Manuscrit échangiste

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au fil des heures, des jours et des nuits, au fil des ans, les mots sont échangés.
Ils s'envolent, disparaissent, reviennent.

Le sourire intérieur, c'est aussi l'envie de sortir de soi,
Le sourire n'est pas que dans la tête,
il est dans tout notre être... ou devrait l'être !

Il était une nouvelle fois une femme qui avait retrouvé le droit chemin...
Il y a quelques temps, elle avait erré, elle s'était perdue dans le dédale de ses pensées, de ses peurs...
Elle avait désiré puis craint de souffrir, craint de se tromper, de tromper, d'être trompée.
Alors, elle avait avancé, reculé, fui...décidant d'oublier, d'oublier cet homme qu'elle avait croisé un jour inattendu au détour d'un site littéraire.
Il l'avait charmée par la magie de ses mots, ses mots si enivrants, si envoûtants, si élégants... ses mots qu'elle ne pouvait s'empêcher de lire...
Elle avait ressenti rapidement une étrange et indomptable attraction pour ce virtuose du verbe et de l'amour...
mais au nom de la raison et par manque de confiance, elle avait décidé de stopper leur correspondance.
Puis aujourd'hui, il y eut ce petit pincement au cœur, elle regarda sa poitrine et vit un petit lien s'échappant de son sein gauche, elle essaya de le couper, de l'arracher... impossible !
Il était solide, fort, indestructible...

« C'est divin, c'est surhumain d'écrire aussi bien, aussi divinement bien. Donnez-moi votre secret, monsieur le magicien et je me donne à vous dès demain, non, non ce n'est rien, trois fois rien, qu'un grain de satin, ce n'était qu'un mot en l'air qui s'est perdu en chemin.
Mais qui êtes-vous trouvère, troubadour, explorateur de la matière, de tous les trous noirs, verts ou roses fleuris,
pour faire surgir les sens et l'essence du mot et les quarantièmes rugissants, pour ainsi et autant sauter du coq à l'âne, passer du libertin extrême que je repousse hypocritement avec force de mes mains et de mes vœux
au romantique suprême qui m'attire tel une papillonne irrésistiblement dans la lumière... pour oser ainsi défier les lois des dieux, de l'espace-temps et de l'apesanteur. »

Elle le suivit des yeux, ce lien mystérieux, remonta jusqu'à sa source et fut bien obligée de constater, reconnaître que ce lien la reliait à lui , jaillissant de son sein tout en emprisonnant son cœur, faisant un nœud à son sexe...Elle était attachée à lui indépendamment de sa volonté.
Il l'a retrouvée il y a quelques milliers d'heures seulement.
Et juste la minute d'avant.
Le jour naissant le voit avec un sourire intérieur éclatant.
Il voudrait l'appeler au petit matin pour lui souhaiter une belle journée.
Pour lui dire de ne plus recommencer ces errances.
Errances qui lui font du mal à elle autant qu'à lui.
Il aurait voulu l'appeler pour lui dire de se faire belle dans sa tête.
J'imaginais déjà une pluie sur sa joue que j'aurais stoppée de mes doigts, de mes lèvres.
Une perle salée que j'aurais bue. Et les suivantes que j'aurais anticipées.
J'imaginais déjà pouvoir tout absorber, pouvoir tout éponger de mes mots, ma tendresse, faire revenir ce soleil, ce sourire oublié par ces soirs de disette.
J'imaginais déjà un chemin de douceur où nous aurions pu rire sans nous soucier d'hier et de demain.

Je suis ton attachée
Ta fidèle Héloïse
que tu courtises
Ton regard me baptise
j'aime y voir la convoitise
Car je ne suis banquise
Je suis ta dulcinée
Tu es mon Bayard et mon Quichotte
Ta seule Dulcinée époumonée
De tes mots fous, captive.

Je suis l'homme qui te trouve élégante et attirante, et qui te le dit.
Et te le répète une fois encore.
Viens, saute sur mon fier destrier, accroche-toi à mes ailes
Il est temps que je t'emmène sur les rives de l'amour intemporel,
Ne dis rien, goûte avec moi le silence tonitruant de nos désirs.

********** ***********

de l'un à l'une, sous sa lune, de l'une à l'autre, bon apôtre

Vous êtes assise en haut du toi.
Vos peurs transgressent l'horizon.
Je veux désobéir au temps.
Tout autour des abeilles il est un air de miel.
J'ai entendu leur chant au froissé de leurs dards.
J'ai vu leur bouche boire le lait de la montagne.
Aux seins des collines
Les hanches des forêts dansaient dans ta lumière
Rondes comme nos vies nos ventres
Blondes comme soleils
Le monde est une femme aux courbes infinies.........

« Tu es ce suave discours
Qui affole mes circuits
Tu es ce voile de mots
Qui me drape de velours
Je suis cette fée candide
Qui envahit tes nuits
Je suis cette femme sylphide
Qui boit tes prophéties. »

Laisse ma main façonner
Sur l'ardeur de ton corps
Les plus beaux accords
Les plus beaux baisers
Laisse ton souffle, embraser
La portée des désirs
Qui sournoisement s'étirent
Sous les cieux étoilés.
Vous aimer dans le soleil ivre du premier jour
Comme une coulée d'or qui enlace nos corps
Quand les rayons liquides descendent sur mes jambes
Se répandent
Se répondent, votre sève se mêle à l'eau de ma rosée
Et vous sentez, Ma Dame, mon regard vous caresser déjà.

« Je suis là
Derrière votre miroir et je vous vois
Je souris à votre baiser pour vous
Je souris à vos regards sur vous
Envie de vos mains
Envie de boire du vin
Et de manger du pain
Envie de vous rendre fou
Désirs en moi
Frisson en moi. »

Curieux et bonhomme, il s'éveille et s'étire, se redresse doucement, risque un œil et prend de la hauteur.
L'intrépide rêve de collines et des monts vertigineux qu'il escaladerait, de grottes humides à visiter.
Il se hisse fièrement, développe toute sa longueur, hardi, tendu vers l'horizon doux et laiteux.
Il relève sa tête glabre, rougissant sous l'éclat lunaire qui s'étale devant lui, l'âme aventurière et l'esprit vagabond.
Il frétille, s'agite, humide de plaisir, gonflé d'orgueil, conscient de sa toute-puissance,
il avance frénétiquement vers des terres inconnues qu'il pense être le premier à pénétrer.
Une larme d'émotion coule, un soubresaut comme un sanglot, il fonce sans hésitation, droit devant lui,
comme guidé par une inspiration soudaine, un éblouissement ancestral.
Mais au dernier moment il bifurque, change d'avis et d'espace, se dirige vers une langue rose et douce qui le cueille comme une fleur, aspirant et lissant, salivant et crachant, exultant devant sa posture ferme et douce, palpitante, vibrante quand, brusquement, une poussée irrépressible l'arrache à lui-même dans une explosion à grands jets de foutre et d'étoiles.

« Si le sourire vertical tranche le fessier en deux,
le sourire horizontal nous émeut jusqu'aux larmes,
nous fait sourire jusqu'aux yeux.
Mais mon fessier est tout à fait capable de vous sourire,
en attente...de vos regards, de vos claques, de vos baisers !
Mes yeux celés par vos mains pleurent de bonheur,
Mes fesses ouvertes attendent chaleur et impudeur. »
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