Planète 2025

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1)Un réveil surprenant



J’ouvris les yeux. Le ciel était d’un bleu magnifique mais très vite je me posais la question : comment je m’étais retrouvé dehors ?
Je me relevais et jetai un coup d’œil autour de moi. L’endroit ou j’étais allongé quelques instants plus tôt était un tas de décombres et la ville autour de moi n’avait pas l’air en meilleur état. Les bâtiments étaient soient écroulés ou bien en piteux état. Le sol était fissuré et l’on pouvait apercevoir des véhicules renversés un peu partout sur la route. Un vrai scénario apocalyptique. On aurait dit que la troisième guerre mondiale avait eu lieu.
Ou est-ce que j’habitais exactement ? Difficile de trouver des repères dans une ville qu’on reconnaît à peine. Je regardais autour pour essayer de visualiser certains points. Je remarquais alors le vélo rouge qui était juste en face de mon ancienne maison. Un engin que le voisin d’en face laissait toujours traîner. Mais c’est alors que je réalisais. C’était la maison en face de chez moi et comme je n’avais pas bougé d’un millimètres je m’étais donc réveillé sur...
Ce n’était pas difficile de deviner. Mon dieu je n’arrivais pas à y croire ! Mais qu’est ce qui était arrivé ? Avec panique je regardais sous les décombres voir si je ne trouverai pas le corps inerte d’un membre de ma famille. Je fouillais parmi les ruines du lieu ou j’avais grandi mais heureusement pour moi je ne trouvais rien de ce qui aurait pu me faire fondre en larmes. Ils devaient s’être enfuit, comme tous les habitants de la ville. Mais ça voudrait signifié qu’ils m’auraient laissé là et il n’aurait jamais fait cela s’ils n’avaient pas une bonne raison. Quelque chose les avaient forcé à s’enfuir... Bon sang je n’arrivais pas à me rappeler ce qui était arrivé. La population avait fuit, la ville n’existait plus. C’était quelque chose d’une grosse ampleur, pas le genre d’événement qu’on oublie aussi facilement. J’espérais trouver des réponses. Il fallait que je parte d’ici. J’avais la certitude que ma famille était quelque part dans la nature. Mais je n’avais pas imaginé la possibilité de leur mort. Vu la chose qui avait causé ces dégâts ça ne m’étonnerait pas que beaucoup d’individus aient perdu la vie. Mais j’effaçais ces pensées de ma tête. La probabilité qu’ils étaient encore en vie me donnait un peu d’espoir. Je regardai avec tristesse les ruines de la maison une dernière fois avant de tourner les talons.
Au fur et à mesure que j’avançais, je sentais que la ville empestait. Très vite je compris pourquoi. Des cadavres jonchaient le sol et vu ce qu’ils restaient d’eux, leur mort devait dater depuis déjà plusieurs jours. Mais le plus inquiétant c’était que ce n’était pas des cadavres humains normalement constitué. Ils étaient clairement déchirés, comme si on les avaient découpé au petit couteau. Je regardai cela avec plus d’attention que ce que j’aurais pensé puis je détournais le regard et poursuivi ma route. Pas une âme en vie. Une vraie ville fantôme. Les magasins étaient cassés, des cambrioleurs avaient sans doute profiter de cette situation de fin du monde pour faire le plein de courses. Plus je découvrais ce monde sinistre autour de moi et plus je sentais que tout cela prenait une tournure vraiment inquiétante.
Je me rendis alors compte que j’avais faim. Visiblement j’étais resté plusieurs jours allongé par terre inconscient pour une raison que j’ignorais encore, alors ça paraissait normal de vouloir se remplir le ventre. Je marchais encore et je vis un supermarché à ma droite. Les portes coulissantes étaient brisés. Je franchis un pas à l’intérieur pour voir s’il y avait quelqu’un. Personne. Je rentrais alors.
Comme je m’y attendais, le magasin était saccagé. Cependant je cherchais bien et j’eus la chance de trouver quelque reste. J’allais jouer au pillard, mais il fallait bien que je me nourrisse, ce n’était pas illégal lorsque c’était la fin du monde. Je pris une réserve de sandwich. Je n’avais pas de sac mais il fallait que j’en emmène le maximum avec moi, étant donné que je n’avais aucune idée d’où aller ensuite.

