Tania

il y a
12 min
2
lectures
0

Si vous aimez une de ces nouvelles n'hésitez pas à me suivre dans mon univers ! http://df-novel-auteur.all-images.net  [+]

Le réveil sonna à 6 h 30 du matin ce jour-là, comme tous les jours de la semaine, excepté le week-end. Tania mit quelques minutes à éteindre le buzzer qui lui percutait les tympans comme un marteau-piqueur.
Fréquemment en début de journée, elle ressentait comme des bourdonnements dans ses oreilles, un bruit plutôt invalidant quand on doit partir au travail.
Elle ouvrit les yeux doucement et comme souvent elle ne savait plus où elle était et ce qu’elle devait faire.
Depuis l’accident, ses journées étaient ponctuées de ces moments d’absence, qui lui donnaient un regard vide.
Cela faisait six mois que le drame s’était produit, et les médecins lui affirmaient qu’elle allait retrouver la mémoire mais qu’il faudrait du temps.
Mais Tania ne savait plus rien, son disque dur interne avait été comme effacé le 13 novembre 2013. On lui avait expliqué que la voiture était sortie de la route et s’était encastrée dans un arbre, causant la mort du conducteur, mais c’était les seules informations fiables qu’elle avait.
Un homme était mort dans l’accident, son mari lui avait-on expliqué, mais cela aussi elle ne s’en souvenait plus.
Après un mois de coma, Tania avait tout perdu, sa vie d’avant n’existait plus, anéantie dans le choc de l’accident. Elle n’avait plus de souvenirs, plus d’odeurs, plus de sensations, plus rien.

Une heure passa avant que Tania ne sorte de son lit, prenne sa douche, s’habille, déjeune, se maquille et sorte de son modeste appartement de banlieue.
En prenant le passage clouté, pour se diriger vers l’arrêt de bus, une voiture passa à vive allure devant elle. Paniquée Tania eut une soudaine baisse de tension et faillit tomber à terre, heureusement un passant la rattrapa de justesse.
Depuis l’accident elle ne supportait plus la vitesse et avait une peur phobique d’entrer dans une voiture. La panique passée, elle entra dans le bus et s’assit tout à l’arrière, comme pour se protéger d’une éventuelle collision frontale.
Le bus fit une pause à l’arrêt Gambetta, juste devant un grand immeuble de bureau situé dans le plus grand quartier d’affaire de la capitale.
Tania avait repris la vie active depuis peu de temps, et ses performances au travail n’étaient pas au beau fixe, mais l’équipe de l’entreprise faisait preuve de beaucoup d’indulgence, enfin pour l’instant.
Le lieu où travaillait Tania était une immense salle où cinq rangées de box s’alignaient comme des soldats au défilé. Chaque box était numéroté et Tania travaillait au box treize. Elle avait comme mission de recevoir les appels et de les rediriger vers les services concernés.
Un travail qui lui était harassant, et il n’était pas rare que pendant ses moments d’absence Tania transfert l’appel vers un mauvais service.

