Rêverie virtuelle.

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Pétillante, un brin de folie. J'aime écrire, une préférence pour l'érotisme, sa sensualité délicate, le rêve, la Vie, l'Homme! Faire fi des interdits, suggérer, oser, c'est juste moi  [+]

Rêverie virtuelle.

Combien de temps s’était-il écoulé avant qu’il ose, combien de fois avait-il lu et relu ses mots, et puis il avait franchi la porte de sa messagerie tout tremblant de l’autre côté du clavier... Mais comme le disait le poète: “quand le soleil du cœur s'allume, l'éteindre serait un péché“.

Elle poussait l’art d’écrire jusqu’à l’extrême jetant un trouble agréable dans l’esprit du lecteur avec assez de magie pour lui donner la sensation de n’écrire que pour lui, de ne partager cette intimité qu’avec lui.
Un sacré tour de force que bien peu avaient réussi à lui faire éprouver.
Voilà il avait tout dit, tout écrit, le message était parti tel quel, allait-elle lui répondre, s’offusquerait-elle de son audace, combien de chance d’être lu avait-il?

Sa réponse ne se fit pas attendre elle le remerciait de l’avoir autant félicitée et s’expliquait sur sa façon d’écrire.
Ses mots elle disait les ressentir, ses émotions elle les transmettait avec ses mots, des mots simples, des mots à “Elle“.
Pour écrire il lui fallait vibrer, que l’envie la tenaille aux tripes, elle ne pouvait écrire à la demande.

Il avait été charmé par tant de franchise, l’intensité sensuelle de ses écrits l’avait bouleversé. Il étudiait chacune de ses productions et les trouvait de plus en plus affolantes, enivrantes, comment pouvait-elle l’émouvoir autant lui, lui dont le corps portait encore les cicatrices d’amours douloureuses.

Il n’avait plus ressenti pareille douleur au creux des reins depuis longtemps, non pas qu’il fit voeu de chasteté, il s’autorisait quelques aventures pour assouvir un besoin pressant et parfois même bestial.
Enfin il avait osé, il supposait, il espérait qu’elle partage son goût pour certains plaisirs, ses écrits en témoignaient, tout en délicatesse et ce qu’elle instillait de passion à peine retenue le rendait fou. Il la désirait à lui si fort.

Bien souvent dans la pénombre de sa chambre il avait du calmer sa douleur en laissant aller sa main épancher ses envies, retrouvant alors un bien être qu’il appréciait. C’étaient ses mots, son invitation à l’amour qu’il honorait avec tendresse.
Il l’imaginait caressant le clavier, se laissant aller à rêver, s’abandonnant, partageant tout comme lui des plaisirs solitaires.
Il s’endormait alors comme repu, et ses pensées étaient pour Elle.

Il percevait chez elle quelque chose de fort et de tendre à la fois, dans ses mots une sensibilité à fleur de peau, une sensualité à laquelle il s’abreuvait goulument.
Cette attente exacerbante et délicieuse qu’elle savait si bien décrire était une frustration qui laissait percevoir l'intensité de l’assouvissement, une merveille de perversion, ne le savait-elle pas? Quelle souffrance il vivait à l’espérer autant.
Au début ce fut comme un jeu d’écritures, il se confiait, elle semblait l’écouter en le lisant et cela le rassurait.
Il prenait soin d’elle il lui souhaitait une belle journée, une nuit tendre et humide...

Curieuse elle l’était, elle avait l’art et la manière de demander, s’excusant presque à la façon d’une enfant, il aimait sa curiosité, son indécence aussi. Rien ne le dérangeait venant d’elle, ce qu’il trouvait en elle c’était ce qu’il avait perdu souvent.

Elle l’affolait, tout son être brûlait de désir et d’envie.
Ils échangèrent ainsi des semaines, elle se libérait par moment puis comme à regret gribouillait des excuses qui la rendaient encore plus attirante.

Il lui racontait sa vie, ses amours différentes, surprenantes, ses préférences et ses fantasmes qu’il disait avoir assouvis, il semblait avoir tout connu, tout vécu ou presque, s’excusant à son tour de l’avoir choquée bien qu’elle s’en défendit fièrement.

Une relation naissait, elle grandissait de jour en jour, plus intime assurément.
Il l’avait imaginée à son goût, elle était sa muse, son amie, sa confidente, il pouvait tout lui écrire, il aurait aimé qu’elle en fit autant. Il lui avait dit son prénom alors qu’elle taisait le sien, elle était sa douce tentatrice.

De son côté elle luttait désespérément pour ne pas faillir, elle souffrait de cette abstinence qu’elle s’infligeait.
Il jouait d’un vocabulaire courtois et suggestif, décrivait les ébats de ses héros avec une exquise pudeur, un souci du détail qui la faisait rougir, son corps trahissait ses émois à la lecture de ce qu’il écrivait.

