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Gérard Le Gal

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Elle est là, allongée dans son transat, alanguie au soleil. Les parents font la sieste dans la caravane. Le transistor diffuse le tube de l'été, une histoire d'amour, c'est d'un banal ! Elle rêve d'un prince charmant qui viendra la chercher. Elle est ni moche ni belle. Personne ne la remarque. Elle envie sa voisine de caravane que les garçons viennent chercher pour aller à la plage. Personne ne l'invite et elle n'ose pas leur demander. Muriel cache sa timidité sous de grosses lunettes de soleil, elle s'ennuie, elle s'étiole. Fille unique, elle passe tous ses étés au Camping de l'Océan. Ses parents l'aiment mais ce sont ses parents !Tout à l'heure, sa mère va sortir de la caravane toute ébouriffée et va encore la sermonner parce qu'elle passe trop de temps au soleil. Tu vas encore être rouge comme une écrevisse. Mais elle s'en fout de prendre des coups de soleil. Ce n'est pas comme cette voisine, Corine, qui après quelques jours de soleil a la peau cuivrée. Elle a l'air si à l'aise dans son corps.
Le deuxième jour, Corine lui fait un petit coucou en rentrant de la plage. Muriel l'a aperçue en rentrant de l'épicerie, en train d'embrasser un garçon. Que ne donnerait-elle pas pour être dans les bras d'un garçon de son âge, partager ses passions, ses rêves, sa vie. Elle lit un roman-photos auquel sa mère est abonnée, ça lui change de ses lectures habituelles. Des histoires d'amour s'exposent à longueur de page. L'héroïne rencontre toujours le riche séducteur à qui elle plaît instantanément et dont il tombe éperdument amoureux. Mais elle, qu'a-t-elle à offrir ? Le miroir lui renvoie l'image d'une fille quelconque. Elle se sent moche. L'ovale de son visage garde encore les stigmates d'une adolescence délicate. Elle porte les cheveux longs, vestige de l'enfance.
Le troisième jour, Corine lui adresse la parole et lui demande si elle veut venir avec eux à la plage. Elle veut bien mais il faut qu'elle demande à ses parents. Corine lui dit qu'elle n'a pas besoin de demander. Corine n'est pas seulement belle, à l'aise dans son corps mais rebelle. Tout ce dont rêverait Muriel. Elle demande quand même à ses parents. Ils sont d 'accord mais ils doivent en parler aux parents de Corine. Ils organisent un apéro. Muriel a un peu honte de ses parents qui n'ont pas fait d'études et des blagues lourdingues de son père quand il a bu un petit coup de trop. Les parents de Corine, eux, sont enseignants. Mais ça se passe bien. Les parents semblent avoir plein de choses à se dire. Au bout d'un moment, Corine se lève et dit qu'elle va aller retrouver sa bande de copains au bar du camping. Les parents de Corine sont plus permissifs et lui accordent l'autorisation, du coup, ceux de Muriel n'osent pas dire non. Elles s'en vont toutes les deux. Ils sont « craignos » tes parents, non ? Muriel ne sait pas trop. Elle n'a jamais osé remettre en cause l'autorité parentale. Elle n'y a jamais vraiment pensé. Mais pour le moment, elle est contente. Elle peut enfin bouger. Elle a une nouvelle amie, enfin, copine.