2) Le nouvel habitant

C’est alors que j’entendis un cri. Un cri qui se rapprochait d’un rugissement. A l’évidence ce n’était pas humain. C’est ce qui m’effrayait le plus d’ailleurs. J’avais entendu d’où provenait ce terrible cri. Et il n’était pas loin d’ici. Je décidais de poser ma nourriture. Je ne voulais pas mourir pour des vulgaires sandwichs. Je me cachais alors derrière un rayon pour réfléchir. Si la chose qui avait rugi était juste dehors j’étais en sécurité ici, du moins si je ne faisais aucun bruit. J’essayais de me convaincre de cette hypothèse mais je n’étais pas sûr de moi. Elle pouvait tout à fait être ici même... Rien que d’y penser j’avais envie de crier, d’appeler au secours. Mais j’avais peur de ce qu’il pouvait m’arriver ensuite si je ne contrôlais pas mes émotions. Je respirais un grand coup pour me donner du courage. Je tournais ma tête pour voir ce qu’il y avait dans l’allée centrale. Mais très vite je me dis qu’il n’aurait jamais fallu le faire. Je n’aurais d’ailleurs jamais dû être là, à bien y penser.
A quelques mètres de la ou je me situais se tenait un homme allongé, mort. Mais ce n’était pas le plus effrayant, loin de là. Juste au-dessus de lui se tenait une forme humaine que je ne saurais décrire avec plus de détails puisqu’elle était accroupi en train de le...manger.
Je tournais ma tête en vitesse pour être à l’abri derrière mon rayon. Je tremblais et j’avais envie de hurler. J’essayais de reprendre mon souffle calmement mais la panique était plus forte. Bon sang la personne que j’avais entrevue était occupé à manger ! Je pouvais saisir cette occasion pour prendre mes jambes à mon cou et déguerpir à tout jamais de cet endroit ! Sauf que si elle m’entendait elle risquerait de me pourchasser. Et je n’avais pas vraiment envie de jouer au chat et à la souris avec elle. Si elle me rattrapait je finirai comme ce pauvre homme. En y pensant, il ne devait vraiment rien rester pour que les gens se tournent vers le cannibalisme. Pourtant, nous étions dans un supermarché avec un certain choix de nourriture. Pourquoi s’embêter à tuer quelqu’un alors qu’il suffit de se servir en boîte de céréales ou de lentilles ? Cette question me fit froid dans le dos. La folie avait atteint cette personne et elle n’appréhendait plus rien en ce monde tout simplement. Bien que ce soit possible je n’en étais malheureusement pas entièrement convaincu. Je ne savais pas du tout ce qu’il s’était passé mais ça avait aggravé les choses en ce bas monde.
Je reculais alors. Malheureusement je n’étais pas très droit dans mes mouvements ou alors trop paniqué. Je le savais puisque je venais de poser ma main sur un sachet de nourriture qui tomba directement au sol. Le bruit n’était pas des plus forts mais le cri inhumain du cannibale me fit comprendre que lui semblait l’avoir entendu. Mais je me rappelai alors que son premier cri n’était pas à mon attention. Peut-être étais-ce la même chose...
J’aurais aimé que ce soit le cas. Malheureusement j’entendis des bruits dans ma direction. Et très vite je compris que ça n’allait pas être des plus rassurants. En effet quelque chose arriva devant moi, très vite. J’avais imaginé un cannibale, et à vrai dire, j’aurais préféré que ça le soit. Quand j’avais entendu les déplacements j’avais vite reculé, et c’était une bonne chose de ma part. Puisque ce que je vis n’était pas du tout ce à quoi je m’attendais. Dans mon élan j’avais trébuché et une forme arriva devant moi, à la vitesse de l’éclair. J’aurais préféré que ce soit humain. Malheureusement s’en était loin.
Ce que je vis me glaça le sang. C’était une silhouette humaine à n’en pas douter, avec une légère différence. Tout d’abord les dents étaient monstrueuses. Cela ressemblait plutôt à des crocs. Il suffisait que votre bras soit coincé entre ses dents pour qu’il soit arraché. Et puis ses yeux étaient rouges. Cette chose était encore plus terrifiante qu’un vampire. Ses vêtements étaient encore sur lui, ce qui pouvait témoigner de son existence humaine avant tout ça, ou alors qu’il les ait volés sur un cadavre, mais dans tous les cas l’histoire était moche. Son crâne était dégarni et sa peau blanchâtre. En le voyant devant moi prêt à me sauter dessus et me trancher la gorge, je crus que ma fin était proche. Et je ne l’avais pas du tout imaginé comme cela. Mourir en héros, c’était cela que j’aurais préféré. Là c’était une créature mi-humaine mi-mutante qui allait me dévorer tout cru. Génial comme fin !