Conjuguant l’attente, l’envie et le désir avec brio, elle se perdait dans les méandres d’une écriture qu’elle voulait délicatement érotique.
C’était ce qu’il aimait chez elle, cette capacité à suggérer qui laissait au lecteur le soin d’imaginer, il en était même venu à penser que certains écrits lui étaient destinés. Il osait encore, il voulait savoir, il était presque sûr mais il voulait qu’elle lui avouât de sa plume.
Elle ne dira rien sur l’instant, laissant à la nuit ses confidences.


Il avait préféré le vouvoiement dans leurs échanges, il aimait cette distance et cette intimité qui l’excitait comme un jeune adolescent et Dieu sait combien elle faisait revivre en lui de délicieux souvenirs.
Elle le surprenait, lui qui n’en était plus à faire ni concessions ni promesses sans lendemain. Elle lui redonnait espoir et l’envie de n’écrire que pour elle le rendait heureux.
N’y tenant plus il osa trois mots “je vous aime“ et de terminer par “ me croirez vous?“, il avait refermé son ordinateur ne sachant si une réponse l’attendrait le lendemain.
Il s’endormit non sans relire les écrits les plus tendres que son inconnue avait publiés et sa nuit fut douce et torride. Il ne pouvait en être autrement elle l’avait envoûté, il était séduit et acceptait sa faiblesse, la chair ne l’était-elle point?

Elle reçut le message et son corps tout entier fut parcouru de frissons agréables sa gorge se nouait à la lecture de ces trois mots, trois mots qu’elle prit plaisir à relire encore et encore, il disait l’aimer, c’était fou, complètement fou!

Elle hésita avant de répondre, elle se voulait sincère, puis les mots fusèrent, elle disait comprendre ce qu’il ressentait à son égard, le remerciait de lui confier ses émotions.
Alors elle lui avouait l’espoir qu’elle avait entretenu depuis son premier message, connaître ses sentiments à son égard la rendait heureuse et pourtant ce n’étaient que des mots, uniquement des mots...
Des mots qu’elle ressentait comme une caresse, le désir qui s’emparait d’elle certains soirs l’amenait à oser l’imaginer près d’elle.
C’est alors qu’une chaleur intense se répandait le long de son dos, s’emparait de ses reins, ses seins durcissaient à lui faire mal, le désir se propageait jusqu’au creux de son ventre et elle s’aimait, elle s’aimait jusqu’au dernier spasme, fermait les yeux, heureuse, elle s’endormait.

Il s’était habitué à cette présence virtuelle et lui avouait être devenu accro comme à une drogue, celle si douce que s’en passer fut souffrance et il ne voulait plus souffrir.
La connaître, la savoir en confiance c’était trop tôt et il serait patient.

Elle occupait ses journées entre son travail et la maison, elle gardait sur elle son portable un oeil rivé sur l’écran tactile espérant sans cesse un message, un signe de lui. Elle devait bien se l’avouer cette aventure exceptionnellement rare lui plaisait chaque jour davantage.

Elle quittait son bureau à l‘heure pile, prenait son bus et grimpait quatre à quatre les escaliers qui la menaient à son petit studio. Enfin débarrassée de son sac, ses chaussures qu’elle jetait dans l’entrée, elle se précipitait sur son ordinateur et l’espace d’un instant son coeur se serrait à lui faire mal... Avait-il penser à elle, lui avait-il écrit?
Puis elle ouvrait sa boîte mail elle découvrait un... deux messages, un double clic... Et un sourire éclairait alors son visage.

C’était l’été il faisait une chaleur insoutenable, la canicule sévissait depuis plusieurs semaines et prendre une douche en arrivant demeurait un plaisir dont elle ne pouvait se passer.
Puisqu’il lui avait écrit elle pouvait le faire attendre le temps d’aller se rafraîchir et comme pour l’inciter à plus de confidences, elle ouvrait le premier message, lui signalait qu’elle venait de rentrer et qu’elle allait passer sous la douche.

Une fois le message envoyé elle lui disait dans le suivant qu’elle serait dispo juste après. ce qui laissait à son correspondant le temps de répondre au premier envoi, il disait être là et l’attendre patiemment, qu’elle n’aurait qu’à lui faire signe dès qu’elle en aurait fini, et de conclure qu’il allait prendre plaisir à l’imaginer nue...
Voilà bien ce qu’elle aimait chez lui, cette approche sensuelle avec un soupçon d’érotisme à peine voilé.

