Mary

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Lauréat
Jury
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J'écris sur des personnages qui auraient pu être moi, ou que j'aurais pu rencontrer ; quant aux lieux je les ai peut-être foulés à moins que ce ne soit un autre. J'écris pour ne pas m'oublie  [+]

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Je possède un avantage indéniable sur une grande partie de l’humanité : je suis belle. Rousse, grande et jeune. Une beauté qui se remarque, un avantage qui se décline. Sans effort particulier.
On me trouve un tas d’autres qualités. Si, si, je vous assure. Dès que je rigole, on me trouve sympathique ; dès que je pleure, on me prend en affection.
L’autre jour, j’étais en terrasse. Sûre de moi, certaine d’être abordée pour n’importe quel motif – du feu, une adresse bidon, l’heure. Je réponds toujours aimablement pour ne pas faire celle qui se prend pour je ne sais quoi.
J’ai sorti un bouquin de mon sac. Un petit sac à main en toile. Le temps était calme et un peu frais, j’ai commencé Lettre d’une inconnue de Stefan Zweig. Cet amour passionné et secret m’arrêtait par moments. J’attendais aussi. Sans calculer.
J’aimerais tellement qu’il se passe quelque chose de différent, qu’un type masqué m’aborde en hongrois et me propose un tour en calèche ou encore qu’on m’émeuve, tout simplement. À la vingtième page, rien. Rien de rien. Même pas un bonjour. Mais à la vingt-cinquième, alors là ! Je vous raconte.

— Tenez, dit une voix grave au-dessus de ma tête. Dans ses mains, une B.D., Les Passagers du vent, dont le titre s’affichait en grosses lettres sous mes yeux.
Il insiste :
— Tenez, je vous en prie, c’est pour vous.
— « L’heure du serpent »  ?
— C’est l'heure où seuls les fous courent dans la brousse, me dit-il en haussant imperceptiblement les épaules et en se frottant légèrement les mains.
Je range la lettre de l’inconnue dans mon sac. La B.D. est sur ma table. Le type est debout, calme, comme s’il attendait un reçu ou un bon à signer. Je feuillette les pages. Je ne sais pas trop quoi penser, je le regarde en me demandant s’il n’est pas resté au stade infantile. Il n’a rien de particulier, de taille moyenne, les cheveux un peu ébouriffés, habillé avec soin, de beaux ongles, pas de montre. Il ne fait ni musicien perdu, ni philosophe en herbe, ni trader. Peut-être travaille-t-il dans la B.D., tout simplement.
— Regardez, ajoute-t-il, vous ressemblez à Mary.
— En effet, y a comme un air. Et si j'avais été brune et en short, j'aurais eu droit à Lara Croft ?
— On a la B.D. qu'on mérite.
Mon index s'arrête sur l'image où Mary est nue.
— Et vous m'imaginez comme ça, aussi ?
J’aime bien déstabiliser, c’est vrai. C’est tellement facile.
— Je ne vous imagine pas en fait, je ne suis pas du genre rêveur. J’espère, mais je ne rêve pas. D’ailleurs j’espère bien vous revoir. Vous venez souvent ici ?
— Ça m’arrive.
— Vous êtes un peu routinière.
Voilà qu’il me juge !
— Disons que les bonnes habitudes sont difficiles à perdre. C’est un défaut, selon vous ?
Il entame une explication sur la force de la récurrence, la seule manière de donner du sens à nos actes qui se répètent, qui se ressemblent et qui nous définissent mais, ajoute-t-il, il ne faut pas non plus négliger l’imprévu qui est une souplesse qui commande des choix. C’est le piquant de la vie, les choix, conclue-t-il.
Ça y est, il est parti. Il a commencé par une B.D. érotique, continue sur l’espoir et termine sur le piquant. Au moins il est clair. Pas direct mais efficace.
— Laissez-moi vos coordonnées, je vous dirais si ça m'a plu. Je dois vraiment y aller, maintenant. Je vous remercie.
Il a griffonné nerveusement son numéro en haut de la page 18. Au stylo rouge.

