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Les origines originales des expressions

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Paulus

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Vous vous êtes sans doute souvent demandé d'où provenaient les expressions et maximes couramment employées dans notre langue française.
Je me propose donc d'apporter quelques réponses à vos interrogations sans toutefois vous assurer de la véracité incontestable de mes narrations.
Cela dit, je conseille aux puristes et aux enculeurs de mouches de se cacher les yeux afin d'éviter une conjonctivite lecturale (si si, ça existe... ou pas !).
Bonne lecture à toutes et à tous.

U...D...A...B...R...

C'est sur le chemin de St Jacques de Compostelle qu'est née cette locution. A l'époque le chemin n'était pas encore balisé comme aujourd'hui et se tromper de route était aisé. Il fallait une certaine logique et être doué en orientation pour arriver à bon port. Un groupe d'une dizaine de pèlerins cheminait depuis plusieurs jours quand une querelle entre deux d'entre eux éclatât sur un choix de direction à prendre à la croisée de chemins. Voici le récit de la discussion entre ces deux pèlerins que nous nommerons Jo et Bob. 
Jo « Il faut prendre à gauche »
Bob « Non, c'est à droite qu'il faut aller » 
Jo « Ah oui ! comme hier quand tu nous a fait faire trois lieues pour finir dans une étable avec les pieds dans la bouse et le nez dans le cul des vaches » 
Bob « On peut se tromper de temps en temps non ? çà nous a pas tué un peu de marche en plus » 
Jo « Tu trouves qu'on marche pas assez pauvre figure de rhétorique » 
Bob « Mais je t'emmerde bougre d'hydrocéphale consanguin »
Il faut savoir que chaque pèlerin était pourvu d'un bâton lui servant d'aide à la marche ainsi que d'arme de défense contre bêtes et malandrins rencontrés sur la route. 
Reprenons la discussion. 
Jo « Con, je sais pas, mais sanguin je le suis et si tu fermes pas ton claque merde de suite, c'est mon bâton que tu vas prendre dans le cul »
Comme seule réponse Bob lui assénât un coup de bâton si fort qu'il se brisa sur la tronche du pauvre Jo qui, malgré l'intense douleur, répliqua avec son propre bâton dans les trous de nez de son agresseur avec une telle violence que son bois se rompit en plusieurs morceaux. C'est ainsi que naquit l'expression " une discussion à bâtons rompus "

E...C...U...P...

Un horloger suisse du 18ème siècle nommé André Cétouvert réparait un mécanisme, et comme à son habitude tenait serré entre ses lèvres une petite pièce de rouage avant de l'insérer à son travail en cours. C'est alors que madame Cétouvert, épouse et mère des quatre enfants de l'horloger s'écria :
« A TABLE ! » en passant derrière son mari. La surprise fût telle qu'il sursauta et avala la pièce, et comme cet homme était du genre à s'inquiéter pour tout et n'importe quoi, il s'en suivit une dispute.
« Tu ne te rends pas compte, femme, que je risque une perforation de l'estomac et une mort lente et douloureuse »
« Mais non, il faut toujours que tu dramatises tout »
« Evidemment, avec toi rien n'est jamais grave »
« Tu sais, quand on élève quatre gosses, que l'on s'occupe de faire tourner seule une maison, on relativise beaucoup de choses »
« Tu parles ! tu prends quand même le temps de venir gueuler dans mon dos pendant que je bosse »
« Tu sais pas ? la prochaine fois, je t'enverrai un plis par coursier, pauvre tache, et de toute façon, c'est pas avec une pièce minuscule comme celle que tu as gobée que tu vas nous chier une pendule »
Voilà la véritable origine, jusqu'à ce qu'on me prouve le contraire, de l'expression "en chier une pendule"

C...N...V...P...U...P...D...L...

