Saison 2 Répétitions Episode 4 Tauto

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Parce que Philograph et Cramoisi me manquent, je tente de reprendre le flambeau de la nouvelle erotico-romantico-humouristique  [+]

Comme tous les mardis à 14h, il ouvre son portable. L’arabica embaume la pièce. Il a bien une idée pour ce quatrième épisode mais impossible de la développer. Il tourne en rond, tourne en rond, puis finit par se lancer.
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Chapitre 1

Atelier d’écriture érotique. Premier cours.
« Cette cinglée de Gloria avait glissé ses ongles sous la sangle, tirant Glen, aveuglé par le soleil, à travers la jungle. » lu Gladys.
- Oui, ok t’as une allitération en “gl” qui fait vaguement penser à l’eau qui coule, elle dit. On entend un peu le glou-glou, mais l’idée c’est quoi ? Ils tombent sur un fgleuve et font l’amour sauvaglement sur un rocher ? Parce que pour l’instant, ça fait plus thriller qu’autre chose ton truc... Non, lache-toi, tu peux rajouter d’autres syllabes proches, ça passera aussi. Par exemple si tu parles de giclée gluante qui glisse sur le galbe de la fesse de l’espiègle Gloria, bon, ça fonctionne. Surtout si t’as précisé qu’elle vient de se faire tringler dans l’angle de la pièce, ou qu’elle grimpe au rideau, accrochée à la tringle par sa sangle réglée hyper serrée... Tu vois le principe quoi...
- Non mais le thème c’est l’amour à la plage ! Pourquoi pas parler du gland de Glen pris dans la glace d’un igloo tant qu’on y est ? rétorque Laurent
- Mais parce que c’est pas sexy non plus ça... Et je te donnais un exemple, je vais pas faire le travail à ta place. On est encore loin du tautogramme, y a du boulot ! »

Chapitre 2

Atelier d’écriture érotique. Premier cours.
« Pour rejoindre la piscine, il lui faut d’abord traverser la pelouse. L’herbe est haute, ça le chatouille, il en frissone. Il longe le bord du bassin, en fait le tour plusieurs fois. Il a repéré le plongeoir au nord. Il y grimpe, tranquillement. Par de petits sauts, en teste la flexibilité : il est dur mais souple, et vibre sous son poids. L’eau parait à la bonne température. Il vérifie en glissant sa main au contact de la surface. Il en ressort ses doigts mouillés, laissant les gouttes couler le long de son bras. La bouée rose semble s’être gonflée toute seule. Il a envie de plonger dedans, de s’y jeter d’un coup et de se laisser engloutir. » lu Marina.
- Bon, tu es partie sur une métaphore claire, commente-t-elle. On comprend bien le double sens mais tu restes très scolaire. On s’ennuie. Tu déroules mais il n’y a rien d’excitant. Ouvre ton texte. Sois plus crue. Qui a remplit cette piscine et comment ? Le jardinier a branché son tuyau ? Le jet a éclaboussé les alentours ? Ou du conduit a jailli un flot bien dirigé, tellement fort qu’elle se met à déborder et inonder le sol ?
- C’est pas érotique ça pour moi, c’est vulgaire, répond Coline.
- Bon, c’est toi qui parle de piscine... Pour qu’il y ait autant d’eau, on se dit que la fontaine n’est pas loin... Mais tu as raison, pas besoin d’être salace. Ce que je veux dire, c’est qu’il faut y mettre des sensations. Il peut y avoir des vagues de chaleur, on peut aimer être aspergé.e... Tu peux essayer de faire entendre des sons, quand on remue ses doigts dans une chatte trempée d’excitation, ça fait un clapotement proche de celui de la main dans l’eau que tu évoquais. Pas besoin d’être grossière mais essaie de nous mettre un peu l’eau à la bouche.

Chapitre 3

Atelier d’écriture érotique. Premier cours.
« C´est l´amour à la plage. Tes seins dans le paysage. Et mes yeux dans tes yeux. Contact brutal aqueux. Baiser(s) et coquillages. Mollusque et enfilage. Entre toi et l´eau bleue. Reste mon foutre baveux. » lu Sabrina.
- C’est marrant d’avoir repris la chanson pour y intercaler une phrase à chaque fois, dit-elle. J’aime bien. Elle est déjà assez sensuelle à la base donc ce n’était pas très compliqué. Pousse un peu plus loin avec les couplets, qui eux sont kitschouilles, il y a un peu plus de défi.
- Pas de problème ma belle, réplique Jérôme, je te le fais en direct live si tu veux: Ce soir j´irai danser le mambo. Collé contre tes noix de coco. Au Royal Casino sous les lambris rococo. Je banderai crescendo au rythme lent des bongos. La pluie viendra me faire oublier. Que ta bouche a déjà pris mon vié. Tu me feras rêver comme dans les chansons d´été. Qui font se trémousser les ptits culs emmaiollotés. La mer quand vient le temps des vacances. Mouille ton corps nu avec puissance. C´est le temps de la danse entre tes bras toutes les nuits. Sueur en abondance, salis les draps quand tu jouis. Et si j´ai le cœur tout retourné. Et mon gros engin tout embourbé. Là je t´embrasserai jusqu'à la fin de l´été. Et je te sauterai pendant une éternité.
- D’accord ben mets-le à l’écrit maintenant parce qu’il va falloir bosser dessus. Pas de textes sexistes on a dit, et j’ai pas tout ce que tu viens de me chanter en tête mais j’ai la vague impression que c’est pas toujours très fin.