Elles arrivent au café où sont réunis autour du flipper et du baby-foot tout une bande d'adolescents. Le Juke-box diffuse les tubes du moment. Corine fait le tour de tous ses copains et copines pour leur faire la bise. Du coup, Muriel se sent obligée d'en faire autant. Puis Corine va retrouver son petit copain auquel elle offre un long baiser langoureux. Les garçons se regardent en rigolant. Il va encore lui « rouler une pelle ». Muriel n'a jamais embrassé un garçon. De toutes façons, où en aurait-elle eu l'occasion. Ses sorties se résument aux repas et cérémonies familiaux. Muriel a quelques copines de lycée mais elles sont un peu comme elle, timide et réservée. Du coup, elles ne s'invitent entre elles qu'à de très rares occasions. Une fois, elle est allée chez une camarade de classe faire de la pâtisserie mais cela ne lui a pas vraiment plu. Elle l'a trouvée trop intrusive. Elle n'arrêtait pas de lui poser des questions sur sa vie personnelle et amoureuse, inexistante ! Muriel préfère rester chez elle à rêvasser ou à lire. Elle adore la lecture. Ses préférences vont aux écrivains classiques, Stendhal, Flaubert, Tolstoï, les sœurs Brontë, Jane Austen. Elle adore les grandes histoires d'amour, les héroïnes au fort caractère. Muriel a de très bons résultats en classe. Quelquefois, sa mère intervient en lui disant qu'elle devrait sortir, prendre l'air, qu'elle va s'user les yeux à lire comme ça ! Elle n'est pas aimée par les élèves dissipés de sa classe qui la traitent de « fayote » car elle participe à la classe. Plus tard, elle aimerait être enseignante ou écrivaine. Elle écrit quelquefois des petits poèmes qu'elle déchire le lendemain car elle les trouve nuls !
Corine l'a laissée tomber pour aller « fleurter » avec son copain. Elle se retrouve à une table du bar, entourée d'une bande d'ados qu'elle ne connaît pas. Personne ne lui adresse la parole. Les garçons parlent fort et font des blagues salaces pour se donner de l'assurance et les filles ricanent bêtement en faisant des commentaires sur ces mêmes garçons. Çà et là quelques couples s'enlacent et s'embrassent passionnément. Muriel ne se sent pas à l'aise. Elle est prête à s'en aller quand Corine la rejoint enfin, main dans la main avec son copain. Didier est le prototype du beau gosse séducteur, il a un physique agréable, une mèche retombant sur ses yeux bleus-verts ourlés de longs cils bruns. Toutes les filles sont folles amoureuses de lui et Corine savoure la chance d'être l'heureuse élue. Je te présente Didier, et lui c'est Alain lui dit-elle en lui désignant un grand escogriffe. Alain est un peu le faire-valoir de Didier, il a peu de charme et traîne sa carcasse dégingandée. Ils se sont connus au Collège et ont lié une amitié en faisant les quatre cents coups. Ils portent tous les deux l'uniforme du moment, « pat d'eph », chemise cintrée « col pelle à tarte » et des chaussures « clarks » en daim.
J'allais m'en aller, dit Muriel. Mais non, reste encore un peu, on va boire un coup ! Ils s'assoient à une table. Didier, séducteur, lui pose des questions, d'où vient-elle, que fait-elle, quel lycée fréquente-t-elle ? Muriel, séduite répond à ses questions. C'est la première fois qu'un garçon, même si c'est le petit copain de Corine, s'intéresse à ce qu'elle fait. Ah, oui, tu aimes lire, moi aussi, tu connais Boris Vian, j'adore, l’Écume des jours, c'est un roman d'amour, mais pas que..., je te le prêterai si tu veux. Muriel est sous le charme. Corine, quelque peu jalouse, même si elle sait qu'elle n'a rien à craindre de cette rivale, détourne la conversation. Allez, viens, on va danser, c'est un slow ! Alain et Muriel reste seuls à la table. Ils ne savent pas quoi se dire. Alain, sous ses airs fanfarons est un grand timide, il ne sait pas quoi dire ou plutôt, il pense que tout ce qu'il va dire n'aura pas la saveur de la conversation de Didier. Les amoureux reviennent. Il est l'heure de rejoindre les parents pour le repas. Ils ont improvisé un barbecue. Muriel se tient sur ses gardes. Son père jette des clins d’œil égrillards. Alors les jeunes, on s'est bien amusés ! Muriel a hâte que le repas s'achève et de se retrouver seule avec ses rêves. Ce Didier, même- si- elle- sait- qu'elle- n'a -aucune chance- avec- lui -et- que- de -toutes -façons -c'est -le- petit- copain- de- Corine, l'a subjuguée. Elle s'endort en faisant de doux rêves.