Je regardais la créature avec peur et désespoir et elle me regardait en retour. J’attendais le moment ou elle m’attaquerait mais elle ne fit rien. Elle se contenta de me fixer et de se retourner puis détacha le regard et marcha en direction de son repas. Je respirais un grand coup et analysa la situation. Une créature mutante dévorait un humain. Elle m’avait repéré mais m’avait épargné. Pourtant j’étais humain, exactement comme son casse-croûte d’aujourd’hui. Mais pourquoi ? Je n’en savais rien. Je profitais de cette occasion pour prendre mes jambes à mon cou quand j’entendis un petit bruit pas loin.
- He il y a quelqu’un ? demanda une voix qui chuchotait.
Je n’osais pas répondre directement, de peur que la créature ne s’interpose. J’entendis encore un petit sifflement sans vraiment savoir d’où est ce que ça venait. En tout cas quelqu’un était là caché, et s’il ne bougeait pas, il risquait de finir en pâtée pour chien. A vrai dire je ne voulais pas le laisser. Ca me faisait vraiment du bien d’entendre une voix, et puis peut-être savait-il quelque chose sur tout ce qui s’était passé ces derniers temps. J’émis en retour un petit sifflement qui confirmait ma présence. Le retour ne se fit pas attendre. Il était proche c’était l’avantage. Je fis quelques pas tout doucement pour m’avancer entre les différents rayons. Je ne voyais pas la créature mais j’entendais ses horribles bruits de bouche. Au moins elle était occupée. Espérons qu’elle le soit assez longtemps pour que je puisse porter secours à la personne qui m’appelait.
Je marchais à pas de loup. Je regardai partout autour de moi, tout en faisant en sorte de contrôler ma peur. Si je craquais je deviendrais paranoïaque. Il fallait que je reste sûr de moi, bien que je n’avais jamais été aussi terrifié. En temps normal je me serais blotti dans un coin en attendant que mon heure arrive mais là maintenant une nouvelle énergie s’était réveillé et m’accompagnait à chaque fois que j’avançais. J’aperçus soudain la créature à l’autre bout du magasin toujours devant son repas. Je voulais courir pour ne plus l’avoir dans mon champ de vision mais c’était suicidaire. Je tournais la tête droit devant moi pour continuer mon chemin.
C’est deux rayons plus loin que je vis la personne qui m’avait contacté. Elle était agenouillée avec une mallette entre ses mains et ne semblait pas s’être aperçu de ma présence. Je l’appelai alors doucement. Se retournant, son visage se crispa alors d’horreur, mais elle semblait trop effrayé pour bouger. Je m’approchais en levant les mains pour signifier que tout allait bien, qu’elle n’avait rien à craindre. Ca n’avait pas l’air de plus la rassurer mais la distance que je mettais entre elle et moi ainsi que ma façon de la regarder semblaient la calmer de quelque peu. La personne, qui s’avérait être un homme, se releva doucement en continuant de me fixer avec un mélange de surprise et d’effroi.
- Ecoutez dis-je doucement. Je vais vous aider à sortir d’ici. Il faut prendre garde à cette...chose qui ne se tient pas loin.
- Vous avez...vous avez... dit-il d’une voix terrifiée.
- Ecoutez je suis aussi effrayé que vous croyez-moi. Mais si l’on ne fait rien on va mourir ici ! Il faut qu’on y aille monsieur...comment vous appelez-vous ?
- Je....m’appelle Sam.
- D’accord Sam moi c’est Baptiste. Venez avec moi maintenant. On trouvera un lieu sûr.
En vérité je n’en savais rien. Je voulais me donner un peu d’espoir. Si l’on tombait sur d’autres « mutants cannibales », la route allait être difficile. Pour Sam en tout cas. Cette chose aurait largement pu s’en prendre à moi pourtant elle n’avait rien fait. Je me demandais ce qui avait bien pu l’en dissuader. Si ça était arrivé une fois ça pouvait très bien se reproduire.
