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FINALISTE
Sélection Jury

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Pourquoi on a aimé ?

Une histoire dense, portée par des personnages très bien décrits. Voilà un récit qui pose plusieurs questions, entre le tableau d’un monde en ...

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Cela devait arriver !
L’exploitation périclitait et le Pascal déraillait. Les comptes viraient au rouge, le même rouge que celui du carafon, de la toile cirée, et aussi, maintenant, celui de la chemise fraîchement transpercée de Pascal.
Pascal affalé sur sa chaise, baillait un mot qui jamais ne sortirait. Un fusil entre les jambes, il dormait pour l’éternité. Il avait visé le cœur et ne s’était pas raté.
Habile mise en scène pour un suicide.
Debout aux côtés des gendarmes, Monette entamait dignement sa vie de veuve.
Grâce aux constatations de la marée-chaussée, l’affaire fut vite pliée et le permis d’inhumer rapidement délivré.
Moi qui ai suivi l’histoire de bout en bout, je peux témoigner que, de suicide, il n’en fut rien.
Reprenons et vous allez comprendre.

* * *


« Juré, craché, nous allons nous marier ».
Monette et Pascal n’avaient pas sept ans mais la promesse fut tenue.
Du feu sur les joues au bisou dans le cou, d’angéliques rêves d’enfants habitèrent leurs jolis sentiments. Un jour, au détour du chemin coquin de leurs quinze ans, un amour taquin les jeta dans le grand bain.
Nus sur la mousse tendre, ils furent emportés par la lave du volcan qui leur déchirait le ventre.

Depuis ce jour, Monette avançait légère et insouciante. Elle prêtait au vent des cheveux de geai et un visage radieux. Ses yeux d’émeraude embrasaient les ciels les plus obscurs de sa très chère Picardie. Entre deux drôles de fossettes, sa mère trop tôt disparue, avait dessiné un délicieux sourire mutin. Monette promenait ainsi sa délicate silhouette de princesse dans la campagne sinistrée où elle avait vu le jour. Pascal décida d’en faire une reine.
Un couple d’agriculteurs avait adopté Pascal né sous X. Ils lui avaient offert l’amour perdu. Auprès d’eux, il avait tout appris. En plus d’un BTS, l’animal pouvait se prévaloir de solides connaissances en culture maraîchère.

Fraîchement marié, je l’ai vu débarquer dans la maison de Monette où mourrait le père.
J’ai découvert un solide gaillard, un peu barge, avec des cheveux longs, blonds et bouclés. Dans son regard, bleu comme l’azur, Monette amoureuse opérait une danse langoureuse. Dans ses bras, elle volait comme une plume. Une plume légère qui tournait, tournait... Quand Pascal la reposait enfin sur les dalles de la grande salle, la belle étourdie se heurtait à la table, aux chaises, aux fauteuils... Elle riait comme une enfant. Son rire à lui emportait tout sur son passage. Alors, dans les yeux sombres d’un père que la maladie dévorait, naissaient des petites étoiles. Des étoiles pâlissantes, suspendues au fragile fil d’une vie devenue trop pesante.
À son décès, Monette et Pascal ont repris l’exploitation familiale. Pour Monette il aurait été inconcevable de la céder à des mains étrangères.
Dix années de prospérité. Ces deux là ne s’étaient pas trompés. Ils s’aimaient comme des bêtes. Partout ! Sur la table à manger, sur celle du salon, à même le carrelage, dans les chambres aussi sûrement que dans les champs et les granges... Ils crevaient d’amour. Je les voyais collés l’un en l’autre. Se nourrir l’un de l’autre. Se dévorer, sans jamais être rassasiés.

Sauf qu’un jour, l’enfant qui jamais ne viendrait, étendit une ombre infinie sur la belle histoire. Pas de descendance pour reprendre l’exploitation.
Pascal avait trop respiré les saloperies déversées dans les champs. Il témoigna pour dénoncer la spirale infernale dans laquelle s’engouffrait toute une armée d’apprentis sorciers.
Il parla beaucoup... Trop aux dires des experts de la filière. On l’accusa de cracher dans la soupe.
On leur tourna le dos.

