Toutes les deux, à deux endroits différents.

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Auteure de débilités insipides ! Je n'écris pas, je note juste des passages et des bribes de ma vie, agrémentés d'un peu de fiction. Instagram : https://www.instagram.com/davina.cazalbou  [+]


Je faisais une rotation Paris Mexico et Pauline, en même temps, une rotation Paris Shanghai.
Moi, comme la pilote d'un ‪ Boeing 777-300‬. Elle, comme hôtesse de l'air. On travaille pour la même compagnie aérienne, mais hélas, rarement ensemble.
Nous partagions le même secret, celui d'être ensemble. Secret que nous ne souhaitions pas divulguer à nos collègues et, comme deux adolescentes, nous nous amusions de ça...

Je pensais à elle et pris mon téléphone.
« Que fais-tu en ce moment ma chérie ? »

J'attendais impatiente une réponse.
Était-elle occupée ?

Elle répondit :
« Je me repose à l'arrière de l'avion, avant de reprendre mon service. Et toi ma puce ? »
« Je pense à toi. En plein océan atlantique et en pilotage automatique. » lui répondis-je.
« Et que fais-tu ? » me dit-elle.
« ;) Je contemple la nuit étoilée en pensant à toi. » lui répondis-je.
« En pensant à moi ? » me répondit-elle.

Cela faisait seulement deux semaines que nous nous fréquentions et pourtant, cela me semblait une éternité. J'étais éperdument amoureuse d'elle.
Nous nous étions rencontrées lors d'un Paris Point-à-Pitre en Guadeloupe, sur lequel nous faisions la même rotation.
Elle m'avait approché avec des sous-entendus et puis...

Je lui répondit donc :
« Oui, je pense à toi et au weekend cocooning passé en amoureuses ma chérie. Rien que de me remémorer les deux jours ensembles, m'excite. »

J'imaginais et me demandais comment était-elle installée. À l'arrière de l'avion, comme elle venait de me le dire. J'avais envie d'être avec elle, de voir son regard, son sourire et sentir ses mains sur mes hanches.

Cela me faisait frémir. L'idée aussi d'un collègue pouvant nous apercevoir faisait grimper la température et mon excitation.
J'étais avide de lire son prochain message.
Je relisais tous nos échanges, surtout coquins, ceux échangés à nos débuts.
Je sentais sa main, ses caresses à la lecture des messages.
J'en oubliais que nous étions en vol et n'entendais même plus le contrôleur aérien dans mon casque.
Une notification pour me signaler un nouveau message, c'était Pauline.
Un scroll rapide pour dévorer la babillarde qu'elle est.
« J'ai envie de toi, de sentir ta main glisser sous ma jupe, dans ma petite culotte. »
Je sentis une bouffée de chaleur m'envahir.
Je ne lui répondis pas. Elle savait très bien que je pouvais être occupée dans une manœuvre délicate à cet instant.

Je regardais rapidement mon commandant de bord. Concentré sur son poste, il regardait droit devant les différents écrans, vérifiant les paramètres de vol.

Une main tenant mon téléphone pour lire et relire ma dulcinée, l'autre main entre mes cuisses, par dessus mon tailleur.
Sous ce pantalon, je portais une paire de collants de couleur chair avec une culotte fendue, pour mon plus grand confort.

Je lui envoyais :
« J'ai une main entre mes cuisses, je me caresse doucement »

Elle jouait le jeu pour mon plus grand plaisir, avec les mots que je voulais entendre.

« Descends ton pantalon, j'ai envie de te titiller le clitoris »
« De le frôler, l'effleurer, le caresser »

J'étais de plus en plus excitée... Pauline sans doute aussi.
J'hésitais entre serrer les cuisses ou les ouvrir un peu plus.
Ce qui n’était qu’un jeu entre nous deux devenait un jeu sensuel et excitant.
Je voulais aller plus loin et lui envoyais :
« Un peu plus haut, un peu plus à droite, un peu plus fort. Mmmmhhh !! »
Le bruit des réacteurs dissimulait ma respiration qui augmentait.

J'éprouvais un désir intense de lui faire l'amour, je la voulais là, maintenant, tout de suite... mais malheureusement, c'était impossible.