Elle regrettait ne pas le connaître, ne pas l’avoir rencontré, le lui avouait et sa réponse fut qu’il préférait l’imaginer comme dans ses nuits lorsqu’il la relisait.
Elle accepta non sans insister comme elle savait si bien le faire l’incitant à se décrire.
Il le fit ne taisant aucun défaut de son caractère, quant à son physique il se décrivit avec modestie, encore bel homme d’après les dires de son entourage bien qu’il eut dépassé la cinquantaine, il appuyait sur certains détails qui l'émouvèrent jusqu'à frissonner d'envie...
Elle aurait aimé entendre sa voix et il se contenta de lui répondre « un jour peut être, ne gâchons rien aujourd’hui ».

Les jours passèrent et d’un commun accord ils discutèrent d’un projet d’écriture.
Il lui laisserait le choix du thème, elle préférait qu’il en décidât, il proposa l’histoire d’une rencontre entre deux inconnus.
Elle aurait en charge de faire vivre à l’héroïne une aventure à laquelle elle devrait ajouter sa sensualité, donner aux mots toute leur importance afin de séduire le lecteur autant que ce qu’il l’avait été en la découvrant. Lui s'imprégnait du rôle du protagoniste, s'oubliant parfois jusqu'à prendre sa place.
Elle acceptait ravie de la confiance qu’il lui témoignait.

Ils avaient les mêmes idées, les mêmes envies, le désir fou de s’aimer ainsi et leur premier chapitre naquit par un après midi ensoleillé, lui sur sa terrasse imaginant sa belle alanguie les doigts glissant sur le clavier de son ordinateur...D’autres suivirent tout comme leur idylle pendant des mois.
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J.D.Flyman · il y a
Bonsoir Harukosan.

Je viens de lire votre récit.
C'est une bonne description (pour moi bien sur), du fantasme dans le sens ou l'idéalisation de "l'autre" , celui qui semble nous convenir dans l'idéal, est ici relatée.
C'est une belle histoire !

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Haruko San · il y a
Bonsoir...J.D Flyman, merci pour votre commentaire et d'avoir pris le temps de venir me lire ici, Belle soirée, au plaisir.-:)
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J.D.Flyman · il y a
Au plaisir d ' un nouvel échange !
J'ai vraiment beaucoup aimé vous lire!

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Haruko San · il y a
Merci beaucoup, je vous invite à me lire, d'autres textes sur ma page, bonnes lectures!-:))
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J.D.Flyman · il y a
Ok.
J'ai lu d ' autres choses sur cette dernière.
Bonne fin de soirée à vous !

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Troubadour · il y a
Chères rêveries...
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jc jr · il y a
Une belle relation épistolaire, très suggestive et que l'on a pas envie de rompre. Viendriez-vous me découvrir dans " le bilan " en finale TTC...Combien de chances ai-je d'être lu ?
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Guy Bellinger · il y a
S'attirer, s'aimer, se consumer de désir, jouir chacun de son côté mais en fantasmant sur l'autre, sans prendre le risque de l'incarnation, voilà une recette d'amour inédite. Vos désirs sont des ord... inateurs !
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Haruko San · il y a
Merci Guy pour votre passage ici, une recette en effet peu commune qui laisse à l'imaginaire tout un éventail de douceurs!
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A. Nardop · il y a
Une belle histoire.
Un peu de frustration ajoute à l'amour (est peut-être même la condition de l'amour).

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Anne-Marie Menras · il y a
Un livre dont les chapitres s'ajoutent au fil des mois, le temps d'une idylle naissante...
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Lohengrin · il y a
Cest démoniaque de réalité, du vécu quand les mots n'existent plus... Ils ont disparus au profit du rêve... L'optimal pour le lecteur le livre, l'écrit ont disparus, le lecteur pense alors qu'un (bon ou mauvais) géni lui parle à l'oreille.... L'on ne connaitra pas l'issue ... suspens insoutenable du même délice.
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Srom · il y a
Quelle aventure moderne à l’eau de rose, si bien racontée ..
La suite sera-t-elle juste une nouvelle merveilleuse chevauchée de licorne, avec à la fin de tristes factures d’avocats ..
Ou bien le début d’une respiration de couple en pleine conscience, une liberté sans limite terrestre importante ..?

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Haruko San · il y a
Aventure... merci d'être passé par là, bon week-end et au plaisir.
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Elena Hristova · il y a
Ma chère Haruko,
comme d'habitude vous me faites rêver avec vos écrits. En plus je suis frappée par le côté réaliste de cette histoire, je sens tous les soupirs d'amour derrière l'écran, ah oui..

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Haruko San · il y a
...Merci Elena, mais parce que c'est une histoire vraie, voilà pourquoi elle vous a frappée -:)))
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Francine Lambert · il y a
Une écriture séduisante et suggestive qui laisse une grande place à l'imagination du lecteur, j'ai beaucoup aimé vous lire HarukoSan

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