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Road trip in thinking (version complète)

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Loutze

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Salut. Peut importe qui je suis. Il a quelques jours, j’ai décidé d’me barrer, me barrer de ce quotidien sans intérêt. On me dit souvent qu’on ne peut pas faire cqu’on veut, que dans la vie faut faire des choix, qu’on a des responsabilités et qu’il faut les assumer. Je pense que c’est faux. Je pense que chacun doit choisir où il veut aller, comment il va s’y rendre et ce qu’il veut faire du temps qu’on lui a donné. Créer des liens, s’enchaîner, s’attacher, ce sont des choix que l’on fait, entraver notre liberté, laisser les sentiments nous aveugler, des décisions.

Je suis une illusionniste, une sentimentale, pire même une romantique. On m’a toujours dit que j’avais trop d’imagination, que mes idéaux étaient trop hauts, trop loin pour seulement penser à y penser, car impossibles. A cause de cela, on ne m’a jamais vraiment prise au sérieux. Le truc, c’est que moi je l’étais, sérieuse.
A chaque idée évoquée, à chaque constat formulé, les pensées avaient germées depuis des heures déjà, m’empêchant de dormir, me faisant friser la folie.

Bref, je suis une inconditionnelle rebelle, une hors la loi de la société. C’est pour ça que j’ai pris ma décision.
Partir, vivre mes rêves, seule puisque personne ne semble vouloir m’accompagner. Je dis souvent que les uniques obstacles qui nous empêchent d’avancer sont ceux que nous nous mettons nous-mêmes, les limites que nous croyons avoir, celles que nous nous sommes imposées.

Parce que je pense que nous devons tous nous tendre vers un but, et ne pas avoir de raisons de faire quelque chose, c’est dévier de ce but, et donc dévier du bonheur personnel. Aussi parce que faire quelque chose sans savoir pourquoi c’est suivre un mouvement, et je ne suis pas un mouton.
On ne peut pas avancer si on ne sait pas où aller, si on ne voit pas plus loin que nos pieds, on serait tout le temps entrain de marcher dans une crotte de chien ou de rentrer dans des gens, hé bien c’est ce que je ressens quand je vois des personnes errer sans but. Des êtres qui croient pouvoir te dire quoi faire alors qu’eux même ne le savent pas, ne savent pas qui ils sont et ce qu’ils font ici.

Je sais qui je suis. Et je pars pour réfléchir, comme un exil, un moment de méditation. Je pars pour ne pas être moi dans le monde mais moi regardant le monde. Pour prendre du recul, pour vivre mes rêves, pour voir ce qui va en ressortir. Est-ce que l’impossible peut devenir possible ? C’est ce qu’on va voir.
J’avais déjà tout mes plans en tête. Un tour de France, la bagnole de mon grand-père dont il ne se sert plus, mon appareil photo, des carnets pour écrire, dessiner, gribouiller, m’exprimer. Des cartes routières, de la bouffe qui se conserve et de quoi dormir. Un peu d’argent et internet pour le reste. Une nature sauvage, des actions spontanée, la liberté d’agir, juste moi, le vent, la route et mes pensées consumées au gré des kilomètres avalés.

On n’a qu’une vie, et si on ne sait pas pourquoi on veut la vivre, ce qu’on veut accomplir en tant que chose éphémère, on se demande si cette vie vaut la peine d’être vécue. J’y ais beaucoup réfléchi, et j’ai décidé qu’elle en valait la peine. De toute façon, ya qu'une façon de la vivre vraiment, quand calcule chacun de ses gestes, de ses actes, de ses paroles, à quoi bon ? C’est sûr on arrive à la fin, mais avec quoi ? Est ce qu’on pourra vraiment regarder en arrière et dire " Je me suis éclatée, j'ai réussi, j'ai trouvé le bonheur, j'ai vécu, je peux partir tranquille" ? Ya pas des moments où on part en vrille complet et où on fait des trucs insensés ? Et est ce qu'au fond ces moments là ont pas été les meilleurs ? C’est ce que j’ai tenté de découvrir.