Chaque année, depuis des lustres, le petit village de "Laquesse" dans le sud ouest de la France organisait une grande fête du cassoulet. Un banquet riche en calories réunissait tous les habitants dans une ambiance très décontractée. Le clou de la soirée restant évidement le grand concours de pets en clôture de la fête. Attention ! il n'y avait rien à gagner pour le vainqueur, mis à part le respect de ses congénères. La mise en place du concours était immuable. Dès la fin du repas le comité des sages, formé des anciens ne pouvant plus participer eux même, compte tenu d'un sphincter défaillant (c'est en cela que résidait toute leur sagesse car leurs caleçons ne s'en seraient pas relevés), se mettait en place. Les participants, toujours très nombreux, se succédaient alors et rivalisaient de dégazages plus ou moins bruyant et odorant, pour certains. Arrivait alors en dernier le sieur Lapin, volailler de son état, survolant tous les ans le concours avec une facilité déconcertante. En effet, malgré qu'à l'époque n'existait aucune machine permettant de contrôler les décibels, on peut dire que Lapin était l'étalon (si j'ose dire). Le bruit émis était si énorme que ce jour là les vaches vêlaient plus que d'habitude, on n'entendait plus aucun oiseau pendant des heures et les vers de terre se retrouvaient expulsés à la surface dans un rayon de 3 km. Le jury remerciait alors tous ces valeureux pétomanes en disant malheureusement à chaque fois 
"ça ne vaut pas un pet de lapin"

I...N...F...P...M...L...C...A...L...B...

Hambourg début du XIXème siècle.
Un brave paysan du nom de Hans Herclei prépare ses bœufs pour se rendre au marché vendre ses produits. Il fait beau et tout en apprêtant ses bêtes, Hans se dit que c'est dommage de ne pas profiter du bon air et de la campagne, vu qu'il sera posté à l'arrière et de ce fait subira les bouses et les odeurs qui vont avec, sans compter les deux trous du cul comme seul paysage. C'est alors qu'une idée germe en lui en un instant. S'il attelait les bœufs derrière la charrette, plus de problème de vue et d'odeur puisqu'il se retrouverait lui même à l'avant. Sitôt dit, sitôt fait, après deux ou trois modifications du joug et des harnais, les bœufs furent attelés en mode première ligne de rugby et devinrent pousseurs et non plus tireurs. Et voilà notre Hans en partance pour Hambourg sous les hourra ! de sa femme Angela et de ses quatre rougeauds de fils. La route côtière menant à la ville est assez droite mais escarpée et étroite, deux charrettes ne pouvant se croiser qu'en serrant les bas côtés. Hans est heureux face au vent et à la mer du nord scintillant sous ses yeux. Il se dit qu'il a bien fait d'apporter ces modifications à son char quand tout à coup, arrive face à lui le père Bhize Mark sur son énorme remorque Mers et Dess (marque renommée de l'époque). La falaise et la mer à droite ne laisse que peu de marge de manœuvre pour notre pauvre Hans. Mark, quand à lui, risque de cabaner (mettre la cabane sur le chien si vous préférez) à tout moment dans le profond fossé s'il ne fait preuve d'un pilotage des plus pointu reconnu dans tout le canton. Le problème avec les bœufs de Hans est qu'ils ne voient pas la route et malgré les hurlements de leur conducteur, ce qui devait arriver arriva. Une des roues se déroba, le compatriote ancestral de Michael Schumacher eu juste le temps de sauter sur le char de Mark. S'ensuivit la chute inévitable de sa charrue entraînant les deux malheureuses bêtes trente mètres plus bas rejoindre leur créateur, plus haut cette fois ci. Hans fit alors cette citation bien connue de nos jours : " il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs "
Tout ne fût pas perdu ce jour là pour notre paysan car récupérant ce qui restait de son attelage, et compte tenu du monceau de viande hachée que composaient ses bœufs à présent, notre inventeur invétéré créa le Hamburger !

P...Q...R...N...P...M...