***

Le soir venu, je l’ai appelé. Sans vraiment réfléchir, une envie. Je dois être en milieu de cycle.
— Bonsoir, c'est la passagère du vent ! Vous voyez, je vous rappelle.
— Le personnage de Mary vous convient ?
— Elle n’est pas l’héroïne, mais elle a du caractère. Globalement, j’ai bien aimé. Fatalement, j’ai pensé à vous. Surtout à la page dix-huit.
C’était vrai. Un peu moins fleur bleue que Zweig, au moins autant érotique et largement plus sexuelle, cette bande dessinée historique sur fond de commerce triangulaire met en scène des relations ambiguës, parfois violentes, souvent pleines d’envies.
— Vous croyez à la fatalité ? Vous pensez que notre rencontre était écrite ? Qu’à partir de maintenant, on ne contrôle plus rien ?
— Je suis en mode contrôle, je fais attention à mon karma.
— D’accord, je vois, vous êtes un peu bouddhiste en position du lotus.
— En ce moment, presque : je suis dans mon bain. Relaxation maximale avec huiles essentielles, musique et verre de rouge.
C’était faux ; juste pour l’émoustiller. Que je pense à lui en tenue d’Ève, forcément, il s’excite. Pour faire plus vrai, j’ai fait quelques clapotis avec l’eau du lavabo.
— C’est triste de boire seul, vous ne m’invitez pas ? demande-t-il.
— Non.
— Bon, ben merci pour ce coup de téléphone...
Sa voix est tombante, les mots sont découpés, il parle moins vite pour faire durer la conversation. Il reprend, un peu désolé :
— Pourquoi m’avez-vous appelé ?
— Pour vous remercier.
— On peut dîner ensemble, si vous voulez.
Il vient de jeter ses dernières forces dans la bataille. Quelques clapotis avec le lavabo avant de répondre.

***

La Coupole. Un restaurant ouvert 24 heures sur 24 dans le quartier Montparnasse. Une espèce de hall de gare du XIXe où l’on est sûr de trouver de la place et de bien manger.
J’ai une robe noire fluide et légèrement décolletée. Moulante. Je connais son effet. Je la porte peu. Elle s’arrête juste au-dessous des genoux et quand je marche, elle virevolte en bas. Des escarpins rouges Louboutin. C’est une tenue de combat qui apporte 100 % de victoires. J’ai beaucoup hésité devant la glace, me demandant si je n’en faisais pas un peu trop. Il ne me connaît pas, il ignore si c’est un effet ou une habitude.
Il est déjà là. Je suis un peu en retard. Il s’est installé en face des portes. Ses cheveux sont en ordre et il a changé de tenue, il a dû prendre une douche. Sa veste lui va bien, sa chemise aussi. Sa peau est belle, très « gommage intensif ». Il ne doit pas fumer. Il est du genre à faire du sport, ça se voit.
Je marche lentement jusqu’à la table. Ses bras sont posés dessus, mains jointes, léger sourire de satisfaction.
— Qu’est-ce que vous prenez ? demande un serveur, veste noire et chemise blanche.
— Un verre de rouge, bourgogne, côtes de nuits.
— Et pour monsieur ?
— La même chose.
Le serveur nous quitte, assez pressé.
— Je sais, il me dit, je ne fais pas preuve d’originalité, je fais comme vous, mais bon, ça me paraît normal, on ne va pas commencer à faire vin à part.
— Et moi, je ne vais pas commencer à boire du blanc, je continue sur ma lancée.

