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Proposition indécente...Alexandre & Elena. (1ère partie)

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HarukoSan

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( texte à quatre mains, écrit avec la complicité de mon Ami D.C.A dont la page est désactivée)
Haruko San & D.C.A


Texte protégé par un copyright.



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Je sortais alors à peine d'une histoire sentimentale un peu compliquée et c'est volontiers que j'avais accepté d'aller dîner chez des amis. Fidèle à ma réputation d'indécrottable “fashion victim“, j'avais choisi avec soin la chemise, la cravate et le costume gris perle qui mettait en valeur le bleu de mon regard et avais rafraîchi ma coiffure d'un vigoureux coup de tondeuse, le cheveux ras me rajeunissant de dix bonnes années, aux dires de mes proches... Coquetterie d'un autre temps plus sûrement... Je n'étais point dupe du rôle de célibataire de service qui m'était une nouvelle fois dévolu, soupçonnant Philippe et Catherine de ne m'avoir convié que parce que, parmi les invités, se trouvait sans doute une pauvre esseulée...C'est donc poussé par une curiosité amusée que je me présentais chez eux...

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Cela faisait quelques temps que je me refusais à toute sortie, un peu déçue par des aventures sans lendemain, je ne me pressai en aucune façon pour tenter à nouveau un quelconque rendez vous.
Mais l’insistance de deux amis me fit changer d’avis, je les savais assez entremetteurs et je souriais déjà à leur proposition que j’acceptais finalement.
Je réfléchis un instant à la tenue que je porterai, nous serions quelques amis, rien de très sophistiqué m’avait dit Catherine, mais j’avais demandé si je connaissais tout le monde, histoire de me sentir plus à mon aise. Elle me dit que oui, nous nous connaissions tous, sauf un invité, un ami à eux qui m’était totalement inconnu mais qui, d’après ses dires, était un homme charmant: «  Il te plaira, tu verras » m’avait soufflé Catherine .
Un début d’été aux températures douces, je choisissais donc une robe sans manches couleur vert anis dont le dos découvrait une échancrure en forme de goutte d’eau, et un spencer noir au cas où un frisson me parcourrait, des sandales noires à talons hauts, c’est toujours plus flatteur pour la silhouette.
Je tressais mes cheveux et les enroulais en chignon relevé sur ma nuque, quelques mèches laissées libres, c’était joli, un soupçon de blush sur les joues, un trait de crayon brun au ras des cils et j’appréciais mon regard vert bronze dans le miroir, ah! oui un peu de gloss sur mes lèvres, un dernier coup d’œil dans la glace de l’entrée. 
Me voilà devant chez Catherine et Philippe... Un peu inquiète tout de même.

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Catherine, sourire éclatant aux lèvres, vint répondre à mon coup de sonnette. Je lui offris le bouquet de fleurs que j'avais acheté un peu à la va-vite, je le reconnais volontiers, chez le fleuriste, au coin de la rue, et la suivis jusqu'au salon. Philippe vint à ma rencontre et me gratifia d’une poignée de main virile dont il avait le secret. Je découvris alors les autres convives avec lesquels j'allais être amené à partager la soirée...
Vincent et Michèle, tout d'abord... Un couple de quadragénaires, professeurs au lycée. Lui, grand barbu à lunettes et elle, grande liane à la limite de l'anorexie. Ensuite, Claire et Denis. Peut-être un peu plus âgés. Tout en rondeurs épicuriennes, il était dans le bâtiment et, petite brune fine et délicate, elle était sa secrétaire.
J'étais plutôt content de les retrouver tous, car j'avais souvent eu l'occasion de les côtoyer, quoique un peu moins ces temps derniers, et les moments que nous avions pu partager m'avaient laissé d'impérissables souvenirs. Je restais toutefois interdit, contrairement à mes prévisions, de me retrouver le seul célibataire. Mes hôtes ne m'avaient pas habitué à pareille négligence et j'en étais presque à les remercier du fond du cœur d'avoir bien voulu me considérer enfin comme un grand garçon, me laissant libre du choix de mes relations...
Catherine dut se rendre compte de l'étonnement et du presque soulagement que, pourtant, j'essayais de masquer. Sourire énigmatique aux lèvres, elle murmura de sa voix chantante:
«Nous attendons une dernière invitée avant d'attaquer l'apéritif, si vous le voulez bien.
_Elle ne devrait plus tarder maintenant» ajouta Philippe en consultant machinalement sa montre.

