Martienne go home !

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Petit, Ody TT. Plus grand, il a eut l'idée. Comme Newton, c'est la pomme à l'origine de l'attraction littéraire. Lui c'est la chute, moi les pépins  [+]

Fax à l'intention d'Anne.
Nuit chaude.
Brise marine langoureuse.
Cinq heures du matin, sous le tropique du Cancer.
De la terrasse ouverte qui prolonge le seuil de ma case, j'entendais la mer Caraïbe ronronner de l'autre côté de la plage. Malgré l'absence de paupières nuageuses, la Voie Lactée me clignait de l'œil. Complice, je baignais mon âme dans cette luminosité universelle. Je me sentais si bien... Quand soudain une apparition féminine s'interposa entre les soleils nocturnes et mes iris sombres.

L'apparition charnelle n'avait rien à voir avec une humaine, à cet instant je ne pouvais pas expliquer pourquoi, pas encore. Peut-être me semblait-elle différente à cause de mes pensées intergalactiques précédentes, du silence...qui s'était imposé comme si les rouleaux maritimes venaient de cesser leur manège ;·en: moi, désir et peur s'entremêlèrent. Sous le choc, je reculai de trois pas.

Elle se dressait face à moi, tout sourire, poitrine en avant, dos cambré, jambes écartées. Son visage s'inclinait un peu à gauche, la pression de son index droit recourbait sa lèvre inférieure. L'ensemble de la vision me paralysait. Jusqu'à que j'aspirasse un pan de ciel riche en oxygène j'eus l'impression de gonfler mes poumons un coup sur deux. De nouveau son magnétisme animal (ou bien était-ce sidéral ? ) m'interpella. Mon regard fonctionnait comme un rayon infrarouge ; je la détaillais sans en perdre la moindre parcelle.

Elle allait pieds nus ; le galbe de ses jambes interminables me laissait penser qu'elles avaient été taillé dans la masse compacte d'une douce nuit ; son short en jeans s'enfuyait entre ses cuisses fuselées, ne cachait rien de ses hanches et de la rotondité de ses fesses que je devinais ferme à l'instant ou je passais une main sur mon front en sueur, peignant mes cheveux de mes doigts écartés.
Mon corps-fusée satellisa ma tête-capsule.

Sur son ventre dénudé son nombril elliptique tournait à la façon d'une galaxie lointaine. Les bouts sombres de ses seins perçaient les mailles blanches de son bustier, succédané vestimentaire tendu comme le cuir des lanières d'une fronde. Moi, j'entamais une autre révolution.

Sa poitrine arrogante forçait le maillage du tissu arachnéen, tant et si bien que je croyais l'observer derrière un filet de pêche au gros. A bien y regarder, on aurait dit un bustier tricoté... à la rame. Et moi j'étais Sur le banc de nage, persuadé que ce matin-là le soleil se pointait en avance. En fait, j'étais éclairé -ébloui- par la forme de ses seins. Putain ! Deux capsules spatiales à envoyer en orbite idiostationnaire la moitié masculine de la Terre (plus la nation lesbienne) lui tenait lieu de poitrine. Et, moi qui d'ailleurs en était là (en orbite) je n'avais qu'une envie : soutenir cette paire de pare-chocs futuristes.
Enfin je fixais son visage.

Une coupe au carré délimitait ses traits ; ses yeux verts semés de paillettes d'or m'aspiraient. Son nez en trompette se trémoussait sous l'effet supposé des effluves qui suintaient de nos peaux halitueuses. Sa langue rose se frayait un passage entre ses dents blanches, bien rangées. Ses lèvres pulpeuses s'avancèrent à quelques centimètres des miennes, mais le danger vint d'ailleurs ; la belle plongea ses mains dans mon pantalon corsaire.

Lettre :
Chère Anne,
Crois-tu aux Martiens ! Enfin, soyons sérieux ; aux extraterrestres. Crois-tu aux Martiennes ? Moi, jusqu'à maintenant, non ! J'avais plutôt envie de me moquer de cette bande de dégénérés fanatisés qui prennent un lâcher de ballons sondes pour une attaque massive de dénébiens sodomites , tous ces tarés, pour qui la moindre étoile filante est un astrocroiseur belliqueux, me faisaient pitié.
Pour ma part, non, même si je sais qu'à quelques miles nautiques de l'ile où j'habite, les ricains de Porto-Rico ont lancé le projet Méga-SETI sur le site d’Arecibo. Ils y ont installé une Oreille-radiotélescope de 300 mètres de diamètre. Les scientifiques US sont à la recherche d'une Amérique Céleste. Bon, si tu préfères, d'une vie extra-terrestre qui se gaverait elle-aussi de produits sucrés et de bière. Soit ils sont sérieux, soit ils se sont sentis menacés par le chômage. Quoi qu'il en soit, maintenant, les gentils savants sont tranquilles peinards, jusqu'en l'an 2050. Voire peut-être plus.

