Les prémisses d'une belle histoire

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Une terrasse de café, une table ou je suis seul avec ma tasse. Le regard perdu dans le vague, je la vois. Elle, féminine, rêveuse, elle avance lentement dans ma direction. Je ne peux détacher mon regard au risque de la déranger par mon insistance. Elle est belle. Non ! Ravissante, délicieuse à regarder. Ses formes si parfaitement dessinées sous son manteau merveilleusement ajusté. Une femme comme je n'en avais encore jamais croisé, à part dans les magazines. Celle qui retient toute mon attention, comme une attraction dont je ne peux me défaire, dont je suis comme envoûté. Son visage d'ange, éclairé par un fin rayon de soleil matinal, il est 7h53. Je me mets en retard pour aller travailler mais mon regard ne peut s'en défaire tellement elle est magnifique, simpliste dans sa démarche. Une écharpe blanche qui tranche merveilleusement bien avec ses cheveux d'un noir si profond que l'on pourrait croire à la profondeur des abysses dans lesquels je me noierai volontiers. Ses joues rougies par le froid lui donnent un air enfantin, et des yeux d'un bleu clair qui me glacent le sang au point de ne pouvoir finir ce café que le serveur avait déjà tardé à me servir. Elle avance mais c'est comme si le temps s'était arrêté. Je n'entends plus le ronronnement des voitures, ni le brouhaha de mes voisins de table. Même les oiseaux se sont arrêtés de piailler à son approche comme si c'était elle qui était à l'origine de la vie, de l'existence même de chaque être sur terre. Elle est si proche maintenant que je pourrai sentir son parfum. Non, je le sens. Il est si bon. Fruité, léger, comme une brise qui m'aiderait à oublier qu'aujourd'hui je me suis levé comme chaque matin avec mes lourdes pensées d'homme d'affaires. Un échange de regards et je ne pourrais m'empêcher de l'aborder. Il est 7h54.je me retourne sur son passage, pas un regard. Et pourtant, elle m'appelle. Tout son corps m'appelle, me réclame. Je laisse cette tasse. Ce café froid. Je n'ai pu le boire. J'ai quitté la terrasse, je suis sur ses pas. Je me hâte de savoir où elle va. J'ai les mains moites, j'ai la sensation du touché de ses hanches dans le creux de mes mains. Je n'avais jamais ressenti cela. Comme si le charnel se ressentait au travers de son parfum qui m'entraînait dans une valse intense de désir d'elle. La rue est à nous, je ne vois plus les silhouettes qui nous entourent. Nous sommes seuls, c'est comme si sa beauté avait effacé le monde entier. Je ne distingue plus le décor autour. Je ne vois qu'elle. Je la ressens. Le mouvement de ses cheveux me berce. Mon cœur bat si fort que j'ai l'impression qu'elle l'entend. Je presse le pas et la rattrape. Son parfum envoûtant me ferait vaciller. Je l'aime. C'est troublant, je ne la connais pas. Et pourtant j'ai le sentiment de lui appartenir depuis toujours. 7h56... Les minutes me paraissent des heures, des jours, je ne peux la laisser s'éloigner. Je ralenti le pas, de peur de l'effrayer. Elle ne m'a pas remarqué, elle ne sait même pas que j'existe. Que je n'existe que pour elle. Aujourd'hui je le sais, elle est celle que je cherchais, celle qu'il me fallait, celle que je voulais. Douceur, délicatesse, et je l'espère tendresse. Un soupçon de folie dans un regard que je tenterai de capter demain à son approche. Je la désir et voudrais lui chuchoter à l'oreille mais je n'en ai pas le droit. C'est indécent, et surprenant cette chaleur qui monte en moi. Un désir si intense qui me fait rougir. Je la laisse distancer mes pensées les plus éprouvantes. L'envie d'une femme... Non le désir de goûter à ses parfums les plus envoûtants et déstabilisants. Je rebrousse chemin, l'image de sa silhouette encrée dans ma mémoire, et ce parfum que je ne peux oublier. Je suis en retard et je vois ces silhouettes qui se pressent dans un seul but, tandis que le mien continue sa route la bas au loin. Je ne la vois plus. Elle a disparu au milieu de cette foule qui se hâte vers une journée de travail. J'espère la revoir. Je sens encore son parfum si léger et envoûtant. Je suis en retard, mais peu importe à comparer de ce doux moment passé à l'admirer. La fin de la journée approche, que fait-elle? Ou est-elle? Vais-je la revoir? Je caresse l'espoir comme je caresserai la courbe de ses reins. Je regagne mon domicile en pensant la croiser sur mon chemin. Ce matin en arrivant à la terrasse du café je m'installe à la même table. Cette table qui m'a permis de rêver un instant. 