Pour la dernière fois (ou argent sale)

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Chaque jour, il y a 158 857 morts dans le monde. Il y a aussi 353 015 naissances . C'est 194 158 de plus que de morts. C'est pour cela que nous sommes de plus en plus sur Terre. Nous sommes donc de  [+]

Il s'appelle Rodolphe. Il a quarante-cinq ans, une femme et une belle maison. Il est heureux de sa vie, et il a de quoi : elle est parfaite. Enfin, non, car rien n'est parfait. En fait, la vie de Rodolphe a un petit défaut. Un petit secret, tout simple et si facile à révéler. Mais le faire le conduirait très certainement à sa perte. La vérité, c'est qu'il est riche. Et si il ne peut le dire à personne, c'est parce qu’il devrait inévitablement expliquer la raison de sa fortune, et ça, il n'en a pas la moindre envie. Alors, il dit qu'il est fleuriste, et ça marche : les gens le croient.
Elle, elle s'appelle Agnès. Elle a trente-huit ans et un bichon, nommé Frisette, qu'elle considère comme son enfant. Elle a aussi une belle maison que son mari lui a payé avec l'argent de l'héritage d'une tante, ou quelque chose comme ça. Elle est issue d'un milieu très riche, et sa famille lui a toujours soutenu qu'un fleuriste ne pourrait en aucun cas subvenir à ses besoins. Mais il y arrive. Très bien, même. Il doit vendre beaucoup de fleurs et faire des heures supplémentaires, mais elle a largement de quoi vivre.
Agnès aime beaucoup Rodolphe et, habituellement, elle lui fait confiance. Mais en ce moment, elle a un doute. Elle pense qu'il a une maîtresse. En fait, elle en a la certitude. Seulement elle est au chômage et n'a plus qu'un ou deux cousins à qui elle n'a pas adressé la parole depuis des années. Autrement dit, si elle se sépare de Rodolphe, elle se retrouve à la rue. Et puis, elle l'adore, son gros mari (enfin, enrobé ; du moins c'est ce qu'elle dit pour ne pas le vexer.) Et elle sait qu'elle ne pourrait pas supporter de vivre avec lui en sachant qu'il lui ment. Pourtant, désormais, elle ne peut plus qu'affronter la vérité.
Tout a débuté lorsqu'elle a commencé à venir le voir à sa boutique, pour lui faire une surprise et tuer le temps. Il n'était pas là. Alors, elle été revenue le lendemain, puis le surlendemain... Jamais il ne lui avait ouvert la porte. Seul le petit garçon aux taches de rousseur qu'elle avait toujours trouvé adorable (si bien qu'elle avait réussi à convaincre Rodolphe de le prendre comme assistant, bien qu'il ne soit pas très agile de ses mains) était derrière la caisse, en train de tailler de pauvres plantes dépourvues de feuilles, ou d'en arroser des déjà noyées. Chaque jour, elle lui demandait où se trouvait son mari, et le petit bonhomme répondait inévitablement : « Il est partit faire une course, il revient bientôt. » Alors elle attendait, parfois des heures, mais Rodolphe ne revenait pas. Une fois, elle avait patienté toute la journée. Après tout, elle n'avait que ça à faire. Elle s'était assise sur un tabouret, et elle avait compté le nombre de pots cassés par le petit bonhomme. Finalement, Rodolphe était arrivé, pendant que ''Taches de rousseur'' rangeait ses affaires à la hâte, heureux de terminer sa journée durant laquelle il avait détruit trop de choses pour qu'Agnès ne se souvienne du nombre. Rodolphe était entré, l'avait toisé d'un air inquiet et lui avait demandé si quelque chose n'allait pas.
Il est vrai qu'elle avait mauvaise mine, à force d'être restée assise, toute droite sur son tabouret. Elle lui avait demandé où il avait passé la journée et, comme d’habitude, il lui avait donné une excuse. Il lui donnait tout le temps des excuses, de moins en moins cohérentes. Ce jour là, il lui avait raconté qu'il avait eu un problème de livraison, un client qui ne savait pas ce qu'il voulait. Elle aurait pu le croire, mais cela faisait la sixième fois ce mois ci et, peu importe le client, une livraison ne durait pas une journée entière.