Il ne me parle pas de son boulot, faut dire que je ne lui ai rien demandé ; il cite en toute décontraction Joséphine Baker et Cocteau, des anciens habitués du lieu. Il est très à l’aise. J’opte pour conférencier. Il a cru que je venais pour lui rendre sa B.D., enfin c’est ce qu’il me dit – certainement une ruse pour que l’on invoque son pouvoir érotique –, à moins qu’il ait vraiment peur que je ne parte tout de suite.
— Et pourquoi vous m’avez offert cette B.D. ?
— Quand je vous ai croisée en descendant le boulevard, j’ai immédiatement repensé au personnage de Mary. J’ai lu ce bouquin il y a très longtemps, mais c’est resté en moi. Dans la librairie toute proche, j’ai parcouru ce tome et je l’ai pris. Pour moi, au départ. Puis quand je vous ai recroisée, je me suis dit qu’il était fait pour vous. Voilà, c’est aussi simple que ça.
On trinque. Il me regarde dans les yeux. Marron clair qui virent au bleu. Je ne minaude pas trop, je l’écoute attentivement. Aucun compliment. Des périphrases. « Elle est belle votre robe » – ce qui signifie « vous êtes belle dans votre robe ». On discute bouquins. Le dernier lu, le top cinq, le flop cinq. Entre le vin et les livres, j’ai eu soudainement l’impression d’être à une soirée littéraire. Agréable mais un peu chaste.

Je sens qu’il sait que je suis séduite. Chaque minute qui passe lui donne de l’assurance. Son corps s’assouplit. Ses bras bougent, expliquent, s’élancent et m’entraînent comme dans une danse. Loin de moi l’idée de me faire harponner aussi facilement, réagit ma chérie, vite !
— Allons chez vous ! dis-je, déjà debout.
Il reste assis, désarçonné.
— Et pourquoi ça ?
— Je veux savoir qui vous êtes, qui vous êtes vraiment.
On se rhabille en vitesse, comme si on venait de faire l’amour derrière une porte cochère, il paie, on sort, j’appelle un taxi.
Pendant quelques secondes, je laisse mon regard s’enfoncer dans le sien. Le trajet se déroule dans un silence feutré.

Nous y sommes. Le taxi s’arrête sur le passage piéton à l’intersection de la rue Popincourt et de la rue de l’Asile-Popincourt.
— Alors c’est là, votre coin ? Vous êtes Popincourt ou Asile ?
— Popincourt, le bâtiment juste derrière vous.
De la main, il me montre ses fenêtres.
— Lorsque vous ouvrez vos fenêtres, l’air de l’asile entre chez vous, alors.
— C’est ça. Dès qu’une envie saugrenue me traverse l’esprit, c’est que j’ai aéré chez moi. On y va ?
Je le suis, il m’annonce les cinq étages et l’ascenseur en panne, nous passons le sas d’entrée, grimpons, il ouvre, tient la porte et allume. Il jette son bras en avant et demande :
— Satisfaite ?
Je tourne la tête de droite à gauche, de haut en bas, avance de quelques pas sans m’engouffrer vraiment.
— Propre et bien rangé, style épuré, décoration soignée, rien ne dépasse, je vais inspecter votre bibliothèque pendant que vous allez me servir un verre, monsieur Varnisky.
— Comment vous savez mon nom ?
— Les boîtes aux lettres, en bas, elles sont bien ordonnées. Cinquième étage donc cinquième rangée, si vous n’êtes pas Brigitte Farde, alors vous êtes Stanislas Varnisky.
— Bien vu. Ça vous procure de l’avance sur moi. Pour moi, vous êtes toujours Mary.
Ne pas répondre, faire celle qui est absorbée, retenir le secret. Je veux être une énigme le plus longtemps possible, M. Varnisky. Mes doigts se baladent dans les rangées. Tiens, celui-ci je l’ai lu. Il a le deuxième. Je le lui emprunte ? Autre détail à vérifier, les W.-C. Tout propres. Pas un bouquin de cul qui traîne, la cuvette est nickel. Il pulvérise de l’eau de rose bio. Monsieur vote certainement à gauche. J’ignore s’il est maniaque ou s’il avait prévu de m’attirer chez lui, mais c’est léché. Une femme de ménage ? Un appartement témoin ? Surprenant. Cet homme est une fée du logis. C’est presque suspect.