7h50 je suis en avance, je l'espère. Je guette le coin de la rue, je ne relâche pas mon attention, je ne veux pas la louper. C'est sur aujourd'hui je l'aborderai. Je ne sais pas comment encore mais je ne peux pas là laisser passer sans rien tenter. Ça y est, elle approche. Elle est belle, rayonnante. Aujourd'hui il fait bon, le soleil commence déjà à nous chauffer le visage. Elle ne porte pas son écharpe blanche. Juste son col est relevé. J'aimerais juste apercevoir son cou, le humer, sentir sa chaleur et pouvoir y glisser un doux baiser. Son regard accroche le mien. Ça y est, elle me sourit je lui rend sans bouger, sans même espérer une phrase de sa part.
Les pommettes rougies, un sourire charmeur, elle ferme lentement les yeux comme pour me donner l'autorisation de l'aborder. Elle laisse s'échapper un gant derrière elle. Je m'empresse de le ramasser et de l'attraper par le bras pour la stopper dans son élan.
F Je lui tends le gant. Nos mains se frôlent, c'est un délice. Son parfum est si bon, il m’envoûte. Je me noie dans le bleu de ces yeux. Je ne trouve pas de mot pour l'inviter à prendre un café. C'est bête. Elle me fait perdre mes moyens, moi qui suis si sûr d'habitude. Elle me fixe de ces grands yeux azure. Je me lance.
F Je parlais bien évidemment du moment où je la fixais droit dans les yeux. Il m'aurait été difficile de passer à côté d'une si belle occasion. Elle sourit et décline mon invitation prétextant qu'elle n'a pas le temps tout en me remerciant d'une douce voix.
F À son regard je sens qu'elle accepte. Elle me donne rendez-vous pour le lendemain matin, c'était inespéré. Je la regarde s'éloigner sans se retourner. Je vais attendre que la journée se passe avec son image encrée dans ma mémoire et se parfum léger comme une brise. Le son de sa voix résonne dans ma tête comme une douce mélodie. Les heures défilent lentement, trop lentement. J’ai l'impression que demain n'arrive jamais comme si elle avait arrêté le temps, comme pour tester ma patience. Je n'en ai pas, je le sais et je tourne en rond en attendant de la retrouver demain à la terrasse de café. Et si elle ne venait pas ? Et si je lui avais fait peur ? Je ne m'en remettrais pas d'avoir laissé passer ma chance en lui proposant ce café. Mais comment aurais-je pu la revoir sans même tenter de la rencontrer, de passer un seul tout petit moment, ne serait-ce que 10 minutes à une terrasse de café?

2
Je suis impatient. Je me suis réveillé très tôt ce matin, je vais enfin pouvoir lui payer ce café qui va peut-être aujourd'hui changer le cours de ma vie. Déjà je sais que ma journée ne ressemblera en rien à toutes les précédentes. Je me presse dans la rue afin de l'attendre à cette table qui m'a porté chance jusqu'à aujourd'hui. Cette nuit j'ai rêvé de ce moment. Elle aussi est en avance. Ce qui me frappe le plus c'est qu'elle me sourit en me voyant. On dirait qu'elle était en attente de cette matinée comme si elle pouvait nous réserver un bel avenir. Je me lève pour l'accueillir et ça la fait rougir. C'est déstabilisants autant de charme dans un si petit bout de femme. Elle commande un café crème. J'ai cru entendre "je vous aime" et j'ai répondu "moi aussi". J'en étais troublé car je craignais qu'elle n'ait compris que j'étais perdu dans ses phrases, que je ne saisissais pas ces mots ou les interprétais à ma guise. Un simple "que faites-vous dans la vie ?" se transformait en "j'ai envie de vous". J'étais comme hypnotisé par sa beauté, son élégance, cette douceur lorsqu'elle porte la tasse à sa bouche. Cette bouche qui a l'air si douce et que je ne peux pas ignorer. Je m'excuse et de mon pouce je lui essuie la mousse qui s'y est déposé au coin. Un sourire comme pour me charmer et mon regard est captivé par la profondeur de son âme que je devine dans ses yeux.
