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Parfois, les choses s’arrêtent

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Catherine Perrin

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405

FINALISTE
Sélection Jury

Lundi soir, Thomas n’est pas rentré à la maison.
Je venais de rentrer à la nuit tombée, sur les genoux : six heures de ménage chez le vieux monsieur, les courses au supermarché et le trajet depuis la ville. Alors, mon fils aîné pouvait m’aider à transporter les courses à l’intérieur de la maison, vous ne croyez pas ? J’ai appelé, il n’a pas répondu. Furieuse, j’ai attrapé un sac de courses, qui pesait une tonne, traversé la cour et je suis entrée en hurlant :
— Thomas !
Mathis et Samuel sont arrivés en courant de la grange.
— Mais qu’est-ce qui se passe dans cette maison ? Ou est Thomas ? Pourquoi est-ce que vous n’êtes pas en train de faire vos devoirs ?
Ils se dandinaient tous les deux.
— Il est pas là.
— On sait pas où il est.
Un coup d’œil sur l’allée qui sépare la remise de la maison, pour constater l’absence du scooter qu’il utilise pour aller au lycée. D’habitude, il le gare à côté du motoculteur rouillé de mon père, là où l’allée se laisse envahir par les herbes parce que je n’ai pas le temps de m’en occuper. Ce sont les deux petits qui m’ont aidée à ranger les courses. À la suite de quoi j’ai préparé le repas, on a mangé avec, comme un rappel, la chaise inoccupée de Thomas. J’ai expédié les petits au lit.
J’ai nettoyé la table, celle que mon père a recouverte de linoleum parce qu’il lui en restait un morceau à carreaux beiges et marron, moche mais culte, comme a dit Thomas. Culte. Les petits ont mal compris, la table cul, cucul, cucul-la-praline. J’ai laissé le couvert de Thomas, tout seul sur la longue table cucul-la-praline. Où pouvait-il bien être passé ?
Nom de Dieu, est-ce que j’avais oublié qu’il avait une compétition de basket ce soir ? Debout, contre la porte-fenêtre, pour voir s’il arrivait, j’ai composé le numéro de monsieur Detour, son prof de sport et son entraîneur au basket. Il n’a pas eu le temps de répondre parce que j’ai raccroché à la troisième sonnerie. Vous comprenez, je ne voulais pas qu’au lycée, ils sachent que mon fils n’est pas rentré à neuf heures du soir. Ça aurait pu lui apporter des ennuis. Ou alors qu’au club de basket, ils croient que je ne le soutenais pas parce que j’avais oublié une date de compétition.
La cuisine finie de nettoyer, j’ai regardé l’heure, dix-heures, il commençait à être tard, même pour un soir de compétition. Je suis passée dans la salle à manger parce qu’on voit la route de la fenêtre. J’ai posé le téléphone sur le buffet devant la photo où, Mathis et Samuel s’amusent en regardant Thomas manger une glace en se léchant les doigts et en faisant la grimace. Les deux petits rient tellement qu’ils tiennent leur glace de travers et qu’elle commence à couler sur leur tee-shirt.
Derrière eux, c’est à peine si on voit leur père dans la voiture en train de manœuvrer pour sortir du parking du lac de Devesset. Il faisait la tête. Tout l’ennuyait à l’époque. Peu de temps après, il est parti avec toutes ses affaires et nos économies. Ce qui a fait dire aux gendarmes qu’il s’agissait d’une disparition volontaire d’une personne majeure. Donc, pas de recherche. Mais Thomas, s’il ne revenait pas, ça ne serait pas pareil. Il n’était pas parti avec ses affaires. Ouche, c’était sûr ça, qu’il n’était pas parti avec ses affaires ?
