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Sur la Terre des Racinés, la mort fait partie de la vie courante. Les Racinés peuvent mourir d’un manque d’eau, ou bien s’empoisonner d’une eau impure. Ils peuvent ne pas être rentré à temps au berceau s’approvisionner en nutriments, manquer de lumière ou au contraire griller au soleil d’avoir été trop gourmands. Ils peuvent aussi tout simplement faner sans explication et tomber raides au sol. La plupart des Racinés vivent le temps de grandir, se reproduire, enseigner le nécessaire à leur progéniture et mourir. Certains vivent un peu plus longtemps. Mais seuls les Grands restent pour toujours.
La mère de Sorgo quant à elle, ne vécut pas longtemps. Pas même le temps de voir son enfant grandir et passer la Cérémonie du Genre. Sorgo n’avait que neuf ans quand des Feuillus de la Tribu l’ont retrouvé près du corps desséché de sa mère, loin de leur berceau. Que faisait-elle si loin de chez elle ? Les Feuillus ne se posèrent pas la question. Ils se contentèrent de ramener le corps de la défunte ainsi que son enfant à leur berceau près du village. Sous l’arbre de sa famille, la mère de Sorgo devait achever pendant quelques jours sa rigidification et sa transformation en bois mort, avant d’être enterrée tout simplement là. Rendre à la terre ce qui lui appartient et poursuivre ainsi éternellement le cycle de la vie.
Selon la tradition, le Grand Feuillu vint payer ses respects à la défunte avant sa mise en terre, et prélever sur son corps un morceau de bois mort. Ce fut l’occasion pour lui de rappeler aux quelques Racinés présents qu’il était dangereux de s’éloigner trop longtemps de son berceau, tel que l’avait fait la mère de Sorgo. Personne ne chercha plus d’explications. Et Sorgo fut laissé seul sous l’arbre centenaire. Sa mère était partie avant d’avoir pu l’aider à grandir, sa mère fut enterrée avant qu’il ait pu comprendre ce qu’il se passait, sa mère n’était plus là mais lui devait pourtant rester. Sorgo se rattacha au seul espoir qu’il trouva : c’était que le Grand Feuillu avait emporté un bout de sa maman. Et qui sait ? C’était un Grand après tout. Peut-être qu’il était en son pouvoir de la faire revenir.
C’est ainsi que Sorgo devint l’ombre du Grand Feuillu. Autant qu’il le pouvait, c’est-à-dire autant que lui permettait son endurance d’enfant à tenir sans s’approvisionner aux nutriments de son berceau, Sorgo suivait le vieil homme. Ce dernier ne faisait pas attention à lui. Des enfants, la Tribu n’en manquait pas, bien que l’orphelin développât une personnalité étonnamment sauvage pour un Feuillu. Depuis la mort de sa mère, Sorgo avait en horreur toutes les règles et se moquait éperdument de celles que les Feuillus adultes cherchaient à lui imposer. Qui étaient-ils pour lui dicter sa conduite ? Ils n’étaient pas sa mère, et cela suffisait à Sorgo pour faire la sourde oreille. Seules les règles biologiques s’imposaient à lui : de l’eau, du soleil, des nutriments du berceau, dans un équilibre sain, et sans excès. Sorgo avait bien fini par apprendre seul à trouver ce juste équilibre.