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Je pris une profonde respiration et je sonnais... Philippe m'accueillit souriant, un clin d'œil complice.
Il me fit signe d'avancer jusqu'au salon où tous étaient installés sur le canapé d’angle, en cuir couleur ivoire, quelques coussins colorés y étaient jetés négligemment et deux fauteuils club assortis étaient disposés en face laissant une distance occupée par une table basse au dessus de verre, un épais tapis brun donnait un moelleux agréable à l’espace.
Je reconnaissais bien Claire et Denis, Vincent et Michèle pour les avoir rencontrés à plusieurs reprises, j'embrassais tout le monde, et ce fut Catherine qui me voyant un peu embarrassée me prit par la main et fit les présentations, s’approchant d’Alexandre qui se leva: « Elena... Alexandre » je tentais une légère poignée de main mais Alexandre proposa que nous nous embrassions c’était plus sympathique, j’acceptais avec le sourire.
Je prenais place dans l’angle du canapé, Alexandre reprenait sa place à l’extrémité, Catherine et Philippe chacun sur les fauteuils face à nous, plus aisé pour Catherine qui se proposait déjà au service.
_ bien, tout le monde est installé, dit Catherine, que buvons nous et à quoi trinquerons nous ce soir?

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Et c'est ainsi que je fis Votre connaissance. Je dois être honnête, je félicitais silencieusement Catherine et Philippe de leur bon goût... Vos yeux d'un vert profond et votre franc sourire firent s'envoler un à un tous les à priori que j'eusse pu avoir quant à leur fâcheuse habitude de vouloir à tout prix m'imposer une partenaire de table. Cela valait bien un baiser que le charmeur que j'ai toujours été déposa sur Vos joues que je trouvais si douces...Quand, d'une voix douce et sucrée, vous avez demandé:
_ Je me laisserai volontiers tenter par un gin-fizz.
Catherine en profita:
_ Tu ne pouvais pas mieux tomber, ma chérie... Alex est le roi du cocktail... Je te laisse faire, Alex? »
Quelque peu gêné, mais dans le fond flatté, je me mis aussitôt au travail... Je frappais le Gin, le jus de citron, le sucre et les glaçons dans le shaker, d'un geste que j'aurais voulu professionnel au cas où quelqu'un m'aurait éventuellement regardé... Je découpais deux rondelles de citron vert pour décorer nos verres que je remplis ensuite, mais en faisant bien attention de ne point y laisser tomber le moindre glaçon...
Tandis que Catherine servait ses invités, je m'approchais de Vous et Vous tendis Votre verre en levant le mien, clin d'œil que je voulais complice à l'appui... Dans mon dos, Philippe déclamait:
« Eh bien, à l'amitié et à l'agréable soirée que, je l'espère, nous allons passer! »
Et chacun leva son verre, enchanté.

.....
Je portais le verre délicatement à mes lèvres, j’aimais bien ce cocktail à peine relevé par un alcool modérément fort, je m’étais surprise à regarder Alexandre le confectionner très adroitement et, l’avoir dévisagé discrètement.

En effet Catherine avait raison Alexandre était charmant, ses yeux d’un beau bleu, son sourire, je le trouvais bel homme.
Je ne l’avais jamais vu, du coup j’étais heureuse d’avoir accepter de venir et me sentais plus à l’aise, cette soirée était très agréable.

Nous étions tous là à siroter nos breuvages, chacun complimentant l’auteur de cette mixture qui nous donnait le sourire et la parole facile.
Moi qui d’habitude ne parlait que peu, je prenais plaisir à discuter avec Alex qui, profitant de l’absence de Claire partie aider Catherine pour le service avait mis en pratique le fameux dicton “ qui va à la chasse perd sa place “ !
Il m’avouât à voix basse qu’il avait gagné au change en se rapprochant!
Et je pensais “quel charmeur“ reconnaissant que ce rôle lui allait tout à fait.
La conversation allait bon train, chacun répondait à l’un, à l’autre sur des sujets divers, Alexandre voulut connaitre mes occupations, je traduisais des documents italiens pour un notaire ce qui me valait de nombreux déplacements à l’étranger.
Une question me brulait alors les lèvres, curiosité féminine:
« et de votre côté à quoi occupez vous vos journées? »