Monette et lui travaillèrent autrement. Ils diversifièrent les cultures. Terminés les désherbants, les engrais chimiques qui les feraient tous crever.
Chaque soir, je les voyais crottés mais heureux du travail bien fait. Ils bataillaient, se disputaient sur l’avenir, les investissements, l’embauche de saisonniers. Escarmouches qui servaient de tremplin à leurs ardeurs amoureuses.
Témoin privilégié, on ne m’épargnait rien. Pascal, appliqué et vigoureux, se contorsionnait pour contenter Monette toujours inassouvie. Elle aimait ça. Il adorait.
J’aurais voulu lambiner pour installer une sorte de ralenti jubilatoire. Mais de fabrication sérieuse, il me manquait l’option fantaisie.
S’ils mettaient à l’extérieur la même ferveur que dans leur impudeur, nul doute que la réussite serait au rendez-vous.
Les sucriers qui s’étaient bien moqués se renseignaient. Les bénéfices provenaient principalement des parcelles légumières cultivées en Bio. Les débouchés en magasins spécialisés ainsi que les paniers proposés en vente directe dans le cadre d’AMAP leur assuraient des revenus réguliers.
Pas question de jackpot, mais plus question de survie.
La maison débordait d’amour.
Comme à mon habitude, je passais le temps. C’était là mon unique mission. De temps à autre on jetait sur moi un œil machinal, parfois impatient, parfois réprobateur. Le temps passait toujours trop vite ou trop lentement. Pourtant je m’appliquais. Je veillais consciencieusement à découper ce fichu temps en parts rigoureusement égales. Toute facilité aurait été immédiatement sanctionnée. Elle m’aurait valu d’être immédiatement remisée dans un quelconque placard. Placard au fond duquel j’aurais été privée de voir...

Un soir, Pascal rentré plus tôt termina une bouteille de vin entamée le midi-même. Sa consommation me paraissait suspecte. Le beau gosse dégringolait de son astre. Il se fatiguait vite et parlait seul.
Monette le rejoignit bien plus tard, exténuée mais souriante.
Elle passa affectueusement la main dans les cheveux de Pascal qui ne daigna pas lever la tête. Elle se pencha et lui murmura à l’oreille :
— Il est fâché mon bébé ?
Que s’était-il passé ? Quand elle posa les lèvres sur son front, il lui envoya une baffe si violente qu’elle s’effondra.
— Tu t’es tapée le nabot ? Avoue !
Monette allongée sur le sol protégeait son visage. Pascal armait son pied... Heureusement, le coup n’est pas venu. Il s’est rassis et il a pleuré comme un gosse.
— Tu as bu, tu as bu... répéta-t-elle tremblante.
Le nabot n’était autre qu’un garçon de confiance embauché l’année précédente pour les aider. Certes, Quentin n’était pas très grand mais quand même loin d’être nain. Excellent professionnel, Quentin remplissait par ailleurs parfaitement les fonctions que lui déléguaient Monette et Pascal. Il logeait dans une dépendance, mais déjeunait et dînait de plus en plus fréquemment avec ses patrons. Une amitié s’était nouée jusqu’à ce que la jalousie de Pascal vienne plomber l’atmosphère.
Ce soir, Monette ne dansait plus dans les yeux de Pascal. Adossée au mur glacé du salon qui la retenait, elle pleurait.
Pascal, pathétique, implora le pardon de Monette.
— Je n’y arrive plus Monette... quelque chose s’est cassé là tout au fond de moi. Tu vois bien comme je merde. Depuis des semaines il n’y a plus que du bordel dans ma tête. Plus moyen d’y voir clair. Je commence un truc et je me perds. Je m’assois, je cherche et j’oublie ce que je cherche. Je vous vois toi et l’autre trimer comme des malades. Me traiter moi comme un malade... Même pas je me défends. J’ai peur. Peur que tu partes avec lui... Peur qu’il prenne ma place... Parce-que je n’y arrive plus Monette. Mais moi je t’aime Monette !
Il hurlait maintenant.
Monette tétanisée aurait voulu s’enfuir mais elle resta collée au foutu mur qui lui glaçait le dos. Il se précipita sur elle.
— Mais parle ! Dis quelque chose Monette !
Il l’agrippa par les cheveux, l’entraîna de force sur la table à manger. Il la plaqua violemment, déchira sa robe et la pénétra. Monette n’opposa aucune résistance. Ce soir ce n’était plus un jeu.
Maintenant, ils pleuraient tous les deux.