8 mois après le décès de sa mère, Sorgo n’avait pas perdu espoir de voir le Grand Feuillu opérer un miracle et la faire revenir. Mais un événement vint perturber les croyances fermes de l’enfant. Comme chaque année, le Grand Ermite fit sa visite à la Tribu des Feuillus pour leur donner des nouvelles des contrées lointaines. Tous les enfants des Racinés attendaient sa venue, car il ne manquait jamais de leur accorder une heure ou deux pour leur conter des histoires extraordinaires dont il avait été témoin dans la forêt mystérieuse des Exotiques, dans les terres arides des Ermites, et même plus loin encore, sur les rives de l’océan où voyageaient les baleines. Puis, la nuit tombée, le Grand Ermite invitait les enfants à rentrer à leur berceau, et lui rejoignait ensuite le conseil des Feuillus pour discuter de choses sérieuses, telle la date de l’arrivée prochaine des baleines tant attendues. Sorgo désobéit, comme cela souvent lui arrivait, et se cacha dans les hautes herbes pour espionner ce conciliabule que tout le monde disait ennuyant. A sa grande stupeur, il y vit le Grand Feuillu apporter une pile de morceaux de bois et la remettre au Grand Ermite qui les fourra dans son sac et hocha la tête gravement en signe de remerciement. Sorgo ne vit pas un tas de morceaux de bois. Sorgo identifia très clairement le morceau de sa mère qui avait été prélevé avant sa mise en terre. Sorgo vit les restes des défunts morts au cours de l’année être remis sans ménagement au Grand Ermite, comme du vulgaire bois de chauffage. Son sang ne fit qu’un tour et il s’élança sauvagement, avec toute la hargne de ses neuf ans, sur le Grand Ermite qui tomba en arrière sous la surprise. Il fallut la force de trois Feuillus pour maitriser l’enfant enragé qui tentait de s’emparer du sac du visiteur. On ne lui demanda pas d’explication sur son geste insensé. Le Grand Feuillu s’excusa auprès du Grand Ermite et fit signe aux autres de ramener l’enfant à son berceau. Et le Grand Ermite repartit, loin, dans les terres arides de sa Tribu.
Personne ne reparla jamais de l’incident. Les Feuillus aiment l’ordre et cela fait partie de leurs conventions tacites de ne pas évoquer d’éventuelles perturbations de cet ordre afin de ne pas leur donner l’occasion de prendre de l’importance. Cependant, le Grand Feuillu dut se rendre à l’évidence : depuis, l’enfant Sorgo dépérissait. Il fut donc décidé de lui faire prendre part à la prochaine Cérémonie du Genre, dans l’espoir que son nouveau statut, et peut-être aussi ses nouvelles hormones, ne lui change les idées.
Sorgo fut ainsi genré en avance pour son âge, et il choisit de devenir un homme. Le Grand lui fit mâcher une des feuilles amères de l’arbre de son berceau, et quelques jours plus tard, il fut en mesure de souffler une poussière dorée de pollen, comme tous les individus masculins de la Terre des Racinés. Contrairement aux espoirs qu’entretenaient le Grand, Sorgo ne se mit pas à courir les femmes comme ses jeunes camarades. Néanmoins, il rentra dans les rangs, se fit discret, et plus aucun Feuillu n’eut à se plaindre de son comportement.
Le temps faisait-il son œuvre ? Rien n’était moins sûr car à l’insu de tous, Sorgo s’entrainait à rester toujours plus longtemps loin de son berceau, à améliorer son endurance et sa dépendance aux nutriments fournis dans la terre de son arbre. Sous son apparence désormais tranquille, Sorgo était pourtant toujours en colère. Les Feuillus semblaient tous avoir oublié sa mère le jour de sa mise en terre. Mais pas lui, et seul dans sa douleur, il ne pouvait que bouillir de rage. Un jour, il serait prêt, et il partirait à la recherche du Grand Ermite et du morceau de sa mère qu’on lui avait injustement volé.
Ce jour vint à l’aube de ses quinze ans. Le conseil des Feuillus s’était exceptionnellement réuni pour discuter d’une perturbation dans l’ordre des choses. Leur inquiétude devait être à son comble pour qu’un échange ouvert sur le sujet ne se soit imposé. Le Grand Ermite n’était pas venu cette année. Aucun message n’était parvenu. Nul ne savait pourquoi. Les morceaux de bois des Racinés défunts s’entassaient dans la cabane du Grand Feuillu. Mais surtout, les Feuillus étaient maintenus dans l’ignorance de la prochaine arrivée des baleines dont le passage était nécessaire à leur subsistance. L’occasion était inespérée et Sorgo, qui espionnait toujours les conseils, s’introduisit dans le cercle fermé sans y être invité pour se porter volontaire :
« Moi, Sorgo, j’irai chercher le Grand Ermite. » Cette déclaration surprit l’assemblée : à la différence des Ermites qui pouvaient facilement se déplacer comme ils le souhaitaient, les Feuillus devaient toujours revenir très régulièrement à leur berceau s’approvisionner en nutriments. Or, le voyage pour retrouver le Grand dans les terres arides devait durer plusieurs jours, si ce n’était plusieurs semaines !