Arrivée à 8 h 15, elle eut le temps de déposer ses affaires et d’aller à la machine à café pour discuter avec ses collègues.
Pour Tania ces discussions informelles faisaient partie du meilleur de la journée, elle pouvait se sentir comme les autres et oublier qu’elle avait tout oublié.
Elle rencontra comme tous les matins Richard son collègue préféré, presque un ami, voire un confident. Il était toujours aux petits soins pour elle, multipliant les attentions, et lui donnant des conseils sur son travail. Richard était même venu souper chez elle un soir, ou elle ne se sentait pas bien. Il avait été d’une compagnie agréable, réconfortant, avec ses bons mots et ses plaisanteries jamais vulgaires.
La journée passa ainsi, comme de nombreuses journées, dans cette semi-réalité, entre le travail et ses absences.
À 18 h 30, Tania se préparait pour rentrer chez elle, quand Richard arriva à son box et lui proposa sans plus de cérémonie d’aller boire un verre au café en face des bureaux « Histoire de décompresser et de fêter l’arrivée des vacances » avait-il dit.
Tania qui s’apprêtait à rentrer chez elle toute seule, accepta l’invitation sans conviction, car elle ne trouvait rien de mieux à faire. Ils prirent l’ascenseur et arrivèrent quelques minutes plus tard au café.
Assis face à face, Richard avait pris un verre de vin et Tania un cocktail, il lui demanda comment elle allait, si la vie n’était pas trop dure depuis la mort de son mari Alexandre. Mais Tania ne ressentait pas ce manque, elle avait oublié qu’elle avait aimé cet homme qui était pour elle un étranger. Elle avait bien des photos de lui dans son appartement mais elle regardait Alexandre comme une image, une coquille vide. Tania ne manquait de rien, elle le croyait.
La soirée se termina assez tôt et chacun reprit la direction de son domicile.
Richard proposa à Tania de la raccompagner en voiture chez elle, mais elle refusa, sa phobie le lui interdisait.
Après des au revoir, avec un grand sourire de circonstance, Tania prit le chemin de son appartement en entrant dans le premier bus qui se présenta à l’arrêt.
Arrivée chez elle, comme tous les vendredis soir, elle se prépara un plateau-repas et prit un DVD dans sa collection.
Depuis un moment déjà, Tania avait l’habitude de revoir plusieurs fois les mêmes DVD, elle se souvenait parfaitement des films, mais le fait de les visionner lui donnait un sentiment de réconfort, elle se fabriquait des souvenirs.
Elle aimait d’ailleurs beaucoup une comédie romantique où un couple se formait à la fin. Peut-être cela lui procurait comme une réminiscence de son passé perdu, ou peut-être ses souvenirs étaient-ils seulement enfouis en elle.
Tania reçu un texto de Richard qui lui demandait si elle était bien rentrée chez elle « Très bien merci, bon week-end » répondit-elle.
Bien installée dans son canapé, le film commençait, quand elle reçut un coup de téléphone. Sans faire attention, les yeux rivés sur son film préféré, elle répondit. Mais ce qu’elle entendit au téléphone l’interloqua.
Des bruits étranges, des chuchotements, des vibrations et une voix lointaine lui disait quelque chose mais elle ne pouvait comprendre le sens des mots. Avant même de retirer le téléphone de son oreille celui-ci s’éteignit. Très étonnée, elle regarda son téléphone portable un instant, et reprit le visionnage de son DVD.
À la fin du film, le moral de Tania était au beau fixe, une nouvelle fois le couple s’était formé et l’humour avait été au rendez-vous. Laissant la télévision allumée, Tania se dirigea vers la salle de bains pour se préparer avant d’aller dormir, quand soudain dans le salon, la télévision émit d’étranges bruits, les mêmes qu’au téléphone, mais avec un niveau sonore beaucoup plus élevé.
S’essuyant rapidement les mains, Tania se rua dans le salon pour baisser le son du poste de télévision. Essoufflée, elle se dit qu’il était peut-être temps de changer de télévision, mais au fond d’elle-même une certaine appréhension commençait à naître.
Il était 23 h 30 quand elle entra dans son lit et commença à dormir.
Les phénomènes

