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Réminiscence de l'humanité

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Plumots

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L’aliénation de l’être humain à la machine a créé l’univers des robots d’intelligence artificielle. Au fil des années, l’évolution temporelle et technologique s’était perfectionnée, au point que les robots étaient amenés à se poser des questions philosophiques qui dépassaient la logique étriquée de la pensée humaine.
C’était le dernier jour du règne de l‘humanité sur Roboterre. Planète grise et rouge. Le nanotechnlogue Renoir, sans doute le dernier esprit naturel qui vivait en reclus dans la forêt sauvage, détenait la nanopuce de l’avenir de l’Homme.
Dans la société, chaque robot avait son temps imparti. La planète était étouffée par les débris et les funèbres restes des robots qui s’éparpillaient sur le sol rouge et noir. L’algorithme du ressentiment avait été supprimé du mécanisme des robots.
Roboterre, monde éminemment contemporain, riche, complexe et apaisant avait donné naissance aux suprerordinateurs créant un monde très organisé. Logiques floues, droïdes, domotiques, androïdes et cyborgs vivaient en harmonie sans ressentiments et sentiments. Aucun déséquilibre n’intervenait dans ce monde unique. Pas tout à fait !
CNILE, un cyborg au système expert de dernière génération, nomade, avec un comportement particulier et à qui il manquait des écrous, arriva dans la ville e-Art. Il ne se mélangeait jamais aux autres robots et les côtoyait rarement. Dans ses fonctions il avait réussi à intégrer les mots art et peinture. La particularité de CNILE était qu’il ressentait des vibrations dans son corps de ferraille, comme des sentiments. À quoi bon chercher à comprendre puisqu’il était censé ne rien ressentir ?
Chaque jour, il allait s’isoler au musée d’arts et de peintures numériques du centre. Chaque jour, il était fasciné par les tableaux d’e-David, peintre faussaire du 21è siècle. Mais ce qui l’attirait le plus c’était les trois tableaux dans la salle des peintures anciennes.
Troublé et pourtant dénué de sentiments CNILE se sentait obligé de plonger son regard sur eux. De forts sentiments se court-circuitaient en lui. Il était presque désemparé par ces œuvres si immense, si contrastées, si magnifique, où la douleur, la sagesse, le courage et la beauté étaient intimement liés.
Comment rester insensible face au chagrin d’un enterrement, au courage des personnes de l’Angélus et à la beauté de la marquise de Bezons Anne-Marie de Bricqueville de la Laluserne jouant d’un instrument ?
CNILE ressentait le besoin d’aller vivre à l’intérieur de ces tableaux afin de comprendre les humains. C’est avec bravoure qu’il alla à la rencontre du seul âtre humain vivant en reclus dans la forêt sauvage de Roboterre, le professeur Renoir. C’est un vieil homme aux cheveux ébouriffés, à la barbe crépue si longue qu’il s’emmêlait les pieds et vêtu d’un pantalon déchiré assorti d’un pull de récupération tenu par des bretelles fabriquées par de la ficelle en acier fin ressemblant à du barbelé.
Renoir l’avait tant attendu qu’il en était fatigué, épuisé et las, mais heureux de le voir. Après avoir fait connaissance avec CNILE le professeur lui fit une injection de nanotrope dans les circuits. CNILE commença dès le début de l’injection à ressentir l’âme des humaines. Celle-ci ce devait être importante et obligatoire pour pouvoir comprendre les Hommes, le temps de son voyage. Il alla sans tarder au musée, dans la pièce des tableaux qui l’intriguaient. Aspiré par ceux-ci dans un tourbillon, CNILE découvrit l’enterrement, La douleur, les pleurs, le soutien tous ces sentiments le transpercèrent. Puis il traverse le tableau de l’Angélus, il y découvrit la magnificence d’un champ aux senteurs inconnues et délicieuses, une nature de toute splendeur qui l’emporta vers un monde d’odeurs et de couleurs. Ensuite il arriva aux côtés du portrait d’Anne-Marie de Bricqueville de Laluserne Marquise de Bezons, là ! Il était subjugué par sa beauté, son savoir et sa voix accompagnée par la musique qu’elle jouait avec douceur pour lui qui venait à sa rencontre. Il passa du temps avec elle et lui posa énormément de questions sur la nature humaine. Anne-Marie lui répondit avec délicatesse et l’emmena au pays de la musique. Malheureusement le temps lui était compté.
Un rayon ocre et flamboyant le ramena dans on monde gris et calme. Le musée fermait ses portes et la ville d’e-Art s’illuminait de ses lumières électriques et majestueuses. CNILE s’assit un instant sur les marches de l’entrée du musée, désorienté par ce qu’il avait découvert.
Enchanté et perturbé par ce voyage émotionnel, il devait retourner chez ce vieil homme pour qu’il lui donnât la nanopuce et qu’enfin à travers son corps de ferraille, naquissent des êtres humains. L’injection commençait à ne plus faire effet. Alors le plus vite possible il traversa avec courage la forêt sauvage qui lui faisait très peur. Les rayons de la ville le suivaient et illuminaient sa tôle cuirassée faisant apparaître d’étranges formes qui l’intriguaient. Sa bravoure le remplit d’émotions et de sentiments. Ce qui lui vallut la reconnaissance du vieil homme nanotechnologue.
L’expression du visage de Renoir sur le regard du cyborg n’avait plus besoin de mots. D’un geste lent, le professeur avait ouvert le bras du cyborg qui était le seul robot de la planète à détenir une boite à cet endroit. Délicatement il introduisit la nanopuce.
La réminiscence de l’âme humaine annihilée de tout ressentiment pouvait commencer. Durant ce temps, CNILE prit les pinceaux du professeur Pierre-Auguste Renoir pour découvrir la peinture à l’huile et réaliser à son tour des chefs-d’œuvre puis il créait des robots biotechnologiques. Quelques temps après le jour d’un rayon artificiel aux éclats de diamants et aux côtés de ses fidèles compagnons l’automate Pierre et l’androïde Auguste, Le professeur Renoir poussa son dernier soupir tandis que son souhait se réalisait. CNILE à son tour mit hors service ses circuits. La transformation biotechnologique fut lente et merveilleuse. Les algorithmes ne changèrent pas l’histoire humaine, ni l’histoire des robots, mais ils contribuèrent à la naissance d’un nouveau monde sans ressentiments.
CNILE avait créé une femme humanoïde qu’il avait nommée Anne-Marie. Celle-ci rencontra un humanoïde expert en intelligence biotechnologique. Leur histoire donna naissance à un nouvel être, à demi humain qu’ils nommèrent Pierre-Auguste. Ensemble ils l’éduquèrent à leur manière et dans leur monde où se multipliaient les nouveaux humanoïdes et disparaissaient petits à petits les anciens.
Puis un jour Pierre-Auguste rencontra une femme à demi humaine et le chemin de l’humanité prit un tournant avec de nouveaux circuits biologiques et presque humains.
Le temps passait, la nature reprenait elle aussi et ses couleurs devenaient réelles et les odeurs commencèrent à sortir de la terre. Le soleil devenait réel, la pluie à nouveau caressait les visages des nouveaux Hommes. Tout ce nouveau monde émergeait et communiquait sans plus jamais avoir d’altercation. Tout se passait avec respect et douceur, Mais pour que cela puisse rester ainsi il fallait que chacun de ces être aient un temps de vie, afin de réguler la présence de chacun sur la planète, pour ne plus l’étouffer.
La nanopuce que Renoir avait intégrée CNILE ne savoir pas remédier à ce temps donné qui finira par exterminer cette nouvelle planète. À moins que ?

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