.....
Quelle bonne idée avait eu cette chère Claire que de vouloir prêter assistance à notre hôtesse! Sans hésiter une seconde, je m'étais installé à sa place, opérant ainsi un rapprochement qui me sembla alors aussi agréable pour moi que pour Vous, Elena... Cela faisait quelques temps déjà que je n'avais pas éprouvé cette envie ludique de plaire. Et je trouvais en Vous une partenaire très réceptive à l'humour débridé dont je sais faire montre parfois. J'adore rire de tout, mais... Pas avec n'importe qui...
Nous parlions de tout et de rien, avec une complicité qui me surprenait agréablement. J'avais envie de m'intéresser à Vous et fus ravi de constater que je ne Vous laissais pas indifférente non plus. Votre curiosité m'amusait et je fus enchanté que Vous soyez intriguée lorsque je Vous eus dit que je m'étais lancé dans la mode, depuis quelques années déjà et, qu'enfin, le succès me souriait grâce, en partie, à une petite minaudière en bois que j'avais commercialisée.
Mais, nos verres étant vides, et ma devise étant: "un verre pour se sentir bon, deux verres pour se sentir bien", je vous proposais un autre gin fizz que nous allâmes déguster sur la terrasse afin de pouvoir fumer tranquillement une cigarette. La table y était dressée. Le soleil enflammait l'horizon en se laissant tomber dans la mer.
Rameutés pas Catherine, tout le monde finit par nous rejoindre, laissant nos confidences en suspens...

.....
En effet, nous nous retrouvâmes tous autour de la table chacun prenant place, j’espérai secrètement ne pas être placée trop loin de Vous, je ne savais pas vraiment pourquoi mais j’appréciais votre compagnie. Catherine avait un 6ème sens, elle nous installa carrément côte à côte histoire de faire plus ample connaissance, je surpris son clin d’œil en douce!
Intéressée aussi par la mode comme beaucoup de femmes, je prenais plaisir à vous écouter, puis les plats constituant le repas arrivèrent, portés par Catherine suivie de Michèle et Claire... Des tapas. Je vous demandais si vous aimiez : « oui j’adore ». J’étais ravie car je les aimais aussi.
Les petits ramequins étaient disposés devant nous, certains à base de charcuterie, d’autres remplis de poivrons marinés à l’huile, de jolies tranches de pain grillé sur lesquelles Catherine avaient déposé des petits fromages de région, des tomates cerises, tapenade et anchois, et bien d’autres choses appétissantes. Tout cela nous donna soif et Philippe connaissant mes origines et m’y sachant très attachée se chargea d’apporter les vins proposant un Valpolicella rosé bien frais, et un Bardolino rouge qu’il déboucha méticuleusement dans les règles de l’art!
Vous me questionnez du regard « lequel préférez vous »? j’aime beaucoup le rosé, mais ce soir je pencherai pour le Bardolino qui me paraissait plus approprié pour les tapas, vous avez pris soin de le goûter avant de m’en servir un verre et, du coup, de vous ranger à mon choix, vous servant également.
Tout le monde apprécia et complimenta Catherine pour ce délicieux mélange de saveurs, ainsi que le choix des vins qui nous rendit bavards.
La discussion était animée, le sujet nous touchait tous de différentes façons....J’écoutais, j’observais Alexandre qui débattait déjà...