La famille Pierre exerçait la profession de recruteur pour le Roi de France, de père en fils depuis des lustres. Cette année là, mission leur avait été confiée de ramener le plus grand nombre de mousses pour la marine royale en prévision de grandes expéditions, telle que la route du rhum ou la croisière s'amuse (peut être ceci reste à vérifier). Alain Bernard Pierre, l'aîné de la famille, dit l'A.B.Pierre, partit aussitôt à cheval, comme à son habitude, afin d'écumer méthodiquement tous les endroits susceptibles d'abriter les jeunes futures recrues de son secteur. Son frère cadet, Jean Pierre Pierre, aussi appelé J.P.P, quand à lui, préféra prendre du bon temps avant de partir à son tour sur les routes accomplir sa tache. Il faut dire que Jean Pierre Pierre n'était pas des plus courageux, se croyant plus malin que son frère, il criait à qui voulait l'entendre qu'il avait une méthode rapide et moins fatigante de ramener des moussaillons. Il avait confectionné un appareil nommé 
"forte voix ", qui donnera plus tard
"porte voix ". Ainsi armé, il pensait pouvoir effectuer le tour du secteur qui lui avait été attribué, sur son char, sans s'arrêter, hurlant ses boniments à tous vents au plus grand nombre, ceci dans un temps record. Ainsi fût fait en effet en moitié moins de temps que son frère aîné. A son retour, et fier comme un paon, Jean Pierre Pierre se rendit aux arsenaux royaux remettre sa liste d'une vingtaine de noms au chef de quart, Maître Capello, qui lui paya en échange une bien modeste somme d'argent pour cette modeste liste de recrues. J.P.P pût retourner, satisfait, à sa sieste et à ses activités de glandeur (balle aux pied et péripathétiputes ). Environ deux mois plus tard, A.B.Pierre rentra à son tour, son travail terminé. Il se présenta à Maître Capello avec une liste impressionnante de pas moins de deux cents noms et reçut en échange une coquette somme en or ainsi qu'un poster peint à la main de " Rie Anna ", célèbre chanteuse de menuet de l'époque. Lorsqu'il retrouva son frère cadet et apprit que celui-ci avait réalisé son périple en si peu de temps, et recruté dix fois moins de matelots que lui, il eût cette réflexion : " Pierre qui roule n'amasse pas mousse "

C...C...

Au village de Mezy d'Eude, un immigré espagnol du nom d'Oscar Patcho exerçait le métier de castreur de taureaux. Il était apprécié de tous les Mezydeudois pour son dévouement et sa bonne humeur.
Le seul soucis de cet homme venait du fait que toutes les bêtes passant entre ses mains pour l'ablation des castagnettes  poussaient des hurlements inhumains (ce qui est des plus logique pour des animaux).
Ceci rendit notre pauvre gars dur de la feuille et malgré toute l'amitié que lui portaient les gens du village il fallait bien reconnaître que la patience était de mise lorsqu'il arrivait au café. En effet, voulant participer à toutes les conversations, mais ne comprenant qu'un mot sur quatre, les discussions tournaient rapidement au dialogue de sourd.
Un jour, un copain lui annonce que son père est mort au milieu de ses lapins, notre castreur lui rétorque qu'il n'a qu'à en faire du pâté, car il n'a retenu que les mots mort et lapins.
Un autre jour la boulangère entre au café demander de l'aide car un pneu de son vélo est crevé, Oscar se met alors immédiatement à faire la quête avec son béret afin d'offrir une gerbe pour l'enterrement.
Personne ne lui en voulait vraiment de toutes ses erreurs mais tous s'accrochaient pour ne pas être désagréables avec lui et lorsqu'ils le voyaient arriver, on entendait inévitablement ces mots bien connus de nos jours lancés à la cantonade « Tiens! voilà le ''casse couilles'' ».

F...P...P...M...D...L...O...