Je suis partie de nuit, un sourire aux lèvres, les fenêtres ouvertes et les cheveux au vent. J’avais cette image des nanas américaine dans les films qui partent sur un coup de tête et qui finissent par croiser un beau garçon sur le bord de la route, pour qui tout finit bien, pour qui cette escapade n’était qu’une façon d’échapper à la réalité pour quelques heures. Et j’ai ris toute seule, stupides films. Je ne partais pas pour échapper à ma réalité, je partais pour la trouver. J’avais peu d’espoir de croiser quelqu’un, quelqu‘un de bien j’entends. On n’est pas au pays des bisounours.

La nostalgie me frappa de plein fouet comme l’air se rafraichissait, me faisant frissonner. En passant par les rues animées du centre ville, j’observais les passants. Des jeunes défoncés qui sortent de boîte, vont vomir dans un coin, d’autres qui se chuchotent des mots à l’oreille et rient comme des détraqués. Je regardais les couples au restaurant, le regard perdu d’une femme qui n’écoute pas vraiment l’homme assis en face d’elle, deux autres qui se pelotent sous la table en prévision de la séance de sexe plus tard dans la soirée, ceux qui sortent du cinéma main dans la main, qui se serrent tendrement mais qui ne sont pas présent... Les filles qui se regardent partout où leur image se reflète, contemplant ou retouchant leurs masques de maquillage et d’émotions, celles qui sourient alors que leurs yeux pleurent. Les garçons qui s’efforcent d’avoir l’air cool, qui se donnent un genre avec leurs potes et qui parlent mal aux meufs alors qu’en rentrant ils embrasseront leur maman et se coucheront avec le doudou qu’ils ont depuis toujours en pensant à la fille qu’ils n’ont jamais osé abordé.Les groupes à l’allure bizarre, qui sont les seuls à se comprendre, qui respirent le bien être mais qui pourtant incitent les autres à changer de trottoir. Des automates, piégés dans les codes et dans les vices de la société.


Je pensais alors : « Mais un jour vous comprendrez, le jour où vous serez au seuil de la mort, et que cette dernière vous aura enlevée tout ce que vous avez bataillé pour avoir toute votre vie, le jour où le voile de votre conscience va tomber, et vous verrez. Vous verrez que la vie est plus belle en vrai, vous verrez que le naturel est ce pour quoi on est fait, que l’amour est partout, même dans la haine et dans la peur, vous comprendrez que la différence n’est pas un défaut, vous comprendrez que votre vie n’était basée que sur du faux. ».


Tard dans la nuit, alors que mes paupières papillonnaient et que je ne savais plus vraiment ou j’allais, je me suis arrêtée dans un café au bord de la route. Comme j’en avais rêvé tant de fois auparavant, une petite chambre et un repas dans un lieu inconnu mais pourtant familier. Quelques badauds de passages, comme moi, étaient venu s’y réfugier. Alors que je m’adossais à la banquette pour boire le café infâme que j’avais commandé, je m’autorisais à écouter les conversations des clients, à écouter les peurs qui s’insinuaient et sortaient de manière maladroite et incompréhensible en cette heure avancée de la nuit.
Tout le monde parlait sans s’écouter vraiment, ceux qui comprenaient avaient cette lueur désespérée... « C’est comme se balader dans un champ de statue mais être la seule personne vivante. ». Je tournais la tête vers la voix qui venait de prononcer ces mots. Cette phrase qui m’avait percuté, qui résumait tout ce qui me composait, mon statut, ma place. Je balayais la pièce des yeux et m’arrêtais sur une fille assise à quelques tables vides. « Ça veut dire quoi ? » Les mots étaient sortis. L’inconnue vint à ma table. « Ca veut dire que quand on est différent, on est seuls. Qu’on a beau crier et se débattre, personne n’entends. C’est ça le monde, ou tu en fais parti, ou tu n’existes aux yeux de personne. ».

J’ai mis un moment à encaisser ses mots, mon cerveau pédalant dans le vide en quête de sens. Enfin, je lui ai répondu : « C’est faux. On doit vivre, vivre dans notre monde, se créer un monde dans un monde qui n'est pas le notre si il faut. On a tous notre place ici, et si elle n’est pas déjà toute faite il faut creuser et se la faire soi même, et vivre comme on veut parce qu’on a qu'une chance. On n’a qu’une seule chance d’exister en étant qui nous voulons être, qu’une seule chance d’être important pour quelqu’un, au moins une personne. » . Je me souviendrais toujours de cette conversation. Elle a rit, un rire amer, un rire qui m’indiqua qu’elle me trouvait stupide à ce moment là, puis elle a répliqué : « Ca n’existe pas. Il n’y a qu’un seul monde pour tous. Vivre dans un autre monde que celui qui existe déjà c’est vivre dans l’illusion. » Encore une personne, qui n’avait aucune idée de qui j’étais et qui pourtant a tapé dans le mille, répétant les mots qu’on m’a dit si souvent.

