Plaidoirie d'une cause perdue

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Finaliste
Jury
Mesdames et Messieurs les Jurés, chers humains,

Je prends ma plume aujourd'hui pour plaider une cause perdue, je plaide la cause... de la fantaisie ! Oui, très chers, la fantaisie, le fruit défendu des civilisations modernes, la madeleine de Proust abandonnée dans sa chambre d'adolescent.
Toi qui me lis, es-tu fantaisiste ? As-tu ce grain de folie qui te fait voir les gerbes d'étincelles qui jaillissent lorsqu'une goutte de pluie touche le sol ? Sûrement oui, quelque part entre la liste de courses de la semaine et la dernière réprimande de ton patron.
Pourquoi nos sociétés modernes refusent-elles donc de laisser à la fantaisie sa place de la vie quotidienne ? Pourquoi fantaisie rime-t-elle avec hippie et marginal ?
Car elle fait peur.
Oui, la fantaisie est le partage de l'intimité de l'imagination humaine, le partage de notre intériorité dans ce qu'elle a de plus saugrenue et personnelle, on n'imite pas la fantaisie. Une horreur en somme. Comment accepter de lancer sur le marché un concept qui ne peut séduire une tranche plus ou moins large de personnes ? Impossible, inacceptable.
Alors on la réprime, on en fait une honte.
Tu es habillé différemment ? Quelle honte ! Tu aimes différemment ? Tu dégoûtes. Tu lis différemment ? Tu n'as pas de goût. Tu manges différemment ? Tu es bizarre. Voilà où se perd la fantaisie, voilà où commence le conformisme.
Pourtant, imagine un monde de fantaisie, un monde où tu es libre de laisser ton imagination prendre ses aises, grandir et se développer, faire de toi ce que tu es.
Des pinceaux, des marteaux, des fusains, de la peinture, des mots, des pages, des chiffres, des démonstrations, des formules mathématiques partout, n'importe où, dans tous les sens et à tout moment. La possibilité de créer, voilà la porte que nous refermons volontairement, la possibilité de voir le monde à travers des milliards de microscopes superposés.
Voilà donc le fruit de la peur, l'oeuvre d'hommes terrorisés, de ceux qui ne se croient pas capable de subir de règne de la liberté, de l'individualité. C'est contre ces hommes, ces hommes qui vivent en chacun de nous qu'il faut se battre. Oui, bats-toi, battons-nous, pour la liberté de l'imagination, pour la création !

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Softy16 · il y a
Pas mal ;)
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Cdepizan · il y a
bien vu et tout à fait d'accord avec vous!