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Perte de temps

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Aurélia Zanni

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Rencontre

J’ai cinq ans. Mon grand-père vient de mourir. Dans le salon de la maison familiale, mamie pleure. Je ne comprends pas pourquoi papi n’est pas là pour la consoler. Mon père me prend la main et me dit :
- Viens, on va dire au revoir à papi

Il m’emmène à l’étage jusqu’à sa chambre. Mes oncles et tantes sont là et me font un bien triste sourire. Ils sont pâles, les yeux rougis par les larmes. On s’arrête un instant avant d’entrer. Je regarde tout à tour ses visages meurtris et la lourde porte, imposante de la chambre de mes grands-parents. Je commence à avoir peur, je ne sais pas pourquoi ? Puis mon père resserre son étreinte sur ma main et m’attire dans la chambre, sans que je ne mette aucune résistance. Tout semble être à sa place, la vieille armoire, le bureau, la coiffeuse de mamie et le lit. Papi est la, il dort paisiblement. Je m’apprête à sauter sur le lit pour le réveiller, mais mon père me retient dans mon élan. Il s’agenouille devant moi et me dit à nouveau que papi est mort et qu’il ne se réveillera pas, plus jamais. Une boule dans ma gorge commence à se former, ça fait mal, mes yeux me picotent. Nous sommes alors interrompus par tonton Louis. Je ne fais pas attention à ce qu’il dit, mais mon père me lâche brusquement la main et je me retrouve seule dans la pièce. Je me retourne vers Papi les larmes prêtes à couler. Mais un homme que je ne connais pas est présent à son chevet. Il est habillé d’un costume sombre et est extrêmement pâle. Un courant d’air froid passe sur ma nuque et je sens mes cheveux se raidir. De peur, je recule, l’homme paraît devenir transparent. Je sens mon cœur battre dans ma poitrine. Sans bouger les lèvres, il me dit :

- Aurore, n’est pas peur. Je suis la mort, inévitable, implacable mais nécessaire. Un jour ont se reverras...

Aaah ! Je me réveille en sursaut. Toutes les nuits ce rêve me hante. Je me lève et allume la lumière pour effacer les dernières ombres de ce cauchemar. Je suis fatiguée, fatiguée de vivre. Mais malheureusement, je suis allée trop loin et je ne peux plus reculer. J’ai déjà perdu tant de chose dans ma quête d’immortalité, mes parents, mes amis, mon humanité... Comment pourrai-je réparer les erreurs que j’ai faites. Toutes ses vies sacrifiées, pourquoi au juste ? Je n’apprécie même plus d’être en vie.

La mort, je ne sais même plus où la trouver. Je l’ai fui tant de fois que maintenant c’est elle qui m’évite. Maintenant que je ne peux plus mourir ! Mais la souffrance existe toujours en moi, implacable, sournoise, elle ne me quitte que rarement. Je suis capable d’attraper toutes les maladies, toutes les blessures, la douleur insurmontable me rapproche de la mort sans me l’accorder ! Je finis par guérir mais meurtrie à jamais.

Tout a commencé l’année de mes dix ans. C’est à ce moment que j’ai commencé à faire ce cauchemar. Je venais de perdre ma meilleure amie dans un accident de la route. Je tombais dans une profonde dépression. Plus rien ne semblait avoir de sens pour moi, j’avais l’impression de ne plus rien voir ou sentir du monde extérieur. Mes parents inquiets que je ne fasse une bêtise, m’emmenèrent chez un pédopsychiatre. Et c’est en parlant avec lui que j’ai compris que j’avais peur de mourir ! A partir de ce moment là, je cessais de l’écouter. Je repris goût à la vie, du moins en apparence, et décida de me concentrer sur comment survivre.