Le soir même, elle s'était promis de faire la lumière sur cette affaire. Elle ne pouvait plus faire semblant de ne rien voir, maintenant, alors autant tout découvrir. Elle avait donc décidé de le filer et elle ne se débrouillait pas si mal à son goût. Parée de sa tenue d'espionne (des habits achetées le veille, pour l'occasion) et de ses lunettes noires, elle le suivait depuis qu'il avait quitté la boutique (à peine cinq minutes après y être entré). Cela devait faire environ trente minutes, lorsqu'il tourna dans une ruelle qu'elle n'avait jamais remarqué. Pourtant, elle s'était promenée des centaines de fois dans cette ville. Elle hésita quelques secondes à passer la tête derrière le mur. Des dizaines de possibilités passaient devant ses yeux, comme si elles lui traversaient le cerveau :
Si cette ruelle était une impasse, alors peut être que la maîtresse de Rodolphe s'y trouvait, qu'elle l'y attendait. D'un autre côté, pourquoi Rodolphe donnerait-il rendez-vous à une femme ici? Et puis, pourquoi cette ruelle serait-elle une impasse ? Mais à supposer qu'elle en soit une, et que la maîtresse de Rodolphe soit là, elle la verrait certainement et sa couverture serait fichue. En revanche, si cette ruelle n'était autre qu'un simple raccourci emprunté par Rodolphe, ce dernier était certainement déjà loin...
Elle passa la tête, ne supportant plus de ne pas savoir. C'était bien une impasse, et Rodolphe s'y tenait, devant une personne. Mais pas une femme. C'était un homme, à en juger par la silhouette sombre qu'elle percevait. Rodolphe tendit la main et déposa un petit objet dans celle de l'homme. En échange, celui-ci lui tendit ce qui semblait être une liasse de billets, mais Rodolphe la fourra trop vite dans sa poche pour qu'elle puisse s'en assurer. Tout à coup, l'homme tourna la tête vers elle, et heureusement, elle eut la présence d'esprit de passer devant la ruelle, bien en vue, comme si elle n'était qu'une simple passante, priant intérieurement pour que Rodolphe ne la reconnaisse pas.
Ou si, pourquoi pas, qu'il la reconnaisse, vienne vers elle et lui demande ce qu'elle faisait ici. Alors, elle lui avouerait tout et il éclaterait de son gros rire. Il lui expliquerait qu'il ne faisait que donner à cet homme, qui était un ami, les clés de l'affreuse voiture qu'il s'était offerte quelques semaines auparavant, et qu'elle détestait tant, pour lui acheter un bijou à la place. Ou un ensemble. Ou des accessoires pour Frisette. Ou même, pourquoi pas, les vacances au Mexique dont elle rêvait.
Mais il ne la reconnut pas. Alors, elle se cacha au bout de la rue, attendant qu'il vienne. Il ne tarda pas. Elle le vit arriver et se colla contre le mur qui faisait l'intersection des deux rues. Par chance, il ne tourna pas dans la rue où elle se trouvait et continua son chemin en marchant vite. Il avait l'air pressé. En fait, il semblait brûler d'envie de courir, mais il n'en fit rien. Agnès, en revanche, dut accélérer la cadence pour ne pas le perdre de vue. Elle sentait la sueur commencer à couler sur son front, et jura lorsqu'elle se tordit la cheville. Finalement, elle regrettait d'avoir décidé de suivre son mari. Mais maintenant, elle ne pouvait plus rebrousser chemin. Rodolphe avait quelque chose à cacher, elle en était sûre. Et désormais, elle était aussi sûre que ce n'était pas une maîtresse. Mais alors quoi ? D'où provenait cet argent, et qu'avait donné Rodolphe à l'homme ? En fait, elle n'était pas sûre de vouloir le savoir.