Le chemin inverse s’avéra plus long. J’étais obligé de tirer Sam par le bras pour le faire avancer. Par chance le mutant était encore sur son repas. Décidément. Mais je ne pouvais pas m’en plaindre puisque nous parvînmes à sortir aisément. Une fois devant la porte de sortie je m’étais retourné, afin de voir si quelque chose allait nous fondre dessus par surprise et nous dévorer avant que l’on puisse s’en sortir. Heureusement je fus soulagé que non.

3) La découverte


La rue était toujours aussi déserte, avec une population humaine toujours inexistante. Cependant la personne à côté de moi était un être humain en chair et en os, c'était l’élément positif de ma journée. Malgré la situation et le désespoir, j’esquissai un sourire. Je me tournai alors vers lui :
- Savez-vous ce qu’il s’est passé ? Je viens de me réveiller pas loin d’ici il y a quelques heures.
Sam me regarda gravement avant de me répondre.
- Il y a eu... une attaque répondit-il simplement en levant les yeux au ciel comme s’il se remémorait les souvenirs d’un lointain passé.
Mais ça ne me suffisait pas. La réponse était incomplète. Il ne pouvait pas en rester la. Une attaque ? Mais de quoi ? De qui ? Je me ressaisis en me rappelant que ce n’était pas facile pour lui non plus. Comme moi il devait peut-être rechercher des êtres qui lui étaient chers. Ses enfants ou sa femme étaient quelque part dans la nature...
- J’ai vu cette chose au supermarché ,vous aussi, ou alors vous l’avez entendu et vous savez que rien de tout ça n’est normal. Et puis ou sont passés tous les habitants ? Je vous en supplie si vous avez ne serai-ce qu’une information dites-là moi.
Je n’eus pas le temps d’une réponse. Un cri strident retentit autour de nous. Et ça ne provenait pas du supermarché. Mon sang se glaça quand j’entendis un deuxième cri aussi effrayant que le premier. Celui-ci était proche. Il venait de la direction que j’avais entamée pour arriver jusqu’ici. Si l’on restait là, nous ne tarderions pas à apercevoir une jolie tête qui dépasse de loin vos pires cauchemars.
- Nous ferions mieux de nous dépêcher ! J’allais l’attraper par le bras comme tout à l’heure mais Sam avait pris l’initiative de courir tout seul, ce qui m’arrangeait beaucoup. Dans notre course je cherchais un endroit ou nous pourrions nous réfugier. L’ennui c’était que chaque bâtiment pouvait être occupé par ces monstres. Mais rester dehors était tout aussi risqué . Je vis alors un pub sur ma gauche. Je fis signe à Sam de me suivre. La porte était encore intacte. Nous rentrâmes alors à l’intérieur. C’était petit mais au moins nous pouvions voir s’il y avait quelqu’un ou quelque chose qui se cachait ici. Les bouteilles étaient encore là, disposé sur des étagères. Les chaises, les fauteuils, les tables, tout était en place. C’était à se demander si cet endroit représentait l’héritage du monde moderne.
Il n’y avait pas de fenêtres. On pourrait mettre un certain temps avant de nous trouver. Je m’installais à une table à un des angles du pub. A ma grande surprise, Sam alla chercher une bouteille et deux verres derrière le bar puis vint me rejoindre.
- Il faut en profiter dit-il en me servant son whisky. C’était vrai. Si le monde ressemblait à cela partout, boire de l’alcool était un luxe. Il trinqua avec moi et nous bûmes nos verres respectifs d’un cul sec.
- Nous sommes tranquille pour le moment dis-je. Est-ce que vous savez des choses ?
Sam soupira. Il me regarda droit dans les yeux puis commença à parler d’un ton grave.
- Je vous ai parlé d’une attaque et c’est bien vrai. La chose que vous avez vu dans le magasin, il y en a beaucoup d’autres. Nous avons juste eu de la chance de ne pas tomber sur un trop grand nombres.
- Mais tout cela n’est pas tombé du ciel ! Ces créatures ca relève de la fiction.
- Le monde est devenu une fiction Baptiste. L’histoire derrière tout ça est plus compliquée.
- Et bien j’écoute !
Sam but une autre gorgée puis se lança :
- Une étrange maladie est apparu il y a plusieurs semaines. C’était la rage. Elle s’est très vite propagée à travers le monde.