Tous les dimanches, dès le printemps venu, la famille Cubaini au grand complet, le père Jean Léon, la mère Edwige, la grand-mère Philomène et leurs quatre enfants, Olga Eléonore, Mona Lisa, Albertine Gertrude et Gaspard Théodule se rendaient à la messe de 10 heures sur leurs vélos. La maison bourgeoise qu'occupaient les Cubaini se situait à une bonne dizaine de kilomètres du village de Belmémol dans l'Aube et de son église byzantine néogothique post-colombienne, monument emblématique de la région. La famille était bien entraînée à faire la route qu'elle parcourait tranquillement en moins d'une heure. Cependant, depuis quelques semaines, Philomène, la grand-mère, montrait des signes de fatigue et il n'était pas rare de l'attendre pieds à terre en haut de la côte de ''Vaux'', à mi chemin du village.
Ce dimanche là fût décidé par le chef de famille, Jean Léon, que Gaspard Théodule aiderait sa grand-mère, compte tenu qu'il était le seul garçon, sportif de surcroît. En effet, le jeune homme s'illustrait régulièrement dans les critériums cyclistes du canton tels que la ronde des bouses ou la trans pédales.
Ainsi fût dit ainsi fût fait, la petite troupe prit donc la route comme à son habitude, en file indienne jusqu'à l'approche de la fameuse côte que grand-mère avait tant de mal à gravir. Cette fois ci pourtant, personne ne mit pied à terre, car dès le bas de la côte, Gaspard Théodule, une main sur son guidon et l'autre main dans le dos de Philomène, doubla son père, sa mère et ses sœurs en les laissant quasiment sur place, à la manière de Lance Amstrong dans les Alpes. Le duo arriva si vite au sommet que lâchant alors sa grand-mère celle-ci dévala la pente comme une fusée pour atterrir dans le fossés et disparaître dans la végétation tout en poussant des cris qui auraient fait passer la Callas pour une chanteuse aphone.
Quand toute la troupe eût rejoint le lieu du drame, la tension était palpable. Dans quel état allait on revoir mamy ? La réponse ne se fit pas attendre longtemps, sortant des fourrés, les vêtements déchirés, la figure boursouflée par les piqûres, méconnaissable, à faire avorter une couvée de singes, Philomène avait survécu.
Jean Léon se tournant alors vers Gaspard Théodule, l'air grave et courroucé lui lança:« Tu as exagéré Dudule »
« ''faut pas pousser mémé dans les orties'' »

L...N...F...P...L...M...

Une auberge relais un soir pluvieux d'automne.
Yvan Detoux tenancier de l'établissement est un brave homme rondouillard, son épouse, Ella Detoux est non moins gironde. Ils s'apprêtent à fermer leur porte pour la nuit quand un moine entre demander asile. Il est trempé jusqu'aux os et grelote de froid. L'aubergiste l'aide à se dévêtir du lourd châle qui lui sert de pelisse. 
« Frère ! votre châle pèse une tonne mouillé de la sorte »
« Je sais bien, c'est du lin, nous fabriquons ces châles au monastère d'où je viens, nous sommes les moines châles au lin »
Le bon frère raconte alors qu'il se rend au monastère des moines trapézistes.
« Trappistes » le reprend Yvan.
« Non non, trapézistes, c'est une confrérie qui divertie les seigneurs de tout le royaume en échange de dons en nature.
Ils exécutent, paraît il, un numéro de prières acrobatiques à capella, le tout à  dix mètres du sol sans filet, la soutane nouée autour du cou »
« Ce doit être impressionnant ! et il n'y a jamais eut d'accident ? »
« Si, ça a faillit une fois, mais le moine a eut la présence d'esprit de dénouer sa soutane et il est descendu en parachute sous les applaudissement de la foule en délire »
 (le parachute ayant été inventé à cette occasion, ne me remerciez pas, je suis là pour vous éclairer) 
Le frère étant sans un sou, Yvan au grand cœur lui offrit le gîte et le couvert car en cette saison il n'avait que deux chambres occupées, une par un commerçant revenant de la foire aux cochons et l'autre par sa belle sœur, une vieille fille un peu bigote.
Tout en se restaurant d'une bonne soupe au lard, le moine explique tranquillement ce qu'est la vie monacale. Prières, travail et don de soi à Dieu dans la pauvreté et l'abstinence. Ceci laisse nos deux aubergistes dubitatifs, puis tout ce petit monde va enfin se coucher.
Dès l'aube, notre couple d'aubergistes a la surprise, en entrant dans leur cuisine, de trouver tous les placards ouverts et de constater qu'un gros jambon, plusieurs saucissons et quelques fromages ont disparus. Ils n'ont pas le temps de se poser de question que des cris précédent l'entrée du commerçant vociférant qu'on lui a dérobé tout son argent. Au même moment surgît la belle sœur arborant un large sourire béat. Elle s'assoit, l'air totalement lessivée, pareil à un coureur de marathon unijambiste (pourquoi ça n'existerait pas ? ) et raconte qu'en pleine nuit, un moine s'est glissé dans son lit et lui a fait les marionnettes, pas seulement avec les doigts. Elle ajoute que cela fût une révélation et qu'elle n'envisage plus la vie sous le même jour.
Tous durent se rendre à l'évidence, ce moine n'en était pas un et il les avait bien roulés.
Yvan notre aubergiste eût alors cette conclusion : « A présent je saurai que ''l'habit ne fait pas le moine'' »