Elle avait le sentiment qu'elle n'allait pas tarder à découvrir la vérité, et elle commençait à sérieusement angoisser, lorsque Rodolphe s'engagea dans un escalier qui semblait descendre sous terre. Agnès attendit ce qui lui sembla une éternité avant d'elle aussi poser des pieds sur les marches glissantes et recouvertes de mousse. Jetant un œil autour d'elle, elle remarqua qu'elle était désormais sortie de la ville qu'elle connaissait. Elle était entourée de gros blocs de béton percés de petites fenêtres. Des gens vivaient-ils à l’intérieur ? Si oui, elle n'avait aucune envie de les rencontrer, elle qui n'avait côtoyé durant toute sa vie que des gens de la haute société.
Elle se retrouvait désormais dans un décor de film d'horreur, seule et suivant l'homme qu'elle croyait connaître par cœur. Elle poussa d'un doigt hésitant la porte en bois qui se trouvait au bout de l'escalier et réprima son envie de vomir lorsqu'une forte odeur de moisi envahit ses narines.
C'était une sorte de petit bar miteux. Il n'y avait aucune couleur, si ce n'est celles délavées des étiquettes des rares bouteilles qui trônaient derrière le comptoir, sur une petite étagère, et le jaune pétant de sa sacoche ''Brillantine'' qu'elle n'avait pu s’empêcher de prendre malgré son désir de discrétion. Sinon, tout était gris, marron, noir et blanc. Il faisait si humide qu'elle sentit ses cheveux friser derrière ses oreilles tandis qu'elle se demandait ce qu'elle, Agnès de Risaubant, faisait dans un endroit pareil. Elle analysa le pièce d'un coup d’œil rapide.
Il y avait une ampoule pendue au plafond par un fil, et qui diffusait un rond de lumière crue au sol pour seul éclairage, ainsi que trois tables, plus hautes que larges, qui pourrissaient dans l'ombre. Sur la droite se trouvait aussi un homme qui dormait, la tête sur le comptoir ; son verre, qu'il tenait de sa main pendante, goûtant sur le le plancher. Et finalement, derrière le comptoir, un homme si osseux qu'elle avait presque envie de toucher son menton pour voir si elle s'y piquerait. Sûrement le propriétaire. Il avait cessé ses occupations et la regardait désormais avec insistance. Elle voulut disparaître sous terre mais, faute de mieux, se dirigea à grande enjambées vers un couloir dont un panneau indiquait qu'il menait aux toilettes. Avec un peu de chance, Rodolphe s'y trouverait. Malheureusement, Agnès n'avait pas beaucoup de chance aujourd'hui.
Ses talons claquant sur le sol, elle les retira pour être plus discrète mais, avec le plancher qui grinçait sous ses pieds, c'était peine perdue. Elle s'approcha le plus silencieusement possible des toilettes, lorsqu'elle entendit un bruit. Instinctivement, elle se figea et attendit. Elle avait le souffle coupé et seul son cœur, qui martelait sa poitrine, était audible. Autrement, rien. Elle attendit comme ça, une minute, peut être deux, puis le bruit revint. Des froissements, des bruits de pas, une petite toux qu'elle reconnaîtrait entre mille: celle de Rodolphe. Au moins, elle savait où était son mari. Reste à espérer que, lui, ne l'ait pas entendue. Les bruits semblaient rester au même endroit, alors Agnès s'approcha et passa le tête par la porte des toilettes pour femmes, d'où venait le bruit. C'était une petite pièce sombre, avec seulement deux cabines aux portes hautes. À droite, un lavabo de moins de vingts centimètres de large et, pareil qu'au bar, une petite ampoule éclairait le tout. Dans cette pièce qui semblait avoir été rétrécie, Agnès se sentait légèrement claustrophobe. Mais elle n'eut pas le temps d'y penser, car elle avait reconnu les chaussures de son mari grâce à la hauteur des portes. Dans n'importe quel cas, elle aurait fait un scandale pour ses portes qui, si on se penchait, laissaient clairement voir la personne dans la cabine. Mais là, cela lui était bien utile.
