L'hôtel de Saint Malo

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Premier week-end de juin, après cette période difficile que nous venons de vivre, nous sommes en route pour Saint Malo. Nous avons décidé de décompresser entre filles, ma sœur, Jeanne, conduit, et ma cousine Laure, lui sert de copilote. Comme je dors toujours en voiture, je me suis installée à l’arrière et roupille la moitié du temps.
Je suis très proche du père de mes enfants, mais à cause de mon caractère rebelle et féministe, il a compris qu’il fallait me laisser beaucoup de liberté pour que je sois épanouie. Je n’ai donc pas à lui demander la permission pour partir en week-end !
Sur la banquette arrière de la voiture, je lis de temps en temps les messages que je reçois sur WhatsApp ou Messenger. Avec le confinement, beaucoup d’amis et quelques amants d’un soir, ont fait leur réapparition pour discuter. Certains envoient juste un bonjour mais d’autres messages sont bien plus explicites et plus chauds.
Une des correspondances, les plus troublantes, je l’ai eu avec Thomas, mon breton, pas pur beurre, mais quand même, pur breton ! Je ne l’ai rencontré qu’une fois à une soirée chez des amis communs, rien de physique ne s’est passé entre nous, à part peut-être une sorte d’attirance. Il a cependant, pris le culot de m’envoyer des messages de plus en plus torrides. Au bout de quelques mois, cette correspondance très enflammée s’est peu à peu atténuée pour ne plus exister maintenant. Je le soupçonne de s’être rendu compte qu’il était toujours amoureux de sa femme. Chacun de ses messages m’envoyait dans une dimension de plaisir insoupçonné qui me perturbait beaucoup, même plusieurs jours après les avoir reçu.
J’ai fini par poser sur le papier, les pensées qu’il m’inspirait, j’ai rangé ses dossiers et, depuis, mon esprit est bien plus libre et l’idée de ses caresses ne m’obsède plus.
Après trois bonnes heures de route, nous voilà enfin devant un hôtel magnifique, au nom évocateur, « Le nouveau monde », il est bien placé, face à la mer. En sortant de la voiture, je respire à plein poumon les embruns marins. L’air semble plus humide qu’à Paris malgré les températures presque estivales. L’hôtel est pratiquement vide, nous sommes surclassées en « suite privilège » avec vue mer et profitons d’une grande chambre double et d’un salon communicant. La décoration est apaisante dans les tons bleus, je m’installe dans le salon, les filles vont certainement discuter très tard dans la soirée, je serais plus tranquille ici.
La ville de Saint Malo est impressionnante, on se croirait dans un décor de film. Les ruelles sont sinueuses, et authentiques, peu de touristes ne sont revenus dans la cité corsaire pour l’instant, nous profitons pleinement de la promenade. Depuis le château, à l’entrée de la cité historique, nous longeons les promenades sur les remparts, la vue sur la baie est magnifique. Nous traversons la vieille ville à la recherche du fameux "Breitz Café" dans l’espoir de goûter une bonne crêpe. Les bretons se ressemblent tous, il faut croire; au détour d’une ruelle, j’ai l’impression de voir de dos, la démarche du fameux breton qui m’a fait vibrer. La même taille, les mêmes épaules carrées, mais les bras sont peut-être un peu plus musclés, et il ne fume pas ! Et voilà, je vois des bretons partout en Bretagne !
La ballade vivifiante terminée, nous rentrons à l’hôtel pour profiter de la plage. Nous installons nos serviettes côte à côte, sur cette longue plage de sable doré, et refaisons le monde. Nous évoquons nos histoires pendant le confinement et celles d’avant. Je n’ai pas grand-chose à dire, rien de vraiment extraordinaire ne m’est arrivé ces derniers temps. Bien que ce week-end me change les idées, j’ai le spleen, et je ne sais pas vraiment pourquoi. Je les écoute encore un moment et prétexte une migraine pour remonter dans la chambre. Elles restent encore un moment sur la plage et irons ensuite, directement au sauna.
Je prends une douche, passe de la crème hydratante sur toutes les parties de mon corps, et ne couvre ma nudité, que d’un peignoir en soie imprimé de perroquets multicolores. Je prends un thé et le roman du marquis de Sade, ouvre la fenêtre et profite ainsi de l’air marin. Mon thé est chaud, le liquide coule dans ma gorge et me procure un réconfort insoupçonné. Le livre que je tiens entre les mains est-il philosophique ou érotique ? Certain passage comme celui-ci : « Femmes lubriques, que la voluptueuse Saint-Ange soit votre modèle; méprisez, à son exemple, tout ce qui contrarie les lois divines du plaisir qui l'enchaînèrent toute sa vie. » me font sourire. Ce livre est écrit pour moi !
Je me penche à la rambarde du balcon pour regarder les filles qui sont sur la plage. Le peignoir entrouvert laisse voir mes longues jambes, adoucies par la crème. Plusieurs groupes de personnes sont maintenant installés sur la plage ! Les filles me remarquent et me font signe de la main, attirant par le fait, le regard de certains. Un groupe de trois filles et de deux garçons est juste installé à côté de Jeanne. Je reconnais malgré la distance, un des garçons, habillé d’un bermuda en jean et d’un polo rose et bleu à grosses rayures, c’est le breton que j’ai aperçu lors de la promenade ! Il se retourne au son des cris des filles qui m’interpellent « Coucou Angèle ! »... Non ! C’est Thomas ! Que fait-il ici ? Je n’y pensais presque plus.... Je l’avais chassé de mes pensées, même, lors de mes plaisirs solitaires. Un sentiment de panique m’assaille. Il me regarde fixement, bien que je me sois éloignée du bord. Je m’assoie sur le transat pour reprendre mes esprits. Une multitude d’idées défilent dans ma tête. Il est là parce qu’il n’habite pas loin de Saint Malo ! Il est là parce que c’est le week-end et que beaucoup de personne ne travaille pas le week-end, il est là parce que c’est comme ça !