Le lendemain, la bande d'ados passent chercher Corine et lui demande de se joindre à eux pour aller à la plage. Les parents, rassurés par la présence de Corine, dont ils connaissent les parents, lui accordent la permission. Muriel est heureuse. Elle fait enfin partie d'une bande. Tous les ados s'égaillent dans la nature, parlant, riant fort pour se donner une contenance.
Ils se déshabillent, étalent leur serviette sur la plage et courent se jeter à l'eau. Muriel, un peu complexée, se laisse tout de même aller à cette bonhomie ambiante. Personne ne semble faire plus attention que ça à l'autre. Les ados improvisent des jeux, se jettent de l'eau au visage, se mettent la tête sous l'eau. Les garçons portent les filles sur leurs épaules pour faire des tournois. Puis vient le moment de retourner sur le sable. Chacun s'allonge sur sa serviette. La même comédie que celle du bar se rejoue. Les couples déjà formés, s'enlacent, les autres ricanent et plaisantent en se jetant des œillades énamourées. Muriel s'est retrouvée à côté d'une fille inintéressante qui lui parle de vernis à ongles et de coupe de cheveux. Elle fait semblant d'écouter, sourit en jetant des regards éperdus vers Didier. Enfin, Corine se lève pour participer à un jeu de ballon. Muriel se dit que c'est le moment de le rejoindre. Mais elle se sent gauche, bloquée et pour finir désespérée. Didier et Alain chahutent comme deux jeunes lionceaux. Muriel finit par prendre son livre pour s'évader. Elle entend une voix derrière elle. Qu'est-ce que tu lis ? Muriel sursaute. C'est Didier qui s'est assis à côté d'elle. Il entame une conversation sur la littérature. Ce garçon est vraiment merveilleux, non seulement il est beau mais en plus, il est intéressant !
Il est l'heure de rentrer. Les ados repartent de la plage. Muriel se retrouve avec Corine. Elle parle de choses et d'autres quand soudain, Corine lui dit, méfie-toi de Didier, c'est un dragueur. Muriel rougit, elle bafouille. Mais, mais..., non, non, on a juste..., on s'est juste... Corine éclate de rire. Elle semble s'amuser. Toi aussi t'es amoureuse de lui ? Va falloir que tu attendes, il y a une longue file d'attente devant toi ! Puis elle part en courant. Muriel ne sait plus où se mettre, ne sait plus que penser. Même si elle ne se l'avoue pas vraiment, oui, elle est amoureuse de Didier. Qui ne le serait pas ? C'est à ce moment là qu'Alain arrive à sa hauteur. Décidément, il ne souffre pas la comparaison ! Il a fait beau aujourd'hui, lui dit-il. Muriel est décontenancée. Oui, répond-elle.