Il faisait très beau ce samedi matin, et comme d’habitude, Tania s’était préparée pour faire ses courses.
Sortant de son appartement elle croisa sa voisine, Madame Ribeaux, une vieille femme, veuve depuis de nombreuses années. L’agrippant par le bras, la vieille femme lui dit :
« Il a encore beaucoup travaillé cette nuit votre mari, mais comment fait-il pour être en forme le matin ? D’ailleurs je ne le vois plus en ce moment, il part plus tôt le matin pour aller travailler ?
— Vous savez Madame Ribeaux, cela fait longtemps que je n’ai plus de mari, et si vous avez entendu une voix cette nuit peut-être était-ce votre radio, ou autre chose... répondit Tania étonnée et plutôt inquiète.
— Je vous assure, toute la semaine, je l’ai entendu ! Surenchérit la vieille dame.
— Très bien, je lui dirai de parler moins fort la prochaine fois... dit Tania avec malice. »
Elle contourna son interlocutrice et entra prestement dans l’ascenseur, cette discussion qui lui paraissait particulièrement surréaliste l’angoissait quelque peu.
Sur le chemin des courses, Tania réfléchissait, c’est vrai que récemment, des phénomènes bizarres s’étaient produits. La jeune femme mettait ça sur le compte d’une quelconque défaillance technique, mais l’accumulation de ces petites bizarreries commençait à l’inquiéter.
Le soir était tombé, Tania était allongée dans son lit, un livre dans les mains. Elle était plongée dans ce trépidant roman policier, quand elle entendit de nouveau les bruits étranges dans le salon. Une voix masculine caverneuse murmurait quelque chose dans une sorte de brouhaha sonore. La peur envahit la jeune femme, maintenant c’était certain, quelqu’un ou quelque chose était avec elle dans l’appartement. Elle lâcha le livre et reprenant son souffle, sortit de son lit. Les bruits continuaient de plus belle. Mais la voix se déformait comme si petit à petit elle perdait de sa puissance et se noyait dans un maelstrom de sons. Sortant de sa chambre, le cœur battant, elle se dirigea vers le salon et remarqua que la télévision s’était allumée. À pas de chat elle s’avança, tendit le bras, et à cet instant la voix lugubre se fit entendre une nouvelle fois. La jeune femme sursauta, crut défaillir et dans un mouvement presque instinctif, appuya sur le bouton arrêt de la télévision.
Le silence était revenu dans l’appartement, le cœur de Tania battait encore très fort dans sa poitrine, et elle crut bon d’allumer toutes les lumières de son domicile. S’étant assise sur le fauteuil du salon, elle reprit peu à peu ses esprits et se calma pour de bon.
Mais maintenant, l’angoisse était là et elle ne partirait plus. Elle n’était plus seule dans ce logement.

