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Rencontre nocturne

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Eam

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Sous un ciel d'encre qu'aucune étoile n'osait percer, j'errais, courbée par le poids de la fatigue et d'une tristesse infinie. Seules dans le silence de ces rues désertes, je contemplai mélancoliquement les premières feuilles ocres qui dansaient vers le sol, regrettant de ne pas connaître leur existence éphémère et insouciante. Je marchai ainsi, désespérée et solitaire, à la recherche d'un havre qui abriterait mon sommeil, un quelconque retour dans mon foyer m'étant à présent interdit. Je ne voulais plus avoir à affronter vos regards qui me transperçaient comme ils traverseraient la brume, je ne voulais plus avoir à entendre vos rires qui me blessaient, puisqu'ils témoignaient d'une joie que je ne pourrai jamais connaître. Votre présence suffisait à dénoncer le vide que j'étais.

Après de nombreuses heures d'errance et d'abattement, j'échouai sur un banc de pierre froide, sur le bord d'une place bétonnée au centre de laquelle trônait un toboggan. Epave prête à s'effondrer, mon âme n'aspirait plus qu'à un sommeil sans rêve, durant lequel elle oublierait tous ses tourment, goûtant dès à présent la quiétude du repos éternel.
Lorsque je relevai mes yeux rougis d'avoir tant retenu de larmes, tu te tenais devant moi. Un instant, l'étonnement causé par ton arrivée silencieuse me fit oublier mon chagrin. Et tu restas là, muet, posant sur moi ton regard empli de compassion. Nulle parole n'était requise, tes yeux suffisaient à communiquer le réconfort que, généreusement, tu offrais à une inconnue.

Le moment magique durant lequel nous restâmes silencieux et immobiles dura une éternité. Ta présence et ta sollicitude apaisaient mon esprit torturé. Je te contemplais avec reconnaissance, afin que toujours ton image restât gravée dans mon cœur, pour ne jamais oublier ton teint pâle et tes yeux d'onyx, ta démarche lente et ta calvitie.
Puis, sans un mot, tu repartis, laissant l'inconnue rassérénée, cependant c'est aujourd'hui come si tu ne 'avais jamais quittée. Toujours il me semble ressentir le poids de ton regard bienveillant et distinguer au loin ton sourire énigmatique. Ce moment de réconfort semble encore durer. Jamais je ne l'oublierai.
Jamais je n'oublierai l'amitié d'un escargot.
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Miraje · il y a
Comme une feuille morte, j'ai déposé un vote virtuel avec la rapidité d'une tortue égarée .....
( Après Vivaldi interrompu, tu peux également, si tu le souhaites, me retrouver à l'ombre ... http://short-edition.com/oeuvre/poetik/dans-l-ombre-de-ma-main)

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