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Nuits d'Écosse

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Diogo Goncalves

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Avant, j'étais comme vous. J'adorais frissonner. Je cherchais par tous les moyens à me faire peur, à me donner une bonne grosse dose d’adrénaline. Films d'horreur, maisons hantées, creepypastas, urbex dans des endroits flippants. J'étais toujours à la recherche de nouvelles choses. Et c'était devenu difficile au bout d'un moment, car quand tu as tout essayé, plus rien ne te surprends. C'est pour cela que j'ai décidé de tenter ma chance à l'étranger. J'avais plusieurs idées de pays dans lesquels je pouvais trouver ce que je cherchais, mais j'ai finalement opté pour l’Écosse, un pays que j’appréciais. Il faut dire que de nombreuses œuvres m'avaient donné envie de visiter le paysage de ce pays. Les Highlands qui sont montrées dans Highlander ou Braveheart, les châteaux montrés dans divers films et même des BD, comme dans "La Jeunesse de Picsou". Et, vous vous en doutez, les fameux châteaux hantés qui parsèment ce beau pays.

J'ai donc voyagé dans une petite ville paumée au nord de l'écosse, non loin d'un de ces châteaux hantés, où j’espérais pouvoir passer quelques nuits. Mon voyage devait durer une semaine, donc plutôt que de tenter de m'infiltrer toutes les nuits dans le château pour y dormir, j'ai loué une petite maison dans le village, pour une somme tout à fait dérisoire.

Une aubaine !

La location n'était vraiment pas chère, certes, mais après l'avoir vue, j'ai bien compris pourquoi. Elle était vraiment délabrée. Elle était assez spacieuse, néanmoins. Mais la poussière avait envahi les lieux. A l’intérieur de la chambre régnait une odeur de moisi, comme si elle n'avait pas été aérée depuis des lustres. J'ai vite fait d'ouvrir la fenêtre, espérant ne pas avoir cette sale odeur durant la nuit. En l'ouvrant, j'ai pu profiter d'un spectacle grandiose : Une vaste étendue de plaines verdoyantes, et, au bout, un immense château. Les fameuses Highlands, et le fameux "château hanté" dans lequel j'allais essayer de me faire peur. Deux choses que je voulais absolument voir en venant ici, que demander de plus ? Comme le voyage m'avait quand même fatigué, j'avais décidé de ne pas trop me presser, et de passer une bonne nuit au calme dans ma "fantastique" demeure. J'avais ramené de quoi passer le temps, des bouquins, un lecteur DVD avec quelques films (d'horreur, cela va sans dire) et quelques barres chocolatées pour tenir la nuit, avant de faire quelques courses le lendemain. Le soir venu, alors que j'étais dans ma chambre en train de regarder "The Conjuring 2", j'ai entendu de grands bruits sourds. Je me suis levé pour aller voir d’où ça venait, mais sans succès. En allant me recoucher, rebelote. Des coups. Comme si quelqu'un tapait dans un mur. Cette fois, je les avais entendus distinctement, ce n’était pas le fruit de mon imagination. Je suis resté un instant au milieu du salon, en tendant l'oreille, pour essayer d'identifier la provenance de ces coups. Et, des coups, il y en a eu. Pleins. Mais ils semblaient venir de nulle part et partout à la fois. Je n'arrivais pas à savoir d'où ça venait. J'ai cherché partout dans la maison, et même à l’extérieur au moyen d'une lampe torche, mais je n'ai rien trouvé. Il n'y avais pas de cave ou de grenier, ni même d'étage à vrai dire, donc cela venait forcément d'une des pièces aux alentours.

Au bout d'un moment, alors que les coups continuaient, j'ai reconnu une certaine logique dans ceux-ci. Et c'est là que j'ai compris : C'était du morse. J'avais vu plein d'histoires à ce sujet, vu des centaines de vidéos "d'esprits frappeurs" qui communiquaient en morse, du coup, j'avais à peu près appris ce langage. Je me suis assis sur le fauteuil du salon, et je me suis concentré.

3 coups rapide. 3 coups lents. 3 coups rapides.

C'était le mot du langage morse le plus connu : "SOS" Je suis resté une partie de la nuit à écouter ces coups et à tenter de les déchiffrer. J'avais réussi à capter les messages suivants :

"Help me"
"I'm trapped here"
"Help me please, it hurt"
"God, Save me"

Évidemment, la langue ici était l'anglais, je ne m'attendais pas à découvrir des message en français. Ces messages était inquiétants, surtout que je ne savais pas d’où ça venait. J'ai bien tenté de crier pour lui demander où il était, mais il continuait à envoyer ces messages par morse. Puis, comme le matin était arrivé, les coups avaient disparus. J'ai fait une nouvelle recherche minutieuse dans toute la maison et ses alentours, mais, une nouvelle fois, rien. J'aurais bien demandé de l'aide aux voisins, mais il n'y en avait pas. Les seuls voisins que j'avais étaient à des kilomètres d'ici.

Comme je n'avais pas dormi, j'étais exténué. Et puis, tout cela me semblait être une blague mise en place par quelques jeunes du coin qui voudraient effrayer les touristes et faire vivre la légende des fantômes du château. Et puis, j'en avais vu d'autres, et bien pire, je n'étais pas effrayé du tout. Je suis donc allé dormir, je ne me suis réveillé qu'en fin de journée. La nuit était tombée, et ce qui m'avait sorti de mon sommeil, c’était de nouveau des coups. Je suis retourné dans le salon, et, à nouveau, j'ai déchiffré le morse :

"Help me, please"
"Somebody get me out of here"

Cette fois, j'ai eu l'idée de répondre directement en morse, en tapant moi aussi du pied sur le plancher :

"Where are you?"

Et, alors que le tonnerre grondait dehors et qu'il s’était mis à pleuvoir, il m'a répondu :

"Cell"

Cell ? Cellar ? Une cave ? Pourtant, j'avais bien cherché, je n'ai trouvé aucune trace de cave dans la maison. Et dans la location, il n'était pas questions de Cave... j'ai passé un coup de fil à la personne qui louait la maison, en lui parlant de ces coups et de cette cave. Comme il était tard, il m'a répondu très sèchement que la maison n'avait aucune cave, et qu'il n'avais jamais entendu de coups dans cette maison. Puis il a raccroché.

Après cela, il n'y a plus eu de coups du tout. J'ai continué ma semaine entre la maison et le château, et la seule "expérience paranormale" que j'ai eu durant la semaine étaient ces coups. Je suis rentré en France, ayant encore en tête le bruit qu'ils faisaient. Je ne savais pas si c'était une blague, ou si c'était réel, mais, moi qui était en quête de sensations fortes, j'étais quand même heureux d'avoir vécu ça.

Jusqu'à ce que, arrivé chez moi, j'ouvre un livre qui parle du morse. Je voulais quand même vérifier que je n'avais pas fait d'erreurs. Et j'en avais fait qu'une seule. Une erreur qui me fit enfin avoir ce frisson le long de ma colonne vertébrale . Ce frisson qui me paralysa de peur.

J'avais mal interprété le dernier mot. C E L L. Je m'étais trompé pour la première lettre, surement à cause du tonnerre à ce moment précis. Ce n'étais pas un C, mais un H.

Hell.
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