"Que faites-vous dans la vie ?" J'aurais pu sans frémir lui répondre "Je vous cherchais !" mais cela aurait été trop direct à son égard. Elle, qui était si douce je l'aurais peut-être effrayé.
Elle porte la tasse à sa bouche de ses deux mains. Des mains d'une finesse tel qu'en fermant les yeux je les aurais presque senti me caresser. Nous échangeons plus de regards que de mots. Cela en deviendrait indécent. Je ne peux m'empêcher de la déshabiller du regard. J'en avais même oublié de me présenter. Elle me le fit remarquer en se présentant elle-même. J'en étais confus. Alice !! Son nom résonne dans ma tête. Le temps s'est de nouveau arrêté. Plus rien ne m'importe plus qu’elle. Je voudrais la tenir dans mes bras et m'enivrer de son parfum. Un regard plein de timidité et de plaisir. Le plaisir de charmer par sa simple présence lors d'une invitation à boire une tasse de café. Rien n'était plus sensuel que ce moment de plénitude.
Jetant un coup d'œil à sa montre elle me remercia pour l'invitation et me donna presque rendez-vous le lendemain. Je ne pouvais croire que nous avions passé 20 minutes à la même table, autour d'un café, alors que la veille je la pensais inabordable, intouchable... Et pourtant elle était là, durant plusieurs minutes, assise en face de moi parfois rougissant de malaise sous mes regards presque malsains de désir qui montait en moi. Je la reverrai demain, je le sais. Elle s'éloigne sans se retourner, sans un regard. Je lui appartiens à jamais.
Je suis confu, le son de sa voix résonne dans ma tête, un si doux filet de voix comme si elle me fredonnait une douce mélodie. "Alice" je la suivrai dans son pays de ses merveilles, celui qui rendrait mon univers paisible, mes nuits douces, et mes réveils tendres à la vue de sa beauté. Je la désire du plus profond de moi, l'envie de la caresser, la couvrir de baisers, déguster la saveur de son corps à en perdre le goût de regarder les autres femmes. Toutes plus belles les unes que les autres, je ne désire qu'elle, ses formes que je devine, son parfum qui domine tous les autres. Sa peau doit être plus douce que de la soie. Nous pourrions être si bien tous les 2. Je la comblerai de bonheur, de tendresse, et de folie. Avec elle j'ai envie de folies, toutes plus irréelles les unes que les autres. Mais pour le moment elle est intouchable, enfin presque. Mon charme (tout du moins si j'en ai) fera le reste. Je ne comprends pas comment en sa présence je perds tous mes mots. J'en bégaie presque, cherchant mes mots mélangés à mes idées, mes envies, mes pulsions de tendresse, d'amour à lui donner. Il ne me reste plus qu'à attendre patiemment demain pour la revoir. Je serai de nouveau en avance à cette terrasse pour la voir arriver dans sa démarche féline qui me fait tant rêver depuis trois jours. J'ai l'impression que cela faisait une éternité que je l'attendais. Je n'y croyais plus depuis le temps. Mes journées ne sont plus les mêmes depuis qu'elle est entrée dans ma vie, même si elle ne le sait pas encore.