On se souvient du coup de bluff qu'ils nous ont joué avec leur projet militaire « la guerre des étoiles ». Si, si, je suis sur que tu t'en souviens, c'était en 83, sous Reagan, Hé oui ! L'acteur ! Le cow-boy dans tout ce qu'il a de plus bourrin décérébré ! A l'époque fallait au moins ça pour être pris au sérieux : un acteur-président ; en tout cas, les soviétiques du moment ils ont tout gobé. Résultat de l'opération, le Laser a creusé un gouffre dans l'économie Russkoff. C'est comme la vodka à 69°, dernière goutte pipi faire trou dans botte. (essaye avec l'accent) .

Je te le dis tout de suite, ce n'est que mon avis partagé avec d'autres, je ne crois pas qu'une vie puisse exister ailleurs. Dieu n'a pas pu faire ça ! Sûr ! Ça se saurait, si le Vieux avait recommencé ses conneries plus loin dans l'espace. Soyons sérieux, enfin ! La bible en parlerait, juste une note infrapaginale, un petit truc. Mais une information comme celle-là, ça ne peut pas passer inaperçu, surtout qu'à l'époque de la bible les médias étaient fiables !

Comme je te les déjà dis, je vie sur une île minuscule des Caraïbes. Il parait que c'est ici que le Créateur s'est reposé. Sinon comment Expliquer l'absence de deux saisons sur quatre que l'on connaît bien dans l'hexagone...Ici, c'est super ! Les étés brûlants succèdent aux printemps chauds. Ecoute-moi, en vérité je te le dis, ne cherches pas le Paradis comme tous les autres au cœur du vide sidéral. Prends ta casquette, ton caleçon, ton tee-shirt et vire de bord, direction la Route du Rhum. Bises.

Fax à l'intention d'Anne.
Elle embrassait bien. Debout, j'aurais pu la violer sur place, j'avais le membre dur comme du teck, mais mon cœur était encore tendre. Je l'embrassais à pleine bouche ; je la goûtais molécule après molécule, si bien, que la N.A.S.A. aurait pu me demander des analyses fines sur son agencement moléculaire. Au cours de ce ténébreux goutte à-goutte buccal, sa langue perforait ma bouche, m’insufflait un souffle vital. A l'instar de Siva, la divinité hindoue, mes mains parcouraient si bien son corps que j'avais l'impression d'être devenu octomane. « Surtout, ne te presse pas, ne bouscule pas la vie quand elle te sourit, » songeais-je durant ces préliminaires. Mais dès que je me calmais, mettant un bémol à mes caresses érotiques, la Martienne, elle, m'excitait tant qu'elle pouvait. Elle avait dû étudier l'anatomie humaine avant de débarquer sur ma terrasse. Sûr!

Après moultes essais, j'ai enfin réussi à me dépêtrer du filet de pêche qui tentait vainement de recouvrir son buste, le lui retirant par le haut alors qu'elle 1evait les bras au ciel. Nos gestes furent tellement synchrones, qu'un court instant j'ai cru qu'elle appelait des copines. J'aie eu peur. Au vu de son mode de communication. j'étais sûr qu'elle allait me mener aux cieux, par contre si d'autres rappliquaient pour commu-niquer à leur tour, j'aurai été désolé de ne pas me montrer à la hauteur et de mettre ainsi les pieds (façon de parler) dans un incident diplomatique intergalactique.

Ses deux mains graciles, aux doigts agiles comme des anguilles, glissèrent à la suite de sa bouche plaquée sur mon torse nu ; ses lèvres gourmandes déposaient des baisers chauds et humides sur ma peau électrisée. Elle était en train de connecter toutes mes terminaisons nerveuses à mes zones érogènes. Ensuite elle est arrivée à la hauteur de mon sexe. J'avais le gland qui faisait la roue et la pression sanguine qui déboulait comme l'impétuosité d'un torrent de montagne. Ma forme physique était telle que ma bite à la main j'aurais fendu autant de bûches de bois qu'en contient la forêt Amazonienne.

Elle a levé les yeux vers moi en même temps que sa langue rose a pointé hors de son antre. Son regard vert m'a hypnotisé, avec ma salive j'ai ravalé mes gémissements. Les paillettes d'or de ses iris m'ont souri, ainsi que ses lèvres.

La Terre s'est recroquevillée à la place de mon cœur en crise d'épilepsie, la mer s'est figée, l'air s'est raréfié, le silence installé ; je sentais juste son souffle tropical sur ma queue...que sa bouche avala ; j'étais au fond de sa gorge pleine de vie. Tout autour de nous l'air crépitait, le décor brûlait, les étoiles se décrochaient les unes après les autres. Toutes les galaxies me berçaient dans leurs bras, leurs mains coulissaient en harmonie avec le va-et-vient de ses lèvres retournées et moites.