Elle se plia en deux, s’accroupit, et vit Rodolphe, tourné vers le mur, si bien qu'elle ne pouvait pas voir son expression. Ce qu'elle pouvait voir, en revanche, c'étaient la sacoche posée sur le rebord des toilettes et les liasses de billets qu'il en sortait, avant de les fourrer dans le mur, auquel il manquait une brique. Ses yeux s'écarquillèrent et elle sentit sa bouche s'ouvrir. Elle s'attendait à tout, sauf à ça. Son mari était en train de bourrer le mur d'argent. Agnès sentit les larmes couler le long de ses joues tandis qu'elle réalisait ce qu'elle avait découvert.
Elle n'eut pas le temps de réfléchir bien longtemps, car Rodolphe se pencha et agrippa la brique. Il avait fini, il allait sortir. Et la voir.
Elle se ressaisit et, s’appuyant sur le sol, puis sur la porte pour ne pas tomber, entra dans la seconde cabine et eut la présence d’esprit de grimper sur la cuvette des toilettes pour ne pas qu'il la voit. Elle entendit la brique glisser dans son emplacement, la chasse d'eau s'actionner et la porte s'ouvrir, puis des pas. Elle essayait de toutes ses forces de ne pas respirer, mais son corps menaçait de la laisser tomber si elle ne l’approvisionnait pas en oxygène.
Elle ferma les yeux et attendit. Les pas s'éloignèrent, et elle finit par ne plus rien entendre, mais resta dans sa cabine quelques minutes de plus, au cas où il aurait oublié quelque chose. Il ne revint pas. Alors, elle sortit prudemment de sa cabine et ouvrit la seconde. Elle tâtonna quelques instants avant de trouver la fameuse brique, et la tira le plus lentement et le plus discrètement possible. Derrière, de l'argent. Elle le savait, mais elle aurait tout donné pour que ce ne soit qu'un cauchemar. Même la sacoche ''Brillantine'' qu'elle serrait contre son flanc, comme si cela allait l’empêcher de tomber.
Mais les billets étaient bien là. Elle hésita un instant à les prendre, car son instinct de petite fille gâtée avait le dessus sur tous ses autres sentiments, puis eut la certitude que Rodolphe le découvrirait. Et alors, il se douterait qu'elle n'avait pas acheté tous les objet auxquels elle avait pensé en voyant l'argent avec ''l'agent de poche'' qu'il lui versait chaque mois. Et il la tuerait... Ou pire. Le cœur d'Agnès se serra à l'idée qu'on puisse faire du mal à sa collection de chaussures ou à Frisette. Rodolphe n'oserait pas ! Elle n'était plus sûre de rien, à présent. Elle se laissa tomber sur le sol, se disant qu'elle attendrait que quelqu'un la retrouve. Ou plutôt retrouve son corps, vu que le nombre de femmes qui passaient ces portes devaient être inférieur à trois par an. Elle pencha la tête, réfléchissant au fait qu'elle n'avait pas tellement envie de pourrir dans ces toilettes, quand tout à coup, une idée lumineuse lui traversa l’esprit.
Elle se leva d'un bond et fila vers la sortie, le visage encore rouge de larmes, ne songeant même pas qu'habituellement elle aurait giflé la personne qui lui aurait suggéré de sortir de la salle de bains alors que des larmes avaient roulé sur ses joues il y a moins d'un quart d'heure. Mais là, elle marchait dans la rue, d'un pas déterminé, le visage rouge et gonflé. Le vent finit par sécher ses larmes et elle sentit la peau de ses joues se tendre. Elle commençait à fatiguer, à force d'avoir crapahuté toute la journée. Mais rien ne pouvait plus l’arrêter désormais, sauf peut être moins 70 % sur tous les chapeaux de sa boutique préférée. Elle passa devant la vitrine et, comme à chaque fois qu'elle s'y rendait (deux fois par semaine depuis trois ans), il n'y avait rien qui indiquât la moindre promotion. Alors elle continua, tournant dans les rues qu'elle connaissait par cœur, jusqu'au grand immeuble qu'elle avait vu des centaines de fois. Elle prit l'ascenseur et son doigt se posa de lui même sur le chiffre trois. Puis, elle alla à la porte qui affichait son chiffre porte-bonheur, tout doré, si fier d'être ici : le douze. Elle toqua une dizaine de petits coups pressés sur le bois de la porte, qui s'ouvrit presque aussitôt sur son ami Elio.