3
Je n'arrive pas à me concentrer aujourd'hui, je la vois dans chaque recoin de ce grand bureau. Je lève la tête et elle me regarde, elle m'observe, elle m'obsède. Un léger sourire aux coins des lèvres et des yeux malicieux, charmeurs, et parfois même coquins, c'est comme si elle me demandait de la rejoindre. Je m'imagine la prendre dans mes bras, glisser mes lèvres dans son cou, humer son parfum si délicieux et m'abandonner à toutes ses envies. Je la sens gonfler la poitrine lors de mes étreintes, son corps se raidir de désir et son souffle parfois si court et tantôt je l'entends haleter de plaisir. Je l'ai en moi depuis le premier jour, elle hante mes pensées, mes songes, mes rêves. Je sens monter en moi cette sensation de chaleur que tout homme connaît bien. Je suis là, debout devant mon bureau, face à un mur, les mains moites et... Rien que d'y penser j'en rougi. Et si ma secrétaire me découvrait la debout au milieu de mon bureau, le regard dans le vague ? Que penserait elle que je fais? Me questionnerait-elle sur ma simple présence au centre de la pièce? La journée se termine enfin, et contrairement aux autres jours je n'ai pas avancé. Mes dossiers s'entassent sur le coin du bureau, la liste de mails s'allonge, et ce téléphone qui ne cesse de sonner... J'ai hâte de rentrer, de retrouver ce grand appartement qui n'attend plus que sa venue, qu'elle s'installe avec moi, qu'elle laisse flotter au détour du couloir ce délicieux parfum. Lorsque je regarde dehors, je vois des flocons voler au gré d'une petite brise. Il fait déjà nuit. Les lumières de la ville me permettent de voir si elle erre dans la rue. Bientôt je la reverrai et encore je l'inviterai à prendre un café.
Il est très tôt ce matin. J'arrive tout près du café et je la vois. Elle est là, assise à cette même table. Elle est face à moi, me fixe avec un délicieux sourire. Je sens mon cœur battre si fort qu'il semble vouloir sortir de ma poitrine.
"Bonjour Franck". Elle connaît mon prénom alors que je ne me suis pas présenté la veille... "Bonjour Alice, comment allez-vous ?" elle m'invite à m'assoir à sa table et je commande 2 cafés. Un crème pour elle, comme la première fois. Elle engage la conversation, me demande ce que je fais dans la vie. Et j'aurais eu envie de lui dire que je la cherchais, mais elle le sait certainement déjà. A part lui dire que je dirige une grosse entreprise d'import-export dans le tissu je ne savais quoi répondre. J'imagine certains tissus qui auraient été créés pour elle, aussi délicats que la douceur de sa peau que j'imagine chaque soir en m'endormant. Des couleurs pastelles qui se marieraient parfaitement avec le rose de ses joues, et aussi souples que ses mouvements les plus sensuels les feraient voler au gré de ses déhanchés.
“Aimez-vous danser ?“ elle me regarde de ses grands yeux bleus. Elle n'a pas besoin de parler, je devine la réponse dans son regard. "Que diriez-vous de demain soir ?". "Je passerai vous chercher". Elle sourit timidement et accepte l'invitation. Après quelques minutes à parler elle me remercie pour cet instant passé en ma compagnie et se lève pour rejoindre cette foule qui peu à peu l'engloutit dans sa course. Je reste le regard dans le vide et d'un seul coup, un papier délicatement déposé sous mes yeux et je devine son écriture. Elle est revenue sur ses pas. Son adresse est notée et surtout son téléphone. Elle me regarde droit dans les yeux et me propose de l'appeler ce soir..

4
Il ne me reste plus qu'un numéro. Même s'il me reste encore à décrocher après, je tarde à taper ce dernier chiffre... C'est idiot, je suis comme un ado fasse à mes envies, mes désirs. Je suis excité à l'idée de l'avoir au téléphone pour la première fois. Le doigt tremblant au-dessus de cette dernière touche, comme si mon avenir se jouait sur un chiffre. Mais à y réfléchir, il est joué, cet avenir. Ça y est j'entends la sonnerie, mon cœur s'emballe, j'ai les mains moites. Mon souffle est court, j'ai la gorge sèche. Quatrième sonnerie déjà, et... Elle décroche enfin.
"Bonsoir Alice"
"Bonsoir Franck" sa voix si douce me mets en émoi... "Comment allez-vous ?"
"Très bien depuis que je vous parle" quel idiot je suis. A ces mots elle comprendra que j'attendais de lui adresser la parole. Je fini par lui dire que j'attendais d'avoir au moins un rendez-vous mais je ne peux lui dire je la veux, Elle. Certaines paroles ne sortent pas et c'est mieux comme ça.