« Combien de temps peux-tu rester loin de ton berceau mon garçon ?, s’enquit le Grand Feuillu.
- Dix jours, peut-être onze. »
Un murmure de désapprobation teintée d’envie parcourut l’assemblée. La plupart des Feuillus devaient s’approvisionner quotidiennement à leur berceau, et les plus vigoureux ne s’éloignaient rarement plus de 3 ou 4 jours. Dix ?! C’était contre nature. Néanmoins, il fallait être pragmatique : les capacités impressionnantes du jeune homme étaient inespérées et pouvaient peut-être les sauver. Le conseil donna donc son accord, et Sorgo fut enfin libre de partir, chargé d’un lourd sac en toile rempli des bois des défunts des 18 derniers mois. Après une longue nuit de sommeil, les pieds enracinés profondément dans la terre de son berceau pour faire le plein de nutriments, Sorgo quitta le village au petit trot sans se retourner. Les Feuillus, regrettant leur décision, ne lui dirent pas au revoir, persuadés de l’avoir condamné à une mort certaine.
Le 1e jour, Sorgo traversa les plaines verdoyantes de la tribu des Feuillus. Il passa devant quelques arbres majestueux abritant les berceaux de familles vivant reculées du village. Les gens regardaient avec curiosité ce Feuillu en goguette qui n’était pas du coin. Sorgo, lui, ne leur accorda aucune attention. Lors de ses séances d’entrainement nocturnes, il avait déjà parcouru de long en large la région.
Le 2e jour, Sorgo traversa la forêt mystérieuse des Exotiques. Les Feuillus n’y étaient pas les bienvenus. Les deux tribus se méprisaient en effet, leur mode de vie et leur façon de voir le monde étant à l’opposé. Avec envie peut-être, mais sans se l’avouer, Sorgo contemplaient ces Exotiques lascifs, se complaisant dans un désordre confortable qui, il faut le dire, avait sa beauté propre. Les femmes Exotiques exhalaient des parfums capiteux sur son passage, dans l’espoir d’attirer ce jeune Feuillu, lui-même si exotique dans cette forêt où l’on n’en voyait guère ! Leurs fleurs étaient belles, leurs parfums intrigants, mais Sorgo ne se laissa pas détourner de sa mission et poursuivit son chemin.
Le 3e jour, il atteignit enfin les terres arides que parcouraient les Ermites nomades. Un soleil de plomb et pas un arbre majestueux à l’horizon. Comment des Racinés pouvaient vivre dans cette contrée inhospitalière ? Cette fois-ci, Sorgo se permit un temps de réflexion. Sa mission en valait-elle la peine ? Le danger était réel : au-delà de l’absence de nutriments, la soif et les brûlures le guettaient. Mais ce n’était pas pour la mission du Grand Feuillu que Sorgo était là. C’était pour retrouver sa mère, d’une manière ou d’une autre. Revenir sur ses pas, et vivre sans savoir, et mourir avec des regrets, n’était pas une option. Alors Sorgo fit un premier pas sur la terre argileuse, puis un deuxième, ferma les yeux, et s’élança au pas de course vers l’inconnu.
Dans quelle direction fallait-il marcher ? Où pouvait se trouver le Grand Ermite ? Sorgo n’en avait aucune idée. Dans cette situation de complète incertitude, mieux valait choisir un cap au hasard et avancer, plutôt que de tergiverser indéfiniment.
C’est ce qu’il fit. Le 4e jour passa, puis le 5ème, sans qu’il ne croisât âme qui vive. Le temps était compté s’il voulait pouvoir revenir chez lui en vie. Il fit une pause pour détendre ses jambes fatiguées et s’assit au clair de lune sur le sable encore chaud du désert. Il se mit à pleuvoir quelques gouttes qu’il accueillit avec gratitude la bouche ouverte tournée vers le ciel. Sa peau était devenue brune, presque noire comme celle des Ermites. Il aurait facilement pu passer pour l’un des leurs s’il les avait croisés. Mais il n’y avait personne dans le désert, et le silence devenait pesant. Il se releva et décida de poursuivre sa route. Bien lui en prit car après quelques heures de marche, le 6ème jour, il croisa enfin des traces de pas.