Rébellion/fuite

Au début, je fis la chasse au microbe, cela devint une obsession. Je me lavais les mains et le corps plusieurs fois par jour. Je n’utilisais plus les toilettes de l’école. Avec l’arrivé de la grippe H1N1 mon obsession passa inaperçu. Mais cela ne suffit pas à éviter les rhumes, les bronchites et autres petites infections de la vie courante. Chaque maladie qui me touchais semblait me rapprocher inextricablement vers ma mort. Chaque éternuement, me faisait monter des angoisses terribles. Mais j’avais appris à les cacher car je savais qu’on me prendrai pour une folle. Dès que mes yeux me picotaient ou qu’une boule se formait dans ma gorge ou mon estomac, je filais me cacher, jusqu’à ce que je réussisse à les refouler en présence de mes parents ou de mes camarades. Bien sur, à l’époque déjà, je n’avais que très peu d’amis et cela empira à mesure que les années passaient. Je m’isolais de plus en plus, préférant la compagnie des livres à celle des humains. Je m’intéressais surtout à l’univers du fantastique peuplé de tous ses êtres immortels tel que les vampires, les sorcières, les anges... Au début il ne s’agissait que de simples histoires pour me divertir, mais très vite elles ont été le souffle de mon inspiration. Il me fallait vérifier, la part de vérité dans ses histoires. Je commençais alors à étudier, tous les livres d’histoire, parlant de ses personnages aux étranges pouvoirs. Internet m’aida également beaucoup, et me permis d’accéder grâce à ma facilité dans l’apprentissage de nouvelles langues, d’accéder à des documentations étrangères. Je fis des découvertes très intéressantes, surtout sur le vampirisme. J’appris que celui-ci était bien né en Europe et les légendes les plus fiables remontaient aux environs du Xème siècles. Il me fallu mes trois années de lycée pour retrouver la trace d’un vampire nommé Hector. Mais il m’était impossible de le rencontrer pour 4 raisons :

1. Je n’avais pas encore 18 ans
2. 18 ans ou pas mes parents ne m’auraient pas laissé partir comme ça
3. C’était un vampire, vaut mieux avoir toutes les cartes en main pour ne pas se faire tuer
4. Le Mexique ce n’était pas la porte à coté

Il ne me restait donc plus qu’à attendre d’avoir mon baccalauréat (ce qui n’était pas gagné d’avance) et faire quelques études supérieures à la faculté d’histoire (option légende locale bien entendu !)
En effet, seul l’histoire et les langues étrangères m’intéressaient le plus, les autres matières étant superflues dans ma quête, bien que je réussisse quand même, à obtenir la moyenne.
C’est ainsi que le jour de mes 18 ans, je fût reçu au bac avec mention passable, mais mon 20/20 en histoire et mes notes excellentes en langues me permirent de m’inscrire aisément dans la filière que je voulais étudier.



Quête

Après trois longues années de Master 1 j’allais enfin pouvoir consacrer le reste de mes études à mes recherches favorites. Et ce fût avec l’aide innocente de mon professeur de légendes locales, que j’entrepris mes premières recherches sur le terrain. Mon premier sujet concernait la Fontaine de Jouvence. Je finis par la localiser dans le golfe du Honduras sans pour autant avoir plus de précision. Après trois mois de recherches, nous sommes partis, le professeur Telmort et moi, direction la mer des caraïbes. Suite à quatre semaines d’investigation, nous avons appris, qu’une petite île, repérable seulement le premier jour de la pleine lune, se cacherait dans la baie. Effectivement nous l’avons trouvé et avons bu à sa source, mais dès notre retour, le professeur eut une légère attaque. La fontaine de Jouvence n’en n’était pas une. Ce n’est que quelques années plus tard que je compris qu’elle m’avait quand même fait gagner une dizaine d’année sur ma vieillesse.

Premier échec !

Mon deuxième sujet d’étude, je l’entrepris seule ! Je décidais d’aller à la rencontre d’Hector, le vampire de mon adolescence. J’avais approfondi mes recherches et j’avais trouvé un homme qui entretenait des liens étroits avec le monde des vampires. Il habitait New York et j’ai dû me battre pour obtenir un rendez-vous rapide avec lui. Cette fois-ci, mes parents qui m’avaient jusque là soutenu, commencèrent à se méfier de mes motivations. Et ce fût avec difficulté que je réussis à partir malgré leur désaccord. Je pensai que je me réconcilierai avec eux une fois ma mission achevée. Mais je ne les reverrais jamais.
Je partis donc seule, direction New York. Le jour du rendez-vous, je me rendis donc au cabinet d’avocat de Maître Lenoir. J’arrivais cinq minutes avant et la secrétaire me fit patienter en salle d’attente. J’étais très nerveuse, j’avais les mains moites. Je regardais autour de moi à la recherche d’un indice me prouvant que cet homme était bien dans le milieu vampirique. Mais rien ne l’indiquait, seule une horloge égrenait lentement les minutes qui passaient, augmentant mon angoisse à chaque mouvement de la trotteuse. Mon cœur se mit à battre à son rythme. Je devais rencontrer cet avocat à dix sept heures, mais à la demie il n’était toujours pas sortit de son bureau. Je vis la secrétaire prendre son sac à main et me dire au revoir. Elle avait fini sa journée ! Une grande peur s’empara de moi, je n’osai plus bouger, je ne pouvais plus le faire, je sentais que mes jambes ne me suivraient pas. Ce qui me sembla une éternité, passa, avant que Maître Lenoir ne sorte de son bureau. Sans même un bonjour, une main caché dans le dos, il me fixa avec un regard noir. J’étais pétrifiée ! alors il parla enfin :

- Comment m’avez trouvé ?
- En pistant la trace d’Hector...
- Alors vous savez...

