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LES DAMNÉS DE TERRA MATER. Chapitre 3

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Chapitre trois

Lasso, linge plié, roseau fleuri, bouche, roseau fleuri, linge plié !
Le grylle rabâchait une série de mots incohérents et délirants. Il insistait avec une obstination allant crescendo. Seul un semblant de conscience avait empêché Allan de crier « Laisse-moi mourir, laisse la mort réclamer son dû ! »
La tête entre ses deux mains, il souffrait d’une affreuse migraine. Cette espèce de céphalopode miniature avait pris une couleur verdâtre à faire vomir un prédateur de Yautja Prime. N’allait-il pas se taire une bonne fois pour toutes ? Non seulement il squattait son aisselle sans son consentement mais en plus, il lui martelait le crâne sans le moindre répit.
« Allan, se ressaisir, notre existence dépend de toi, irriguer cerveau, prendre grande goulée oxygène-ocytocine » avait supplié le grylle dans un dernier sursaut.
Comment, après une giclée exceptionnellement chargée d’ocytocine, Allan avait-il pu avoir la force de se redresser ? Tremblante, sa main droite tendue s’était lentement approchée du panneau d’accès de l’engin extra planétaire.
Des symboles inconnus, des idéogrammes ou plus exactement des caractères semblables à des hiéroglyphes d’une lointaine civilisation de Terra Mater étaient apparus en surbrillance sur la porte de l’appareil. Il avait effleuré certains d’entre eux en commençant dans l’ordre imposé par le grylle ; un lasso... un linge... un roseau... une bouche...
Mais oui ! A présent l’évidence lui sautait aux yeux, c’était un alphabet antique, un alphabet égyptien, les six hiéroglyphes renfermaient un mot de passe égypto-siriusien.
Lasso : O
Linge plié : S
Roseau fleuri : I
Bouche : R
Roseau fleuri : I
Linge plié : S

OSIRIS !

Rien de surprenant, les grands prêtres de l’antique Égypte avaient toujours affirmé avoir été initiés par un être suprême venu de l’espace. Selon eux, Osiris, ainsi que son épouse et sœur Isis étaient étroitement associés à l’étoile Sirius, ce qui justifiait le fondement religieux des peuples du Nil.

Dans l’instant, le couple d’astronautes se trouvait bien loin de ces considérations mythologiques. Astrée avait rampé, s’était agenouillée au pied de la porte et avait prié le Grand Inconnu ; attitude étonnante pour Allan. Elle menait une existence aussi hasardeuse que la sienne, ce qui excluait une émotivité excessive. La sensiblerie constituait un lourd handicap au potentiel de survie des aventuriers de tous poils.
À peine le mot de passe hiéroglyphique composé, la porte du sas s’était lentement estompée, comme dissoute, pour les laisser pénétrer. Le spationef siriusien de type aviso « Pô-Tolo » était intact. Étant régulièrement entretenu par des androïdes, il semblait sortir d'un chantier astronautique.
Tous deux s’étaient traînés à l’intérieur, ils étaient sans corps, seule leur paire de jambes douloureuses avait réussi à les porter jusque-là. Derrière eux, la porte s’était de nouveau matérialisée et le vaisseau s’était immédiatement adapté aux exigences des nouveaux occupants : température, hygrométrie, pressurisation, bien-être thermostatique.
Le couple, aussitôt affalé sur une couche de relaxation à sustentation magnétique, devait récupérer dans les plus brefs délais. Combien de minutes, d’heures ou d’années s’étaient-ils reposés ? Ils ne l’ont jamais su, dans l’espace la notion de temps fait partie des variables aléatoires.
Quant au spationef, était-il en état de décoller ? Une sourde angoisse avait mordu le ventre d’Allan lorsqu’il s’était dirigé vers le poste de commande.
Ce type d’appareil, bien qu’imposant n’était pas complexe à piloter en raison de son équipement ultrasophistiqué. Ses quatre cerveaux à mémoire cybernétique se chargeaient des calculs, des protections environnementales, des analyses et des synthèses. Dans un premier temps il avait appuyé sur la plaque sensitive indiquant « Energie tuyères ». Les moteurs avaient doucement ronronné. Le sang pulsait vite et fort dans les tempes du pilote lorsque les voyants s’étaient allumés les uns après les autres suivis par les écrans plasmascopiques.