La nuit fut plutôt courte et le sommeil ne fit son apparition qu’au petit matin. Tania était fatiguée, encore perturbée par les événements de la veille. Mais malgré son état, elle voulait connaître la cause de tous ces phénomènes étranges qu’elle subissait.
Un café bien fort et chaud dans l’estomac, Tania s’assit dans son salon, son ordinateur portable sur ses genoux et commença ses recherches sur internet. Elle tomba rapidement sur des forums où des personnes avaient vécu des phénomènes semblables, télévision qui s’allume toute seule, bruits étranges à la radio, appels téléphoniques intempestifs.
Un témoignage en particulier attira l’attention de Tania, celui d’un jeune homme qui disait communiquer avec son père décédé par l’intermédiaire d’une radio. L’internaute indiquait également l’adresse d’une association qui aidait gratuitement les personnes à prendre contact avec leur défunt. Tania releva les coordonnées de l’association, et décida de s’y rendre le jour même. Elle prit contact au téléphone avec un vieil homme qui lui demanda de venir à 20 heures pour une rencontre.
Après une demi-heure de bus, elle arriva devant une ancienne bâtisse du XIXe siècle située en centre-ville.
La maison était quelque peu défraîchie, et les pierres de la façade qui devaient être blanches à l’origine, étaient d’une couleur grisâtre due à la pollution. Sur une plaque en cuivre, vissée sur la porte, était noté TCI : Monsieur Albert Stixe - Dernier étage.
Tania sonna à l’interphone, et une voix d’homme répondit : « Bonsoir Madame je vous ouvre, dernier étage, première porte à droite, vous ne vous tromperez pas... ».
L’ancienne maison n’était pas dotée d’ascenseur, et la jeune femme due monter les cinq étages par les escaliers anciens.
Arrivée devant la porte elle toqua, celle-ci s’ouvrit et Tania se trouva nez à nez avec un vieil homme hirsute, de petite taille, habillé d’un pantalon de velours beige, et d’un gilet en laine de couleur rouge. L’homme faisait l’impression de n’être plus sorti de son appartement depuis fort longtemps.
L’intérieur de son logis, sans être vraiment sale, était particulièrement désordonné. Çà et là étaient posés, des livres, des magazines, et des piles de journaux qui dataient pour certains d’une bonne dizaine d’années. L’odeur ambiante faisait plus penser à un grenier qu’à un logement d’habitation.
Très courtois, le vieil homme proposa à Tania un café que celle-ci accepta avec plaisir, et ils s’assirent tous les deux sur le fauteuil de ce qui devait être à l’origine un salon.
Monsieur Stixe demanda plus de précision, sur les phénomènes que subissait la jeune femme. Compréhensif, il acquiesça de la tête sans rien dire l’air grave. Il entraîna alors Tania dans son bureau.
La pièce était remplie de vieux téléviseurs, récepteurs radio en tout genre, et de magnétophones d’un autre siècle. Le vieil homme expliqua à la jeune femme qu’il fallait qu’elle se procure un ancien magnétophone pour enregistrer les voix et essayer ainsi de décrypter le possible sens des mots.
Devenant plus confident, il expliqua à Tania qu’il avait découvert cette technique de TCI (Trans Communication Instrumentale) à la suite du décès de sa femme. Ne se résignant pas à l’avoir perdue complètement il avait entrepris, il y a de nombreuses années, de capter un éventuel message de sa compagne venu de l’au-delà.
La jeune femme fut attendrie et triste pour le vieux monsieur et avec beaucoup de compassion, elle lui expliqua qu’elle voulait simplement comprendre le phénomène et le faire cesser.
Touché par tant d’attention, le vieil homme lui donna alors son propre magnétophone et lui expliqua la marche à suivre pour avoir peut-être des résultats.
La rencontre avec Monsieur Stixe se termina ainsi. Tania reprit la route de son appartement avec le magnétophone sous le bras bien décidée à découvrir la vérité.
Arrivée chez elle, la jeune femme se déshabilla rapidement, et déposa le magnétophone sur la table du salon. Monsieur Stixe lui avait conseillé de rembobiner la cassette de l’appareil au point de départ, et de déclencher l’enregistrement juste avant qu’elle aille se coucher.
Suivant les conseils du vieux monsieur à la lettre, Tania se retrouva à 22 h 30, allongée dans son lit, son livre de chevet sur ses genoux épiant les bruits de l’appartement. Les heures passèrent, et la jeune femme, n’y tenant plus, sombra dans un sommeil profond.
Le lendemain matin, elle fut réveillée par la sonnerie de sa porte d’entrée. S’habillant d’une chemise de nuit, elle ouvrit la porte.
« Votre mari a encore travaillé tard cette nuit, est-ce que je peux lui parler, il est encore là ? dit Madame Ribeaux sa voisine.
— Non je n’ai plus de mari ! Madame Ribeaux, je vous l’ai déjà dit ! Et maintenant bonne journée ! dit Tania sur un ton qui n’acceptait pas de réponse. »
La jeune femme claqua la porte au nez de la vieille dame. Reprenant ses esprits, Tania se précipita vers le magnétophone, le cœur battant, rembobina la cassette d’une capacité de deux heures d’enregistrement et appuya sur la touche play.
La jeune femme, l’oreille rivée sur l’appareil, attendait que des sons suspects se manifestent. Les minutes passèrent sans qu’aucun bruit, hormis le souffle de l’enregistrement, ne s’entende. Relançant la bobine en mode rapide, Tania crut percevoir comme un chuchotement. En replaçant la lecture au moment crucial et en augmentant au maximum le son, une voix grave se fit entendre. Cette voix d’homme, s’entendait presque distinctement, mais le sens des mots prononcés était incompréhensible, comme perturbé par des larsens, ou des bruits de frottements.
Tania avait enfin une preuve enregistrée du phénomène, elle n’était pas folle. Rassurée sur sa santé mentale, elle entreprit de comprendre les mots prononcés. Mais après plusieurs heures d’écoute, rien n’y faisait, la phrase n’avait aucun sens. Cependant la voix de l’homme eut un effet miraculeux sur la mémoire de la jeune femme, un déclic se produisit.
Après ses longues heures de décryptage, Tania eut comme des flashs de mémoire. Des sons, des odeurs, des images apparurent dans son esprit. Elle vit alors le visage d’un homme qu’elle connaissait. Ce visage était celui de la photo posée sur le meuble de l’entrée, cette personne était son mari décédé, Alexandre.
Soudain, un tourbillon d’images se mit à naître dans son esprit, elle revoyait tout, la rencontre avec cet homme qu’elle savait avoir aimé, leur mariage, l’emménagement dans l’appartement, leurs nuits d’amour. Tous ses souvenirs revenaient comme un torrent, une vague immense qui déferlait. Tania pleurait car elle était submergée par toutes ces émotions qu’elle revivait maintenant.
Et puis d’autres souvenirs émergèrent de ce tourbillon, mais ce n’était plus son mari qu’elle voyait, mais Richard son collègue de bureau. Un étrange sentiment de malaise envahit alors Tania. Elle se voyait avec lui, à la machine à café se disputant violemment, son collègue la tenant fermement par le bras.
Ils avaient eu une liaison ensemble, elle en avait la certitude.