M...S...S...G...C...

Dans la famille Carpone, on élève des chevaux et des taureaux depuis des générations. L'aîné des trois fils est malheureusement frappé de nanisme, il est difficile pour lui de suivre le train effréné imposé par son père et ses frères dans la manade. Il faut dire que le ''Mas Carpone'' est très réputé, rien ne doit donc entraver sa bonne marche.
Le ''Pin's'' le sait bien et s'est adapté en chevauchant des poneys afin de surveiller les veaux et les poulains pendant que le reste de la famille s'occupe du reste.
Tout allait pour le mieux jusqu'à ce que le père décide qu'il était temps d'unir sa manade à celle de son voisin et ami du ''Mas Erati''. Le père Erati n'a pas de fils, mais deux très jolies filles dont l'aînée plaît beaucoup à ''Rase motte'', celui-ci pense justement qu'en tant que premier de lignée lui revient le droit et devoir d'épouser cette promise.
Quelle fut sa surprise lorsque les deux famille, après discussion entre les patriarches respectifs, se réunirent pour annoncer les fiançailles, non avec ''Loin du ciel'' mais avec son frère cadet, beau jeune homme d'un mètre quatre vingt bien charpenté. On expliqua à ''Courtes pattes'' qu'il ne pouvait épouser la belle car leur descendance risquait fort de n'être en mesure d'élever que des lapins ou des hamsters.
A l'époque, les nains ne pouvaient aspirer à être filmés en gardiens de clefs dans un château fort au milieu de la mer avec des gros chats jaune et noir et un vieux con barbu faisant chier tout le monde avec ses énigmes à la mords moi le nœud.
''Trois pouces de jambes le cul tout de suite'' ne dit mot devant l'affront qu'il subissait et s'éclipsa dans l'indifférence générale.
Le repas qui s'en suivit battait son plein, lorsqu'un brouhaha de tout les diables fit sortir tous les participants hors de la maison. Là, juché sur deux immenses étalons, debout, tenant ses pieds bien ancrés sur les croupes des chevaux, les rênes dans une main et son chapeau dans l'autre, n'ayant rien à envier à la troupe de Bartabas, se dressait le ''Gnome'', fier au dessus du bas peuple médusé car aucun d'entre eux, pourtant excellents cavaliers, n'étant capable d'une telle prouesse équestre.
« Alors ! Qui sont les nains à présent ? » lança-t-il, puis il s'enfuit au grand galop dans un nuage de poussière et on n'entendit plus jamais parler de lui.
Tous se demandèrent pourquoi il était monté sur ses grands chevaux ?
D'où l'expression ''monter sur ses grands chevaux''
Quand je dis qu'on entendit plus parler de lui c'est exact mais ayant changé d'identité son arrière petit fils lui, fut applaudi dans le monde entier pour sa virtuosité au piano sous le nom de Michel Petrucciani.