Cette nuit Muriel a rêvé de Didier. Elle a rêvé qu'il lui faisait l'amour bien qu'elle ne sache pas vraiment ce que cela signifie mais dans ses souvenirs, c'était très doux, très tendre. Didier l'enlaçait et l'embrassait langoureusement. Elle était comme ses héroïnes de roman, folle amoureuse de lui. Depuis qu'elle est au lycée ses parents ont aménagé une tente de camping qui jouxte la caravane pour que chacun puisse avoir un peu d'intimité. Elle est encore dans ses rêves au petit-déjeuner lorsque Didier arrive avec le roman de Boris Vian. Tiens, je te l'avais promis, dit-il en lui tendant l'ouvrage. La mère de Muriel sort de la caravane. Bonjour jeune homme, dit-elle dans un grand sourire. Muriel rougit. C'est Didier, il est venu me prêter un bouquin. Ah, Muriel et ses bouquins ! Vous aimez lire aussi, jeune homme ? Didier, maman, il s'appelle Didier. Bon, Didier, voulez-vous prendre un café avec nous ? Pourquoi pas ! Didier est un adolescent bien avec tout le monde et très charmeur. Il met tout le monde à l'aise en leur posant des questions sur leurs centres d’intérêt. On pourrait croire qu'il se passionne pour les recettes de cuisine de la mère de Muriel et le métier de tourneur-fraiseur de son père. Muriel n'ose à peine intervenir. Il y a longtemps qu'elle n'a pas vu ses parents si ensorcelés. Didier fait vraiment figure de gendre idéal ! Bon, il faut que j'y aille, intervient Didier. Tu me diras ce que tu en penses. Charmant, ce jeune homme, dit la mère de Muriel. Muriel baisse les yeux. Sa mère se tourne vers son mari et lui fait un clin d’œil. Elle ne serait pas un peu amoureuse notre Mumu ? Maman, ne m'appelle plus comme ça, je ne suis plus une gamine, intervient Muriel, rouge de confusion. Muriel n'a pas aperçu Corine qui l'observe depuis un bon moment. Corine n'en revient pas. Didier, son Didier à la table des parents de Muriel avec cette grosse conne ! Son instinct de possession la pousse à devenir méchante. Muriel lui fait un petit signe de la main pour lui dire bonjour mais Corine rentre précipitamment dans sa caravane sans lui répondre. Muriel est déstabilisée. Après tout, elle n'a fait rien de mal à part accepter un livre de Didier. Certes, elle est secrètement amoureuse de lui mais elle sait qu'elle n'a aucune chance, mais après tout c'est quant même agréable pour une fois qu'un garçon ne la regarde pas avec dédain.
En début d'après-midi, Alain passe la prendre pour aller à la plage. Elle est très étonnée mais accepte car elle pense qu'elle pourra ainsi revoir son copain avec qui elle pourra échanger ses impressions sur la lecture de ce roman qu'elle a presque dévoré dans la matinée. Cette histoire d'amour entre Chloé et Colin la passionne. Et puis, cette invention dans le langage, cette imagination. Elle n'a jamais rien lu d'aussi passionnant. Bien sûr, le fait que ce soit Didier qui lui ait prêté ce roman ne fait que renforcer son enthousiasme. Elle a hâte de le revoir pour lui en parler.
Muriel et Alain arrive enfin à la plage. Le trajet s'est déroulé dans un silence pesant. A un moment, Alain lui a effleuré sa main qu'elle a vite écartée. Cet Alain ne lui plaît pas du tout et puis, elle ne peut pas faire ça à Didier. Mais faire quoi, au juste ? Il ne s'est rien passé entre Didier et elle. Elle se fait des films ! Elle va aller s'excuser au près de Corine. Ils arrivent sur la plage. Alain, réalisant qu'il n'a pas trop sa chance s'éloigne vite et va rejoindre un groupe d'adolescents qui ont apporté des bières. Muriel recherche Corine du regard et l'aperçoit un peu plus loin en compagnie de Didier. Ils semblent se disputer. Muriel s'est mise un peu à l'écart du groupe pour finir son livre. Au bout de quelques minutes, Didier vient la rejoindre. Alors, il te plaît ce roman ? Génial, je n'ai jamais rien lu d'aussi beau. Ils se mettent à parler du livre, de l'histoire, de ses personnages, du langage. Ils plaisantent et rient tous les deux. Muriel est aux anges. Corine, qui les observe de loin, dépitée, se rapproche d'Alain pour rendre Didier jaloux. Alain qui n'en croit pas ses yeux, se laisse faire et finit par se laisser embrasser par Corine. Didier, tout en discutant avec Muriel, observe le nouveau couple et pour se venger entoure les épaules de Muriel qui n'en revient pas. Elle est paralysée et ne sait que faire. Elle se doute bien que Didier agit par vengeance. Didier tente de l'embrasser. Et Corine, lui demande-t-elle ? C'est une connasse, répond-il, elle ne comprend rien à rien, y'a que son corps qui l'intéresse. Muriel est choquée. Elle ne sait comment réagir. Mais son romantisme prend le dessus. Elle se voit déjà dans les bras de Didier, se marier avec Didier, avoir des enfants avec Didier ! Elle ferme les yeux et se laisse embrasser. Lorsque Didier devient trop entreprenant, elle le repousse gentiment. Je viendrai te voir ce soir dans la tente. Je t'apporterai d'autres bouquins. Muriel ne sait pas quoi répondre. Elle ne sait pas si elle doit accepter ou pas. Elle dit oui dans un soupir. Mais mes parents ? Je ne ferai pas de bruit, ils n'en sauront rien.