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J’avoue que Vous m'étonniez un peu plus au fur et à mesure que cette soirée avançait. Superbe femme aux yeux d'émeraude, grande voyageuse et maintenant amateur de vin?... La chose était peu banale et ce fut avec un brin d'étonnement teinté de profond respect que je versais le nectar rouge cerise aux reflets grenats dans le verre que vous me tendiez...
La tiédeur du soir invitait au laisser aller. Le repas était tout simplement divin et les tapas rajoutaient à la convivialité de l'instant... Les rires fusaient. L'ambiance s'imprégnait de la gaité du vin. Etait-ce cette légère euphorie, était-ce le fait que Votre discussion m'intéressait de plus en plus, toujours est-il que je finis par remarquer l'échancrure vertigineuse de Votre robe légère qui découvrait innocemment la peau de Votre dos au velouté hâlé...
J'avoue sans honte qu'un agréable frisson me parcourut lorsque mon regard surprit l'espace d'un éclair cette douce intimité qu'aucune trace de maillot ne venait entacher...
La discussion allait bon train. Que l'on ne me demande pas comment elle glissa, prit des accents féministes, ni même qui lança le sujet. Je ne me souviens que de l'apostrophe que me lança Catherine:
« Et qu'en pense notre Dom Juan? »
En fait, je crois bien que je n'attendais que cela... Je reconnais bien volontiers que je prends parfois un malin plaisir à pousser l'humour jusqu'à la provocation :
«  Ma Chère Cathy, s'il te plait, pas Dom Juan, de grâce, Casanova à la rigueur... Don Juan n'aimait que lui même et l'idée de l'Amour... Casanova n'aimait que les femmes.
Pour ce qui est de ta question elle-même, je pense que depuis la préhistoire, les choses n'ont que peu évolué... Madame Cro-Magnon cherchait un mâle protecteur capable de la défendre et de lui amener de quoi manger... La Femme contemporaine ne fait rien d'autre, charmante soumise... Et le chasseur puissant s'est mué en portefeuille bien garni... Regarde... Quand tu vois passer un vieux beau au volant de sa Porsche, qui est assise à côté de lui?... La superbe blonde pas si écervelée qui cherche l'aisance et le confort... Le féminisme est bon pour les malchanceuses de la loterie ».

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Oh...mais là je vous écoutais plus sérieusement, et votre allusion au vieux beau au volant de sa Porsche, me rappela une récente aventure mais je n’étais pas blonde et je ne cherchais pas non plus l’aisance et le confort! Je n’étais pas féministe, et ne me pensais pas malchanceuse à une quelconque loterie bien que je me doutais que cette dernière fut liée au mariage qui dit-on est un billet de loterie! Et si l’on pouvait me trouver charmante, je n’étais certainement pas soumise. Je ne savais pas où cette discussion allait nous mener, j’écoutais les uns les autres et oui Catherine, Claire, et Michèle avaient bien leur point de vue, étaient-elles des femmes soumises, prenaient -elles des initiatives dans leur vie respective, je ne savais quoi penser.
Vous vous décriviez comme un Casanova, Vous en aviez l’art et la manière ce soir, je Vous trouvais de plus en plus charmeur et j’avoue que votre présence ne me laissait pas totalement indifférente.
Aussi osais-je vous demander ce que vous pensiez, Vous, réellement de la Femme si elle était charmante mais non soumise, je voulais votre avis, et qu’entendiez-vous par soumise, je rougis un peu en insistant sur le mot “soumise“ et la définition que Vous lui donneriez....

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Ainsi donc, j'avais piqué Votre curiosité?... J'admets très volontiers que la candeur de Votre question me désarçonna quelque peu... Je repris une gorgée de ce fameux vin de Vénétie essayant de retrouver un peu mon sérieux:
«  Voyez-vous, selon moi, la Femme demeure un mystère total. Si je n'avais pas peur de vous choquer, je vous dirais que je pense les connaître suffisamment pour pouvoir en parler... Car ce serait bien prétentieux que de vouloir ne les réduire qu'à "La Femme"... "La Femme" terme générique dissimulant à grand peine et l'embarras dans lequel tant d'hommes se trouvent pour en parler et le respect feint qu'ils désirent que l'on croit qu'ils portent aux femmes... Hypocrites nous sommes, et hypocrites, nous resterons... Car en fin de compte le but du jeu n'est-il pas toujours le même au fond.
Seul diffère peut-être le moyen de l'atteindre. Et c'est ce que vous me permettrez de reprocher aux femmes. Cette soumission dont je parlais, est celle dans laquelle vous, les femmes, vous maintenez par facilité. Le fameux adage selon lequel l'homme propose et la femme dispose est toujours d'actualité selon moi et depuis la nuit des temps. Je ne me souviens pas avoir jamais rencontré une femme capable d'assumer le risque d'un refus.
Ayez l'audace de nous considérer comme des objets et osez le revendiquer. Et l'égalité des sexes aura fait un grand pas en avant »...
Peu m'importait soudain d'avoir poussé si loin ma réflexion, et ce que les autres pouvaient en penser. Je voulais simplement lire dans Votre regard un signe, une étincelle. Nous étions soudain seuls au monde...

