Si notre histoire m'était conté

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Quand les mots me prennent Par le coeur, ils m'entrainent Dans mes rêves, mes peurs puis je les dépose, douce rumeur Aujourd'hui je vous les livre Vous me lisez vivre Ne soyez pas trop  [+]

Il était une fois, il y a fort longtemps, une princesse bien solitaire qui n'avait pour seule compagnie que ses livres. 
Elle vivait tout en haut d'une tour et n'en sortait que deux fois par jour. Une pour se laver dans le lac au pied de son domaine et l'autre pour une promenade nocturne dans les bois.

Un jour, alors qu'elle se baignait comme à son habitude dans le lac Duteque, elle vit passer un beau chevalier. Elle le regarda mais il ne la vit pas, du moins le pensa-t-elle. Le lendemain à la même heure trente cinq, elle est dans l'eau, chantant tandis qu'elle lave sa longue chevelure. Elle le voit à nouveau passer. Elle observe le reflet du beau chevalier, ne voulant laisser transparaître sa curiosité mêlée de gêne.
Le chevalier lui aussi la voit. Il aimerait lui parler, l'aborder sans détour, mais il ne le peut. Il est bien trop timide. 

Ainsi les jours passent, puis les semaines. Chaque matin, avant de sortir se baigner, la princesse s'observe longuement dans le miroir, traquant le moindre défaut sur son visage. Si la moindre disgrâce y a fait son apparition, elle attend que trente cinq soit passé pour se laver, afin de ne pas croiser ce bel inconnu sans être à son avantage. 
A l'inverse, quand elle a le temps de se faire belle, elle entre dans le lac et observe de plus en plus ostensiblement le chevalier. Et le temps s'écoule inlassablement.

Au désespoir de voir le jeune homme manifester un quelconque intérêt, elle se laisse aller à se promener dans le Bois Carré en journée, pour noyer son chagrin auprès des saules et autres arbres aux vertus relaxantes. Ce bois regroupait chaque soir beaucoup d'habitants des alentours et même des voyageurs de passage car il était connu de par le monde pour être un bois magique. Une fois la nuit tombée et au milieu de cette foule, la princesse se sentait moins seule et surtout beaucoup moins triste.
C'est au détour d'une de ses promenades dans le Bois Carré qu'elle rencontra un puissant sorcier occulte. Elle ne connaissait pas l'existence de cette magie et en ignorait aussi la puissance des sortilèges, elle ne se méfia donc pas. Elle était très seule et avait besoin de se confier à quelqu'un. Le sorcier se dit qu'il était tombé sur une proie de choix et ne voulu pas la lâcher. En effet, ce mage noir avait la capacité de se nourrir des émotions des autres afin de grandir sa puissance maléfique. Et cette princesse, des émotions, elle en avaient de toutes les couleurs.
Il se présenta comme un prince d'une contrée toute proche parti à la conquête de liberté. Elle succomba rapidement à ses charmes et fut sous son emprise. Elle ne se baignait plus au lac Duteque à heure régulière, elle oubliait même d'y aller, toute occupée qu'elle était par son sorcier. Il l'emmena chez lui, dans un bouge sordide habité par d'autres créatures maléfiques dont un gobelin et un troll.
Parfois, une lueur de conscience lui parvenait et elle s'enfuyait à toute jambe pour s'en retourner dans sa tour. Le sorcier se faisait alors cajoleur et laissait sa magie faire le reste pour embrouiller l'esprit de la jeune fille. 
Un jour que la magie c'était brièvement estompée, la princesse croisa le chevalier. Celui-ci, ne l'ayant vue depuis des mois, laissa tomber son armure de silence et vint lui parler, de peur que ce soit sa dernière chance de la croiser. Dès ce jour, ils s'échangèrent une correspondance de plus en plus régulière grâce à la complicité de deux pigeons voyageur ; Proximinus et Etoile bougeante. La princesse commençait péniblement à se débarrasser de l'emprise du sorcier malveillant . Ainsi commença la romance de la princesse et du chevalier. L'histoire aurait pu se terminer là mais la vie n'est pas si simple, même dans les contes de fées.
Le sorcier sentait qu'il perdait peu à peu de son influence sur la jeune fille et cela le contrariait. Il avait commencé à bien asseoir son emprise sur elle et n'avait pas envie de recommencer tout ce travail sur une autre prétendante. Il revint donc à la charge, armé de roses maléfiques. La princesse, naïve, avait accepté de le rencontrer une dernière fois et le scélérat en avait profité. Le piège se ferma donc de nouveau sur la princesse et plusieurs mois passèrent. Le chevalier ne compris pas le soudain rejet de sa bien-aimée et en fut profondément blessé.