Muriel rentre de la plage. Elle est nerveuse. Elle ne sait pas si elle a bien fait d'accepter. Le repas se passe dans une atmosphère tendue. Muriel répond par monosyllabes aux questions de ses parents puis soudain se lève en reversant son assiette. Mais foutez-moi la paix ! Elle part en pleurant. C'est la première fois qu'elle répond de la sorte à ses parents. Mais qu'est-ce qu'elle a ? demande le père. C'est des problèmes de femmes, lui répond la sienne en souriant. Ne t'en fais pas, ça lui passera.
Muriel est dans sa tente, fébrile. Elle ne sait plus quoi faire. Elle n'a envie de rien. Elle est dans l'attente. Elle a peur. Les heures passent. La nuit tombe. Les parents vont se coucher. Muriel tremble. Elle ne sait plus que penser. Elle attend le moment avec fébrilité. Et en même temps prie pour qu'il n'arrive jamais. Elle s'est à moitié endormie lorsqu'elle entend la fermeture éclair de
l 'ouverture de la tente. Didier ? s'inquiète-t-elle. Mais elle n'obtient pas de réponse. Il fait noir. Une forme humaine tombe comme une masse dans la tente. C'est Alain, il est ivre. Didier ? s'interroge une dernière fois Muriel. Puis soudain, elle réalise. Mais qu'est-ce que tu fais là ? Alain tente de l'embrasser. Elle se débat. Mais Alain est plus lourd, plus fort. Chui pas assez beau pour toi, hein ? grommelle-t-il. Tu préfères Didier, le beau Didier. Mais le beau Didier, y veut pas de toi. Il a fait ça pour rendre Corine jalouse ! Muriel profite de ce moment d'hésitation d'Alain pour crier. Vas t'en, fous le camp, hurle-t-elle. La lumière de la caravane s'est allumée. Alain, quelque peu dégrisé, se ressaisit et dans une fraction de seconde de lucidité, il comprend le danger. Il sort précipitamment de la tente et s'enfuit en courant. Quelques minutes après, le père de Muriel arrive. Il s'agenouille devant l'entrée de la tente. Muriel, ça va ? J'ai entendu crier. Muriel pleure à chaudes larmes, c'est rien, c'est rien, j'ai fait un cauchemar ! Tu veux venir dormir avec nous dans la caravane ? Non, non, ça va, je vais me rendormir. Muriel réalise qu'elle n'est qu'une pauvre idiote. Tous ses rêves de princesse de romans-photos se sont envolés. Mais que croyait-elle, être mieux que les autres, décrocher le gros lot ? Mais tous les Didiers de la terre n'ont que faire d'une pauvre fille comme elle, un boudin, comme elle a déjà entendu dire dans les couloirs du lycée.
Le lendemain, après une nuit de sommeil agitée , elle se retrouve à la table du petit déjeuner avec ses parents qui la regardent avec amour. Puis, tout d'un coup, elle voit passer au loin Didier et Corine, main dans la main. Didier, tête baissée ne la regarde pas. Corine lui adresse un petit signe de la main. Elle a dans le regard comme un air de défi !
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