Délivrance

Ces événements qui tenaient du miracle furent pour Tania un grand choc. Elle retrouvait la mémoire de manière violente et désordonnée. La jeune femme essayait de remettre dans l’ordre tous ces souvenirs qui arrivaient en vrac.
Tania décida alors de téléphoner à Richard, son confident, pour parler avec lui de sa soudaine réminiscence. Elle prit son téléphone portable et convia le soir même son collègue de bureau chez elle pour discuter. Par chance Richard était disponible, il était toujours là pour Tania. De plus elle voulait savoir qu’est-ce que signifiait se souvenir particulièrement perturbant avec lui à la machine à café.
Cette journée pluvieuse passa lentement, Tania avait hâte de parler à Richard de ce qui lui arrivait.
À 21 heures Richard sonna à la porte de son appartement, la jeune femme ouvrit et accueillit son collègue avec soulagement et un grand sourire. L’homme enleva son blouson, l’accrocha au portemanteau à l’entrée et Tania l’invita à s’asseoir au salon pour une tasse de café.
Se retrouvant tous les deux une tasse à la main, la jeune femme commença à expliquer à Richard ses déboires et les phénomènes inquiétants dont elle était victime. L’homme l’écoutait attentivement. Tania lui dit qu’elle avait reconnu la voix de son mari au magnétophone. Qu’aucun doute n’était permis et qu’à ce moment-là elle avait eu le déclic et ses souvenirs étaient revenus.
Le visage de Richard se mit alors à blanchir comme s’il avait vu un fantôme. L’homme balbutia ces mots : « Tu es vraiment sûre ?
— Je suis certaine, écoute ça, vous vous connaissiez bien tous les deux vous étiez amis non ? dit Tania. »
Le magnétophone calé sur le passage fatidique, elle appuya sur le bouton play. À cette écoute Richard se gratta le haut du front longuement et dit à Tania : « Peut-être que c’est sa voix, mais vraiment quelle histoire à dormir debout tu ne crois pas ?
— J’en suis sûre et certaine Richard et puis j’ai quelque chose à te demander dit Tania. »
La jeune femme lui expliqua alors qu’elle avait eu un souvenir dérangeant avec lui à la machine à café et qu’elle voulait savoir pourquoi il s’était mis en colère contre elle.
Richard se rapprocha de Tania, lui prit les mains et la regardant droit dans les yeux lui dit : « Tania tu ne te souviens pas ? Nous étions ensemble, amoureux...
— Oui je me souviens que nous avons eu une relation, mais cela a été une erreur... J’ai fait une erreur Richard, je ne t’aime pas... Je crois que nous devrions prendre nos distances, je dois me reconstruire... Je suis désolée... Nous ne devons plus nous voir » dit Tania avec beaucoup de douceur dans la voix. »
Son collègue lâcha les mains de Tania et lui répondit :
« Je crois que tu fais une erreur Tania, ne me rejette pas... »
Un lourd silence tomba sur la discussion. Richard se leva sans un mot, remit son blouson et sortit de l’appartement sans plus d’attention à la jeune femme.
La soirée se termina ainsi, Tania reprenait le travail le lendemain, elle devait se coucher tôt.