J'étais frustrée. J'avais de plus en plus chaud, de plus en plus envie d’elle. Je sentais la chaleur monter en moi, l'humidité légèrement s'écouler, ruisseler entre mes cuisses entrouvertes. Le désir était là !

Elle m'envoya un autre message :
« Je remonte jusqu’à ta petite chatte. Sens-tu ma langue ? »
Je ne pouvais plus penser à autre chose. Oui je l'imaginais, je la sentais me caresser du bout de sa langue.
Mes mains étaient moites, ma respiration augmentait. J'avais du mal à tenir mon smartphone.
Doucement, pour ne pas être vue, j'écartais encore plus mes cuisses. Avec mes doigts, j'insistais d'une plus forte pression sur mon clitoris, ce bouton sensible et humide. Je sentais sa proéminence à travers mon pantalon et mes collants.

En pensant l'inverse, je lui envoyais.
« Arrête... Arrête... Arrête. Je n'en peux plus. »... et d'ajouter :
«Te caresses-tu là ?»

Elle me répondit :
« Oui, je suis très excitée et préférerais que ce soit toi qui me procures ces caresses. »

À l'arrière de l'avion, dans le minuscule espace dédié à la restauration, là où sont réchauffés les plateaux-repas des passagers, je l'imaginais seule, une main sous sa jupe, dans sa petite culotte, se masturbant... et toute mouillée.
« Je veux tes doigts, ta main entière. » m'écrivait-elle.

J'adorais les mots crus qu'elle employait, nous étions dans le même trip.

« Plus fort ? Plus vite, ou plus lentement, ma main ? » lui répondis-je.   
Elle adorait tout autant que moi ce genre d'adjectifs, je souhaitais la faire jouir, c'était excitant. Tout comme moi, elle adorait la masturbation. L'orgasme qui en résultait.
Entre nous, il n'y avait aucun tabou sur ce sujet. Nous connaissions le bien-fondé de l'onanisme au féminin. Nous en avions discuté longuement, pour mieux connaître les limites de chacune. Nos échanges SMS faisaient partie de nos jeux coquins, lors de nos éloignements.

Ensemble nous utilisons des sextoys, de tailles et longueurs différentes, de formes variées et de toutes les couleurs aussi. Vibrants ou non, avec ou sans pile, laissant ainsi nos hormones libérer des endorphines. Mais là, au travail, dans un avion, il était impensable d'assouvir ce plaisir de cette manière. C'était en solo !

Elle m'envoya un autre message.
« Je vais jouir, insulte-moi de salope, de chienne. Vite. »
Je lui répondis rapidement en la traitant ainsi, comme elle le souhaitait.
J'étais tellement excitée, que je ne m'étais même pas rendu compte que j'avais glissé ma main sous mon pantalon et sous mon collant, avec les doigts à même mon clitoris, grâce à la fente de ma culotte qui en était pourvue. Je mouillais abondement, j'entendais les notifications de messages qui arrivaient sur mon téléphone, posé juste à côté. Je continuais, le plaisir m'envahissait, mes muscles se raidissaient. J'enfouissais mes doigts au plus profond que je pouvais.
Je jouissais enfin ! Mes gémissements devenaient des cris, mes cris des hurlements.
Mon corps était tendu. Je me mordais la lèvre inférieure, je tremblais, j'avais terriblement chaud.

Doucement, mon souffle retrouvait un rythme normal, mon cœur commençait à battre moins vite. Je retrouvais mes esprits.

J'aime Pauline, mais je la détestais, je la maudissais de ne pas être là près de moi. Elle n'y était pour rien, ressentait-elle la même frustration ? Sans doute, je voulais y croire.
Je jetais un oeil vers mon commandant. Il regardait droit devant. M'avait-il vu ou entendu gémir, jouir ?

Je repris mon téléphone. Elle avait envoyé un message :

« Merci ma chérie, j'ai joui. Je t'aime. »
Je lui répondis :
« Merci, merci à toi ma chérie, je t'aime aussi. »
Elle ne répondit pas. Sans doute avait-elle repris son service.

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Marie Quinio · il y a
En direct live ! Les amoureuses du 7ème ciel ;)
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Davina Cazalbou · il y a
Merci Marie, pour ce doux et agréable commentaire.

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