Ces pas le menèrent jusqu’à un cactus immense, un nopal plus précisément. C’était sûrement un arbre à berceau. Et comme les Ermites étaient peu nombreux, et dépendaient peu de leur berceau, il était tout à fait possible qu’il n’y ait qu’un seul grand arbre dans leur tribu ! Et donc que le Grand Ermite devait y être affilié ! Oui, il se rapprochait du but. Sorgo voulait le croire. Il le fallait. Il courut vers le nopal et ne vit d’abord personne. Mais ses pieds butèrent contre une surface dure au sol. A sa grande surprise, le cactus n’était pas entouré du même sable ou de la terre argileuse qu’il avait croisé jusque-là dans cette contrée. Non, le sol était tapissé de bois !
« Tu gâches ma vue, jeune homme. » Une voix l’interpella. Elle venait du sommet du cactus où était assis le Grand Ermite lui-même. Il n’avait pas l’air gêné par l’inconfort certain de sa situation, mais réellement irrité de la présence de Sorgo.
« Je suis un Feuillu et je suis venu jusqu’ici vous trouver. Daignez bien descendre de votre arbre et me recevoir. » Le Grand Ermite ne put masquer sa surprise : un Feuillu ici ? Si loin de son berceau ? C’était impossible. Il descendit donc pour inspecter le jeune Raciné. Mais aucun doute, c’était bien un Feuillu.
« Que fais tu ici ? » Cette question semblait plus pertinente au Grand Ermite que celle plus spontanée de « Comment es tu arrivé ici ? ». Tant mieux, se dit Sorgo, on ne perdrait pas de temps. Il ne lui en restait déjà que trop peu.
« Vous n’êtes pas venu rendre visite aux Feuillus cet année. Le Grand Feuillu s’inquiète. Que s’est-il passé ? Quand viendront les baleines ? Que dois-je faire du bois des défunts que j’ai apporté avec moi ?
- Trop de questions à la fois. Une chaque jour suffira. Et tu auras de vraies réponses. »
A ces mots, le Grand le laissa planté là et grimpa de nouveau sur son arbre. C’était une vicieuse condamnation. Il savait très bien que le temps était compté pour Sorgo et qu’il ne pouvait se permettre de passer plusieurs jours sur place. Le Grand Ermite était-il indifférent à son sort ? Voulait-il se débarrasser rapidement de ce visiteur gênant ? Ou bien était-ce une manière de le forcer à aller à l’essentiel ?
Sorgo ne se démonta pas : « Alors, j’ai le droit à une question dès aujourd’hui.
- Oui, souffla le vieux chef agacé.
- Où est ma mère ? »
Il ne s’attendait pas à cette question. Mais comme il l’avait promis, il répondit honnêtement :
« Elle est morte. Mais tu en trouveras un morceau là », affirma-t-il en pointant du doigt un espace à quelques mètres à l’ouest de l’arbre.
Sorgo se précipita à l’endroit indiqué et s’y agenouilla pour distinguer sur le sol en bois ce qu’il restait de sa mère. Il la retrouva à l’odorat : le bois exhalait la même senteur que de son vivant. Cette senteur fit resurgir une foule de souvenirs heureux qui se bousculèrent dans sa tête comme un ouragan. Soulevant la tête pour inspirer à plein poumons, et chasser les larmes qui lui venaient, il eut par mégarde une vision plus large de ce qui l’entourait, et il comprit : ce sol en bois était en fait une mosaïque de tous les bois des défunts de la tribu des Feuillus, et qui sait ?, peut-être même de toutes les tribus, de tous les Racinés. Il hurla d’horreur et courut pour sortir de cette zone malsaine, pour ne plus fouler irrespectueusement tous ces morts.
« Vieux fou indigne ! s’exclama Sorgo en colère.
