2
min

Petite discussion entre amis

7 lectures

0

Mon cœur et mon esprit ont tenu conseil cette nuit. Le premier a dit au second :
- « Je dois te remercier mille fois. Veux-tu savoir pourquoi ? ».
- « Bien sûr l’ami ! ».
- « Te souviens-tu de mon émoi lorsque je t’ai dit avoir palpité au diapason d’un autre cœur ? Tu t’es réjoui pour moi, me félicitant de ce nouveau bonheur. Tu m’as laissé en profiter d’ailleurs, à ma plus grande joie ! ».
Dérangé par les chuchotements de ses acolytes, mon corps est remonté bien malgré lui des abysses nocturnes où il s’était réfugié pour se reposer.
- « Chers amis.... Permettez-moi de vous rappeler qu’il n’est pas temps de disserter ! Qu’y a-t-il de si important qui ne puisse attendre l’heure de la rosée ? ».
- « Remercier l’esprit » lui répondit le cœur. « Te souviens-tu de ce jour où, sans crier gare, mes battements se sont emballés ? Te souviens-tu de ces désirs et plaisirs insoupçonnés qui, au plus profond de ta chair, en sont nés ? ».
- « Bien sûr le cœur ! Quelle douce félicité que toi et moi à l’unisson.... Mais il a fallu que l’esprit s’en mêle dans un élan qu’il a pensé de grande sagesse, faisant fi de nos émotions ! ».
Face au regard désapprobateur du corps, l’esprit se fit tout petit. Le cœur sourit et dit :
- « Tu es dans le vrai. Du haut de sa superbe et avec la verve qu’on lui connait, l’esprit nous a malmenés, nous a privés de cette source de bonheur contre notre gré au profit d’une raison qu’il a jugée louable, sans doute pour nous protéger ! Peut-il en être mal jugé ? ».
- « Non bien sûr. Mais souviens-toi que notre blessure était une vraie torture ! Et c’est de cela que tu veux le remercier ? » s’indigna le corps.
Le cœur poursuivit avec douceur :
- « Non mon ami... je veux le remercier car il a permis que nous soyons de nouveau bercés par cette félicité qui nous a tant manquée. N’entends-tu pas cette douce mélodie de mes battements s’échapper ? N’en ressens-tu pas les bienfaits ?».
Le corps tressailli, ses sens en éveil.
- « Si le cœur, j’entends et ressens de nouveau cette merveille ».
Réunis en symbiose parfaite en fois encore, le cœur et le corps se tournèrent vers l’esprit :
- « Cher ami.... c’est avec gratitude que nous te remercions de nous accorder encore tous ces plaisirs et désirs. Et notre plus grand bonheur serait que tu t’associes à nous avec confiance pour en goûter avec joie l’abondance. Ne nous trahi plus, ne nous rejette plus. Ne faisons plus qu’un pour notre plus grand bien ».
L’esprit comprit qu’il ne pouvait plus ignorer ses amis au risque de devenir leur ennemi. Il leur promis de ne plus agir désormais à l’encontre de leurs avis, leur accordant le droit au même titre que lui de décider de ce qui était le mieux pour eux.

Thèmes

Image de Nouvelles
0

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lire la charte

Pour poster des commentaires,