Son aloxe-corton 2005 est à tomber. Je n’ose pas lui dire que mon oncle est vigneron. Stanislas est assez poétique quand il parle vin. On dirait qu’il parle des femmes. Robe, odeur, bouche. Et il a une belle voix. Je chavire. Il ne faut pas. Il ne me saute pas au cou, n’essaye pas de m’embrasser, ne lorgne pas mon décolleté, n’insiste pas pour mon prénom, ne veut pas savoir ce que je fais de mon temps. On parle de nous par intermédiaires. Je sais qu’il a vécu en Afrique, il m’a fait tout un cours sur l’art sénoufo à partir du masque ivoirien logé dans la bibliothèque. J’embraye aisément sur les bois et les cuirs, l’élasticité et les pigments – la maroquinerie de luxe c’est mon domaine, mais j’attends un peu avant de le dire.

Quand je pense que je suis là à cause d’une B.D. Je croise et décroise les jambes un peu lentement, mais l’air de rien. Elles sont élancées, parfaitement épilées. Un régal. J’ai vu son regard. Une fraction de secondes. Le reptile. Regard mélangé à un battement de cils, genre réflexe. En fait j’ai compris, il est tétanisé. Forcément. Sinon il m’aurait déjà complimenté sur n’importe quoi. Je vais l’aider.
— J’aime bien chez vous. C’est agréable, feutré. Je dirai même, velouté.
— Merci.
C’est tout ? Sobre. Hé ! faites donc un effort mon cher, t’aurais pu aller jusqu’à : « Votre présence rend le lieu encore plus soyeux. » Un peu d’imagination, creuse tes méninges, sois lyrique. Mais pas trop. Oh ! là là ! il a rougi, légèrement. C’est pour ça qu’il est reparti en cuisine. Que c’est mignon ! Alors là, je craque. T’as gagné, j’enlève tout, tu vas pas le regretter parce que ce soir je suis féconde et que j’ai mis des dessous à lacets un peu compliqués mais diablement charmants.
Je déconnais mon cher, Astrid, elle est pas comme ça, c’est pas moi qui parle, juste mes hormones…
Il revient avec une nouvelle bouteille, me demande par une interrogation négative si on l’ouvre. Je me dis que s’il l’ouvre, c’est moi qui trinque. J’ai des principes. Non. Enfin, j’hésite.
— On se tutoie ? je demande.
— Surtout pas, ce serait la fin des efforts. Le vouvoiement c’est chic, distancié. Vous savez, je suis vraiment ravi que vous soyez là, je ne pensais pas vous faire venir chez moi si vite, et le vouvoiement a tendance à ralentir les choses, je n’aime pas la précipitation.
Je sais à quoi m’en tenir maintenant, il a un côté vieux jeu. Oublie tes lacets ma fille. J’ai l’impression qu’il me fait l’amour intellectuellement. Parfois on ne parle pas, on se regarde. Je me sens en apesanteur, légère, intouchable. Le silence n’est pas gênant, juste une pause, un recueillement. C’est très agréable de ne pas se sentir forcée de meubler les blancs. Des figurines, des animaux en ivoire et en jade sont disposés un peu partout, parfois cachés. Il me parle de sa reproduction de Mark Rothko qu'il surnomme « Minute Soupe », parce que je viens de lui demander. Il est précis. Commissaire-priseur ?