― ASTRÉE, ÇA MARCHE ! Avait-il joyeusement hurlé en se retournant.
La jeune femme était là, nue derrière lui, souriante, ses vêtements épars sur le sol, une bouteille de Champagne à la main. Ses fines et longues jambes prolongeaient délicieusement les courbes admirables de son corps. Ses longs cheveux auburn coulaient le long de son orgueilleuse poitrine. Dans la lumière diaphane du vaisseau cette vision avait immédiatement rappelé à Allan la toile d’un peintre oublié depuis bien longtemps, un certain Botti... peu importe. « Naissance de Vénus », pensa-t-il, une œuvre prégalactique de Terra Mater.
Dans un sourire mutin des plus craquants elle lui avait susurré :
― Regarde ce que j’ai trouvé, du Champagne synthétique des laboratoires d’Andromède, millésimé 2027, ton année de naissance mon chéri !
Décidément, ces siriusiens savaient vivre.
En soulevant son bras gauche, Allan s’était adressé à son grylle, sa couleur orange délicatement fluorée indiquait une excellente santé et une humeur des plus radieuses.
― Cher ami, auriez-vous l’obligeance d’abandonner mon corps un instant, ce qui va suivre est d’ordre strictement personnel... Merci.
* * * * *
Dans la timonerie Allan consultait les cartes stellaires, il n’avait pas oublié son engagement par la Galactic Wilde Company, le couple était toujours attendu sur Alpha Centauri planète, pour remplir sa mission d’exploitation d’apatite de Kracol. Cette exoplanète, découverte en 2022 de l’ère prégalactique, était restée très longtemps dans l’oubli en raison de son éloignement. C’est ainsi qu’elle avait été protégée des colons et encore plus d’une invasion de touristes.
Les cartes établies par les astrophysiciens siriusiens répertoriaient quelques 100 000 galaxies ; la constellation du Centaure leur était plus familière puisque située à seulement 5 petites années-lumière de chez eux.
Les écrans avaient fait apparaître plus de 20 000 planètes dont le spectre chromatique correspondait à Alpha Centauri planète. Après avoir rentré les données d’observation, de position et de trajectoire dans le cortex artificiel, il restait à exécuter un point fixe qu’Allan décida de faire à 500 équamètres du sol. Dans un silence absolu, très lentement, le vaisseau s’était élevé à la verticale et avait stoppé en sustentation stationnaire.

Depuis quelques instants, Astrée, le visage soucieux, observait la console dédiée à l’auto surveillance.
― Là, à 30 degrés ouest ! dit-elle en désignant un point précis sur les moniteurs de contrôle d’où s’élevait une colonne de fumée : « Le camp des gliésiens ! » Puis elle avait procédé à un zoom avant. Les yeux rivés sur les écrans, le couple avait scruté les collines de granit rose et de basalte. La caméra poussait le zoom sur la clairière située dans la jungle de fougères arborescentes où devaient se trouver les installations de la garnison gliésienne.
Quelque chose d’ahurissant s’était produit !
Le spectacle était apocalyptique comme si une gigantesque météorite était venue frapper le centre du refuge. La vedette de sauvetage avait littéralement explosé. Des éclats de métal carbonisés et des corps démembrés jonchaient le sol. L’endroit avait dû subir la fournaise d’une pluie de souffre et de feu.
Peu compatissant, Allan avait eu un léger sourire de vengeance. Pour le couple, aucun doute n’était possible, l’intégrité de la Lune Bleue avait à nouveau été bafouée par ce qu’elle estimait être une intrusion menaçante. Les naufragés de l’espace avaient longuement frissonné, il fallait quitter les lieux au plus tôt.
Un androïde se déplaçant sur coussin d’air s’était approché :
― Tout est prêt, commandant, nous n’attendons plus que vos ordres.

Durant quelques minutes encore, Allan avait contemplé cette planète pleine de dangers.
― Nous sommes passés bien proche de la fortune, avait-il regretté dans un profond soupir.
La main d’Astrée lui avait doucement pressé l’épaule.
― Nous sommes passés bien proche de la mort. Allons, pas de regret, nous n’appartenons pas à ce monde, avait-elle murmuré.
Une menace diffuse avait alors flotté autour d’eux. Comme un avertissement du grylle... ou un dernier ultimatum de la Lune Bleue.

Cette fois les tuyères avaient rugi, l’infrastructure de l’engin avait tangué comme le pont d’un navire à l’approche d’un coup de tabac. Le sol avait disparu à une vitesse vertigineuse et en quelques secondes, l’astronef avait franchi l’exosphère.
Une androïde chargée de la surveillance des moteurs à distorsion, était venue solliciter l’ordre de la mise à feu. Elle avait la voix taillée dans un délicat velours et sa silhouette racée, brunie aux feux de mille comètes, la faisait rayonner de séduction. En ces temps-là, des humanoïdes, esclaves sexuels mâles et femelles, avaient été créés et embarqués pour satisfaire les besoins charnels des équipages durant les longues traversées. La fabrication d’androïdes de plaisir pouvant satisfaire les phantasmes les plus débridés était longue et minutieuse. Incontestablement, les siriusiens étaient passés maîtres dans l’art de les conditionner. Ce commerce était d’autant plus florissant que, pour des raisons d’éthique, la majeure partie de l’empire galactique l’interdisait. Le Code Pénal de la Navigation Spatiale était clair à ce sujet, il réprimait durement la maltraitance infligée aux robots.