Il affichait un grand sourire qui s'effaça lorsqu'elle fondit en larmes dans ses bras. Une fois calmée, et bien assise dans le canapé rond et moelleux comme de la guimauve qui trônait dans la pièce télé d'Elio, elle lui raconta tout : comment elle savait que quelque chose n'allait pas, comment elle faisait celle qui ignore car elle n'avait nulle part où aller. Lorsqu'elle prononçât ces derniers mots, une idée se profila dans sa tête, qui s'affina au fur et à mesure qu'elle contait son histoire. À la fin, c'était très clair :
« – Demain matin, tu vas venir à la maison, lui ordonna-t-elle. Je serais prête, j’aurais fait mes valises ; je les ferais ce soir. Lorsque tu arriveras, tu toqueras à la porte, et j'attendrais que Rodolphe t'ouvre. Alors, je lui dirais ses quarte vérités, tu l’assommeras et nous irons chercher l'argent. Puis, nous partirons loin, et nous vivrons heureux ! »
Elio ne répondit pas. Il se contenta de sourire, et Agnès prit ça pour un oui.

Le soir, Agnès rentra, fit ses valises et les cacha, puis prépara le dîner. Rodolphe entra à son tour, l'embrassa et entreprit de lui narrer sa journée de fleuriste qu'elle savait inventée de toutes pièces. Elle mourrait d'envie de le gifler, de lui dire qu'elle savait, désormais, et que ce n'était plus la peine de lui raconter ses mensonges. Mais, en bonne actrice qu'elle était, elle se contenta de hocher la tête et d'aller se coucher auprès de lui. « Pour la dernière fois. » songea-t-elle.
Le lendemain matin, elle se réveilla, et se dirigea vers la salle de bains. Pour la dernière fois. Elle fit sa toilette, puis descendit jouer du piano, Frisette sur ses genoux, pour la dernière fois. Les ronflements de son mari, encore endormit, ne l'avaient jamais dérangée. Au contraire, elle s'en servait comme d'un métronome. Elle savait exactement à quelle note sonnerait le réveil. Et qu'elle l’entendrait pour la dernière fois. Elle jouait exactement la même mélodie tous les matins depuis 15 ans. C'était devenu une habitude, un rituel du matin, comme boire son café. Au bout de deux longues sonneries, le réveil s’arrêtât et les pieds de Rodolphe frappèrent le sol. Elle compta jusqu'à vingt, comme chaque jour, et entendit la douche couler pour la dernière fois. Elle en était aux trois quarts de sa ballade quand Rodolphe descendit, enroulé dans sa serviette, et vint l'embrasser. Quelle vie monotone, lorsqu'on y pensait. Mais cela allait changer.
La sonnette retentit, et un sourire se frayât un chemin sur ses lèvres. Rodolphe alla ouvrir, et Agnès finit de jouer. Elle se redressa. Le piano était juste à côté de la porte, si bien qu'elle verrait tout. Elle s’apprêtât à crier le discours qu'elle avait répété dans sa tête durant toute la nuit. Elle entendit la clé tourner, puis le ''clic'' de la serrure. La porte s'ouvrit, et Elio apparut sur le seuil.

Deux coups de feu.
Rodolphe tomba en arrière, une tache rouge se répandant sur sa serviette blanche, sous les yeux horrifiés d'Agnès. Elle entendit deux autres coups et, avant même de comprendre qu'ils étaient dirigés vers elle, elle s'écroula sur le banc du piano.
Alors, Elio s'approcha d'elle, plaça l'arme dans la main d'Agnès et enjamba le corps inerte de Rodolphe. Puis, il donna un coup de pied dans ce petit chien immonde qu'il avait toujours détesté. Enfin, il ne l'avouera jamais mais, avant de fermer la porte, de retirer ses gants en caoutchouc et d'aller chercher l'argent, il regarda Agnès. Pour la dernière fois.
Fin.
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