Les étranges idées de monsieur Thoreau...

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La science et la technique ont accompagné toute ma vie. Mais comment s’en évader parfois si ce n’est par l’écriture ? Raconter pour faire rêver, réfléchir, partager, laisser une petite  [+]

Henry David Thoreau est un philosophe, naturaliste et poète américain, né le 12 juillet 1817 à Concord (Massachusetts), où il est mort le 6 mai 1862.
Son œuvre majeure, « Walden ou la Vie dans les bois », est une réflexion sur l'économie, la nature et la vie simple menée à l'écart de la société, écrite lors d'une retraite dans une cabane qu'il s'était construite au bord d'un lac. Son essai « La Désobéissance civile », qui témoigne d'une opposition personnelle face aux autorités esclavagistes de l'époque, et à la guerre d’annexion menée par les États-Unis contre le Mexique, a inspiré des actions collectives non-violentes menées par Gandhi et Martin Luther King contre la ségrégation raciale.

• Il n’est jamais trop tard pour renoncer à ses préjugés, et nulle façon de penser ou d’agir, si ancienne soit-elle ne saurait être acceptée sans preuve.
• Les gens font pénitence de différentes façons. Ils ont parfois eu le malheur d’hériter de maisons et de propriétés dont ils sont devenus les esclaves. Sans parler de ceux qui s’endettent jusqu’à la mort pour les bâtir. Dès qu’ils ont vu le jour ils creusent déjà leurs tombes.*
• « On ne peut pas vivre uniquement de végétaux ! » dit le fermier, car il faut de la viande pour bâtir les os. Or il dit cela devant sa charrue tirée par un bœuf qui ne mange que de l’herbe !
• Quel est le nécessaire de la vie ? Gite, couvert, vêtements et combustible. Et pour les gens studieux, lumière, papeterie, et accès à quelques livres. Le reste est superflu.
• Il y a de nos jours beaucoup de professeurs de philosophie, mais bien peu de philosophes !
• Un pauvre indien fabriqua des paniers qu’il chercha à vendre à un riche blanc. Mais celui-ci lui dit qu’il n’en avait pas besoin. L’indien pensa que puisqu’il avait fait son devoir de les fabriquer, il était du devoir du blanc de les lui acheter.
• Ayant remarqué que les ouvriers d’un chantier rangeaient leurs outils pour la nuit dans une grande caisse de deux mètres de long sur un mètre de large, il se dit qu’un homme pourrait bien s’y abriter pour la nuit en y perçant des trous pour respirer et que ce serait, somme toutes, le minimum nécessaire.
• Les costumes « évoluent » en permanence. Et les costumes de rois d’antan nous font sourire à présent. La mode a donc moins d’importance que de posséder un bon habit qui vous va bien. Passez devant un champ dans lequel vous verrez un épouvantail habillé et un homme nu. C’est l’épouvantail qu’on saluera !
Si vous demandez un costume à votre tailleur il vous répondra parfois « Monsieur, on ne fait plus cela aujourd’hui... ». Quel est donc ce ON qui a plus d’importance que MOI ?
J’en conclus que si le singe en chef met une casquette à Paris, les singes du monde entier le feront ensuite.
• S’installer en un endroit n’est pas dans la nature de l’homme charpenté et robuste pour qu’il réduise ainsi son univers. Les indiens vivent très confortablement dans leurs wigwams qu’ils peuvent déplacer en moins d’un jour. En plus il lui est facile d’en être propriétaire, alors que le « civilisé » va trimer et se priver toute sa vie pour acquérir, ou simplement louer, une maison au prix de sa pauvreté.
• Il est rare qu’un individu soit le propriétaire de son bien. Soit il le paie à crédit, soit il appartient à sa banque, soit il en est l’héritier écrasé de charges. L’indien est bien plus libre.. Possédons-nous nos maisons ou bien est-ce elles qui nous possèdent ?
• L’imitation du voisin peut parfois vous conduire à vous plaindre de ne pas posséder son palais alors que vous avez déjà de quoi bien vous loger. Pourquoi tant de chambres d’amis quand on n’a pas d’amis ?
• J’avais tant de choses à dépoussiérer que j’ai finalement préféré m’en débarrasser.
• Une maison doit avoir une cave. Si bien qu’une maison n’est jamais qu’un porche au dessus d’un terrier !
- Pour le vrai philosophe, les "nouvelles" ou autres faits divers ne sont rien de plus que des commérages.
-Notre vie se gaspille en détails. Un honnête homme n'a guère besoin de compter plus loin que ses dix doigts, ou, dans les cas extrêmes, peut-il y ajouter ses dix doigts de pied.
- On lui dit un jour : "Si nous restons chez nous comme vous le faites, qui construira les chemins de fer ?" Ce à quoi il répond: "Mais si nous restons chez nous à nous occuper de nos affaires, qui donc aura besoin du chemin de fer ?"
-Dur envers la religion, en particulier catholique. Car il dit d'un bucheron canadien qui vivait heureux dans une forêt proche de sa cabane:
"...L'homme intellectuel sommeillait en lui comme en un petit enfant. Il n'avait reçu que cette instruction innocente et vaine que donnent les prêtres catholiques aux aborigènes, à laquelle l'écolier ne doit jamais être élevé jusqu'au degré de conscience, mais seulement jusqu'au degré de foi et de vénération, et qui ne fait pas de l'enfant un homme, mais le maintient à l'état d'enfant."
- De même, dire ceci aujourd'hui ne surprendrais guère. Mais le dire vers 1850 manifeste un esprit visionnaire: "Il fut un temps ou l'agriculture était un art sacré (il parle des grecs et des romains). De nos jours, notre objet est de posséder de grandes fermes et de grandes récoltes. En considérant seulement le sol comme de la propriété, le paysage est déformé et l'agriculture dégradée. Et le fermier mêne la plus abjecte des existences. Il ne connaît la nature qu'en la pillant !". Un siècle et demi d'avance sur ce qui se passe de nos jours... !
- A propos du véganisme, déjà... ! " Je ne doute pas que la race humaine, ou son graduel développement, n'aie entre-autres destinées, celle de renoncer à manger des animaux. Manger de la viande me coûte plus que cela ne vaut. Un peu de pain ou quelques pommes de terre eussent rempli le même office. Et l'eau est le seul breuvage digne d'un sage. "

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* D’autant plus que « les linceuls n’ont pas de poches ». (Proverbe arabe). Note de l'auteur

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