"Comment connaissiez-vous mon prénom, douce Alice?"
Je l'imagine un sourire coquin aux lèvres, les yeux balayant le plafond pour se remémorer ce moment où elle a entendu mon prénom et réfléchissant à la réponse qu'elle voudrait bien me donner.
"On se croise depuis quelques temps et j'ai entendu votre ami prononcer votre prénom l'autre jour !"
Un ami ? Je n'ai croisé personne depuis plus d'une semaine ! Aurait-elle eu des vues sur moi avant que je ne fasse attention à elle ?
"Et si vous m'expliquiez cela lors d'un repas ?" Mon cœur s'accélère à l'idée qu'elle puisse refuser cette invitation. Mais à l'annonce de sa réponse je m'aperçois que ce n'était rien à côté de ce qui se passe en moi actuellement.
"Accepteriez-vous ce soir, je connais un restaurant pas loin de chez vous." "Je peux passer vous prendre vers 20h"
Je suis comme un ado, stressé à l'approche de son premier rencard. Et pourtant aujourd'hui j'ai 45 ans, et elle... Quel âge a-t-elle ? Tellement de questions tournent dans ma tête !
Je prends ma voiture et file à toute allure. Si je pouvais être en avance afin de pouvoir prolonger ce doux moment à passer à ses côtés. Un interphone seulement nous sépare à présent. Elle me demande de monter. L'ascenseur ? Non je préfère prendre les escaliers pour profiter de ce sentiment d'excitation juvénile qui remplit mon cœur à l'approche de son palier comme à l'approche de Noël.
La porte d'entrée est entre ouverte. Du fond de l'appartement j'entends cette douce voix me proposant d'entrer. Ce que je fais et me dirige au salon attendant qu'elle ne m'y rejoigne. Du coin de ce grand canapé en cuir je me tourne et la voit dans ce miroir. Elle est en petite tenue dans sa salle de bain et ne semble pas savoir que d'ici on distingue très bien toutes ses formes. Ou le fait-elle volontairement ? Un état de jouissance et un sourire incontrôlable se dessine sur mon visage. Elle me fixe, elle s'est rendue compte que je l'observais mais n'en a pas l'air gênée. Un ensemble de dessous noir à dentelles magnifiquement bien porté et des bas lui dessinent une ligne plus délicieuse que jamais. Je me retourne et la laisse finir de se préparer, pendant que j'essaie de deviner qui elle est réellement. Mystérieuse et envoûtante, discrète et sensuelle, elle pourrait faire de moi son pantin et me manipuler à sa guise. Je ne pourrai lui résister et je n'en ai nullement l'envie.
Elle se tient derrière moi et m'observe. "Veuillez m'excuser de cette attente" À vrai dire elle aurai dû me faire patienter plus longtemps encore. Le fantasme grandissant je lui demande si elle est prête à ce que je l'emmène manger dans ce petit restaurant non loin de là.
Sa jupe me laisse entrevoir le haut de ses bas noirs et son chemisier blanc me laisse deviner une poitrine dont je me délecterai juste à la contempler. Un chignon dégageant son visage de cette longue chevelure que je connaissais jusqu'à ce soir, elle est naturellement belle, et réveille en moi des désirs.

5
Je l'aide à se vêtir de ce manteau taillé pour elle. Nous descendons les escaliers, comme si elle aussi voulait prolonger cette soirée en ma compagnie. Dehors une petite pluie fine nous oblige à accélérer le pas jusqu'à ma voiture. Je lui ouvre la portière en lui tend la main pour l'aider à s'installer. Une fois au volant, je n'ose la regarder et ne sais quoi dire pour engager la conversation. Et finalement je m'aperçois qu'elle est moins timide que moi car c'est elle qui me questionne en premier sur mes loisirs. Elle aussi aime la littérature et l'art. Je ne suis pas surpris au vu de sa délicatesse. Je l'aurais presque deviné et ne perds pas une minute en lui proposant de m’accompagner à un vernissage organisé par un ami, samedi en 8.