La princesse réalisa peu à peu que ce prince n'était pas ce qu'il prétendait être. Elle savait qu'il lui fallait sortir de cette relation toxique mais ne pouvait le faire que par un acte la coupant de ses émotions. Voyant qu'elle mijotait quelque chose, le mage noir eu une idée pernicieuse afin de pouvoir hanter l'esprit de la jeune fille même quand celle-ci serait loin de lui, pour ne jamais vraiment la perdre; il réussit à la convaincre de sceller un pacte. Ce pacte leur assurait de se retrouver dans cent ans, car dans cent ans -avait il assuré- ils pourraient s'aimer d'un amour parfait.
Un soir que la princesse n'était pas sous la surveillance du troll et du gobelin, elle parvint à réunir assez de courage grâce aux forces contenue dans les arbres du Bois Carré et commit l'irréparable. Une faute qui lui assurait de se couper de toute émotion le temps de fuir le faux prince. Elle tua une licorne. Cette acte tellement impur et barbare fut insupportable pour son âme et son coeur qui décidèrent de se refermer sur le champs. Elle s'en voulu beaucoup et longtemps mais elle savait que c'était la seule façon de sortir de l'emprise qu'il avait sur elle. Mais il ne faut jamais sous estimer la puissance d'un pacte, surtout quand celui-ci a été scellé dans la magie.
Ainsi potentiellement délivrée, la princesse se rappela directement le chevalier mais elle savait qu'elle l'avait fait souffrir et ne su comment l'aborder. De son côté, l'orgueil de celui-ci avait été touché et pas que. Il ne pouvait pas se jeter si facilement dans les bras de celle qui aurait pu lui piétiner le coeur. Il devinrent donc amis. De très bons amis. Ils se baignaient et faisaient leurs promenades ensemble, regardant la lune et les étoiles,...
Le chevalier bravait mille dangers pour la retrouver chaque soir, comme déjouer la garde des trolls pour passer leur pont et s'aventurer dans un cimetière maudit. Il devait parfois voyager jusqu'au Bois Carré pour seccourir la princesse perdue entre les arbres magique. 
Et le temps passa...
Un jour, le chevalier partit en mission en empruntant la voie du lac Duteque comme à son habitude, quand il rencontra une sirène. Les sirènes ont la possibilité de se faire passer pour ce qu'elles ne sont pas durant un laps de temps assez court, mais elles ne peuvent avoir l'air de ce qu'elles veulent qu'aux yeux d'une personne à la fois. Celle-ci se mit à chanter et le chevalier fut immanquablement attiré vers elle. Il vit une princesse en danger là où se trouvait la femme mi poisson, des cheveux long là où il n'y en avait guère et un visage magnifique là où étaient les écailles. 
Une fois qu'une sirène à mit la main sur un homme, elle ne le lâche plus ou du moins pas entier.
C'était maintenant au tour de la princesse de voir le chevalier aux prises dans une relation avec une créature maléfique. Elle essaya, avec les amis du chevalier, de mettre celui-ci en garde contre les dangers que représentait cette sirène. Mais le jeune homme était aveuglé par la puissance du chant de la sirène qui n'oubliait jamais les paroles pour le garder en son pouvoir. La mégère ne pu néanmoins les empêcher de se voir à chaque pleine lune. Ca devint leur rituel, regarder la lune et discuter, rire et planer ensemble.
Le temps passait et le chevalier se fanait, rongé par la sirène. La princesse ne pouvait rien faire pour l'aider ne sachant qu'il pouvait nourrir des sentiments cachés et profonds pour elle. A chaque pleine lune, elle l'aimait un peu plus en secret. Il fallu du temps pour que son amour soit si grand qu'elle s'en rendit compte et de là ne put plus se le cacher. Il devint si grand qu'elle voulut le crier dans tous les bois, dans chaque chaumière "Je t'aime chevalier! Je n'en ai rien décidé mais je t'aime!"elle ne pouvait plus le regarder sans vouloir le hurler. Si il y a bien une chose que la princesse redoutait, c'était de l'avouer. Elle était persuadée qu'il cesserait de la voir, choqué de cet aveux. Elle garda donc ces mots d'amour pour elle.
Un jour pourtant, n'y tenant plus, elle lui confessa ce qu'elle ressentait. Nullement craintif ou déçu, le chevalier l'embrassa puis s'en reparti trouver sa sirène. Il s'en sépara. L'amour que la princesse lui prodiguait finit de lui ouvrir les yeux sur cette triste réalité; il n'était plus amoureux de la sirène. Mais ce baiser, en plus de sceller la relation du chevalier, éveilla le triste sort que le sorcier avait jadis lancé; le pacte de se retrouver. Alors que la princesse pensait en avoir définitivement fini avec lui, il commença à s'insinuer insidieusement dans son frêle esprit et de lui rappeler " Nous serons bientôt réunis ".
Le chevalier et la princesse commencèrent leur idylle sous un ciel bleu mais le nuage de la confusion approchait rapidement. Les rêves de la princesse la perturbaient au plus haut point et créaient de l'orage sous la voute de leur amour. Le chevalier le ressentit . Il était prêt à tout pour sa belle princesse, aussi lui laissa-t-il le choix. Cette preuve d'un véritable amour permit à notre héroïne de trouver le courage d'affronter le grand sorcier. Elle rompu leur pacte, déclarant que nul autre que le chevalier ne pourrait être parfait pour elle et s'en fut.
Depuis lors, malgré les secousses qui apparaissent parfois dans l'horizon de leur amour, les deux tourtereaux résistèrent à la magie du monde pour ne se laisser prendre par la seule magie qui importe; celle de l'amour. Même quand le ciel était gris et les nuages bas, ils savaient qu'ils pouvaient affronter ensemble tous les problèmes qui pourraient arriver. Ils vécurent alors heureux et eurent de beaux enfants qu'ils élevèrent dans l'amour, l'humour et le partage.
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