La gorge nouée comme si j’avais avalé un caillou et les jambes qui tremblaient façon gelée de groseille, j’ai grimpé aussi vite que j’ai pu dans le grenier où Thomas avait aménagé sa chambre l’été dernier, pour ne pas être avec les mômes, il avait dit. À première vue, même pagaille que les autres jours : jeux vidéo sans boîtes, papiers de barre chocolatées jetés n’importe où, et vêtements pêle-mêle sur la chaise. Le fatras des garçons. Sauf que dans le placard, plus de sac de sport, plus de guitare et plus de pile de linge propre. Un placard abandonné. Thomas avait emporté ses affaires et il venait juste d’avoir dix-huit ans, majeur depuis vingt et un jours. Disparition volontaire d’une personne majeure, diraient les gendarmes, en haussant les épaules, pressés de retourner à des affaires plus sérieuses.
C’est alors que j’ai prié Saint Rita, en la suppliant de faire revenir mon fils. Elle devait avoir des cas plus désespérés parce que Thomas n’était toujours pas à la maison à onze heures. Démunie, j’ai appelé mon frère. Étienne m’a promis de partir à la recherche de Thomas.
— Ça ne sert à rien que tu restes debout. Va te coucher. De toute façon, il vaut mieux que tu restes avec les petits.
— Je ne pourrai pas dormir.
— Je m’en occupe. Il doit être en train de faire la fête avec ses copains et il n’a pas vu l’heure ; c’est de son âge après tout. Je veux que tu fasses comme d’habitude et que les petits se sentent en sécurité.
Étienne, c’est mon petit frère, mais avec ses deux mètres dix et ses cent cinquante kilos, ça fait déjà longtemps qu’il n’a aucun mal à se faire entendre. Même de Thomas. Un peu plus tranquille, j’ai dit :
— D’accord.
Je suis allée me coucher. Mais j’ai tourné, tourné et retourné dans mon lit puis j’ai fini par m’endormir.
En me réveillant le lendemain, c’est comme si j’avais fait la fête toute la nuit : une soif à assécher la Loire, et à l’intérieur de ma tête, des centaines d’aspirateurs cognaient contre des centaines de meubles. Il était six heures mais Étienne m’avait laissé un message sur mon téléphone : rien à l’hôpital ni à la morgue. On va le retrouver. Étienne. Il est aide-soignant Étienne, il prend son service à six heures et je ne voulais pas le déranger à son travail. Ne sachant pas quoi faire, j’ai fait comme il avait dit.
Comme tous les matins, je suis allée sortir le chien des voisins, ceux qui viennent de la ville, et je suis revenue à temps pour préparer Mathis et Samuel. Je leur ai dit que Thomas était avec Étienne et qu’il allait revenir quand ils auraient fini ce qu’ils avaient à faire. Évidemment, ils ont commencé à poser des tas de questions mais heureusement, le temps pressait et ils ont dû filer attraper le car pour aller à l’école. Qu’est-ce que j’allais leur dire ce soir si Thomas ne rentrait pas ?
J’ai pris la voiture et j’ai quand même réussi à arriver à l’heure chez ma nouvelle patronne. Un mois avant, Simone m’avait demandé si ça m’intéressait parce qu’elle ne voulait plus y aller. Il paraît qu’elle ne la voyait jamais sa patronne, des mots sur le buffet et c’est tout. Et les rares fois où elle l’avait vu...
— Elle est bizarre, je t’assure.
Bon, mais Simone, elle, elle avait un mari contremaître à l’usine de papier. Et elle avait déjà assez d’heures de ménage. Moi, je voulais bien faire le ménage du diable en personne si je pouvais trouver l’argent pour l’excursion de la classe de Mathis au Mont Saint Michel.
— Enfin, madame Pertou, quarante euros, pour deux jours et trois nuits, ce n’est pas cher.
Si. Quand vous achetez les vêtements des enfants à Emmaüs et que vous économisez, pour que votre fils aîné puisse faire des études, c’est cher. C’est quatre heures de ménage supplémentaire, en plus des autres heures, en plus de la maison, en plus des enfants. Mais faut ce qu’il faut, pas vrai ? Alors j’accepte tout ce que je peux. Même une patronne bizarre.