Allan n’avait pas prêté la moindre attention à ce corps juvénile d’une incroyable perfection, l’heure n’était pas à la gaudriole. Il était occupé à fouiller les tiroirs de sa mémoire pour retrouver les connaissances acquises à l’école d’astronautique. C’était loin, très loin tout ça et s’il avait passé tous les tests psychotechniques avec la plus grande facilité, il avouait volontiers n’avoir jamais rien compris aux cours sur la déformation du continuum espace-temps. L’hyperpropulsion avait pourtant été enclenchée automatiquement et le vaisseau s’était enfoncé dans le futur à une vitesse supraluminique.
Pour les astronautes les plus aguerris, le passage dans l’hyperespace était toujours une épreuve angoissante. Même Allan avait les mains moites et agitées par un léger tremblement lorsqu’il devait franchir un trou de ver, cet abîme du temps lui donnait des sueurs froides. Astrée, elle, s’était réfugiée dans la petite chapelle du pont inférieur, face à une représentation de la déesse vautour Nékhbet, protectrice de Sirius et avait récité une courte prière à haute voix.

― Grand Inconnu infini, éternel,
Vous qui êtes omnipotent, omniprésent et omniscient,
Vous qui avez façonné l’univers et embrasé les galaxies,
Vous qui commandez la matière, la force et la lumière,
Délivrez-nous de nos sombres pensées et bénissez notre voyage.
Amen !
* * * * *
― Par les cornes d’Alpha Tauri ! S’était exclamé Allan qui venait de prendre conscience de la présence de sa voisine androïde. Il n’avait jamais vu de créature aussi belle, aussi désirable, aussi sensuelle, aussi... Médusé, les mots lui avaient manqué. Au bout d’un instant, il avait réussi à poursuivre :
― Une humanoïde femelle et quelle femelle, était près de moi et je n’en ai rien vu, cet abruti invertébré de grylle ne m’en a même pas averti !
Elle se tenait là, devant lui, souriante, uniquement vêtue d’une courte tunique d’un blanc virginal. Mutine, la troublante beauté aux manières raffinées digne d’une princesse vénusienne, avait répliqué par une charmante petite moue.
― Une femme androïde ? Et pourquoi pas je vous prie, commandant ?
― Pour rien, sauf que j’en ai déjà entendu parler par des explorateurs galactiques mais je n’en ai jamais rencontrée et surtout d’aussi... disons, d’aussi réussie.
Les yeux de la jeune femme s’étaient portés sur l’entrejambe de la combinaison moulante d’Allan qui commençait à trahir le niveau de son émoi.
― Ka, je m’appelle Ka, je suis votre chef de cabine et je peux satisfaire tous vos désirs, avait-elle déclaré dans un semi-sourire accompagné de rapides battements de cils.

― BONNE IDÉE ! s’était écriée Astrée d’une voix venue du fond de la cabine. Savez-vous au moins faire la cuisine ? Les tortillas képlériennes aux œufs de planants avec une bière de maïs synthétique pour Monsieur le commandant. Il adore ça et si, en plus, vous lui trouvez un whisky à la menthe de Bételgeuse, c’est lui qui pourra satisfaire tous vos désirs !
Allan avait senti comme une pointe d’ironie, voire même d’agressivité dans les propos de sa compagne ; le charme était rompu.
― Bien sûr Madame Astrée, je m’en occupe immédiatement, avait répliqué l’androïde Ka.
C’est à cet instant que le grylle avait pris une teinte brune et avait lancé une alerte de niveau 4 sur l’échelle de Lorentz. La gravité avait soudainement diminué et les passagers s’étaient retrouvés en apesanteur. Ka avait réussi à maintenir sa position verticale. En telle situation, Allan savait coordonner ses mouvements mais Astrée, déséquilibrée, avait violemment heurté la paroi de la cabine qui l’avait renvoyée en arrière. Dans un magnifique ballet désespéré, elle avait battu des jambes et des bras avant que les androïdes, qui dansaient autour d’elle, aient pu l’empoigner et la stabiliser.

