Ma vie d'adulte Auto -biographie de deux decennies

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Je vous invite à lire " Femme " et vous en saurez presque autant que moi sur moi. Permettez de conserver un peu de mystère  [+]

Ma vie d’adulte
Auto-biographie de presque deux décennies - Dédié à Loodmer et Fabienne


Je rencontrais Jean-Luc dans une boîte de Paris au cours de l’enterrement par une amie de sa vie de célibataire. Le plus bel homme jamais rencontré, je fus scotchée de suite par son regard hypnotiseur.
Très sportif, je découvris dès le soir de la première rencontre son corps de rêve. Une folle nuit qui dura 48 heures.
Il était gérant d’une grande marque de voitures allemandes aux Champs-Élysées et durant tout un été, ce ne fut que luxe et volupté. Chaque fin de semaine nous voyait sur les bords de Loire où les vignobles et hôtels de luxe doivent conserver la mémoire de forme de nos corps.
De mon côté, je travaillais pour une agence bancaire. Un métier à oublier. J’étais cadre et chargée d’enquiquiner le personnel de base comme la direction nommait les agents de caisse .
Quand Jean-Luc me proposa de partir dans le sud où on lui proposait une direction bien plus importante, je n’hésitais pas une seconde et c’est ainsi que je découvris "Toulon".
Je retrouvais un emploi dans une banque pour un poste un peu plus intéressant disons de direction.
Il nous fallut quelques mois pour trouver la maison que j’occupe encore plus de 15 ans plus tard. Elle est idéalement située sur un mont célèbre qui domine la baie. Sur le bord de la piscine, je peux voir la rade avec ses bateaux.
La vie fut belle durant 2 années et mon compagnon me fit un enfant, une fille. J’avais tout juste 25 ans.
Même pas le temps de me rétablir, il ne rentrait que tard, très tard et prétextait un travail de bureau le soir. J’étais un peu naïve et surtout occupée, préoccupée par les soins à mon bébé. Je n’étais pas préparée et parfois un peu débordée.
C’est à cette période que mon compagnon s’absenta plus souvent. Il lui arrivait de partir tout un weekend. Je n’étais toujours pas alertée quand il partait en Allemagne pour son métier.
Ma petite Anaïs avait maintenant 5 mois et j’avais repris le boulot qui ne me paraissait plus aussi attrayant. Les longues réunions dites d’information me fatiguaient, je rentrais épuisée et me couchais parfois sans dîner. Notre relation conjugale avait pris une tout autre tournure. Nous étions devenus un vieux couple et il était indifférent à notre fille. Jamais il ne s’en occupait.
Quand elle atteignit l’âge de 1 an, il commença à découcher un jour par semaine puis plusieurs nuits. Je m’en fichais, nous n’avions plus de relations intimes et faisions chambre séparée.
Cette situation se dégrada encore, doucement au début puis tout s’accéléra. Il ne revenait qu’une fois par semaine, cela m’arrangeait je ne pouvais plus le supporter.
J’étais tellement éprise et prise par ma fille merveilleuse que plus rien ne comptait vraiment.
quand il quitta la maison après de nombreuses péripéties douloureuses, peu de temps après, je me sentis soulagée. Ce fut de courte durée.