C’est vrai qu’elle a l’air d’avoir un grain, cette femme. Elle vit dans une maison en pierres, avec des rosiers grimpants. À l’intérieur, ils ont tout refait, ils ont percé des fenêtres qui laissent passer la lumière dans des vastes espaces peints en blanc. Si je pouvais avoir ça chez moi. Mais je ne vais pas me plaindre. Ma maison, elle est à moi, elle me vient de mes parents. Quoiqu’il arrive, j’aurai toujours un toit sur la tête. C’est déjà bien.
Pour en revenir à mon histoire, chez mademoiselle Alice, rien ne bouge jamais : il y a un journal qui date de six mois sur la table de la pièce à vivre, une grande table en verre – un cauchemar de femme de ménage – avec six chaises. Eh bien, une fois que j’ai nettoyé la table, il faut que je repose le journal exactement au même endroit. Et quand j’arrive, elle dit juste bonjour et elle file s’enfermer dans une pièce que je n’ai pas le droit de nettoyer ce jour-là. Et puis, elle m’a demandé de faire toujours la même chose quand j’arrive : poser mon sac sur la console de l’entrée, mettre mon tablier et mes chaussures de travail, commencer par la cuisine.
Ce jour-là, pensez, je n’avais pas ça en tête, la cuisine, la salle de bain, tout ça... Bref, j’ai commencé par le ménage du salon. Ouche, elle est sortie de sa chambre comme si je déménageais ses meubles pour les emporter. Une jolie jeune femme, remarquez, si elle n’avait pas des yeux enfoncés sous des sourcils ébène.
— La cuisine d’abord madame Pertou, qu’elle a dit.
Je devais avoir l’air bizarre, moi aussi, parce qu’elle m’a demandé ce qu’il n’allait pas. Je me suis assise sur le beau canapé en cuir gris. Quand j’y pense, le beau canapé en cuir gris, fallait vraiment que ça n’aille pas et j’ai tout déballé : Thomas qui avait disparu avec son vieux scooter. Et qui gisait peut-être quelque part dans un fossé. Et que ce n’était pas la peine d’aller voir les gendarmes parce que vous comprenez, disparition volontaire d’une personne majeure.
Quand j’ai eu fini, elle regardait ses doigts tapoter le buffet : pouce, index, pouce, index. Son visage n’avait pas bougé d’un cil, aussi impassible que le chiffon que je tenais à la main. Je n’étais même pas sûre qu’elle ait écouté. Et comme je n’étais pas payée pour lui raconter ma vie, elle n’allait pas me payer aujourd’hui et même peut-être me demander de ne pas revenir. En fait, non. Elle a levé la tête et elle a dit :
— On va voir les gendarmes. Tout de suite.
On a pris sa voiture. Vous ne me croirez jamais, mais à la gendarmerie, ils savaient où était mon fils. En train de travailler dans une ferme à trois kilomètres de là. Je me suis sentie bête. Depuis que leur père est parti, je croyais faire tout ce qu’il faut pour que les enfants n’aient rien d’autre à penser que leur travail scolaire. Qu’est-ce que j’avais fait de travers ?
On est parti chercher Thomas. Ma patronne m’a demandé de parler de lui. Je lui ai tout raconté : le départ de son père, le lac Devesset où on n’allait plus parce qu’il faut payer le parking et que les petits ne comprendraient pas que je ne leur achète pas une glace. Et que je voulais que mes enfants aient une vie plus facile, et que j’économisais tout ce que je pouvais pour leur payer des études. Elle a dit :
— Je vais lui parler.
Je n’étais pas d’accord mais elle a continué.
— C’est mieux que ce ne soit pas quelqu’un de proche.