« Ça n’existe pas justement parce que personne n’y croit et moi j'y crois parce que je veux vivre et avancer, j'y crois parce que tout n'est pas noir dans la vie et que... Si personne n’y croit ya plus d'espoir. J’ai conscience que c’est quasi impossible et que ça ne se passera pas toujours comme je l'imagine mais au moins ça m'aide à continuer, à y croire quoiqu'il arrive. Si tu pars négatif tu ne peux en ressortir que négatif, alors qui si tu pars positif t'a toujours une chance de le rester. »
Elle a secoué la tête. « Le fameux + x - = - et - x - = +. Qui gagne à ton avis ? Le positif perd contre le négatif et les deux négatifs ont l’impression d’être un plus parce que deux visions négatives ne peuvent pas l’être plus. Dans tout les cas, le positif n’a pas sa place dans la réalité. »

C’est là que j’ai perdu le contrôle de moi-même : « La réalité c’est relatif, tout le monde te fait croire qu'une réalité est mieux qu'une autre, mais c’est faux on a qu'une vie et chacun choisit ce qu'il veut faire de la sienne, on vient au monde pour devenir quelqu'un, et même si on ne finit pas célèbre, l'accomplissement c'est d'être soi même et d'être heureux, d'être lucide et de vivre pleinement. Alors, oui, je sais, on a le droit d’être un peu déprimé de temps en temps, d’avoir un coup de blues, mais seulement si on a levé les yeux, regardé en vue d’ensemble ses journées, et alors là si on constate que le tout est vraiment pourri, on a le droit déprimer, mais pas longtemps, juste le temps de faire le point et d’établir un plan d’enfer avec pour mission de remettre sa vie sur le bon chemin. On peut pas baisser les bras, on peut pas se contenter de survivre dans une place qui nous étouffe parce que quelqu’un a décidé pour nous qu’on devait rentrer dans ce moule.
« On est des surdoués de la vie, j'ai vécu des trucs horribles, et j'ai décidé de m'en servir pour avancer, je me suis créé un monde où j'invite tous ceux qui le méritent et tout ceux qui veulent y rentrer et c’est peut-être un monde d'illusions mais aucun des mondes dans lesquels on vit n’est réel, ya juste des mondes qui englobent plus de gens que d'autres et toi t’es au milieu, parmi toutes ces statues, tu ne fais parti d’aucun monde, c’est pour ça que tu dois te trouver et créer le tien, toute seule, comme moi, comme tout les gens comme nous... les autres choisissent la facilité et rejoignent un monde déjà tout fait, mais c’est pas pour nous, il faut que tu choisisses ta réalité.
Et être positive ne m'empêche pas de savoir ce que je veux et d'avoir conscience de certaines choses, ça m'empêche pas de voir la merde et le mal ça m'empêche juste de m'embourber dedans et de tomber en dépression... je vois les choses, je décide juste de le faire sous un autre angle. »

Elle avait arrêté de rire. Puis elle m’a murmuré « Mais si on se perd, si on ne sait pas qui on est, comment on fait ? Comment créer un monde à partir de rien, si je ne peux même pas me raccrocher à moi-même ? ». Alors j’ai tilté. J’ai réalisé que malgré les apparences, ce n’était qu’une personne comme toutes les autres, une personne derrière une façade, mais une personne lucide qui s’efforçait de survivre. « Tout le monde se perd à l'adolescence, le truc c’est de se reconstruire après et de se retrouver, et si tu ne trouves pas la personne que tu étais avant, trouve celle que tu veux devenir. ». Je savais que j’avais raison. Je le savais puisque c’est ce pour quoi je me battais depuis toujours, ce pour quoi j’étais partie. J’ai fini mon café et j’ai repris la route.