2 Jeune très jeune même, je faisais de la moto avec mon papa, un mordu de ces engins. Il m’apprit le maniement, et à son image, je concourrais dès l’âge de 15-16 ans sur de petits circuits du département, garçons et filles confondus. Ma meilleur performance fut une place de seconde vers l’âge de 17-18 ans sur le circuit de Montlhéry. Le niveau était relevé et nous n’étions que 2 filles pour 45 garçons qui ne faisaient pas de cadeau. Ils voulaient faire carrière.
Ensuite, je me concentrais sur mes études et après mon bac obtenu avec mention, j’intégrais l’université pour des études de lettres et là découragée par les remarques de ci de là, je bifurquais dès la fin d’année sur la psychologie qui m’intéressait depuis longtemps. Je pus passer en seconde année à la rentrée suivante. Je voulais entreprendre des études courtes et choisis la Psycho-motricité.
Cette fois encore, nous fûmes découragés par certains profs pour la même raison, le manque de débouchés, ce qui se révéla faux les années suivantes.
Un peu découragée mais ne voulant pas abandonner, je décidais d’intégrer un cursus plus long.
Je quittais finalement avec une simple maîtrise en poche pour intégrer une grande compagnie de transports où j’appris grâce à une tutrice de premier ordre le métier de «psychologue du travail»
Munie de ce métier, j’intégrais une grande banque avec un salaire plus élevé pour le même travail ou peu s’en faut.
C’est à cette période de ma vie que je rencontrais mon malheur en la personne de JL. Il était parfait au tout début et notre fichue idylle ne dura que deux années, le temps de me faire un bébé et de s’éclipser avec une gamine de 17 ans qui en paraissait 14. Je crois savoir qu’ils voyagèrent au Maghreb un certain temps puis il revint seul et sous prétexte de voir sa fille débarqua chez moi. Il n’avait plus d’emploi et je ne savais ni ne voulais savoir comment il gagnait sa vie.

Je lui prêtais une chambre un peu à l’écart de l’habitation.
Ce manipulateur eut vite fait de m’embobiner et de réintégrer notre chambre de jadis.
J’avais fait un trait sur ma sexualité depuis qu’il m’avait abandonnée, il eut vite fait d’essayer de restaurer le passé lumineux, la corde s’était brisée l’ amour de ma fille occupait toutes mes pensées. Elle avait 5 ans à présent et de la voir si belle et lumineuse me transportait
Quelques mois passèrent durant lesquels je crus naïvement à son assagissement
Je redevenais femme et je restais mère avant tout!
Naïve jeune femme que j’étais, le même manège se reproduisit. Il ramena une très jeune fille, le soir au début. Je pense que c’est la présence de ma fille qui atténua ma douleur bien moindre que la première fois et cette fille aussi, dont le comportement était plutôt agréable, sympa.
Presque chaque jour, elle allait au marché et ramenait des victuailles, elle m’aidait pour les repas et s’occupait de ma fille Anaïs qui l’adorait. j’avais trop souffert de sa lâcheté pour attacher la moindre importance à cet intermède d’autant qu’il lui faisait subir les mêmes affres que j’avais subi.
J’avais repris une vie presque normale et nous sortions tous les trois dès que possible. Jl ne rentrait qu’une fois par semaine.
Comme la première fois, je rompis toute relation intime avec lui et il ne s’occupait plus d’Anaïs, ce n’était surtout pas un père mais comme on le verra ce fut lui qui l’éleva en me la subtilisant. C’est l’essentiel dans le drame qui n’allait pas tarder à se déclencher.
J’avais hérité de la moto de mon père et j’emmenai Mylène, la fille, faire de belles balades le long de la corniche, elle adorait ça.
Un soir, après ma journée de travail, je partis à Yerres à moto . J’empruntais l’autoroute et c’est là que le drame épouvantable survint. Je roulais à 100km/heure environ quand une voiture puissante me doubla par la droite et me frôla à grande vitesse en me faisant une queue de poisson. Je fus déséquilibrée et la chute violente en glissade me fit passer sous la barrière de sécurité. Après j’eus un trou de mémoire et j’entendis les secours arrivés avec les sirènes hurlantes.
Je passais 3 mois à l’hôpital suivis par une longue rééducation douloureuse et à la sortie, je dus porter une minerve durant six mois.