L...F...D...H...

Début du XIXème siècle dans une bourgade du nord de la France.
La famille CAUX, petits bourgeois, sont installés dans une maison cossue à côté de leur usine.
Amy, la mère, est anglaise. Harry, le père, est en terre depuis ce matin, foudroyé par un anévrisme hémoroïdanusoïdal convulsif (ça fait peur hein?). Il laisse 3 orphelins, Harry, l'aîné, 22 ans, prénommé comme son père par tradition familiale. C'est à lui qu'incombe la charge de reprendre la filature achetée et développée par papa.
Il créera ensuite avec succès le célèbre tricot de Caux que l'on connaît de nos jours sous le nom de tricot de peau ou pour les plus cons tricot de porc.
On se demande ce que seraient devenus tous ces Harry Caux sans fil...
Le cadet, Henri a 19 ans. Il voyagera beaucoup et deviendra chanteur après un passage en Afrique du nord. Ce sera d'ailleurs le seul Caux errant.
Le petit dernier se prénomme Jerry. Il n'a que 14 ans mais est très habile de ses doigts il montera plus tard une petite fabrique de trompettes, les fameuses trompettes de Jerry Caux.
Harry étant en âge de convoler, on lui choisit une demoiselle de bonne famille comme l'aurait souhaité son regretté père. Les fiançailles, le mariage et quelques temps après madame Caux junior met au monde un fils que l'on prénomme bien évidement Harry, tout en lui adjoignant un second prénom, afin de s'y retrouver dans l'arbre généalogique.
Quelques années plus tard, nous nous retrouvons le jour de la naissance de la 9ème génération de Caux.
Harry, 8ème du nom, est un homme plus réactionnaire que ses illustres prédécesseurs. Il a vendu toutes ses parts  dans la société que son père, Harry 7, avait fusionné avec Damart pour créer Damart&Caux. Lequel Damart poursuivra seul son aventure jusqu'à nos jours.
Non content d'avoir cédé l'affaire de ces ancêtres, ce qui en soi était déjà un crime de lèse majesté, il décida qu'il suffisait de cette stupide tradition de prénommer son premier fils Harry. Il faut dire que lui même avait beaucoup souffert des quolibets de ses camarades de classe, comme : « Tiens ! Voilà Harry Caux, il va encore nous faire des salades. »
Harry déclara donc son fils sous le prénom de Elie ne pensant pas une seconde que plus tard, le pauvre Elie Caux subirait à son tour des jeux de mots ne volant pas bien haut.
Ce jour là fût donc la fin des Harry Caux.
Vous connaissez à présent la véritable histoire de ''la fin des haricots''.
Ne me remerciez pas, c'est un plaisir pour moi.

T...L...C...A...C...