J’étais encore toute chamboulée et pour tout vous dire, elle me faisait un peu peur. Quand on a trouvé Thomas, elle m’a laissée dans la voiture pour aller lui parler. Elle est revenue toute seule et sur le chemin du retour, c’est elle qui a parlé.
— Thomas voulait gagner un peu d’argent pour vous aider. Il a trouvé à ramasser les fruits pendant une semaine. Il savait que ça ne vous plairait pas, alors il ne vous a rien dit. Mais je suis arrivée à le convaincre de rentrer, il sera chez vous demain soir.
J’allais ouvrir la bouche quand elle a continué.
— Vous savez, madame Pertou, parfois, les choses s’arrêtent.
Je devais avoir l’air de piger que dalle, parce qu’elle a parlé de ses parents. C’est alors que je me suis souvenue de ce couple venu s’installer dans la région avec leur petite fille dé-sco-la-ri-sée, elle a dit. Parce que l’école, c’était trop compliqué pour elle, pas ce qu’elle apprenait, non, elle apprenait bien. C’est avec les autres enfants que c’était compliqué. Moi je crois qu’elle devait leur faire peur. Ce sont ses parents qui lui faisaient la classe jusqu’à son bac.
Après son bac, ils l’ont encouragée à vendre les sacs et les accessoires qu’elle dessinait elle-même, sur internet. Pour qu’elle gagne sa vie, qu’elle soit indépendante. Ils sont morts dans un accident de voiture, il y a quoi, six mois ? Oui, c’est ça, deux jours après mon mari était parti. Et la maison où elle vit appartient à elle et à son frère. Et il l’a mise en vente. Et elle ne sait pas trop où elle ira après.
— La vie que je menais s’est arrêtée, madame Pertou, comme ça, du jour au lendemain.
La vie qu’elle menait s’était arrêtée du jour au lendemain. Pour moi aussi j’ai pensé. Quand mon mari était là, avec son salaire, les heures de ménage que je faisais et en habitant dans l’ancienne ferme que mes parents m’avaient laissée, on n’était pas riche mais on était heureux. Le dimanche, on allait pique-niquer au lac de Devesset, ou alors, on invitait de la famille chez nous, à cause du terrain. On mettait de l’argent de côté pour les études des enfants. Et moi qui croyais que ça durerait aussi longtemps qu’un banc d’église.
Tu parles, mon mari est parti. Et j’ai fait plus d’heures de ménage. Et j’ai fait attention à ce que j’achetais. Et j’ai continué à mettre de côté tout l’argent que je pouvais pour les études de mes fils. Je ne voulais pas que mes enfants pâtissent du départ de leur père. Pourtant les pique-niques, les repas dans la cours ensoleillé avec la famille, les amis, c’était plus possible à présent. J’avais dû parler tout haut parce qu’elle a dit :
— Pour Thomas aussi, les choses se sont arrêtées.
Pour Thomas aussi. Son père ? Parti. Les fêtes avec les cousins de son âge, les sorties le dimanche ? Rayés du calendrier. L’allée, celle où il gare son scooter ? Pas entretenue.
On est resté silencieuse jusqu’à ce qu’on arrive chez elle. Elle m’a posée à côté de ma voiture en me disant à demain et elle est rentrée chez elle. J’ai regardé l’heure sur mon portable. Il y avait un message d’Étienne : « Est-ce que Thomas est rentré ? Je sors du boulot. On se retrouve chez toi. »
Quand je suis rentrée, il m’attendait. Je me suis précipitée vers lui et je me suis mise à sangloter et à parler en même temps sur les choses qui s’arrêtent. Et que je n’avais pas fait les choses comme il faut. Je ne pouvais plus me retenir. Étienne est allé chercher des mouchoirs en papier dans la salle de bain. Il s’est contenté de me les passer en attendant que je me calme. Il a attendu longtemps et quand mes larmes ont cessé :
— Bon. Tu sais où est Thomas. Il va rentrer demain soir. C’est quoi qui va s’arrêter ?