A ses derniers mots, sa main sortit de derrière son dos, il avait un pistolet.
PAN !!!

Je me senti m’effondrer de ma chaise et glisser au sol. C’est là, que la mort m’apparut pour la deuxième fois.

- N’ai pas peur Aurore !
- NON !!! Je ne veux pas venir avec vous...hurlai-je avant de perdre connaissance.

Quand je me réveillai, pensant être morte, je fondis en larme. Une infirmière arriva en appelant un médecin. Réalisant mon erreur, je me mis à rire, mais une violente douleur à l’estomac me stoppa net.
La balle m’avait touché au ventre et on m’avait sauvé de justesse. Deux semaines s’écoulèrent avant que je ne puisse enfin sortir de l’hospital. Personne ne savait ce qu'il m’était arrivé et j’avais joué l’amnésie. Seul Maître Lenoir avait pu me sauver ! Mais pourquoi alors, avait-il tenté de me tuer ? Dès ma sortie, je fus accueilli par ce dernier qui me ramena chez lui. Il m’installa dans une chambre d’ami et m’y laissa plusieurs jours sans me dire un mot. J’étais perplexe et ne comprenais pas son attitude. Après m’être suffisamment reposée, l’avocat se décida à me parler. Il m’expliqua qu’il m’avait sauvé parce que j’avais vu la mort avant que mon cœur cesse de battre. Je lui demandai en quoi cela avait changé la donne. Il répondit que cela me donnait le droit de rentrer dans le monde de la nuit et du fantastique, interdit au commun des mortels. A partir de ce moment, la vision que j’avais du monde changea pour toujours. Lenoir commença par me mettre en contact avec des êtres surnaturels mais bon.

C’est ainsi que je rencontrais les elfes. Ils vivaient parmi les humains depuis des siècles. D’ailleurs en apparence rien ne les différenciais d’eux mis à part qu’ils ne vieillissaient pas. Ils pratiquaient une magie ancestrale dont ils faisaient bénéficier en toute discrétion les humains. J’appris beaucoup de choses à leur contact cependant, je ne leur parlai pas de mon désir de ne pas mourir. Mais ma plus formidable rencontre fut celle que j’ai faite avec un elfe se faisant appeler Halek. Dès notre première rencontre le courant passa entre nous. Nous avons commencé par nous voir régulièrement, parlant beaucoup, de tout et de rien. Et un jour, notre premier baiser arriva. J’eu l’impression de planer. Très vite nous sommes passés aux choses sérieuses. Un soir, où j’étais chez lui, alors que nous discutions d’un film que nous venions de voir, il me prit tendrement la main et m’emmena jusqu’à sa chambre. Comme hypnotisée, je ne fis pas attention aux décors, j’étais entrain de me perdre dans ses yeux. Halek me déshabilla tout doucement, au même rythme que mon désir montait. Quand il me pénétra enfin, une explosion de magie m’entoura, nous étions devenus un tout, chacun existant à travers l’autre. Je ne contrôlais plus rien, me laissant aller à travers un nuage de douceur.

Deux ans s’étaient écoulés et l’amour entre nous perdurait toujours. Mais mon désir de devenir immortelle s’accentuait de jour en jour. Je voulais être comme lui. Je commençais alors à poser beaucoup de questions de moins en moins discrète sur mon but ultime. Et très vite sans m’en rendre compte les Elfes commencèrent à se méfier de moi. Seul Halek, amoureux, ne se doutait de rien. Un jour, le chef de clan de New York me convoqua. Je n’avais alors plus le choix, je décidai de tout lui dire. Il tenta alors de me résonner en me disant que ma condition humaine était de mourir un jour, que je n’avais pas le choix et que ce n’était pas une malédiction. Seulement l’ordre des choses. Mais je refusais de l’écouter ! Devant mon obstination il me pria de partir sur-le-champ et jamais plus je ne revis Halek.