Souvent, il rigole. À cause du vin, peut-être. Disons qu’il parle en rigolant, de la même manière que les Italiens parlent en chantant. Cette gaieté se retrouve dans les couleurs et les matières. De l’orange, du vert, et la chaleur du bois et ses inox peints et ses lampes à plusieurs têtes et ses plantes près de la fenêtre. Il ne manque plus que la cheminée et son feu qui crépite, mais elle est condamnée. Dans ses rires, je décèle de la nervosité. Certes, il a des atouts, mais je suis franchement au-dessus du lot. Il a dû en avoir des filles avec son aloxe, elles se sont facilement allongées sur son canapé qui m’a l’air convertible. Je suis la numéro combien ? Je ne m’imagine pas tomber à la renverse sur son trois places sans avoir bataillé un peu. Je possède un tas de formules pour repousser les assauts – « Non, pas maintenant, je vous en prie c’est trop tôt, on ne se connaît à peine, ne brûlons pas les étapes... » –, mais je ne sais même pas à quelle étape on se situe, il ne me brusque pas du tout. Normalement, il doit se passer quelque chose.
Il me laisse seule avec mon aloxe, va faire un tour dans sa chambre. Je m’attends à un « venez donc ! » qui n’arrive pas. À moins qu’il ne pousse l’originalité jusqu’à revenir tout nu, ou déguisé en panthère. J’attends. Il a peut-être mis de l’ordre dans ses paquets de Manix. Je me place devant la bibliothèque, courbe un peu mon dos pour lui offrir une belle vue dès qu’il reviendra tout en mimant une recherche désespérée dans les Mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand. Je veux ab-so-lu-ment qu’il me désire follement. Il réapparaît en sifflotant, me prévenant ainsi, à n’en pas douter, qu’il est gêné par ma position. Je ne bouge pas. Il se place à côté de moi. Tout près. Il me frôle. Je sens son parfum poivré. Je me redresse. Il semble contrarié, des plis se dessinent sur son front, il n’ose pas – pourtant le moment est propice, idéal. Les néons de la rue nous illuminent, il était charmant et maintenant, il est beau. J’accepterais volontiers d’être embrassée, vraiment volontiers, mais après je rentre.
— Je ne les retrouve pas.
Les Manix ? Les Durex ? Les menottes ?
— Je ne retrouve pas les autres tomes des Passagers du vent. J’étais persuadé que j’en avais quelque part ; c’est dommage.
Je suis presque déçue. J’aurais bien aimé en panthère.
Bon, ben qu’est-ce qu’on fait maintenant ? On discute ciné ? On danse un slow ?
— Ce n’est pas grave, dis-je, mais c’est gentil d’avoir cherché.
Puis il m’avoue qu’il perd souvent ses affaires, que moins on en a et plus on se sent libre, et qu’il ferait bien le tour du monde. Je me tais. Pas de « moi aussi ». J’aimerais bien savoir ce qu’il fait dans la vie, mais je n’ose pas rompre ce pacte tacite du secret qui s’est immédiatement instauré. Et où il a déjà voyagé, et combien de temps il partirait, et quel est son parfum, et d’où lui vient ce léger accent. Je me suis emprisonnée toute seule. Il faut que je parte.
C’est décidé, je vais rentrer chez moi, manger une salade, ôter mes lacets et me coucher. Pendant encore trois jours, je suis dans mon pic d’œstrogène, tout peut encore arriver.
— On a oublié de manger, dis-je un peu guillerette sur le pas de la porte.
Je me sens un peu vacillante. J’ai envie de respirer avec force son parfum dans son cou.
— Mais moi, je n’oublierai pas cette soirée, merci Mary. Ce fut parfait.
Je me trouve un peu bête parce que je sais que je vais revenir, avec ou sans guêpière. Il tient la porte, a l’air embarrassé.
— Astrid, appelez-moi Astrid maintenant, si vous voulez. J’ai laissé mon numéro dans un de vos livres.

J’ai marché lentement. Moins je marche, plus vite je reviens ; s’il est rapide, s’il a de la chance et qu’il tombe maintenant sur le bon bouquin, je l’enlace dans moins de cinq minutes. Puis je me suis rendu compte que j’avais laissé mon téléphone portable chez moi. J’aurais dû anticiper.
Je suis joueuse, un jour ça va me perdre.
Et s’il ne trouvait pas la page ? Et si j’avais mal écrit mon numéro ?
Dans deux jours, je le rappelle.

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Plumet Stéphanie · il y a
On rêve toutes d'être Mary et on voudrait lire la suite aussi😊😊

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