- Jeune arrogant ignorant ! rétorqua plus fort le Grand Ermite. »
Il redescendit de son perchoir pour rattraper Sorgo et le traina de force jusqu’au cactus où il ne lui laissa aucun autre choix que de grimper.
En haut de l’arbre, Sorgo eut le souffle coupé par la vue. Tous ces morceaux de bois étaient différents, chacun avait une couleur distincte pour celui qui savait apprécier les nuances, et disposés ainsi ensemble, comme l’avait fait le Grand Ermite, ils formaient une mosaïque de toute beauté.
« Bienvenu à la xylothèque où sont conservées une partie de chaque Raciné de cette Terre. A leur mort, la vie continue, les Feuillus, les Exotiques, les Ermites, les oublient. Mais moi je me souviens. Et je collecte le bois des défunts depuis toujours. Dans mon berceau, je prépare une place pour chaque Raciné dès sa naissance. A sa mort, une partie de lui trouve sa place ici pour exhaler son parfum de mémoire pour l’éternité. Contemple cette mosaïque inachevée et souviens toi, car c’est le portrait de notre Terre et des bois dont elle est faite.
- Pourquoi ? », fut la seule réponse que put articuler Sorgo.
Mais c’était aussi une question, et elle attendrait donc le lendemain.
Alors Sorgo, épuisé, descendit de l’arbre et erra quelques minutes sur le plateau de bois, sous le regard attentif du Grand Ermite. Le hasard n’y fut pour rien s’il s’arrêta exactement à l’emplacement d’une encoche encore creuse sur le plateau, en attente du bois du Raciné défunt pour laquelle elle avait précisément été préparée. C’était la sienne. Mais le temps n’était pas encore venu pour lui de mourir. Alors qu’il se tenait bien droit à cet endroit précis, le regard perdu à l’horizon, les racines de ses pieds s’étendirent pour trouver leur chemin jusqu’à la terre, sans qu’il s’en soit rendu compte. Elles puisèrent avidement les nutriments dont son corps manquait depuis trop longtemps. Dans la nuit qui le conduisait vers le 7e jour, Sorgo se régénéra dans une terre qui n’était pas celle de son berceau. Comme un Ermite qu’il n’était pourtant pas.
Le 7e jour, Sorgo s’adressa au Grand Ermite avec la déférence que méritait le sage, et lui reposa sa question : « Pourquoi ? ». Mais le sage avoua son ignorance :
« Si je savais ce que je cherche, je ne chercherai plus. J’ai simplement l’espoir que ce portrait accompli nous révèlera les origines de notre monde. En rassemblant ces mémoires, j’ai l’espoir fou de comprendre, de discerner du haut de mon cactus, une cohérence, une logique, de percer le secret de la Terre des Racinés. »
La colère de Sorgo était apaisée. Aussi mystérieuse qu’étaient les réponses du Grand Ermite, l’orphelin avait réussi à en trouver une pour donner sens à la mort de sa mère. Comme nulle autre question ne lui venait à l’esprit, il prit le chemin du retour.
« Jeune homme ! l’interpella le Grand. Les baleines arriveront chez toi le mois prochain. »
Ah oui, il avait oublié, c’était surtout pour ça que les Feuillus l’avaient envoyé jusqu’ici. Mais rentré dans son village, aussi vitale que cette information était pour les siens, ce ne serait pas pour ça qu’on se souviendrait de lui. Des centaines d’années plus tard, ce serait l’histoire de « Sorgo et la xylothèque » que les enfants réclameraient qu’on leur conte à la veillée.
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Kiki · il y a
nouvelle sur le site je découvre un peu plus chaque jour tout son contenu. je feuillette chaque jour quelques textes et ce jour je tombe sur le votre et là je ne suis pas déçue. BRAVO à vous. Un bel écrit qui fait la force de ce site sur lequel je m'enrichit des échanges des auteurs et me nourrit chaque jour des écrits de chacun. C'est tout simplement formidable. BRAVO

Je vous invite à aller lire et soutenir éventuellement mon poème en finale sur les cuves de Sassenage. Si vous venez je vous guiderais dans les entrailles de cette terre sacrée et cette cavité magique et enchanteresse. MERCI d'avance.

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