- Comment savez-vous cela ?
- Je faisais partie du comité de médecins mis en place par le ministre de la santé Allemande. Avec la France, la Russie et les Etats-Unis, nous avons collaboré pour trouver un remède au plus vite.
- Mais un tel phénomène passe forcément aux informations je veux dire...je ne m’en rappelle pas.
- Je pense que c’est normal dit-il sur un ton plus calme.
Sa phrase m’intriguait.
- Je vous demande pardon ? Excusez-moi mais je pense que ce genre de choses ne s’oublie pas. Cependant mis à part ma famille je ne me rappelai pas de grand-chose. J’essayais d’extraire des souvenirs mais ça me faisait un mal de tête. J’avais tellement été préoccupé par ces changements brutaux que je ne n’avais pas pris le temps de réfléchir à la façon dont les choses avaient tourné ainsi ni même sur mon passé.
- C’est...le vaccin qui doit vous faire cet effet. Je ne vois que ça comme explication. Autrement vous seriez mort ou devenu l’un d’entre eux.
- Quoi ? Je commençais vraiment à me sentir mal à l’aise. Ca n’annonçait rien de bon.
- Allez voir dans le miroir. S’il vous plaît ne hurlez pas.
Je me rendis devant le miroir situé quelques mètres derrière notre table. Je me demandais ce qu’il racontait. Cet homme devait être complètement fou. Mais dès que je vis mon reflet je compris mieux pourquoi il avait eu cette expression de frayeur au supermarché, et pourquoi il me regardait étrangement depuis le début. Une annonce de sa part aurait été plus clair. Quoique je ne l’aurais jamais cru.
Mon visage était transformé. Il était possible de reconnaître que j’étais humain mais mes yeux étaient rouge sang et mes dents avaient triplé de volume, de plus elles étaient acérées, comme les vampires. Je pouvais arracher un bras à quelqu’un si un audacieux venait à s’en prendre à moi. Je soulevais mes vêtements. Ma peau pelait légèrement. Rien de grave pour le moment mais si ça continuait à ce rythme, je ressemblerai à un zombie. Je ressentis alors l’envie d’exploser ce miroir mais ça ne servirait à rien. Ca n’allait pas changer ce que j’étais devenu.
- Vous croyez vraiment que je ressemblerais à ça si j’avais eu un vaccin ? dis-je avec rage. Sam n’avait pas bougé. Il me regardait avec une certaine tristesse. Je me regardai une deuxième fois mais cette fois-ci des images m’apparurent en souvenir. Cela dura quelques instants mais j’entendais des gens qui criaient, des choses qui leur couraient après et je voyais les membres de ma famille et puis une fille qui avait mon âge....Julie. Ensuite quelque chose s’écroula sur moi et tout devint noir.
Je revins à moi en soufflant. Sam s’était levé et me demanda si tout allait bien. Je lui répondit que j’avais brièvement vu une attaque de monstres, quelque chose qui vraisemblablement devait s’être passé.
- La mémoire vous revient lentement. Peut-être pourrez-vous tout récupérer dans quelques heures.
- Pourquoi des suppositions docteur ? Vous n’êtes pas censé savoir les effets du vaccin ?
Sam baissa les yeux avec honte.
- Malheureusement non. Nous avons été interrompus lors de notre processus de fabrication.
- Interrompu mais pourquoi ?
- J’ai la forte impression que quelqu’un ne voulait pas que nous sauvions l’humanité.
- Mais voyons c’est absurde ! Qui voudrait une chose pareille ?
- Et bien je vais vous montrer peut-être réussirez vous à retrouver.
Il sortit un téléphone de sa veste, fit défiler ses photos et s’arrêta sur une. On y voyait un homme en belle tenue levant les mains en s’adressant à une foule. Il souriait, paraissant très sûr de lui. Des images revinrent à moi pendant que je fixais la photo. J’étais dans un salon, mon salon, avec ma famille assise sur le canapé. La fille de tout à l’heure, Julie était là. Elle était allongé sur mon épaule et j’avais passé mon bras autour de sa taille. Sur l’écran nous pouvions apercevoir un type brandissant le poing en parlant fort. Pas loin de moi mon père pestait contre ce type. Je revins alors dans la réalité avec un nom bien précis en tête.
- C’est West Camp le candidat républicain dis-je alors. Vous le soupçonnez de vouloir la fin du monde ?
