Merci patron !

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Apprenti scribouillard  [+]


Depuis plusieurs semaines, Gilles de Coursan, le père de famille, a de plus en plus de mal à détacher son regard des formes généreuses de cette plantureuse blonde.

Ce soir, le quadra divorcé, retrouve son immeuble cossu, plus tôt qu’à l’accoutumée.
Les larges et hermétiques portes en bois de l’entrée principale, se referment lentement derrière la Jaguar dont les pneus crissent sur les graviers de la cour intérieure.
Chloé a clairement identifié le ronronnement caractéristique du cabriolet. Rapidement, le claquement de la portière est suivi de pas qui résonnent dans la vaste cage d’escalier en colimaçon, sorti d’un conte de fée. Le maître des lieux se rapproche du salon où la baby-sitter assure sa veille.
Assise sur le divan, face à la cheminée, la jeune étudiante, referme son livre, puis se lève, devançant ainsi l’arrivée du père de famille.

— Bonsoir ! Tout s’est bien passé ?
— Oui ! Les jumeaux se sont endormis, juste après votre départ.

M. de Coursan sort des billets de banque de sa poche et les tend à la nounou, comme pour en terminer le plus rapidement possible, avec leur relation employeur/employée.
Chloé range l’argent dans son petit sac à main à franges, déposé sur le confortable divan en cuir vieilli.

Ce moment, l’étudiante en mathématiques l’attendait depuis longtemps: les regards insistants, les sourires forcés à répétition, l’envahissement progressif de son espace vital lorsque Gilles de Coursan lui adressait la parole, avaient clairement alerté la jeune femme sur les intentions plus ou moins avouées de son employeur. Libre comme l’air, Chloé s’amusait beaucoup à l’idée de séduire ce chef d’entreprise bien trop sûr de sa personne...

— Asseyez-vous, je vous en prie, et permettez-moi de vous offrir un verre...

Sans dire mot, Chloé acquiesce en opinant du chef. Jouant à la petite fille timide, mais très consciente de l’effet qu’elle produit sur le magnat du textile, la jeune femme s’assied près de lui.
Le maître de céans se lève, va entrouvrir la chambre des jumeaux pour vérifier leur profond sommeil, puis il revient s’installer tout contre son invitée.

Un long silence plane dans l’immense salon. Pendant ces quelques secondes, un désir indicible envahit le corps de ces deux êtres, soudain seuls au monde.
Gilles se penche lentement vers la jeune femme, pour l’embrasser. Chloé stoppe net le mouvement, en posant son index sur la bouche de l'impatient.

— Stop! Il faut le mériter !

M. de Coursan obtempère et se contente de prendre les mains de la belle. Le regard plongé dans le décolleté de sa muse, le quadra résigné lâche :

— Eh bien, que faut-il faire pour mériter ce doux baiser ?

La fausse ingénue est joueuse aussi, elle souhaite pimenter la soirée.

— Je vais me cacher dans votre immense logis. Si vous me trouvez dans les cinq minutes qui suivent mon départ, je serais toute à vous, sinon je repartirai sans même vous livrer le moindre baiser, dit-elle, en caressant tendrement du revers de la main la joue de son soudain jouet. Comptez jusqu’à cent et surtout ne trichez pas !


Trop excité à l’idée de posséder la belle, Gilles de Coursan se met à compter, sans demander plus d’explications.

— 4, 5, 6...

Juste avant de s’éloigner pour se cacher, la jeune femme se rapproche, colle sa ferme poitrine sur le bras du bienheureux, puis lui distille un souffle chaud dans le creux de l’oreille, comme pour finir de l’envoûter. L’effet est immédiat, le tempo du comptage s’accélère, les pulsations du possédé en font tout autant.

—..., 98, 99, 100 !