Finalement je n’ai pas eu besoin d’une chambre, je n’ai pas dormi cette nuit là. Les pensées ne cessaient de m’assaillir de tout les cotés. Plus je roulais, plus les idées se déroulaient, moins je comprenais. A la radio, la chanson « Life is just a game » est passée, et j’ai rebondi dessus. Mon esprit fait souvent ce genre de choses vous savez, se prendre la tête pour des trucs inutiles et voir des choses là ou il n’y en a pas : « Ok, imaginons c’est un jeu : ya deux façons de vivre : la façon passive et la façon active. La façon passive c’est les pions, les gens perdus et ceux qui ont pas envie d'être là, eux ils regardent et ils font ce qu'on leur dit de faire, eux ils ne réfléchissent pas et avancent parce qu'il faut avancer et parce que le chemin est déjà prêt, juste devant eux. Eux ils se font manger dans les premières minutes du jeu. Les actifs eux, savent ou ils veulent aller, pourquoi ils veulent y aller et comment ils vont y aller, ils se battent et tracent leur route à la hache, ne laissent personne décider pour eux. Ceux qui se plantent sont bouffés aussi, mais ceux qui réussissent mettent le roi en échec et mat. Ils enculent la mort, et ils baisent la vie. A toi de voir où tu veux être. Après ya des sous catégories de passifs et d'actifs, ya les passifs qui ont un brin de conscience et de personnalité et qui tiennent un peu plus longtemps parce qu'ils ont laissé les autres passer devant mais il y aura forcément un moment ou ce sera leur tour d'être devant. Il y a les passifs qui font des stratégies pour se cacher le plus longtemps possible, mais c'est lâche et au final ils finissent par se trahir eux même... et ya les actifs qui suivent la voie tracée par ceux qui sont devant, qui prennent leur place si jamais ils se font bouffer et ya ceux qui sont attrapé en chemin parce qu'ils ont eu le malheur de trébucher sur une voie qui était pas vraiment pour eux... ».

Je divaguais, me parlait à moi-même en admirant les paysages qui se déroulaient à mes cotés.
Des champs de fleurs, de lavandes, de vignes, des paysages désertiques ou très urbains, tout me faisait buter, tout m’inspirait. Il m’arrivait parfois de ne penser à rien, souvent vers la fin de l’après midi, quand le soleil se couchait, j’en perdais tout mes mots, concentré sur cet événement qui ne cesse jamais de me fasciner. Un jour, je me suis brusquement déporté sur le coté de la route, j’ai fouillé dans mon sac pour en sortir mon calepin. J’ai levé mes yeux fatigués, éblouis, et j’ai écrit , écrit sans m'arrêter.
J’étais essoufflée, j’avais les larmes aux yeux, l’esprit confus. Ce jour là, je me suis allongée sur la banquette arrière, et j’ai laissé le soleil me caresser, j’ai laissé mon corps se rendre compte d’où il était. J’ai fermé les yeux, je me suis sentie tourner, puis aspiré. J’ai visualisé la route, ma route. Les embranchements, les virages délicats, ce que j’avais parcouru, mes remises en question, et ce qu’il me restait encore à accomplir.
Je me suis réveillé en sursaut, il faisait nuit. Les voitures roulaient comme des flèches, seule la faible lumière des phares et le frottement de l’air contre leur carrosserie indiquaient leur arrivée. J’ai repris mon trajet là ou je l’avais stoppé. Le flot de la circulation, la nuit noire et pourtant si profonde, si palpable. Les étoiles brillaient hauts et fort, et la lune n’était qu’un tout petit croissant.

Un doux sentiment de bien être s’est emparé de moi. Je me sentais libre, légère.
J’étais sur l’autoroute de ma destinée. J’avais laissé des gens derrière moi, mais je ne pouvais pas être présente pour eux si je ne l’étais pas pour moi. J’avais besoin de me trouver. De m’accepter. De régler les comptes avec moi-même, avec les questions qui revenaient me hanter chaque nuit. De réfléchir à ce que je représentais pour les autres et à ce qu’ils représentaient pour moi. Si j’avais envie de m’impliquer, de souffrir, de m’enchaîner.