C'est à ce moment-là que j'ai assimilé la théorie du Big Bang. Et si elle persistait à me sucer aussi voluptueusement, non seulement j'étais prêt a relire les Chroniques Martiennes, mais j'étais intimement persuadé que je n'allais pas tarder à être à l'origine du second Big Bang. Même si sa bouche m'avalait, si sa langue titillait mon gland, si sa dextre appelait ma semence humaine, si sa main gauche tripotait mes couilles -ces dernières en constant état d'alerte-, la Martienne, elle, avait la situation bien en main,

A un certain moment, j'ai senti mon esprit vaciller, les muscles de, mes cuisses mollir, ma bouche hurler un cri rauque, un trou noir naître autour de mes génitoires, mon sperme jaillissait en jets saccadés ; des vortex de plaisir secouaient mon corps, mon âme... Durant toutes nos étreintes, j' ai gardé sur ma face son sourire, à l'image d'une nova. Non, on n'a pas baisé comme des lutteurs, ni comme des taulards en permission, encore moins comme des bêtes. J''aurais pu la lutiner au sol, bouffer son minishort, l'achever contre un palmier, l'étrangler de sensuelles caresses, la dévorer points érogènes après points érogènes, la baiser, la sodomiser, du bout de la queue, à fond les manivelles, la branler du doigt, de la langue, du bout des pieds, lui caresser les bras, les jambes, le dos, le ventre, la plante des pieds, lui sucer la bouche, la langue. les pavillons, les cils, les seins, les tétons, le nombril, le clitoris, les lèvres, l'anus, les orteils, les doigts, respirer sa peau, ses cheveux, ses orifices, la limer dans toutes les positions du Kâma-Sûtra, y compris celles du Zodiaques, hurler, rire, chanter...Oui, j'aurais pu... Et c'est ce que j'ai fait, je pense même en avoir oublié, C'est aussi pour ça que je te faxe, Anne. Ma Martienne a fini par s'envoler vers le milieu de la matinée. Cela fait une semaine que je scrute les étoiles. Mais en vain...

Penses à moi, Anne, si j'ai changé d'avis sur la vie extraterrestre, c'est que je me suis dis que si une femme est douce, drôle, vicieuse, charmante, experte, imaginative, sensuelle, tendre, affectueuse, sans complexe, sans tabou, c'est que les E T sont entrés en contact avec la race humaine. Enfin, du moins leurs femmes, heu .. disons...ma Martienne à moi...

Aujourd'hui, je te demande de déchirer cette malheureuse lettre où je doutais de l'existence de nos visiteurs. Aide-moi.,. Je sais, Anne, par ton dernier courrier que tu travailles à 1'observatoire de Nancay ; que tu renifles platoniquement les étoiles à la recherche de la vie, d'une odeur, peut~être celle qui enduit ma peau depuis ce fameux matin.

Anne, je suis prêt à satisfaire toutes tes exigences. Tu sais, Anne, je passe toutes mes nuits la queue au garde à vous braqué vers le cosmos ; tu vois moi aussi je suis désormais à l'écoute de l'Univers. Mais mes moyens sont dérisoires face au projet Méga-SETI, projet sur lequel tu travailles.

Préviens-moi dès que tu auras un message d'amour en provenance de l'espace. Je t'en conjure !
Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir...
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Viviane Fournier · il y a
ben ..j'ai adoré ..rien de plus à dire ...
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Ody · il y a
Il ne faut rien dire, juste le vivre ;)
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Viviane Fournier · il y a
Oui ...je suis d'accord ...merci d'avoir répondu
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Haruko San · il y a
trop ...bien!!! merci beaucoup pour ce moment ....Mars....ah oui ! +1 volontiers et au plaisir .
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Ody · il y a
Merci, le plaisir est partagé, maintenant :)
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Haruko San · il y a
La route du Rhum? oh mais de ce côté là vous vous trouvez?....an ti ponch là .sa ka oulè! bonne soirée !
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Ody · il y a
J'ai habité à St Barth, il y a quelque temps ;) Il me reste les souvenirs, cet écris, le rhum, non pas le rhum, les rhums :)
sa kay ?

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Haruko San · il y a
sa ka maché !!! sa ka oulé e pani pwoblem la!
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Ody · il y a
Créole ou pendant...
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Micsley · il y a
Tu as eu beaucoup de chance car les martiennes savent tout faire!!! Sur venus c'est juste l'anus, saturne.. Les burnes... Haha très très bon ce texte, j'en rigole encore!
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Ody · il y a
de plus avec Mars, ça redémarre...
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Thara · il y a
Ah ah, un récit bien hallucinant, et bien hot, ça décoiffe à la lecture, + 1 vote !
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Ody · il y a
Il est rare de ressortir bien coiffé d'une relation, merci :)
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Ted · il y a
C'est cru, mais c'est très bien écrit.
Y will be back O)

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Ody · il y a
j'y ai cru...
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Osolaris · il y a
J'ai ri et re-ri ! merci...Ody.
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Ody · il y a
Enfin ! Un commentaire de la planète Osolaris, merci.