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« En effet, l’homme propose et la femme dispose, cela est, mais combien se sont laissées aller à la soumission pour un “devoir conjugal“ et là dessus les temps ont véritablement changé Vous serez d’accord avec moi?
Il n’est point de “devoir“ pour accomplir ce que nous ressentons, si l’envie nous tient, le désir s’installe et le plaisir vient...Ne croyez vous pas? C’est un peu caricaturé en trois mots, trois actions, je vous dirai que prendre le temps pour justement pouvoir prétendre connaitre “la Femme“ n’est pas donné à tout Homme et je suis tout à fait d’accord avec vous quant à l’hypocrisie de nombreux hommes sachant le but du jeu, le terme “jeu“ me fit sourire quand Alexandre le prononça, je le sentais doté d’une jolie coquinerie.
"Vous considérer comme des objets ? Oui, comme vous le dites si bien encore faudrait-il oser et pourquoi pas ? Qui nous en empêche si ce n’est peut être notre éducation, et le système dans lequel nous nous plaignons de nous retrouver en n’osant rien faire pour en sortir?
Peu nombreuses celles qui prendraient les choses en main, les initiatives dans quelques domaines plus ou moins laissés à l’Homme. En même temps il me semble délicat de renverser les rôles, la Femme devrait jouer d’un savoir faire délicat, subtil pour ne pas paraître vulgaire, garder sa féminité, sa sensualité toujours à l’esprit et à fleur de peau afin de s’approprier celui qui voudrait la “soumettre “ et faire en sorte que ce dernier ne s’aperçoive de la douce supercherie à laquelle elle l’astreindrait...
J’ose espérer ne pas vous avoir choqué en me laissant aller à donner mon avis, ce qui ne fait pas de moi une féministe à temps complet croyez moi Cher Alexandre, qu’en pensez vous? »

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La bretteuse était coriace et je regrettais déjà m'être engagé sur une pente savonneuse. Philippe me sauva la mise en profitant de cette interruption pour nous proposer de remplir nos verres:
« Tu vas en avoir bien besoin pour affronter Elena ».
Je souris en me tournant vers Vous. Le mouvement que je fis vint plaquer mon genou sur Votre cuisse. Ce contact m'électrisa et un frisson me parcourut tout entier... Un frisson étrange, presque désagréable, fait de désir retenu et d'une envie manifeste d'aller plus loin, beaucoup plus loin...
« Vous ne me choquez pas le moins du monde, Ma Chère Elena... Pour tout vous dire, je suis ravi, positivement ravi, de rencontrer une femme qui ose enfin se dévoiler... Assumer à la fois un discours féministe tout en modération et une féminité flamboyante dont manquent singulièrement, et je le regrette bien, les tenantes de la bien pensance MLF.
Si vos actes sont en adéquation avec votre pensée, j'envie profondément l'élu de votre cœur ».
Un peu à regret, je repris position sur ma chaise, troublé, je l'admets, par l'éclat que j'avais cru percevoir dans votre regard.

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Et pour qu’une pause s’instaure en plein milieu de ce débat Catherine revint de la cuisine les bras chargés d’un plateau sur lequel les desserts trônaient, se souvenant de mes préférences elle avait donc préparé un délicieux crumble aux pommes nappé de caramel et là je souriais , mes yeux évitant tout commentaire, oui la gourmandise faisait partie de certains de mes péchés! Alexandre opta pour un colonel glace citron Vodka et pour tenter de le faire rougir et parce que l’envie de le faire me plut je demandais moqueuse à peine: « Vous n’aimez pas les douceurs » ? j’imaginais la réponse qui ne se fit point attendre, comme si vous soupçonniez ma question, un sourire sur vos lèvres à peine entrouvertes, le regard plongeant dans le mien vous répondiez :« j’aime les douceurs , certaines plus que d’autres »
Incorrigible charmeur, et votre genou ayant frôlé ma cuisse m’émut plus que je ne l’aurai pensé, oui, j’aurais aimé que ce bref contact dure davantage. En effet j’assume mes actes dans n’importe quel domaine, je choisis souvent, décide parfois et si j’entreprends soyez prudent Vous ne pourriez peut être vous défiler.
N’enviez pas l’élu de mon cœur, qui ne l’est plus depuis quelques mois, soyez juste attentif, certains signes, mots délicatement posés au beau milieu d’une conversation, un regard, un sourire, un effleurement dont on s’excuserait ne trompent pas un Homme comme vous...
N’oubliez pas que je suis une Femme et que: “ce que Femme veut Dieu le veut“