Ma mère et moi avions eu une discussion avant mon départ. Comme vous l’imaginez, elle n’était pas du tout d’accord. Je lui avais dit pour la rassurer : « Et puis un jour il faut voler de ses propres ailes. S’assumer, partir, travailler, étudier, se quitter, se redécouvrir, entrer dans le monde des grands. On a beau dire beau faire, le lycée est complètement différent du monde réel, on est encore protégé, par papa maman, par les surveillants. J’en suis consciente. Et à la fin de notre cursus, on est libres de faire ce que l’on veut, on est au bord du précipice, c’est le moment d’ouvrir nos ailes, et de partir à la découverte. Parfois on est prêts depuis tellement d’années que c’est un délivrement, parfois on ne veut pas quitter notre cocon, mais encore pour cela faut il que les parents nous laissent partir, parce qu’en fin de compte c’est aussi dur pour eux que pour nous. Aussi dur pour toi que pour moi. Mais je suis prête. »

On s’était enlacé et je sais qu’après mon départ, elle a pleuré. De joie, de peur, je ne sais pas. De ce que ressentent les parents quand ils savent qu’ils ont réussi à faire des leurs enfants des grandes personnes, des personnes bien.
Une question restait cependant. Au poste, les informations. Des attentats. La peur, la souffrance. De la violence, de la haine. En entendant cela, mon esprit a hurlé. J’ai pleuré. Je me sentais concerné.

Il me restait de la route, et du temps. Au final, j’ai fini par mettre mes émotions par écrits, c’était mon truc à moi, écrire pour dire ce qu’on ne pouvait pas montrer. Entre deux rayons du supermarché dans lequel je m’étais arrêté j’ai donc une fois de plus ouvert mon carnet.
« Pourquoi tant de haine ?
Comprenez vous le sens de cette question, ou est ce seulement le désespoir qui vous fait perdre la raison ?
C'est comme un réflexe, quand on est trahis, insultés, salis, haïs, de demander pourquoi, parce qu'il y a une raison.
Mais quand il n'y en a pas, quand le destin est le seul responsable, qui le dirige ? Qui nous tue ? Qui nous répond ?!
Alors, ça voudrais dire que c'est une question sans réponse ?
Mais quand une partie de nous est dans l'ombre, nous ne savons pas qui nous sommes, et comment avancer dans ce monde à moitié sûr de nous, à moitié sûr des autres, à moitié vivant ?
On n'avance pas.
La seule évidence qui me vient est que c'est parce que nous sommes humains.»

Des questions je m’en suis posées, des idées je m’en suis fais. Dégoutée ? C’était un sentiment que je connaissais. Perdue, non, je m’étais presque trouvée. J’ai longtemps réfléchis à ce qui pouvait nous pousser à commettre des actes au-delà des mots. Notre côté animal peut être ? Ce truc sombre et froid qu’on sent parfois quand notre instinct prend le dessus ou que notre esprit est trop faible pour nous le faire oublier ? Je me fixais dans le rétroviseur, sondant mon esprit. Serais-je capable de faire autant de mal délibérément ? Serais-je capable d’y survivre ?... Non. Je ne connais pas la réponse et ne veut pas vraiment le savoir. Putain de trou noir.

Ma voiture, la chaussée, les kilomètres, les contrées...Tout ca pour m’autoriser à penser. En avais-je vraiment besoin ? Je me suis trop prise au sérieux. Je me suis dit j’ai besoin de partir, j’ai besoin de me trouver, j’ai besoin de rouler. Pourquoi je n’ais pas pensé à le faire au second degré ? A m’asseoir dans ma chambre et me laisser divaguer ? J’ai soif d’aventures, pas de goudron. J’ai une route à creuser, en parcourir une déjà toute tracée m’a soudain semblé stupide. Fuir n’arrangerait rien, le résultat sera le même. On ne meurt pas, on change de forme. Mais pourquoi ? Pourquoi cette enveloppe charnelle ? Pour vivre, vivre d’une autre façon, de tout ce que l’on a pas sous l’autre forme, vivre de chair, de sang et d’émotions.

Puis j’ai compris. J’ai compris que quoi que je fasse je finirais un jour par marquer des esprits, à me faire une place dans des vies et à, quoi que je puisse en penser, à laisser des traces.
J’ai compris que finalement c’était peut être pas si mal d’être important pour quelqu’un et d’exister, de manquer à des gens et de les faire sourire pour presque toujours les même raisons. J’ai compris que tout cela faisait parti d’une évolution, et que de toute façon, maintenant que j’y étais, autant mettre les pieds dans le plat, autant aimer, rire, partager et souffrir, parce que même si je ne suis pas là pour longtemps, je suis là et autant en profiter, autant vivre cette vie imparfaite que l’on m’a donné et tout faire pour la rendre meilleure chaque jour, et au passage celle des autres également, par le pouvoir de la présence et de l’esprit, par des actes qui accompagnent les paroles et la confiance.