La traque est lancée. Gilles explore machinalement l’antichambre jouxtant le salon, sans grand espoir de trouver la belle, trop certain qu’elle ne se serait pas cachée aussi près du point de départ.
Toutefois, cette recherche n’est pas vaine, le quadra marque l’arrêt devant un indice laissé au sol, sans aucune délicatesse. Tout en boule, un morceau de tissu bleu, fleuri comme le printemps, a été jeté à même le sol.

L’excitation de M. de Coursan monte d’un cran quand il reconnaît la robe de Chloé. Devenu chien, le chef d’entreprise porte l’étoffe à son nez, inspire profondément avant de se jeter à la poursuite de l’objet de son désir.

Peut-être dans la salle à manger ? Non, elle n’est pas là, mais elle y a laissé un nouvel indice.
Un soutien-gorge rouge carmin, aux larges bonnets, pend sur le dossier d’une chaise.

Les pas du chasseur s’accélèrent, sa tension monte en flèche, ses pensées bouillonnent :
— L’effeuillage sera-t-il total ? Jusqu’où ira-t-elle?

A la recherche du dernier élément qui porterait l’excitation à son paroxysme, le fin limier ne sait où donner de la tête et s’agite dans tous les sens.

Enfin ! Voilà l’ultime indice tant recherché ! Dans la vertigineuse cage d’escalier qui monte à l’étage des chambres, sur une large marche de pierre usée par le temps, git un string. Immédiatement, le coureur de jupons identifie un modèle tanga, son préféré.
L’homme lobotomisé, se baisse, ramasse le sous-vêtement, caresse la dentelle puis hume la fine odeur exquise, qui s’en dégage...

L’excitation est à son comble, le sexe de la bête se déploie au maximum. Redevenu animal l’homme policé, serre très fort le bout de tissu dans sa main, y mord très fort dedans, puis le jette au sol, avant de courir à l’étage.

Sa main glisse sur la rampe faite de colonnades de pierre, ses foulées franchissent les escaliers quatre à quatre. Tout haletant, le souffle à la fois coupé par l’effort et par l’envie qui l’étreint, Gilles de Coursan ouvre une première chambre, sans plus de succès que lors de ses précédentes investigations.

Soudain, son regard est attiré par un rai de lumière qui apparaît sous la porte d’une des salles de bains. Le chasseur ralentit le pas, s’approche lentement, puis ouvre brusquement le dernier rempart qui le sépare de la luxure.

Surprise, sans plus aucune chance de salut, la proie recule contre la faïence du mur opposé. Toute nue, Chloé se tient debout, la poitrine cachée par ses mains et ses blonds cheveux détachés. De longues jambes effilées, légèrement fléchies, serrées l’une contre l’autre, forment l’écrin d’un trésor, que Gilles de Coursan devine aussi lisse qu’au premier jour.

Le visage de la biche aux abois exprime tout à la fois, un mélange de surprise et l’envie d’être dévorée.
Sans autre explication, les règles du jeu évoluent. Le chasseur devient proie. Chloé prend la main du père de famille et l’entraîne avec elle, sous la douche italienne dont elle actionne l’arrivée d’eau.

De fines gouttes tombent du large pommeau fixé au plafond. Pendant que Gilles retire ses chaussures, Chloé s’active pour ôter les différentes couches qui emballent son futur sex-toy.

L’eau tombe en abondance sur leurs corps restés debout. Le dos collé contre la faïence, agrippée au cou de son mâle telle une mante religieuse, Chloé croisent les jambes dans le dos de son amant.

Le corps de la belle vole dans les airs, pendant que les deux mains du fauve maintiennent sa tête en extension, pour mieux couvrir de baisers le cou de la diablesse.
A chaque pénétration, le corps de Chloé ondule, comme les vagues de la Méditerranée déferlant jusqu’à la plage de leur bonheur partagé.

Brusquement, M. de Coursan aperçoit un homme, sorti de nulle part, muni d’un appareil photo et multipliant les prises de vue.


— Merci patron, pour ce souvenir impérissable ! Voilà quelques documents, qui j’en suis certain, faciliteront les futures négociations salariales dans l’entreprise. Viens-vite soeurette, partons !
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