Durant mon absence, Mylène s’était très bien occupé d’Anaïs, elle l’amenait à l’école, suivait sa scolarité.
Évidemment il y eut enquête Mais il était difficile de prouver la culpabilité de JL. Aucun témoin précis ne se présenta.
D’audience en audience, rien de nouveau n’apparaissait. Certains témoins donnèrent des éléments diffus, contradictoires. L’un donnait une voiture grise, d’autres bleue et même jaune.
Il fut relaxé au bénéfice du doute et moi cassée de partout, corps et séquelles post-traumatique je fus comme à mon habitude habitée de doutes sur mes capacités de vie.
Mylène me sortit de ce mauvais pas en me soutenant jusqu’au tribunal où elle déposa contre lui, ce qui ne fit qu’aggraver mon cas.
Mais c’est une fille adorable qui m’accompagna durant les 2 années qui suivirent. Elle me permit de remettre le pied à l’étrier du travail et grâce à elle , j’intégrai une petite agence de communications où je suis encore aujourd’hui.
Le père avait obtenu un droit de garde le weekend mais il n’en abusait pas, je ne le vis qu’une fois. Heureusement, j’avais préparé ma fille à cette première rencontre et elle partit sans appréhension avec lui
. Je ne devais la revoir que 10 années plus tard. Elle avait 16 ans. C’est ainsi que j’appris qu’ils vivaient depuis quelques années en Australie.
Ma fille tant aimée m’a tant manquée que je n’arrive pas à communiquer. Elle est toujours sur le qui-vive dès que j’essaie de l’approcher. Des aspects de son comportement me déplaisent mais je ne me sens pas de le lui dire. Le temps a fait son œuvre et en notre défaveur.
Elle fait tout pour me déplaire et refuse obstinément de confier la moindre parcelle de sa jeune vie passée.
Le grand amour de ma vie que l’on m’a kidnappée durant trop longtemps m’échappe totalement et je suis encore seule avec ma peine infinie.
J’ai rencontré récemment un homme de 45 ans qui m’enchante entièrement. J’espère tout en craignant la réponse que ma fille va apporter à ce nouvel élément de ma vie!
Je suis allée passer quelques jours auprès de mon vieux papa âgé de 82 ans et ma fille a voulu nous rejoindre pour connaître ce papy. Je redoutais la rencontre étant donné le comportement renfrogné de cette dernière.
J’étais stressée en allant la chercher à la gare. Même pas une bise, elle me paraît hautaine un peu dédaigneuse. Est-il possible qu’elle eut oublié sa petite enfance. Elle avait 6 ans quand il l’a emmenée.
Je la vois souvent m’observer à la dérobée, elle semble un peu intriguée.
Nous arrivons chez papa. Elle a un regard d’abord étonné puis admirative se précipite vers un carré de fleurs sauvages dont elle fait un bouquet. Curieux tout de même, ce n’est pas la réaction que j’attendais. Son grand-père la détaille puis lui fait un compliment bien senti sur sa beauté. Elle semble ravie et va s’asseoir près de lui.
Depuis, ils sont inséparables et me snobent un peu, beaucoup même.

Elle décide de rester chez son grand-père avec qui je la vois détendue, riant parfois, très étonnant pour moi.
Moi je vis actuellement seule, j’ai l’impression de faire le vide autour de moi.

Je me suis inscrite sur un site de lecture et d’écriture où j’ai découvert de bien belles personnes, peu en fait comme le reste de notre société et aussi le chagrin, les chagrins divers qui me touchent.
J’y ai fait quelques merveilleuses rencontres qui me réconcilient avec l’existence.
Je vais mieux malgré cette épisode douloureux avec ma fille qui se poursuit.
Je l’aurai cette petite garce qui a peut-être souffert durant ses 10 années d’exil forcé loin de sa maman . Elle m’a tellement manquée et m’exaspère souvent
Je pourrais être heureuse avec l’homme que j’ai rencontré mais je suis suspendue au comportement de ma fille.
Je souhaite finir ma vie entourée simplement de mes animaux(une tortue, un chat) et le calme autour et dans ma personne. Je commence à fatiguer alors que je n’ai que 42 ans
Ps Je fais toujours de la moto et sans aucune crainte

Toulon 2019
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Fabienne Liarsou · il y a
Je ne sais pas quand tu as ajouté la dédicace...mais c’est touchant. Merci.