Edmonde Marsan est concierge d'un petit immeuble parisien. Sa vie est simple et réglée comme du papier à musique entre le ménage et les différentes tâches de gardiennage. Ce métier, elle ne l'a pas choisi par goût, mais seulement par nécessité à la mort de son mari, encorné par une bête folle de rage (il toréait une chèvre) lors d'une fête landaise il y a plus de 15 ans. C'est courageusement qu'elle éleva seule ses deux enfants avec peu d'argent, mais toujours honnêtement gagné. Si bien que lorsqu'elle reçoit une lettre de ''Maître Enfoiret'' lui signifiant un héritage émanant de sa tante d'Amérique Raymonde De Narnia, qui a fait fortune en écrivant des contes à dormir debout, la pauvre femme ne saute pas au plafond, préférant garder la tête froide en attendant d'en savoir davantage.
Edmonde se rend dès le lendemain chez le notaire qui la reçoit personnellement pour lui expliquer qu'étant la seule parente encore en vie de la feue Raymonde, toute sa fortune lui revient.
Maître Enfoiret laisse ensuite Edmonde entre les mains de son clerc, un homme sec au regard inexpressif et bovin, chargé de régler les modalités de la succession. Il s'ensuit une longue litanie d'une voix monocorde dans des termes incompréhensibles pour notre pauvre concierge. Lorsqu'elle a l'audace de demander une précision, elle ne reçoit en réponse qu'un regard hautain et agacé.
Edmonde est une femme de caractère. Elle se dit que le clerc commence à lui courir sur le haricot avec sa gueule de raie et que s'il ne termine pas très vite son monologue, il va se retrouver plié en quatre dans son cartable avec son stylo plume... au cul.
Les mois passent sans nouvelle de la succession malgré les appels téléphoniques où une secrétaire répète que tout est entre les mains du clerc qui ne manquera pas de la recontacter le moment venu...
Même les demandes de rendez-vous sont éconduites. Curieusement le clerc n'est jamais disponible, tantôt en déplacement  tantôt en congés ou en maladie et c'est ainsi que deux longues années passent.
Edmonde se doutant qu'on la prend pour une truffe va voir un avocat et lui explique son problème. Celui-ci ne met pas longtemps à rappeler notre concierge et ce qu'il lui révèle la plonge dans une rage folle. En effet, la succession est close depuis bien longtemps mais, soit disant parce qu'elle n'est pas venue signer les papiers, le clerc a placé tout l'argent, soit 15 millions de dollars, sur le compte de Maître Enfoiret qui en touche les énormes intérêts en toute légalité.
C'est sans rendez-vous qu'Edmonde se rend chez le notaire. Coup de boule à la secrétaire tentant de faire barrage puis irruption dans le bureau du clerc qui, surpris, se lève furieux, vociférant de quel droit elle entre ainsi sans y être invité. Il n'en dira pas plus car Edmonde lui chope les bijoux de famille à pleine main et les étire à peu près jusqu'aux genoux. Le cri inhumain émis par le clerc attire Maître Enfoiret et tout ce que compte l'étude en personnel.
Edmonde, sans relâcher son emprise boursières, se contente de dire simplement : « Je suis venue tirer les choses au clerc. » qui par déformation desdites choses est devenu ''tirer les choses au clair''.

M...C...U...A...D...D...

Guyane au XIXème siècle, Jacques Lebinec, breton d'origine, est le propriétaire d'une belle et florissante exploitation. Ses revenus plus que confortables lui permettent de vivre, avec sa femme et leurs trois enfants, dans une grande maison au cœur des bananiers. Ils disposent d'un personnel de maison nombreux et l'on peut dire qu'ils ne manquent de rien. Outre la famille et les domestiques, un autre résidant occupe la villa. Il s'agit de Kiri leur superbe Ara blanc qui, en toute liberté, mène sa propre vie à leur côté. Il faut dire que Kiri est assez exceptionnel. En effet, il parle, ce qui est courant chez les perroquets, seulement lui, tient une conversation avec sujet, verbe et complément mais surtout, dit toujours la vérité. Cela empêche toute velléité de vol d'objet ou tricherie en tout genre car Jacques Lebinec, son maître, est mis au parfum dans l'instant.
Jusqu'au jour où Monsieur Lebinec, ayant besoin de se faire remplacer deux dents, rapporte chez lui deux magnifiques chicots en or fabriqués sur mesure par un bijoutier. Il les pose sur sa table de nuit afin de les apporter le lendemain chez son dentiste. Au petit matin les dents en or ont disparues. Un grand émoi secoue toute la maison. Monsieur lebinec rassemble tout le monde, femme, enfants, domestiques et bien entendu Kiri dans le grand salon. Vient alors la même question pour tous : « Qui a pris les dents en or sur la table de chevet ? ». Tous les participants jurent qu'ils n'y sont pour rien, à l'exception du perroquet qui pour une fois ne dit mot. Jacques Lebinec se tourne alors vers le volatile et lui réitère la question. La réponse du Ara est sans appel. « C'est papy coton » . Un silence, puis un brouhaha, papy coton ? C'est le nom du plus vieux cueilleur de coton de la plantation, il a connu Jacques tout petit et celui-ci le garde sous son toit depuis sa retraite bien méritée. Il a 95 ans, ne marche plus et surtout a perdu l'usage de ses mains percluses d'arthrose depuis bien longtemps.
Pour la première fois le perroquet ment mais pourquoi ?
La solution de l'énigme tombe le lendemain matin quand une domestique, nettoyant la cage où Kiri passe ses nuits, voit briller les deux dents en or au beau milieu des fientes. Immédiatement prévenu, Monsieur Lebinec doit se rendre à l'évidence, son perroquet est le voleur et de plus un menteur invétéré dans cette histoire.
Par la suite, dans toute la Guyane, il fût de coutume de dire, lorsque quelqu'un mentait effrontément : « Il est menteur comme un Ara chieur de dents. »
Traversant l'Atlantique, la phrase devint 
''menteur comme un arracheur de dents''.

