Saisons d'Amour

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Il y a quelque chose de changé chez lui, depuis qu'il l'a rencontrée. Elle a su le voir, le comprendre et lire en lui quand il en avait le plus besoin. Toi, belle inconnue qui est devenue le prolongement de son être. Toi, charmante demoiselle si souriante, si douce, si gentille qui a pris le temps de s'attarder sur une personne telle que lui... Et encore aujourd'hui, je me demande ce qui te fascinait tant chez lui...
Une saison s'est écoulée, il a passé l'hiver à t'écouter, le printemps à te découvrir, l'été à te consommer et l'automne à t'oublier.

Hiver :
C'est dans les couloirs de la société que mes yeux se sont posés la première fois sur toi. Toujours un sourire aux lèvres, un rire en mélodie... Tu avais l'air si joyeuse, si heureuse. Une femme comme toi, ne pouvait pas être dans la vie d'un homme tel que moi. Pourtant, tu me parcourais des yeux, et tu avais cette voix... Oui cette voix délicate, qui roulait autour de moi. Quelle femme merveilleuse et quel homme ingrat à cette période glaciale de l'hiver.
Pendant que je te faisais frissonner avec les vidéos violentes et marrantes que j'appréciais, toi, tu me réchauffais avec ta voix, ta peur. Tu étais si mignonne avec les petits sons de dégoût qui s'échappaient de ta bouche.
De fil en aiguille, te voilà, un peu chez moi, un message, deux, dix, mille, tu ne me quittes plus... Mon cœur bat plus fort à chacun de tes messages, j'imaginais te l'entendre dire : « Salut, tu fais quoi ? Tu vas bien ? ». De plus en plus intime, que c'est bon de partager, de s'ouvrir. Cette drôle de sensation où tout semble être plus facile, comme si cela avait toujours existé, comme si tu ne m'avais jamais quitté.

Printemps :
Je m'étais bien trompé sur ton compte... L'image que j'avais de toi était tellement éloignée de la réalité. J'étais à mille lieues d'imaginer la personne que tu étais. Tout ce que ton être renfermait. Tu es bien mieux que tout ce que j'imaginais ! Tu es une personne totalement différente des autres. Il y a quelque chose qui brille au fond de toi, et cette chose, c'est la même qui brille au fond de moi. J'ai vu ton âme, sous tous tes sourires et tous tes rires, se cacher... Tantôt sombre, tantôt lumineuse.
Je t'avouerais que j'ai eu peur. J'ai eu peur de continuer cette relation avec toi. Lorsque la journée, tes yeux me perçaient et la nuit tes mots me berçaient. Je me suis senti décrypté, percé, comme si tu pouvais percevoir tous mes secrets sans que moi, je puisse avoir ne serait-ce qu'une onde de tes pensées. Jusqu'à ce jour, non... Jusqu'à cette nuit.
Tu as laissé ton cœur chanter, tous ces mots formant des phrases par centaines pour me décrire ton passé douloureux, ton présent tumultueux et ton futur plein d'incertitude. Cette nuit-là, je n'ai pas réussi à trouver les mots pour te rassurer, je n'ai pas réussi à trouver le mot pour t'apaiser alors j'ai fait ce que je savais faire de mieux, ne rien dire, juste écouter, toute cette douleur, tout ce mal qui anime ce cœur. J'ai entendu tes soupirs, j'ai entendu tes peurs et compris tes souffrances... Ce jour-là, j'ai su que tu resterais avec moi pour la vie.

Été :
Tes lèvres ont touché les miennes, ton parfum m'a enivré, je le savais, tu es la Clé. Tu m'as laissé la chance de pouvoir effleurer ton corps du bout des doigts. J'ai écouté ton cœur s'accélérer à chaque fois que je m'approchais. J'ai écouté ta respiration plus profonde, plus rapide lorsque je glissais mes doigts le long de tes courbes.
Je pouvais rester là des heures à te regarder sans bouger, des heures à t'admirer. Tu es si belle, si parfaite. Ton corps m'attire, mais pas seulement, ton esprit que je trouvais effrayant la veille, est maintenant une source d'inspiration, j'apprends chaque jour de toi. J'apprends à être meilleur pour toi, pour moi, pour que cette fois tu puisses faire confiance, aimer pour de vrai.
Mes nuits si courtes sont désormais animées que d'une seule chose, toi. Tu danses dans la nuit, toujours avec ce rire et ce sourire qui affole mon cœur. J'aimerais tant que tu sois là, ces soirs de solitude mais également ces soirs de plénitude.
Cette fois, tu es là ! Non, ne ferme pas les yeux, que j'aime regarder cette lueur qui brille dans ton regard quand je me fonds complètement en toi. Que j'aime cette expression, quand tu perds le contrôle, que j'aime quand d'un soupir tout ton être se détend sous mes caresses, que j'aime quand tu fermes les yeux, lassés d'amour...

Automne :
J'ai fermé la porte quand tu es rentrée. Maintenant que tu es là, je ne te laisserais jamais partir... Je te protégerais et te donnerais tout l'amour que tu mérites. J'aurais tellement aimé éviter toutes les blessures de ton passé... Malheureusement, on ne peut pas revenir sur le passé. Cependant, on peut changer le futur.
Chut... Pourquoi ne veux-tu pas me laisser faire ? Ton rire m'épuise ! J'ai l'étrange sensation d'être inutile, d'être incapable de t'apporter quelque chose... Qui sont toutes ces personnes proches de toi ? Pourquoi ce n'est que maintenant que je l'ai découvert... Je ne laisserai personne te détourner du chemin que nous sommes en train de tracer...
Chut... Ne crie pas s'il te plaît. Tu sais bien que je n'aime pas le bruit, j'aime le calme et la douceur de tes baisers. Quand je t'ai dit que j'ai fermé la porte, ce n'était pas une blague, tu es à moi maintenant, je ne laisserai personne te toucher ou te faire du mal.
Chut ! Ne crie pas, tu commences à m'énerver ! Tu n'iras nulle part. Ta place est dans mes bras ! Quoi !? Qu'est-ce que tu dis ? Fini ? Rien n'est fini... Je t'aime moi ! Reste avec moi... Tu n'as pas le droit !
Chut ! Chut ! Chut !!





L'hiver, il l'a laissée rentrer dans sa vie la regardant danser, chanter d'un air insouciant.
Le printemps, il l'a enfermée lentement dans une prison de fleur délicate et piquante la nourrissant d'eau, de pain et d'amour... Laisse-moi partir !
L'été, les coups violents portés au cœur, il a pailleté ses yeux d'une couleur bleutée, de morsures, de coupures en tout genre de la tête aux pieds. Elle suppliait, gémissait en lui demandant d'arrêter, mais il enfonça la lame toujours plus loin dans sa chair. Laisse-moi partir...
L'automne, les yeux gonflés, le corps ensanglanté, il ne restait plus rien d'elle. Après avoir arraché ses ongles, les uns après les autres. Il est passé à ses dents, un "je t'aime" pour chacune d'entre elles. Il la lavait, la coiffait et l'embrassait. Ce n'était qu'une poupée... Elle mourrait de faim, de soif, de froid les soirs d'absence... Un coup de pied par-ci par-là... Tue-moi !
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