On frappe à la porte ! Les filles sont remontées.
Entrez !
Des pas lourds et décidés se dirigent vers le balcon, ce ne sont pas ceux des filles, mais belle et bien de mon breton ! Je lui souris et tente de rester calme. Mission des plus difficiles quand il s’approche de moi pour m’embrasser sur la joue comme un bourgeois catho.
- Bonjour ! me lance-t-il.
Je suis toute vibrante de l’intérieure, mais garde ma dignité, je ne lui saute pas dessus ! Il finit par me dire qu’il a plaisir à me retrouver et qu’il est désolé d’avoir cessé de m’envoyer des messages, qu’il est très pris par son travail et ses divers activités, et blabla et blabla...
Je m’en fous, je veux qu’il me prenne comme un sauvage, là sur le transat !
Il continue sur les travaux qu’il a fait chez lui, et blabla et blabla, c’est bien « t’es un vrai homme qui sait utiliser une bétonnière... », Je ne lui dis pas, je reste poli et tente de ressembler à une personne bien élevée.
Je pose le mug que j’avais encore dans la main à côté du livre sur la petite table. Il remarque bien le titre « la philosophie dans le boudoir », me sourit, et tente encore quelques explications. Je l’arrête en le plaquant sur la rambarde et en l’embrassant à pleine bouche. Ses lèvres ont un goût de sel. Il est un peu surpris, mais se laisse faire et me rend ce baiser. Ce feu intérieur me brûle tellement que je ne peux me contenir, je passe une main sous son polo et devine les muscles de son ventre, de son torse. Ce contacte m’excite davantage, et je l’embrasse encore plus sauvagement. La ceinture en soie fine de mon peignoir glisse et laisse à sa merci, mes seins qui pointaient déjà de désir sous la soie. Il les presse entre ses mains puissantes, je laisse échapper un cri de plaisir, il se plie alors, légèrement, pour avoir à portée de sa bouche mes mamelons, qu’il mordille frénétiquement. Je desserre sa ceinture, pour glisser ma main dans son caleçon. Oh ! Mais il n’a pas de caleçon, et son membre bien dur est directement accessible. Très bien, ce n’en est que plus excitant ! Sous ses airs de petit breton bien comme il faut, il y a un gros vicelard ! Hum, tant mieux, il est là pour ça ! Je sors ma main de l’écrin, la lèche comme une grosse cochonne et la glisse à nouveau dans son bermuda, pour faciliter le va et vient de mes caresses. De l’autre main, dégrafe son bouton et fait glisser la fermeture éclair, le bermuda tombe sur ses tennis. Son membre est à ma merci, entre mes mains, et effleure la peau de mon ventre. Je pousse mon gaillard vers le transat, légèrement à l’abri des regards. Je m’assoie, les jambes écartées, le peignoir s’ouvre, et ma chatte se découvre au soleil. Je suis maintenant à la hauteur de son membre que je prends à pleine bouche. Il attrape mes cheveux, et glisse ses doigts jusqu’à la pointe des racines. J’y ai tellement pensé, j’ai imaginé tant de fois cette scène, que je la savoure pleinement. Je l’attrape maintenant, par le polo, pour l’obliger à se mettre à ma hauteur et à s'asseoir à son tour sur le transat. Je me lève, pour le dominer, il regarde lentement mon corps, à peine caché par le peignoir. Il est là assis, sur le transat, son polo froissé, son bermuda encore à ses pieds, et la queue raide à l’air. J’adore cette position de lui, en soumis, lui, qui semble souvent sûr de lui ! Je touche son torse à travers le tissu de son polo pour le faire basculer sur le transat. Il est maintenant allongé plus ou moins de travers dans une attitude de soumission. Je le chevauche et viens m’empaler sur son membre en oubliant toutes les précautions d’usage ! Pas de masques, pas de capote ; j’en ai trop envie. Je le sens surpris mais ravi par tant de hardiesse. J’effectue des mouvements de va et viens sans penser un instant à ce qu’il peut ressentir, égoïstement je me balance comme une camée en manque de sexe, à la recherche de plaisir. Je pousse des râles d’animal à chaque mouvement. Je suis en pleine délectation, j’en oublie une retenue de bienséance et prends mon pied, comme une renaissance après ses longs mois de confinement. J’exulte dans un cri puissant, audible jusqu’à la plage certainement, mais tant pis ! Mon corps se plie sous le plaisir que me procure cet orgasme. Cette jouissance est tellement douloureuse que je me retire de son membre. Je m’agenouille sur le côté du transat et le branle pour tenter de lui faire prendre autant de plaisir que j’en ai eu. A son tour, il prend son pied et asperge de sperme mes seins. Il me regarde de ses yeux malicieux, me tartiner de ce liquide, je fini par sucer les doigts, un à un, et passe ma langue sur mes lèvres en signe d’acquiescement.
Toute parole serait superflue, je reste un instant, à genou, la tête sur son torse et savoure ce moment.
Peut-être, est-ce la conclusion de nos échanges épistolaires ou le début d’une série de corps à corps endiablés ?
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