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Les obsèques de la grand-mère

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Gladys

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Les obsèques de la grand-mère
Un fait mérite d'être relaté le jour des funérailles de notre grand-mère. Il y avait du monde, des gens de la famille inconnus venus du nord et la maison était très animée.
Les hypnotiseurs de spectacle étaient très prisés à cette époque. C'était à la mode et tout le monde baignait dans cet engouement. Parmi les connaissances de la famille, un certain monsieur «Petit» , c’était son nom, coiffeur de son métier qui se débrouillait et faisait des spectacles dans la région. Or, parmi ses sujets préférés, il y avait mon grand frère Jean qui était devenu malgré lui sensible à ce coiffeur de malheur qui était capable de lui faire commettre des choses invraisemblables rien qu'en le croisant dans la ville. Jean le fuyait comme la peste.
Donc, à l'enterrement, le sujet de l'hypnose arriva bien vite et Jean le bougre voulut essayer à l'image du maitre d'endormir un vague cousin, grand gaillard joufflu, avec un air de paysan un peu obtus. Évidemment, il ne réussit pas et heureusement comme nous allons le voir.
Nous regardions ce spectacle d'un œil amusé mais l'attitude du cousin nous alertât, en effet, il n'était pas endormi certes mais il avait un bras bloqué ainsi qu'une espèce de paralysie faciale d'un côté du visage. Il avait un air encore plus stupide et de sa bouche tordue coulait la salive, une sorte de bave. Sa tête était penchée.
Parmi l'assistance, le plus étonné était le frangin. Le reste se tenait d'éclater de rire. Seule ma mère le prit très mal et ordonna vivement à Jean de le remettre dans son état normal(sic) Or, je me souviens très bien du frère , dépité, disant qu'il en était incapable et se proposant d'aller quérir le coiffeur à l'autre bout de la ville. Enfin après bien des péripéties, et quelques gestes de Jean, l'hypnotiseur, le cousin malin retrouva sa bouille de dégénéré mais la sienne.
Peu avant, durant la guerre
Parmi les nombreux faits de guerre dans cette petite ville animée du fait de la présence de nombreux militaires allemands basés sur le terrain d’aviation important, stratégique. Certains souvenirs sont imprégnés à tout jamais dans ma mémoire. Parmi eux, Il y avait de nombreux combats aériens et des avions Anglo-Américains étaient abattus par la DCA allemande. Certains aviateurs rescapés sautaient en parachute. Bien sûr, dès leur arrivée au sol, ils étaient capturés ou récupérés par des gens bienveillants et cachés des ennemis.
Nous, les enfants, nous essayions d'évaluer à peu près l'endroit de la chute et c'était la ruée vers l'endroit repéré. Il arrivait, sur le nombre assez élevé, de récupérer un parachute que nous ramenions à la maison et c'était outre un magnifique trophée(tout en soie) à cette époque, d'une grande valeur marchande. Notre mère, nos mères devrais-je dire, avec leur machine à coudre et beaucoup de dextérité en faisaient de magnifiques chemises (de luxe).
Mais ce qui nous intéressait encore bien plus, nous les gamins, c'était de retrouver de beaux petits parachutes de même matière, format jouet de très bonne qualité. Faute d'explication claire de la part des grands, nous en fûmes réduits à penser qu'il s'agissait de la part de ces bons aviateurs d'un cadeau pour les enfants. Je n'ai compris que très longtemps après qu'il s'agissait en fait, du petit parachute destiné à permettre au grand de se déployer. Ce système est resté le même depuis(voir les sauts actuels)
2 Parmi les faits marquants, un autre me revient à la mémoire
En 1943, je pense, l'aviation anglo-américaine effectuaient des bombardements quasi quotidiens sur l'Allemagne particulièrement sur Berlin et plus tard sur Dresde. Notre petite ville stratégique se trouvait exactement sur le trajet de ces formations de bombardiers et la DCA allemande nombreuse chez nous leur tirait dessus sans résultat. Ils volaient trop haut.