- Vous avez bien entendu ses discours nan ? Ce type est un malade. Il pense refonder l’humanité en créant le chaos. Il l’a trouve trop imparfaite à son goût.
- Ce n’est que des paroles voyons ! Il parle beaucoup. Un type comme cela ne va pas loin !
- Certes ce n’est pas la tête de listes mais un nombre conséquent d’Américains s’intéressent à lui.
- Mais les Américains adorent ce genre d’histoires. Ca change des discours classiques des politiciens que certains n’écoutent ou ne comprennent pas. C’est une manière de les captiver.
- Peut-être mais c’est un homme influent et ça c’est dangereux ! Les hommes qui ont attaqué mon équipe étaient avec lui à n’en pas douter ?
- Excusez-moi mais quels hommes ?
- Nous étions en plein travail quand des gars armés de magnum se sont introduis dans la pièce. Ils ont commencé à tirer sur mes collègues et moi-même. Des Russes vu leur accents. J’aurais du mourir mais Antonio l’un de mes meilleurs amis à pris une balle en faisant diversion pour que je m’enfuis avec ce que vous voyez sur la table.
La mallette était donc avec lui depuis tout ce temps. Quand je l’avais vu au supermarché accroupi, serrant la mallette dans ses bras, je compris alors. Elle avait tellement d’importance qu’il ne la lâcherait pour rien au monde.
- J’imagine sans aucun doute qu’il s’agit du vaccin, mais incomplet.
- J’ai pris ce que je pouvais avec moi ! Je me tus un instant pour le laisser se remettre de ses émotions. En voyant son expression je sus que ça l’avait secoué. J’en profitais alors pour nous resservir deux verres.
- Je suis désolé dis-je en lui tendant le verre qu’il prit sans hésitation. Mais ce que je ne comprends pas c’est que vous supposez que j’ai été piqué alors que le vaccin est resté dans cette malette. Comme je n’ai pas entièrement recouvert la mémoire pourriez vous me dire si vous m’en avez injecté ?
Il me regarda droit dans les yeux puis me fit signe que non.
- Je ne vous ai jamais rencontré avant. Mais il se trouve que durant ma course j’ai donné un double du vaccin à quelqu’un. Mais c’était dans la précipitation, alors je n’ai aucun souvenir de son visage. Mais peut-être que si je vous montre l’objet vous saurez vous rappelez...
Il l’ouvrit. A l’intérieur se trouvait une seringue avec deux petits flacons.
- Je peux ? demandai-je en désignant la seringue.
- Allez y répondit-il. Il n’y a rien de toute façon.
En la touchant, je fermais les yeux pour me rappeler. Très vite, je me voyais dans la rue sur mon téléphone portable. C’est alors que je hurlais de surprise. En me retournant je voyais un sans abri qui me dit « C’est pour votre bien » avant de déguerpir. Des gens venaient me voir pour meDemander si tout allait bien et je leur répondis d’un signe de la main.
Je rouvris les yeux. La théorie de Sam s’avérait positive. Mais pourquoi ce type m’avait-il piqué moi ? On était en pleine rue et le monde ne manquait pas. Au moins grâce à cet homme je respirais encore. Malheureusement tout le monde ne peut pas en dire autant.
- Le vaccin n’a pas pu me transformer tel que je suis nous sommes d’accord ?
- Nous sommes d’accord. Vous vous êtes fait mordre.
J’imaginais avec dégoût une créature du même genre que celle du supermarché poser ses dents monstrueuses contre ma chair. En revanche je n’avais aucun souvenir d’une telle chose. De toute manière c’était fait.
- La créature tout à l’heure. Elle aurait pu m’attaquer. Pourtant elle n’a rien fait dis-je alors. Je comprends mieux pourquoi maintenant. Mais ça ne résout rien à cette apocalypse. Qu’est ce qu’on est censé faire ?
- Prouvez l’implication de West Camp dans tout ça !
- Ecoutez je pense que vous allez trop loin avec votre théorie ! Et vous m’avez dit que les types étaient Russes.
- Mais réfléchissez ! il s’exclamait d’une voix plus forte. « Il les à grâce ment payer. Ce type est millionnaire. En faisant ça il couvre ses arrières. Si jamais on venait à se poser des questions sur les morts du comité on retrouverait la trace des Russes. Et au vu de leur impopularité depuis quelques années, ils seront tous de suite désignés comme responsable.