J’ai décidé de rentrer. J’ai fini par cesser de mettre mes émotions par écrit, et j’ai commencé à les montrer. Malgré ça, je continue d’avancer, je continue d’essayer de regarder à la dérobée le coucher du soleil et à me brûler les yeux, je continue à rire, à espérer, à être consciente de la chance que j’ai. Je reste moi-même. Mais le plus important dans tout ça, c’est que j’ai compris que moi sans ceux qui me tiennent, moi sans ceux que j’aime ce ne serait pas moi.

Il faut juste, une fois de plus, faire les bons choix. Et avancer, sans s’arrêter, sur le seul chemin possible, celui qu’on a choisi.

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Guy Bellinger · il y a
Alors là, y a pas photo, je préfère la version courte, qui est parfaite : là, c'est bavard, trop théorique et désincarné. Les idées sont les mêmes que dans la version courte mais exprimées maladroitement, de façon non naturelle. Je pense que cette version précède la courte (ou me trompé-je ?), et que vous l'avez ébarbée, rabotée, limée, dénudée jusqu'à la'os pour n'en dégager que la quintessence. Ce qui mettrait en évidence (sauf si vous l'avez écrite postérieurement bien sûr) toutes vos qualités de styliste en plus de la maturité dont vous faites preuve écrit après écrit.
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Loutze · il y a
Oui j'ai éctit d'abord celle là et je l'ai retravaillée pour la présenter au concours donc en TTC ... merci pour votre avis constructif, meme si je suis un peu surprise, j'accepte haha
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Utilisateur désactivé · il y a
J me rajoute à la liste des fans ... t écris vraiment vraiment super bien; c est beau touchant juste ... quand on lit des textes des poèmes on peut trouver ça beau, bien écrit, que ça transmet un message... mais parfois y a un truc. Un truc qui fait que ça te turlupine ( je sais même pas comment dire :( ) le cerveau, que tu vis littéralement le texte et que tu sais pas pourquoi ... et bah pour toi ça me le fait :) ... en tous cas bravo
et merci parce qu a chaque fois tu me fais vibrer

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Loutze · il y a
Woaw, oui je vois tout a fait et je suis juste ... honorée de te faire ressentir ca, merci pour tout, merci mille fois
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Ellyne · il y a
J'ADOOOOOOOORE!!!!!!!!!! J'adore ton style, j'adore ce que tu dis, j'adore. Mais d'où tu sors ça??? C'est définitif je suis fan :D
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Loutze · il y a
mdrr t'es une folle, comme moi ! ;) merci beaucoup, je sors ça ben ... de moi haha ... de longues heures de réflexions et de remises en questions, de bonnes gamelles aussi, de constats et d'observations, et de surtout de ma volonté de vivre comme je l'entends ;)
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Ellyne · il y a
Ah oui, peut-être bien XD Mais il faut de la folie dans la vie ;)
Wouh! Et bah bravo, félicitations, congratulations, voila pleins de trucs en ion qui veulent dire bravo

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Loutze · il y a
Ho que oui il en faut ! Merci ;)
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Vis ! · il y a
Sublime. Droit. Vrai. Puissant. Juste.
Merci pour cette réflexion et les réponses que tu nous amènes ! Hâte de voir d'autres oeuvres ...

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Loutze · il y a
Merci ! je pensais pas que quelqu'un allait être assez courageux pour le lire, honnêtement, merci mille fois ! merci.
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Vis ! · il y a
Mille deux mercis ?
Alors mille fois de rien, de rien de rien et de rien. ;)
D'autre part, je pense que le courage n'est pas de lire, mais d'écrire comme tu le fais !

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Loutze · il y a
haha Mon dieu :') Merci (désolé j'ai pas d'autres mots) Ecrire, et spécialement des trucs comme ca, c'est plus une libération en fait, la plupart du temps c'est comme si j'avais plus le controle et ca part tout seul ... donc rien de courageux de ce coté, le truc le plus courageux que j'ai fait c'est de poster tout ca, de m'être lancé il y quelques années ;) Mais merci
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