Pour atteindre l'Allemagne, ces avions étaient munis de réservoirs de carburant supplémentaires. de forme ovoïde très allongés que les aviateurs larguaient quand ils étaient vides c'est à dire presque à chaque fois au même endroit du trajet. Il se trouvait que c'était à peu près dans la campagne environnante de chez nous. Noue eûmes vite fait de trouver un emploi récréatif à ces magnifiques objets. Encore fallait-il les trouver. Nous les faisions découper au chalumeau par un gentil ferrailleur de notre quartier dans le sens de la longueur et nous avions ainsi deux longs trucs qui ressemblaient chacun à un tronc évidé. Il suffisait de quelques coups de lime et de stabilisateurs que nous installait notre génial bricoleur pour avoir deux canoës ma foi de belle allure.
Mon esprit vagabond et ma vague connaissance de la géographie locale me permirent d’en déduire que la rivière voisine devait se jeter dans le fleuve «La Somme»
Afin de constater de visu, nous eûmes l’idée, un copain et moi, d’embarquer sur notre fameux canoë et de descendre la rivière.
La première partie du trajet se déroula sans encombre.
C’était la partie entretenue de la ville mais à la sortie, des branchages obstruaient le cours et les difficultés ne firent qu’empirer jusqu’au moment où une petite cascade nous interdit de continuer notre aventure fluviale. Une rivière de merde et nous dedans, pas bien gai tout cela. Notre canoë d’un poids considérable nous interdisait tout mouvement. Ainsi englués, nous dûmes l’abandonner sur la rive après de grands efforts pour le remonter. Il nous fallut plus d’une bonne heure pour rejoindre la civilisation et c’est dans un état pitoyable que ma mère nous vit rentrer. J’eus droit au grand bain dehors à la vue de tout le monde mais malgré mon jeune âge, je n’étais nullement gêné de montrer mes attributs encore peu virils à la vue de tous.
Nous étions surtout déçus de ne pas avoir réussi à voir le fleuve et ce n’est qu’une dizaine d’années plus avant que nous partîmes habiter la ville d’Amiens où je pus enfin me baigner dans la Somme encore préservée de la pollution.
La guerre n’est pas vécue par les enfants comme une catastrophe et pour nous qui étions confrontés chaque jour à des épisodes guerriers, il suffisait de quelques précautions de base pour se protéger. Ainsi à la moindre déflagration d’un obus, nous comptions en secondes le départ et l’arrivée du projectile pour évaluer le risque.
Personnellement , je n’eus vraiment peur que lors de la chute d’un bombardier touché par la DCA allemande et qui paraissait tomber sur nous. Ce n’était qu’une illusion due à la faible altitude de l’engin. En fait, le pilote réussit à sortir de la ville et s’écrasa dans la campagne environnante.
Notre école en centre-ville fut installée dans des baraquements à la périphérie , ce qui rallongeait considérablement le trajet effectué 4 fois par jour . Il n’y avait pas de cantine et nous devions rentrer le midi. Le parcours nous divertissait et comme il y avait plusieurs bandes rivales de divers quartier, nous étions obligés de faire de longs détours.
Nous étions 3 pour notre part, 2 garçons et une fille. Sur un petit sentier entre des arbustes, la fille avait envie de faire pipi toujours au même endroit et chaque fois, nous rouspétions nous les garçons. Nous devions l’attendre et risquer d’arriver en retard surtout quand nous apercevions une de ces bandes.
Quand la guerre prit fin, nous avions environ 11 ans et là tout changea dans notre comportement et surtout pour la fille. Plus fine que nous deux, elle s’arrangea pour évincer l’un des deux et y réussit de façon magistrale. Je restais seul en lice en maugréant un peu mais elle me convainquit que Henri notre compagnon était en retard alors que c’est elle qui passait me chercher plus tôt. Je me laissais duper et bientôt, nous fîmes le trajet à deux elle et moi. Elle s’arrêtait toujours au même endroit pour son pipi mais elle ne s’isolait plus et peu de temps après me permit de la regarder. Évidemment, je le fis, j’étais curieux de voir un sexe de fillette que je ne connaissais pas. J’étais très intéressé par cette anatomie, une curiosité qui m’a subjugué toute ma vie.