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Ce que Femme voulait...
La nuit était tombée et je profitais de la faible lueur des photophores que nous venions d'allumer pour Vous sourire dans l'obscurité:
« Vous habitez en ville »?
Philippe saisit la balle au bond, toujours prêt pour une remarque moqueuse:
« Demande-lui directement son 06 »!
Tout le monde partit d'un rire d'artifice et je dus battre en retraite devant la salve dévastatrice:
« Simple curiosité de politesse, mon cher Philippe... Je m'aperçois simplement que je dois être le seul à n'être pas “installé“ »
Je terminais mon dessert en complimentant Catherine puis lançais à la cantonade:
« Quelqu'un veut une cigarette? »
Sans vraiment me préoccuper de la réponse, je fis mine d'aller chercher mon paquet dans le salon. Mais en profitais surtout pour m'emparer d'une carte dans la poche intérieure de ma veste et d'y griffonner: “Je loge au Majestic. Une coupe de champagne vous tenterait-elle pour finir cette charmante soirée. Je vous attendrai au bar de l'hôtel."
Je revins, cigarette aux lèvres et me laissais tomber sur ma chaise avant de proposer mon paquet à qui le souhaitait.
Dans la pénombre complice, ma main chercha la Votre pour y glisser mon carton d'invitation...

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En effet Philippe avait l’art de tomber à pic dans notre discussion, oui j’habitais en ville depuis quelques mois, un petit appartement, un pied à terre que je retrouvais avec plaisir au retour de mes déplacements.
Quelque peu surprise de sentir votre main glisser ce petit mot dans la mienne, audacieux mais discret vous l’étiez c’est certain .
Je m’éclipsais un moment vers la salle d’eau, jetais un dernier coup d’œil au miroir, nul besoin de rectifier mon maquillage. Je lus votre invitation un sourire aux lèvres.
Allais-je vous suivre? L’idée de vous rejoindre était tentante, et vous laisser espérer ma venue devenait excitant.
Je reprenais donc place à vos côtés, une sensation étrange m’envahissait, était-ce la curiosité ou autre chose? De toute façon il fallait que je vous vois partir le premier et déjà mon esprit s’affolait... Un dernier verre à votre hôtel, si j’avais eu un doute quant au fait de vous plaire il venait de s’évanouir.

A suivre...
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Didier · il y a
Ou tout l'art d'une mise en bouche dans un style impeccable... On attend la suite avec impatience...
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HarukoSan · il y a
Merci Didier...la suite est à votre disposition sur ma page, bonne lecture-:)
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Aristide · il y a
Ce texte est classé dans "érotisme"... mais complètement rose pâle ! Ce vocable disparaît complètement masqué par la qualité de ton écriture aérienne.

Un défi de "FABLOUNETTES" a été lancé par Mafalda. Particulièrement délicat dans le genre "érotique" car très court et en vers. Veux-tu relever son Challenge avec moi
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/fablounette-numero-003-attention-porno

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HarukoSan · il y a
J'ai choisi de classer mon texte dans "érotisme" différent du hard/porno et du vulgaire au vocabulaire graveleux, ce que d'autres sont capable de faire, mais où je n'aurai ni ma place ni les mots, je ne saurai pas faire, d'où mon écriture que tu décris comme "aérienne" ! Merci encore de ton passage sur ma page-:)))
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Aristide · il y a
Bien justement toute la difficulté est là... ne jamais tomber dans le vulgaire, utiliser des termes châtiés, manier l'humour etc etc...
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HarukoSan · il y a
Yes! -:)
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