Chapitre 4

Atelier d’écriture érotique. Premier cours.
« Zoé sort de l’eau en courant pour se jeter sur sa serviette en pleurant. Renversée, retournée, les rouleaux étaient bien trop puissants et elle a failli se noyer. Hyères-les-palmiers, le 10 août 2001. Un de ses meilleurs amis est allongé cinquante mètres plus loin et remarque que quelque chose ne va pas. Parti la rejoindre, il la voit se relever et accourir vers lui, les yeux rougis. Gisant à deux pas, une méduse échouée qu’elle évite de peu. Peut-être s’est-elle fait mal, se demande Enzo. Zoé se jette alors dans ses bras et lui demande de la suivre jusque derrière la digue pour se mettre à l’abri. Brisant la règle qu’il s’était fixé de ne jamais laisser leurs affaires sans surveillance, il lui emboîte le pas. Pas de panique, se dit-il, elle a l’air de savoir où elle va, faisons-lui confiance. En se baissant tout-à-coup, Zoé disparait de son champ de vision et il doit accélérer le pas pour la retrouver, nue, cachée par les rocher, à se demander ce qu’elle fait. « Fais-moi l’amour », lui dit-elle. Elle a l’air complètement chamboulée. Les vagues pourraient l’emporter si elles s’amplifiaient encore. Corps bronzé, regard appuyé, invitation explicite, sueur sur leur peau, Enzo ne peut pas résister. « T’es sûre que c’est ce que tu veux ? Veux-tu qu’on parle de ce qu’il se passe plutôt ? T’aurai pas un trauma crânien ? » « Hein ? Un trauma ? Ma parole, c’est toi qui déconne, baise-moi, j’attends que ça ». Ca, c’est la première fois que Zoé est confrontée à la peur de mourir, et vous le savez aussi bien que moi, ça crée chez elle un besoin tout spécial. A la lecture de ces mots vous revient la scène des morsures, de Cédric dans des sables mouvants, bref de la cuisine enfumée. Mais cette fois-ci, c’est Enzo qui va avoir le plaisir de subir son assaut. Sautant depuis la pierre où elle se trouve, Zoé le pousse à terre et grimpe sur lui. Lui agrippant les hanches, il la regarde trembler de plaisir. Irrémédiablement, elle part à la renverse mais n’en reste pas là pour autant. Tendant maintenant une main vers ses couilles, elle effectue un virage à 180° et aspire d’un coup sa queue. Que lui soit brutal est une chose, quand ça vient de l’autre, c’est une toute nouvelle sensation qui le fait bander, fort, dur, comme du bois. « Bois mon jus, vas-y, dit-il. II jouit rapidement, coincé entre deux blocs de bétons. « Ton nombril boit la tasse, dit Enzo voyant le ventre de Zoé recouvert de son sperme brillant. En se reculant au dernier moment, elle a pu accueillir la semence, et comme sa coéquipière de l’épisode 4, s’amuse maintenant avec, l’étirant de son pubis à ses seins, jusqu’à ce qu’une vague vienne tout nettoyer.
- Les derniers seront les premiers. Y a comme un air de déjà vu non ? demande le lecteur.
- C’est que la boucle est bouclée, répond le narrateur.
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Comme chaque fois, son récit terminé, il la sonde du regard. “C’est bien bu, euh lu, pardon vu !” dit-elle. Il rit, soulagé.
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Brandon Ngniaouo · il y a
C'est tout beau votre texte. Des ateliers d'écriture érotiques. Quel idée ! Vous-avez ma voix.

Je vous invite à découvrir mon texte en compétition pour le prix des jeunes auteurs, et à me soutenir avec vos voix, si jamais il vous plaît.
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/la-chose-11
J'adorerais également lire vos commentaires avisés qui m'aideront à me parfaire.

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Hélo Plancouette · il y a
Merci ;)

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