P...P...H...Q...S...C...

Au XVIIIème siècle à Tahiti règne une famille sur toutes les îles, les TULAVU. Ce sont eux qui commerce avec l'extérieur. Après l'arrivée des premiers missionnaires anglais, la famille se décompose entre les TULAVU de souche et les TULAHU d'alliance avec les ''angletons''. L'aîné de la famille de souche se prénomme Sonkhu, alors que l'aîné de la famille anglo-tahitienne porte deux prénoms, Dan et Lekhu alliant les deux branches. Sonkhu régie les affaires de sa famille selon des règles instaurées depuis toujours. En effet, à cette époque il n'existe pas de banque et les prêts de toutes sortes sont fournis exclusivement par les TULAVU. Dès qu'un pécheur veut acheter un filet neuf ou qu'un notable désire agrandir sa case, ils se tournent naturellement vers Sonkhu.
Jusqu'alors, un accord tacite entre les deux familles laissait le champs libre à Sonkhu pour toutes les affaires financières laissant le loisir à Dan-Lekhu de commercer avec l'Europe. Seulement même à cette époque, la cupidité et l'envie de pouvoir allait faire des dégâts. Un beau jour où Sonkhu est en affaire avec un client venant demander un prêt afin d'acheter le tout nouveau pagne de chez H&M (Hotu et Motu), marque reconnue s'il en est, il a la surprise de s'entendre dire par le demandeur que celui-ci veut réfléchir avant de s'engager car Dan-lekhu lui a fait une offre alléchante. Fou de rage Sonkhu se rend chez les TULAHU afin d'obtenir des explications mais sitôt entré, Sonkhu passe par la fenêtre manu militari.
La guerre est déclarée, à partir de cet instant il ne saurait y avoir qu'un seul vainqueur. Plus aucune règle n'est respectée, les deux camps s'affrontent sur toutes les plates bandes de l'adversaire. Seulement ce que n'avait pas prévu le bâtard (nom donné par Sonkhu à l'anglo tahitien) c'est que l'argent amassé par les TULAVU était bien supérieur à celui détenu par le camp d'en face. Au bout de quelques temps d'une guerre commerciale sans précédent  la ruine s'abattit sur ce pauvre TULAHU Dan-Lekhu qui ne pu que constater son cuisant échec. Il repartit avec toute sa famille vers l'Angleterre en même temps que l'arrivée des premiers français sur l'archipel.
Quand ceux-ci demandèrent quels étaient les us et coutumes, afin de ne pas heurter les habitants, il leurs fût répondu qu'ils pouvaient faire bien des choses mais qu'en aucun cas ils ne devaient prêter plus haut que Sonkhu.
Dans ces îles les ''R'' ne sont pas prononcés, voilà comment cette phrase est devenu de nos jour ''péter plus haut que son cul'' quand quelqu'un se prend pour plus qu'il n'est réellement.
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