Sur le moment, je ressentis une profonde tristesse, mais hélas pour moi, pas pour lui. Je me cherchai un appartement et trouva un travail dans la plus vieille bibliothèque de la ville. Tous les soirs, j’errais dans la ville à la recherche de cette autre population vivant parmi les humains. C’est comme ça que je fis la connaissance d’un jeune homme tout aussi perdu que moi, même si nous ne recherchions pas la même chose. On devint amis ! Le genre d’amis qui couchent ensemble quand ils n’ont personne d’autre dans leur vie. Nous écumions toutes les nuits les bars les plus mal famés pour noyer notre détresse dans l’alcool. Un soir, alors que nous nous faisions virer d’une énième boite de nuit, je senti une présence non humaine nous observer. Mon ami était entrain de vomir dans le caniveau. L’odeur, immonde, insupportable me faisait monter la bile dans la gorge. Mais ce regard fixer sur nous avait mis mes sens en éveil et je commençais à dessaouler. Nous étions dans une petite ruelle très sombre et mes yeux mirent du temps à s’habituer à l’obscurité. Tout d’abord, je ne vis rien, les battements de mon cœur commençaient à s’accélérer, d’excitation et de peur mêlées ! La première chose que je vis ce fut le rouge de ses yeux, sombre, intense et envoûtant. Sans que je puisse réagir, elle était déjà sur mon ami, lui suçant le sang jusqu’à la dernière goutte. J’aperçu la mort, qui me regarda avec insistance. Il semblait me supplier de m’enfuir. Sur le moment je ne compris pas pourquoi et le regarda, surprise de son attitude. Je me rendis compte alors que la jeune femme vampire lui adressait la parole mais il restait concentré sur moi. Quand l’être qui avait tué mon ami se retourna vers moi, la mort, secoua la tête et s’évapora. La femme s’approcha alors de moi, me dit de la suivre et c’est ce que je fis.


Immortelle

Cela faisait 200 ans que je goûtais à la joie d’être immortelle. L’idée de boire du sang pour le rester ne me dérangeait pas du tout. Ils avaient choisi d’être mortel, moi non ! Ma conscience de mes actes n’allait pas au-delà. Contrairement à ce que j’avais pensé, les vampires étaient parfaitement intégrés à la société humaine et malgré notre appétit insatiable, personne ne semblait soupçonner notre existence réelle. Elisabeth m’avait transformé très rapidement après notre rencontre. Elle ne m’avait d’ailleurs posé aucune question sur mes motivations et m’avait appris tout ce que je devais savoir pour me nourrir et rester discrète. Nous devînmes très vite inséparables, et faisions toujours tout à deux. Pour la première fois de ma vie, je découvrais ce que c’était d’avoir une vie sociale. Nous sortions souvent avec les autres vampires de la ville. J’eu de nombreuses conquêtes mais la plus incroyable fus celle que j’eu avec Elisabeth. Un matin alors que nous avions passé la nuit à chasser, je me suis retrouvée, sans trop savoir comment dans son lit. Je n’avais jamais pensé que je serais, un jour, attirée par une femme. Les choses c’étaient faites tout simplement. Notre relation était fougueuse et intense et nos rapports sexuels aussi. Elle dura jusqu’à la troisième guerre mondiale.
Ce fut un véritable massacre, autant pour les humains que pour les vampires, je perdis Elisabeth. La population terrienne diminua considérablement et les survivants firent de moins en moins d’enfants. L’existence des vampires commença à se révéler aux yeux du monde. Une véritable chasse aux sorcières commença alors ! Les elfes n’intervenèrent pas pour nous aider et mon immortalité fut donc remise en question. Nous avions fini par vivre dans la clandestinité, nos chasses devenaient de plus en plus dangereuses.
Je repris alors les recherches que j’avais entrepris encore mortelle, pour cette fois-ci survivre en me débarrassant de ma soif de sang. Cela me pris de nombreuses années avant de découvrir, qu’à l’autre bout du monde, une équipe de scientifique, réalisaient des expériences sur des vampires afin de découvrir les secrets de l’immortalité et se débarrasser de ce besoin impérieux de sang humain. Je fis la connaissance du docteur Venjouce, qui se montra très enthousiaste dès mon arrivée. Nous commençâmes les tests très rapidement, et je m’y prêtais aisément. Je me retrouvais souvent seule, ne liant que très peu connaissance avec les autres personnes de mon espèce. Les recherches durèrent plusieurs décennies et nombre de vampires périrent par le manque de sang. Curieusement, le liquide de vie semblait ne pas m’être indispensable. Les scientifiques pensèrent que ma visite à la fontaine de Jouvence avait un lien et se penchèrent la-dessus. La science et les technologies avaient énormément progressé depuis mon enfance et les ordinateurs s’auto géraient. L’énergie produit par le soleil était devenue inépuisable de tel façon que même après la disparition de l’homme, les machines continueraient à fonctionner. C’est ainsi que ce qui aurait pris plus d’un siècle à être trouver, l’était seulement en dix ans. Ils réussirent donc à me rendre totalement immortelle, sans que je n’ais plus besoin de me nourrir ou de boire. Plus rien ne pouvait m’arriver à présent. Une fois mon impossibilité de mourir confirmé, je m’éclipsais sans scrupule, j’avais obtenu ce que je désirais. J’appris deux ans plus tard, que des extrémistes religieux, ayant eut vent de leurs recherches, leurs avaient envoyé une bombe les tuant tous et détruisant leurs travaux.