La pluie s'est arrêtée. Une place est libre juste devant la porte du restaurant. Je contourne la voiture pour lui ouvrir la portière, mais elle est là debout face à moi, me fixant droit dans les yeux, un léger sourire dont je ne peux me passer. Elle s'accroche à mon bras et nous entrons. Mon ami, le dirigeant de l'établissement nous accueille et nous fait signe de le suivre dans la salle de derrière. Nous sommes seuls. A la table centrale ornée de bougies, 2 flûtes et une bouteille de champagne nous attendent. Elle va penser que j'ai fait les choses en grand et que j'essaie de l'impressionner. Mais je suis comme cela, romantique et j'aime la discrétion. C'est pour cela que j'avais demandé la salle du fond pour être seul avec elle afin de faire sa connaissance sans aucun regard autour. Le chef nous présente une carte des vins, et nous annonce qu'il a fait une sélection toute particulière pour cette occasion. Elle rougie comme une enfant et ne cesse de sourire, laissant apparaître deux petites fossettes aux coins de sa bouche. Ces lèvres que j'aimerai tant goûter de mes baisers.
Un serveur nous est attitré pour la soirée, c'est gênant. Je n'en avais pas demandé autant. Je voulais bien sûr l'impressionner mais pas à ce point-là. Ce jeune homme tout juste majeur à l'air perturbé par la beauté de mon invitée, le champagne déborde de ma flûte... Elle sent sa gêne, elle le sait et lui jette un petit coup d'œil en coin pour qu'il s'aperçoive de sa maladresse.
Elle s'en amuse. Ça la rend si désirable et ce petit jeune ne dirait pas le contraire. Des assiettes présentées avec élégance pour mettre en appétit, tout comme son corps me met en appétit depuis que je l'ai aperçu dans l'ouverture de sa salle de bain. Ces saveurs sont si délicates. Je m'imagine la serrant dans mes bras et savourant le parfum de sa peau, déboutonnant son chemisier et frôlant la courbe de ses formes. Je dois me reprendre, je sens monter cette chaleur troublante de désir. Elle me lance de petits regards pleins de malice et j'adore ça. La soirée touche à sa fin et je m'apprête à la raccompagner.
J'aimerais prolonger notre rencontre encore un moment. La soirée est douce et il ne pleut pas. "Cela vous dirait de marcher un peu à mes côtés ?"
Nous prenons les bords de seine. Une merveilleuse créature accrochée à mon bras. Je ne connais pas grand-chose de sa vie et pourtant j'ai le sentiment de la connaître. Fille unique, loin de sa famille, elle passe ses journées à dessiner, à créer des croquis de robes pour un petit tailleur de Paris. Nos chemins étaient faits pour se croiser. Sur le chemin du retour elle me propose de boire un dernier verre à son appartement.
Nous ne prenons toujours pas l'ascenseur. Nous prolongeons chaque instant pour ne pas voir le temps qui coule. Assis l'un à côté de l'autre, une flûte de champagne à la main, nous ne pouvons détacher nos regards. Je m'approche délicatement de ses lèvres, elle pose sa main sur mon visage et m'embrasse. Elle est douceur, et chaleur. L'envie se fait plus grandissante et nos corps se serrent l'un contre l'autre. Sa peau est si douce que mes mains tremblent. J'ai peur de la casser, elle, si fragile. Son chemisier tombant lentement le long de ses bras, sa peau ambrée, je glisse de doux baisers dans ce cou qu'elle m'invite à goûter du bout des lèvres. Une fougue nous prend soudainement et sans réfléchir je la bascule, lui cambrant les reins et savourant ce moment intense que nous partageons. Tout en douceur je la caresse, et enfin je peux lui donner le plaisir qu'elle attend. En elle je suis sauvage et force et je sens son souffle se faire plus intense. J'ai rêvé de ce moment mais c'est encore plus fort que ce que je j'imaginais.
Elle au-dessus, maîtresse de mon corps elle est douceur et je ne peux plus rien faire tellement elle est sensuelle et ce moment si magique. Mon seul désir est de la combler mais je pers mes moyens et ça la fait sourire. Elle est jouissance et plaisir.
Allongés l'un contre l'autre nous laissons redescendre nos émois et nous délectons de cette nuit d'amour avant de nous rendre compte que le jour pointe son nez.
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