Peu après ces événement pour nous les enfants, tout alla très vite. Michèle la fille passait chez moi , elle habitait tout près et nous allions jouer dans les près ou chercher des pissenlits pour les lapins et c’était des courses folles dans cette campagne entrecoupés de petits bains dans la rivière. Pour cela, il fallait être à l’abri du danger des garçons qui traînaient partout car nous étions nus pour préserver nos vêtements, le plus précieux de notre bien à cette époque.
Or, un jour, sortant de l’eau et après une course folle, nous roulâmes dans l’herbe l’un sur l’autre et Michèle me prit la main pour la poser entre ses jambes. Elle s’écarta un peu et guida ma main sur sa fente. J’étais un peu désemparé, maladroit mais avec assurance elle me fit la caresser.
Dépassé par ce comportement incompréhensible pour moi, j’obtempérais mécaniquement aidé par Michèle qui guidait ma main. Ce petit jeu devint une habitude presque journalière et bientôt elle réagit de façon bizarre. Elle semblait avoir un certain plaisir certes encore bien limité mais bien réel comparé à mon comportement niais. Je ne ressentais absolument rien quand elle me toucha mon petit zizi de la taille d’un crayon mais elle fut persévérante et réussit à le faire raidir un peu puis davantage, ce qui lui permit de le décalotter gentiment jusqu’à faire apparaître le petit gland dans sa totalité, ce que ma maman essayait de faire suite aux recommandations d’une femme médecin. Aussi, quand le fruit apparut, dégagé de sa gangue totalement, elle dut être étonnée mais n’en montra rien et ne fit aucun commentaire. Peut-être se doutait-elle de ce qui c’était passé, je ne le sus jamais.
Pendant ce temps, nous continuions nos petits jeux initiateurs et entretenus par ma copine qui maintenant avait vraiment du plaisir. Elle était déjà éveillée à l’amour mais pas moi. Elle continuait néanmoins à me caresser le petit bout. J’avais tout simplement 2 ans de retard sur le physique de la fille et ce n’est qu’à 13 ans que je découvris le plaisir de la masturbation. Je me rattrapais en pratiquant frénétiquement comme tous les adolescents. Ah si Michèle était près de moi, pensais-je dans mes moments d’excitation suprêmes, que m’aurait-elle fait, que m’aurait-elle appris elle si douée en tous domaines y compris pour les études qu’elle mena à terme en devenant médecin-anesthésiste quelques années plus tard.
J’ai appris qu’elle professait dans un grand hôpital de la région. Elle revenait de temps à autre dans notre petite ville toujours seule, jamais accompagnée d’un homme.
Une constatation que je me fais à posteriori. À partir de la puberté et à mon avis avec la pratique masturbatoire, mon sexe se développa rapidement pour atteindre sa taille adulte vers l’âge de 14 ans. On peut dire que j’étais devenu un homme comme me disait ma maman qui me voyait nu quand il le fallait et avec qui je n’étais jamais gêné. Elle accompagna ma vie d’adolescent de conseils utiles comme le fait de prendre des préservatifs lors de mes sorties de fin de semaine. Je me confiais à elle jamais à mon père trop prude. C’était une femme en avance sur son temps accompagnatrice des ados dans leurs tourments de cet âge et ceci pour les garçons mais aussi pour les filles de notre entourage dont mes deux sœurs.
Pour l'anecdote; ma maman fut la première jeune femme, jeune fille à devenir croupière dans un casino . Elle avait 17 ans.
Maintenant que me voici au crépuscule de ma vie, plein de souvenirs reviennent à ma mémoire. Souvenirs précis à faire peur alors que j’oublie instantanément les faits présents. J’ai choisi d’en coucher quelques uns sur la page de mon ordinateur pour un dernier pied de nez à la faucheuse qui m’a tant guetté durant ma chienne de vie.
Je peux lui dire sans crainte maintenant que je l’emmerde elle et les siens. Je vais partir en paix entouré de jeunes que j’aime beaucoup, des enfants de tous âges qui sont l’avenir en partance et à qui je souhaite un avenir plus radieux que la merdouille que nous avons subi.
Plus je les vois s’aimer jeune, parfois très jeune plus mon coeur bondit de joie mais point trop, il est fragile le bougre!
À Trifouille-les-Maux Juin 2019

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Lange Rostre · il y a
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