Dans les jardinières abandonnées se desséchaient les géraniums qui, naguère, égayaient de leur rouge criard balconnières, cour, terrasse et briques sombres des murs de l’immense bâtisse que les oiseaux semblaient déserter.
Pascal déclinait.
Une dépression avait diagnostiqué le médecin.
Les calmants ne suffisant malheureusement pas à apaiser son irritabilité. Il fallut se rendre à l’évidence. Des symptômes atypiques se déclaraient. Cela ne collait pas avec la dépression. Parfois, il perdait la mémoire, peinait à s’exprimer et, tandis qu’il mettait un temps infini à exécuter les tâches les plus simples, son corps s’agitait soudain de terribles soubresauts.
Monette paniquait. La mauvaise passe s’éternisait. Pascal défaillait. Son expertise autant que ses bras manquaient à l’exploitation. Les résultats s’en ressentaient.
Ses accès de violence chassaient l’amour et l’amitié. Quentin atterré par l’attitude de Pascal menaçait de tout quitter. Monette le suppliait de rester. Elle disait que tout allait redevenir normal, comme avant. Pascal allait passer des examens, se soigner. Ils devaient tenir à deux en l’attendant. Elle se devait d’être à hauteur de ses parents, ses grands-parents et tous ceux qui les avaient précédés. Monette se sentait investie d’une mission. Décidée à faire l’impossible pour éviter le naufrage, elle sauverait coûte que coûte l’exploitation reçue en héritage.
D’analyses en examens l’étau se resserrait. Le mal dont souffrait Pascal avait le visage contrit des médecins qui hésitaient à se prononcer. Les séjours hospitaliers se multipliaient.
En son absence, Quentin prenait ses quartiers dans la maison. Monette épuisée laissait faire. Elle souffrait. Quentin compatissait, il la prenait dans ses bras, massait sa nuque, ses épaules. Il y prenait goût. Monette lucide mesurait le risque, mais sans l’aide de Quentin l’exploitation irait dans le mur. Alors elle se montrait reconnaissante.
On était au cœur de l’hiver. Le ralentissement de l’activité à l’extérieur laissait au temps le temps de la réflexion. Quentin s’arrangea avec. Il se rendait indispensable. Affable et parfumé, endimanché et charmant, grand seigneur et fin cuisinier, il se dévouait afin de rendre supportable le calvaire de Monette. Une idée moins avouable lui trottait dans la tête.
Il profita d’un séjour à l’hôpital de son patron pour abattre ses cartes.
— Tu sais Monette combien je t’apprécie. Tu sais aussi qu’avec la santé de Pascal l’affaire prend l’eau.... Vous ne me versez plus de salaire depuis deux mois et...
— Tu veux partir ? Tu ne peux pas me faire ça Quentin... S’il te plaît, je t’en supplie... Patiente encore Quentin... Pascal va s’en sortir...
Elle s’est agenouillée pour le retenir. Il lui a passé la main dans les cheveux, puis, soudain plus pressant, a exigé que Monette y mette un peu du sien. Elle s’est exécutée. Ils se sont enlacés. D’abord réticente, Monette, en manque, a vite compris que le diable savait s’y prendre. Sans doute à cause de mon regard un peu trop appuyé, ils ont disparu à l’étage.
Seule dans le salon, au spectacle des effets éparpillés, je demeurais songeuse. De là-haut me parvenaient des cris joyeux qui collaient bien mal à la situation. Le temps passa plus lourd, plus grave, pareil à celui qui précède le verdict du futur condamné.
Au milieu de la nuit, Monette est revenue. Perdue dans le noir, elle a pleuré doucement, longtemps... Sur qui ? Sur quoi ?

Pascal est revenu, les examens sont terminés. Dans trois semaines les résultats tomberont. Un traitement ciblé permettra d’enrayer la machine infernale. En attendant les nouveaux médicaments semblent efficaces.
Monette a pris deux billets d’avion pour Venise elle veut qu’ils s’en sortent. En leur absence, Quentin assurera. Monette avait fait ce qu’il fallait pour qu’il ne menace plus de la laisser tomber.
À table hier soir, Pascal a demandé qu’on n’ait pas pitié de lui. Pessimiste sur ses résultats, il a confié à Monette ne plus vouloir vivre à sa charge. Il lui a fait promettre d’intervenir s’il devait à nouveau perdre la raison. Un voile effrayant masquait le bleu délavé de son regard déformé. Il ajouta qu’il préférerait mourir plutôt que sombrer dans la folie.
Ils sont revenus magnifiques. Amoureux tous les deux comme hier. Pascal m’est apparu amaigri mais souriant. Venise avait été une belle idée, sauf pour Quentin qui refusa de partager ce regain d’amour qui ne faisait pas son affaire.