— Thomas, il était là, bon élève et tout. Et du jour au lendemain, il n’est plus là. Comme son père. Et les choses n’arrêtent pas de s’arrêter.
Il est resté silencieux de nouveau un petit moment.
— Il va rentrer et vous allez parler tous les deux.
Je l’ai regardé sans rien dire.
— Ça a été difficile pour lui. Il est temps que vous en parliez.
Je me suis levée pour mettre tous les mouchoirs à la poubelle. Alors, il a continué.
— Comme ça, tu travailles pour Alice ?
— Oui, une gentille fille. Dommage qu’elle soit un peu zinzin.
— Non, différente.
— Pardon, j’ai dit.
Parce que mon petit frère avec sa corpulence, il n’y a pas que les portes, toujours trop basses, qui sont difficiles pour lui.
— Ne sois pas trop dur avec Thomas, il a dit. Il est bien ce gosse.
— Peut-être que je lui ai dit, mais c’est pas comme ça qu’il va réussir son bac.
— Tu recommences, il a dit. Le bac, les études et pas de place pour le reste.
Je n’ai plus rien dit. Étienne devait partir.
— Où sont les petits ?
— Ils sont chez la voisine, t’inquiètes. Elle les garde jusqu’à jeudi. Toi, tu files au lit. Une bonne nuit de sommeil. Pour être en forme demain.
Le lendemain matin, quand je me suis levée, il y avait un rayon de soleil sur la table cucul-la-praline. Et pas que sur la table. Le soleil rendait l’herbe plus haute et le motoculteur plus rouillé. Je l’aurais bien coupée, l’herbe, mais quand même, il valait mieux aller travailler. Et c’est ce que j’ai fait. Toute la journée, en me demandant si Thomas allait rentrer.
Il est rentré à six heures, presque comme d’habitude. J’ai encore pleuré, j’aurais pu arroser le champ de colza du voisin avec toutes ces larmes. D’abord, on a parlé, du départ de son père, de son futur métier d’infirmier, de la vie pas drôle qu’on menait, et de l’aide dont il disait que j’avais bien besoin. Et puis, il a dit que pendant les vacances scolaires, il retournerait travailler chez le fermier. Et qu’en attendant, il ferait le jardin de madame Alice trois heures par semaine. Et là, il ne m’a pas laissé ouvrir la bouche.
— Le bac est dans deux mois. J’ai treize soixante-quinze de moyenne. Si elle baisse un peu, c’est pas grave. On va pas en faire une meule de foin. Je l’aurai, mon bac. Pas de soucis.
Pour finir, il a sorti cent cinquante euros de sa poche. Il m’a donné cinquante euros pour mettre de côté, a dit qu’il gardait cinquante euros comme argent de poche.
— Et le reste ? J’ai demandé
Il a eu un grand sourire.
— Dimanche, tu prépares un pique-nique et on va au Lac de Devesset. Les cinquante euros, c’est pour le parking et les glaces.
Et voilà. Ce matin, j’ai préparé le pique-nique pendant que Thomas tondait l’herbe. Et pourtant, il est sorti hier soir. Je ne sais pas ce qu’il a fait, je ne lui ai pas demandé. Mais quand même, il ne faudrait pas que ses notes baissent trop. Mathis et Samuel, eux, n’arrêtaient pas de courir partout et de demander quand est-ce qu’on partait. Et dans la voiture, ils n’ont pas cessé de gigoter. Dès qu’on est arrivé, ils se sont précipités dans l’eau. Ils sont là-bas. Thomas est en train de les surveiller pendant qu’ils pataugent et que je discute avec vous.
— C’est votre petite fille à côté de mon Mathis ? Avec la jolie robe rouge ? Trop mignonne, comme dirait Thomas.
