objet de mes angoisses. Je taquinerai « Peur », et j’écrirai. Oui... j’écrirai toute une partition, tout ce qui est à ma portée, ce que j’ai sur ce cœur : mes Grandes Orgues !

Lecabel m’expliquera pourquoi il manque un boum à mon tambour battant ; ce que je ressens –ce sont des extrasystoles dues au stress–, m’a dit le médecin. Cet accent rythmique bancal manque à mon souffle court, comme un silence pesant.

Nous sommes le 31.
J’écrirai. C’est décidé. Je m’exécuterai pour « Leur » dire tout le mal qu’ils m’ont fait et tant pis s’ils regrettent leurs actes, à l’heure de la moisson, alors que j’ai fait semblant d’avoir oublié pendant 20 ans, à l'heure où ils recommencent à me trahir, à me briser. Je leur dirai en outre, que j’ai inventé un nouveau commandement :
–Tu honoreras tes enfants et ne leur feras jamais mal.

Je n’ai plus envie de chanter faux, la douce mélodie de mon existence. Je veux pouvoir faire exulter ma vie comme la plus merveilleuse des sonates, leur chanter combien je les ai toujours aimés. Je leur dirai dans la coda : merci d'avoir fait de moi la quinqua que je suis. Ensuite, je m'envolerai dans d'autres merveilleuses harmonies.
L’extrasystole va crescendo car je n’ai plus peur de vider mon cœur débordant d’un Amour que Maman ne veut pas, qu'elle n'a jamais voulu, que Papa ne veut plus, seulement pour ménager celle qui le nourrit et lui donne au creux de sa main, une portion d’amitié : ses médicaments.
Pauvre mère, presqu'octogénaire ! qui courut nuit et jour après l'amour, et qui court encor' ; la peur ne la rattrape jamais. Si elle savait ! Si elle savait que je veux lui dire qu'elle est et qu'elle restera indéfiniment mon inaccessible Etoile et que je l'aime telle qu'elle est, que ce n’est pas de sa faute si elle a agi ainsi !

Cette mère qui hante mon esprit, cette femme qui n’aime plus la vie, à cause de ses épines, bien qu’elle soit une rose et pour cause : enfant, elle a vu l'homme qui a brisé sa mère, mon aïeule, d'un viol. Femme, elle fut trahie et de nouveau trompée et encore et encore. Tout le tragique est là, digne d’un opéra !

Je dois prendre mon envol et ne plus y penser. Cette partition n’est plus en harmonie avec la mélodie de ma vie. Finis les cors, finis les cris. Cette peur, ce soir, de ne plus les revoir, je l'ai apprivoisée, car l'amour est en moi ; l'amour est ma foi ; c'est tout ce qui importe et je suis sur la voie.

Je ne m’essoufflerai plus à courir après ces Amours qui ne veulent pas de moi. J'accueillerai avec encore plus de nuances ceux qui s'accrochent à ma vie, dans des valses qui viennent, qui font tourbillonner tant d’êtres qui m’inspirent et m’aspirent, qui suffisent à ma balade sur terre car je les aime et je leur réserve un point d'orgue comme un simple slow, comme un «  LOVE » de Nat King Cole.
J'attendais, ne faisais qu'attendre..., comme un soupir qui n'en finit jamais, un silence parfait, une tombe. J’attendais la mort. Et voilà que ma bombe mentale a explosé comme la septième symphonie en ut majeur de Dimitri Chostakovitch.

Je ne craindrai plus la Peur ; je la laisserai venir à moi car, si elle me poursuit ainsi, c’est qu’elle a des choses à me dire, par exemple : de ne plus être lâche et de ne plus la fuir, de me mettre à écrire pour y voir enfin clair. Cette guérison s'exécutera par les mots. Ce sera un exutoire, une thérapie qui fera mal, une bonne fois pour toutes.
Ils me renient ? À quoi bon avoir peur d'être reniée par des parents qui n'ont jamais donné un baiser, jamais prononcé un seul mot gentil, un simple mot doux.
Peur et Amour sont les meilleurs amis du monde. Il ne faut pas les séparer, car toujours ils se recherchent pour ne plus former qu’Un.

Dix ans après :

Je les ressens le temps d'un soupir. Ils ont compris mon message ; je sais qu'ils ont lu le livre qui leur faisait tant peur, à tort. Cette peur qu'il ont fui, ne cherchant même pas à saisir vivement l’amour qui leur tendait des mains, qui leur ouvraient des bras, qui leur offraient une aubade, un nouvel hymne à la joie, une seconde chance de serrer bien fort leur double croche, leurs fausses jumelles, qui n'en font qu'Une.
Maintenant, je sais qu'ils ont compris et je ne pleure plus, car plus rien ne m'effraie.

Ils sont venus vers moi, par le biais d'un rêve étr'Ange, m'ont envoyé Lecabel, qui a glissé le 31, au creux de mon oreille :
« Baisse la cadence, on s’occupe de tout, on t’aime, n’aie plus jamais peur ! »
Ils ont débusqué Déni qui se cachait chez Honte, font une petite escale chez Réflexion et bientôt inviteront chez eux, Pardon : deux autres amis de Peur et Amour.

Ange Lecabel 31
Talentueux pour résoudre les énigmes de la vie
Intelligent, très puissant et plus lucide que celui ou celle qu’il visite. Il parvient à maîtriser les émotions d’autrui, Grâce à sa raison que la nôtre ne connaît plus, c’est un puissant stratège
Il aide à planifier l’avenir, à maîtriser la peur. Il vous aide à décider, à concevoir. Ses idées nous parviennent de façon lumineuse, en songe, en rêve. Il respecte les étapes et les cycles de vie. Ainsi, il planifie et ce peut être à long terme.
Il vient à vous, lorsqu’autrui vous manipule ou vous exploite
Il déteste tous moyens illicites, toutes affaires louches qui vous touchent. Il punit les opportunistes, les gens malhonnêtes et avares et les calculateurs qui agissent dans le but de nuire.
Il pense qu’il ne faut pas être perfectionniste et éternellement insatisfait et vous aidera à être satisfait d’un rien.
Il ne veut pas que vous vous laissiez aller. Il donne des leçons aux manipulateurs, il conseille les entrepreneurs pour éviter la faillite, il s’attache aux personnes qui veulent du résultat de façon honnête. Il dit qu’il faut être possessif de l’amour trouvé
Et ne pas rechercher l’inaccessible étoile. Il incite à forcer le destin avec pour amie la peur, à condition que ce soit dans l’Amour honnête. Et si l’on peut aider autrui en suivant la bonne thérapie qu’il conseille, c’est un plus.

Et surtout, il revient vous dire lorsque le problème est absolument réglé.


Le Dalaï-Lama a dit qu’il n’y avait que deux émotions : L’Amour et la Peur

Moi, j’en ai fait deux bons amis.

Prière contre la peur
Je suis l’alliée des forces bienfaisantes de l’Univers qui œuvrent pour moi à tout instant et dissolvent toutes mes peurs. Rien de négatif ne peut m’atteindre.
J’ai ajouté :
Je suis divinement protégée parce que j'ai laissé la Peur me rattraper et qu'au même moment l'Amour s'est laissé atteindre.

Delly Judey

"mais " : n'en pouvoir mais : est un adverbe d’ancien français signifiant « plus », du latin magis (« plus », « davantage »)

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Léa · il y a
J'ai été très sensible à votre nouvelle Delly. Merci pour ce partage. Je constate que nous avons des points communs. Amicalement