On était jeudi et je venais de sonner quinze heures. Le couperet était tombé. Assis l’un face à l’autre le vide les enlaçait.
— Cauchemar ! il a murmuré.
J’aurais voulu remonter le temps, arrêter les minutes terrifiantes d’un chagrin définitif. De celui qui étrangle les mots, poignarde les cœurs et assassine l’espoir.
— Huntington, maladie incurable... Démence... Dégénérescence... Pourquoi nous ma Monette ? Pourquoi moi ?
Il se leva anéanti, corrigea le déséquilibre qui menaçait de le faire tomber. Monette lui servit le verre qui se refusait à lui. Assise auprès de lui, elle cherchait à s’accrocher mais c’est la maison entière qui tanguait. Ils étaient jeunes avec déjà la vie derrière eux. Pascal disparaissait, l’exploitation périclitait. Une larme coula sur sa joue. Pensa-t-elle à Quentin ? À ce que Pascal lui avait confié ? Ou à ce qu’elle cachait ? Elle s’essuya au revers de sa manche.
— Ne t’inquiète pas, je suis là, tu peux compter sur moi Pascal. Attends-moi, je reviens.
Il n’a rien demandé. Il l’a regardée gravir l’escalier. Il a bu son verre d’un trait. Puis, les yeux dans le vide, il a attendu.
Voulait-elle éviter de pleurer devant lui ?
Non... Je l’entendais marcher. Ouvrir et refermer plusieurs fois les tiroirs. Des sons inhabituels que je ne pouvais décoder. Pascal ne bougeait pas. Il devait savoir, il connaissait l’étage. Chaque bruit pour lui était familier.
Un silence interminable s’est installé. Plus personne ne bougeait.
Vingt minutes exactement s’étaient écoulées.
Qu’allait-elle faire de son secret ?
Je la revois encore, il y a deux cent soixante douze heures quarante trois minutes et douze secondes, sortir des toilettes et hurler dans la pièce vide :
« Putain, je suis enceinte ! »

Soudain, dans un grand fracas, Monette a dévalé l’escalier.
Elle tenait un fusil dans ses mains.

Qu’a-t-il voulu lui dire ?
Elle ne lui en a pas laissé le temps.
Elle a visé le cœur à bout portant.

PRIX

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Philou · il y a
Un p'tit goût de "Au nom de la terre", Brel en plus...Bravo
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Lafaille · il y a
Bravo!!!
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Jipe GIRAULT · il y a
Merci Lafaille
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Isabelle Lambin · il y a
Félicitations Jipe pour cette recommandation ! J'avais bien aimé votre récit
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Jipe GIRAULT · il y a
Merci Isabelle
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M. Iraje · il y a
Oups ... Il était temps ☺☺☺ !
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Jipe GIRAULT · il y a
Merci Mirage
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Marc Cambon · il y a
Grand et beau texte bravo
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Jipe GIRAULT · il y a
Merci Marc
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Patrick Gibon · il y a
une fois de plus un grand texte "boule d'hum" (comme disait un de mes profs de français d'il y a père pet pour bouleversant d'humanité). que dire de plus, hormis sur cette observatrice mystérieuse chose, la pendule peut-être "qui vous attend" comme disait Brel?
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Jipe GIRAULT · il y a
Il vaut mieux filer droit...sûr qu'elle nous attend au tournant.
Merci Patrick.

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Marie Kléber · il y a
On attend la chute, comme suspendue.
Un coup, un seul, pour garder son secret ou le sauver d'une fin pitoyable. A chacun de choisir...
Belle finale à vous! Méritée!

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Jipe GIRAULT · il y a
Exactement. Merci Marie.
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Mireille.bosq · il y a
un récit qui fait boum! tout de suite. Trop beau tout ça pour durer, l'amour la complicité, la prospérité et puis quoi encore? Ah! oui, il manque un ingrédient: l'héritier. c'est son manque qui conduit au boum final non?
Mon soutien pour votre finale. +5

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Jipe GIRAULT · il y a
Un boum de fin en forme de questionnement, Est ce pour l'héritier à venir ou pour abréger l’insupportable déchéance de l'être aimé ?
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Patrick Gibon · il y a
je penche des deux côtés en même temps!
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Mireille.bosq · il y a
"Qui lo sa" comme disent nos amis italiens (peut-être pas avec cette orthographe)
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Sylvie Franceus · il y a
Votre histoire pourrait être un film. Un très bon polar sur grand écran. C'est touchant, bien ficelé, la vie façon rurale, bravo
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Jipe GIRAULT · il y a
Un grand merci à vous Sylvie, vous m'avez offert l'occasion d'aller vous lire.
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Sylvie Franceus · il y a
C'est moi qui vous remercie.
Surtout ne vous sentez obligé de rien, lisez moi seulement si vous en avez envie. Vraiment

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Stéphane Sogsine · il y a
Bonne finale
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Jipe GIRAULT · il y a
Merci Stéphane
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