Oui, bien sûr, je travaille toujours chez mademoiselle Alice. Elle est toujours aussi bizarre et on ne se parle presque pas. Vendredi, je lui ai demandé si elle voulait venir avec nous aujourd’hui. Elle a regardé ses doigts qui jouaient des notes sur le buffet : pouce, index, pouce index. Elle a levé la tête et pour la première fois, elle a souri.
— Pas cette fois-ci. Profitez de cette journée en famille. Mais une autre fois, oui, avec plaisir.
Du coup, on va être obligé de revenir.

PRIX

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Zago · il y a
Une tranche de vie touchante. Le titre est vraiment bien choisi. Merci pour cet agréable moment de lecture !
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Anne Marie Menras · il y a
Une histoire poignante que j'ai découverte grâce à votre passage pour lire mon TTC. Je n'ai pas vu passer les 10 minutes.
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Catherine Perrin · il y a
Merci de m'avoir lu.
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Chantal Noel · il y a
J'ai bien aimé le style d'écriture et l'histoire est belle. On ne prend pas toujours le temps de voir les choses autour de nous.
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Catherine Perrin · il y a
Merci de votre visite.
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Eliza · il y a
Je vous découvre, vous et votre univers. J'adore la simplicité poignante de votre histoire que je n'ai pas lâchée une seconde. Et pourtant, quand je vois des textes dont le temps de lecture est annoncé comme devant durer plus de cinq minutes, j'ai tendance à décider que je ne l'ai pas ce temps. Et bien si ! Comme vous le dites, "parfois les choses s'arrêtent", le temps y compris. Bravo Cathy.
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Catherine Perrin · il y a
Heureuse que le temps vous ait paru court et que cette nouvelle vous ait plu. Merci de votre visite.
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JigoKu Kokoro · il y a
Bonjour Cathy ( ^_^)
Me voici enfin sur votre texte. J'ai beaucoup aimé votre récit. L'histoire est touchante, simple et bien racontée. Le fond est très humain, il y a un soin certains d'appuyer la simplicité (ici aussi) mais l'humanité des personnages dans leur défauts et leurs qualités. On s'attache très vite au personnage principal et l'on souhaite dès le début que cela se termine bien. Vous avez su bien imprimer le caractère du personnage dans sa narration, cela renforce sa proximité de part son phrasé, son humour et sa façon de se juger. J'ai été donc en immersion dans votre histoire que j'ai lu avec énormément de plaisir.
Je vais aller lire un autre texte de vous afin de vous découvrir mieux encore ( ^_^)

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Catherine Perrin · il y a
Merci d'avoir pris la peine de faire ce retour détaillé.
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Emsie · il y a
Moi aussi, je suis passée à côté de votre texte et là, je ne peux plus voter, simplement "aimer". Mais j'aime vraiment très fort ! J'ai été happée par cette histoire et par le rythme. Impossible de lâcher. Bravo, Cathy. Désormais, je vous ai à l'oeil (enfin, vos textes) !!!
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Catherine Perrin · il y a
Merci beaucoup pour votre visite. Etre lu et que ça vous ait plu, quel bonheur.
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Frédéric Nox · il y a
J'étais passé à côté de votre texte... Mea culpa. Mes voix et bonne chance pour la finale
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Catherine Perrin · il y a
Merci beaucoup
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Thara · il y a
J'ai aimé une première fois, je re-vote...
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Catherine Perrin · il y a
Merci de votre soutien
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Sylvie Detain · il y a
Très jolie nouvelle, de la tendresse, de l'humour, une dynamique d’écriture qui me plait bien. Bonne chance. Sylvie Detain
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Catherine Perrin · il y a
Merci de votre visite
·
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Fergus · il y a
Bonsoir, Cathy
Un texte émouvant, volontairement rédigé dans un style simple en rapport avec les personnages.
J'ai beaucoup apprécié.

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Catherine Perrin · il y a
Je suis heureuse que cette histoire vous ait plu
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