Cette histoire paraissait improbable. Complètement ahurissante.
- Et vous pensez que Mr Camp est à l’origine de l’épidémie ? Et puis personne n’a réagi lors de la mort du comité ?
- Je n’en sais rien pour être honnête. Il reprit un verre, souffla un coup et leva les yeux au ciel avec un air qui dévoilait une longue fatigue. «  Tout s’est passé si vite, l’épidémie s’est propagé à une vitesse incroyable. Lorsque je me suis enfui avec le vaccin, les infos ne cessaient de rapporter les terrifiantes nouvelles. Et certains hommes étaient à ma poursuite alors ma priorité c’était de survivre.
- Et vous avez débarqué dans ma ville, donné un double de l’antidote à un mendiant qui me l’a injecté. Quel hasard !
- Oui au cas ou je me faisais prendre il fallait que quelqu’un l’ait. C’est moi qui lui ai demandé de s’en injecter. Ensuite il a fait ce qui lui semblait juste.
- Cela voudrait dire que d’autres pourraient être comme moi ! Le fait d’imaginer des hybrides mi-homme mi-zombies me révulsaient.
- Vous êtes le premier sur qui je tombe en tout cas.
- Mais attendez ça voudrait dire qu’on vous a suivi jusqu’ici ?
- C’est exact ! A propos, c’était lui le cadavre au supermarché. Je remercie le charognard de l’avoir tué. Sans lui je ne serais plus là. Mais il n’était pas le seul. D’autres arriveront après lui. C’est pour cela que j’ai besoin de vous Baptiste. Cette tâche est trop dur pour un homme seul.
Je ne savais plus quoi dire. Je venais de me réveiller il y a quelques heures, je découvrais un monde dévasté et visiblement tout ça était une histoire de complot mondial. Enfin, beaucoup de
questions restaient en suspens dans le récit de Sam. Mais il n’avait pas l’air fou, plutôt sincère. Il avait le regard d’un homme qui avait tout perdu et qui avait besoin d’aide. Un homme qui voulait faire en sorte que les choses redeviennent comme avant, même si vu leur états actuels, c’était impensable.
Je voulais retrouver mes proches, mais je ne pouvais pas être seul non plus. Il me fallait quelqu’un pour tenir bon, pour garder la tête haute dans un monde transformé en ténèbres. Aussi fou que ça pouvait l’être je croyais Sam. Avec ce que j’avais vu aujourd’hui tout était possible dorénavant.
- Je vais vous aider dis-je d’une voix forte comme pour me prouver à moi-même que je prenais la bonne décision. « Mais je veux aussi retrouver ma famille ».
- Je vous comprends ! j’ai moi aussi des gens à retrouver ! J’ai une femme et une fille et je crois savoir ou elle sont allés.
- Il y aurait des groupes de survivants ? Cette idée me redonnait espoir. J’espérais qu’ils soient en sécurité. La qualité de vie n’était pas des plus luxueuses mais ils pouvaient manger et dormir sans se préoccuper des monstres qui rodaient derrière les remparts ou les grilles installés. Si c’était cela en tout cas.
- D’après la dernière télé allumé que j’ai vu, il y aurait des regroupements dans le centre du Pays vers Orléans.
- J’espère qu’ils y sont.
Sam rangea le vaccin dans la valise. Nous prîmes un dernier verre avant de nous diriger vers la sortie. Pendant un instant nous restâmes devant sans bouger. Je pense que l’un comme l’autre, comprenions qu’au moment ou l’on passerai la porte, nous ne pourrions revenir en arrière. Nos chances de succès restaient minces et beaucoup de choses restaient à éclaircir. Mais je refusai de rester là et de mourir lentement. Ma famille était tout ce que j’avais et j’étais déterminé à les retrouver coute que coute. Mais le plus angoissant c’est que je sentais comme l’impression d’être le seul espoir de l’humanité dans un monde que je ne reconnaissais plus. Pourtant il fallait bien que quelqu’un agisse.
- Dites-vous que la chose la plus importante est en nous Baptiste dit-il. J’étais surpris de sa phrase philosophique. Il devait sûrement se donner du courage ou bien perdait la raison.
- Et qu’est ce que c’est selon vous ?
- La vie répondit-il.
Sur ces paroles, il tourna la poignée.
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