Avec ma nouvelle vie sans contrainte, j’entrepris de faire de hautes études dans le commerce et l’immobilier. Le temps, qui n’était pas un obstacle m’y aida beaucoup et j’eu un grand succès dans les affaires, me construisant un joli patrimoine. Mais je découvris rapidement que ma vie éternelle n’offrait pas que des avantages. Mon succès me fit avoir de nombreux ennemis qui tentèrent de me tuer à plusieurs reprises. Le premier coup de couteau que je reçu me fit descendre de mon nuage. Il n’était pas directement mortel, mais les médecins me disaient perdu. Je perdis beaucoup de sang et la douleur fut atroce, mais je survécu. Afin, de ne pas éveiller trop de doute sur ma résistance physique et ma jeunesse continue, je m’arrangeai pour léguer ma fortune à une inconnue à l’autre bout du monde avant de me laisser passer pour morte. Mais j’étais à nouveau redevenue seule, sans amis, autre que les gens avec qui je travaillais. Je n’avais que des conquêtes sans lendemain. Cela ne me dérangeais pas, ma vie me plaisait ainsi.

Remise en question

Je me retrouve aujourd’hui, vivant dans un total isolement. Les humains ont finalement disparu de la terre, le dernier c’étant éteint voilà cent ans à un âge honorable de 180 ans. Il est mort dans mes bras et ce fut la dernière fois que le fossoyeur m’apparu. Il ne s’intéressa même pas à moi, je ne le concernais plus depuis longtemps.
Des animaux avaient cependant survécu et je fais encore aujourd’hui tout mon possible pour que les espèces perdurent. Peut être pour réparer mes erreurs du passé. Oui, il à fallu que les hommes disparaissent pour que je réalise tout le mal que j’avait fait. Il ne se passe pas un jour ou mes yeux ne se remplissent pas de larmes de culpabilité, de honte et de remord. Mes parents que j’ai négligés, oublié ; mes amours Halek, Elisabeth, perdu à jamais pour ma quête et tout ces êtres dont j’ai gâché la vie, soit en leur la prenant, soit en les exploitants. Je n’éprouvais alors aucun sentiment, ou peut-être les ignorai-je. Maintenant, ma vie n’était que désolation, tristesse, même mes souvenirs semblaient dénués de détails, d’émotions. J’avais tellement chercher à fuir la mort que j’avais oublier ce que c’était que de vivre, de rencontrer des personnes, d’apprendre à les connaître, d’aimer réellement et de perdre des êtres chers. Je donnerai n’importe quoi pour revenir en arrière et renoncer à se besoin de fuir la mort, pour pouvoir mourir enfin, et ne plus souffrir.
Bien sur je ne regrette pas tout, j’ai aimé traverser l’histoire sur plusieurs décennies, apprendre à aimer les études et vouloir en savoir toujours plus. J’ai visiter la terre entière et explorer le moindre recoin.
Mais voilà, aujourd’hui je suis épuisée de vivre et j’aspire à une mort sereine.

Il me reste peut-être un espoir, tout petit. De mourir ou de ne pas passer l’éternité seule. Peut de temps avant la disparition des derniers hommes, une rumeur circulait à propos d’un homme vivant reclus en Afrique centrale et n’ayant pas vieillit depuis des siècles. Il s’appellerait Hector ! serait-ce possible que se soit ce vampire dont j’ai cherché la trace toute ma vie et que je n’ai jamais pu rencontrer ? Serait-il possible qu’il existe vraiment et qu’il soit encore en vie ?

Je pars dès demain à sa recherche, c’est ma seule chance ! La seule, de me prouver à moi-même que je n’ai pas perdu mon temps...
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