Arrivée à 8 h 15 du matin comme à son habitude, elle se dirigea vers la machine à café, mais ne croisa pas Richard.
Après avoir bu son café, Tania retourna à son poste de travail.
Toute la journée, la jeune femme reçue de nombreux textos de Richard qui lui demandait de renoncer à sa décision de rompre les ponts entre eux. Mais les réponses de Tania étaient sans appel.
En fin de journée, les textos de Richard devinrent plus agressifs, voire inquiétants, la menaçant de faire une bêtise si elle ne changeait pas d’avis.
Le soir venu, l’étage où travaillait Tania était quasiment vide quand elle décida de rentrer chez elle.
La jeune femme était très préoccupée, par la tournure que prenait sa relation avec Richard. Elle ne voulait pas lui faire de mal, mais elle devait aussi pensait à elle.
Tania mit son manteau, prit son sac et se dirigea vers l’ascenseur. Malheureusement il était en panne, désabusée, la jeune femme se résigna à prendre les escaliers pour descendre les dix étages qui la séparaient du rez-de-chaussée. À mi-chemin, dans la cage d’escalier, en un instant toutes les lumières s’éteignirent, et Tania se retrouva seule dans le noir.
Prise d’angoisse, elle s’agrippa à la rampe de l’escalier et commença à descendre lentement les marches. Elle entendit alors au palier du dessus une porte qui s’ouvrit et qui se referma, suivit de pas. Les pas se rapprochaient, une personne avec une lampe de poche arrivait derrière elle. Pensant rencontrer le gardien de l’immeuble, elle se retourna confiante, mais reçut un très violent coup à la tête qui lui fit perdre immédiatement connaissance.
Un bruit de moteur, une forte odeur d’alcool, Tania ouvrit peu à peu les yeux, avec un mal de tête terrible.
Reprenant ses esprits, elle se trouvait assise dans une voiture côté passager, la ceinture de sécurité attachée, sur une nationale en pleine nuit, les arbres défilant à sa fenêtre.
Tania fut alors envahie par une terrible angoisse, sa phobie des voitures et de la vitesse était au paroxysme, elle était comme pétrifiée, son cœur battait si fort qu’elle crut qu’il allait sortir de sa poitrine.
Au comble de l’angoisse et de la peur, Tania se retourna du côté conducteur et vit Richard, l’air hagard une bouteille de whisky à la main droite, tenant le volant de l’autre main. Il se retourna et cria : « Je ne voulais pas que ça se passe comme ça ! Tu ne devais pas être dans la voiture avec lui ! Sa voix cotonneuse trahissait un fort taux d’alcool dans son sang. »
Les yeux grands ouverts, Tania le regardait sans pouvoir sortir le moindre son de sa bouche. Richard reprit alors : « Je lui avais dit à Alex que tu n’étais qu’à moi rien qu’à moi ! Mais il n’a rien voulu savoir... Il devait partir ! ».
Le paysage défilait à vive allure, Richard regardait à peine la route, les yeux remplis de larmes. Il s’écria alors :
« Je l’ai tué ! J’ai saboté ses freins et paf ! Il est mort ! Plus d’Alexandre que toi et moi ma chérie... ».
À cet instant la radio s’alluma toute seule et un son extrêmement fort sorti des haut-parleurs, une voix d’homme. Tania reconnut tout de suite la voix du magnétophone. Elle ne comprit pas le sens des mots, mais elle savait qu’il était là.
Richard se baissa, pour éteindre le poste et c’est à ce moment qu’il perdit le contrôle de son véhicule. Emportée par sa vitesse, la voiture quitta la route et s’encastra violemment dans un arbre qui bordait la route. Richard, qui n’avait pas sa ceinture, fut littéralement projeté dans le pare-brise qui se brisa.
Il décéda sur le coup. La vie de Tania fut épargnée.
0
0

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,