― Actionnez les générateurs d’hyper-propulsion ! Vite ! avait commandé Allan.
Il se maudissait ! Ces deux filles de Lilith lui avaient fait perdre la raison et négliger le pilotage.
En fait, le vaisseau avait atteint la bouche du trou de ver, la porte des étoiles. Les astronautes allaient se dématérialiser, plonger dans le temps et même le remonter. Le bouclier thermique de l’astronef devait les protéger mais nul n’était à l’abri d’une éruption stellaire, d’un craquement temporel ou d’un simple dysfonctionnement du vaisseau. Il n’y avait plus aucun moyen de faire marche arrière et d’échapper à ce singulier voyage.
Un voile noir était tombé sur le couple d’astronautes, l’obscurité était totale, parfois striée de fulgurants et aveuglants rais de lumière. Allan avait tenté d’appeler à l’aide, seulement voilà, sa bouche, sa gorge, ses cordes vocales n’existaient plus. Il flottait dans un vide hors du temps, sans gravité. La terreur causée par la soudaineté de l’événement avait laissé place à l’angoisse puis à une sensation grisante, une impression d’éternité. Bien sûr cette sensation était fausse puisque, précisément, il franchissait une zone intemporelle. Curieusement, il était pleinement conscient de son existence et en même temps parfaitement incapable de prononcer un mot.
Mentalement il avait cherché à communiquer avec le grylle mais la situation avait émoussé ses sens psychiques, il lui était impossible de détecter la moindre onde de pensée. Tout tourbillonnait dans sa tête, un peu comme après une soirée de cuite avec les anciens de la 2ème escouade des spatio-fantassins de Kepler, mais en mille fois pire. Il laissait son esprit tourbillonner et choir mollement. Choir n’était pas la bonne expression car en telles circonstances, les notions de haut et de bas n’avaient aucune valeur tangible. Il ne sentait plus son corps, son cœur ne battait plus, il ne respirait plus, finalement il fallait bien se résoudre à l’évidence... Il était probablement mort !
Pour Allan, la vie et la mort faisaient partie des faits naturels et inévitables qui survenaient sans qu’il soit possible de les maîtriser. Le destin ne se conduit pas selon nos idées, pensa-t-il une dernière fois
Contrairement aux idées reçues, il faisait froid, très froid, quelque part entre enfer et purgatoire. Dans ce couloir de la mort, Allan redoutait et attendait son tour de comparaître devant le Grand Inconnu.
* * * * *
― Un glaçon dans votre whisky, commandant ?
Du pur malt comme vous l’aimez, cultivé en serre par les intras de Pluton. Je dois dire que l’ordicortex du vaisseau m’a bien informé sur vos goûts et phantasmes. Réveillez-vous, nous venons de franchir la porte des étoiles et nous sommes revenus à la date du jour de votre départ de Kepler 11.
Allan avait trouvé la situation étrange voire même cocasse. Dans sa jeunesse, au temple Cosmo-Christianisme, il devait avoir sauté quelques cours de catéchisme car il n’avait jamais entendu dire qu’en enfer de charmantes hôtesses proposaient des boissons alcoolisées.
Après maints efforts, il avait réussi à soulever les deux cents kilotonnes que pesait chacune de ses paupières.
― Ka ! C’est vous ?
La ravissante Ka était là, comme à son habitude elle battait de ses longs cils recourbés. Des sons mélodieux sortaient de ses lèvres pourpres... whisky... pur malt... ces mots lui disaient quelque chose, mais quoi ? Durant quelques minutes stellaires, le navigateur-prospecteur en était resté pétrifié, stupéfié.
― Que le Grand Inconnu me distorde ! Astrée où es-tu ? Nous avons réussi !
La jeune femme était rayonnante malgré l’un de ses fins sourcils masqué par une légère compresse auto-cicatrisante, résultat du choc survenu durant la période d’apesanteur.
― Regarde les écrans, Alpha Centauri A est en vue, nous y serons dans moins de 4 jours stellaires, avait-elle répondu non sans suivre des yeux la démarche d’un androïde à la beauté sculpturale.
Effectivement, les moniteurs spectrographiques faisaient apparaître l’étoile dans toute sa brillance, la planète habitable recherchée devait graviter à environ 1,25 Unité Astronomique.
La suite du parcours s’était déroulée sans fait particulièrement marquant. L’ambiance avec l’équipage avait été,... détendue, libérée, sensuelle et disons-le, un peu chaude voir même torride mais sans préjugé ni culpabilité. Après tout, la vie est courte même en voyage à effet temporel rétrograde, et puis, chacun sait que l’apesanteur favorise les relations libertines.
* * * * *
Couleur azur intense dans un ciel d’une noire splendeur, Alpha Centauri Planète était apparue, elle avait des caractéristiques semblables à celles de Terra Mater.
Le vaisseau avait automatiquement adopté une mise en orbite stationnaire.
C’était alors que Ka était venue rejoindre Allan dans le poste de pilotage. Elle s’était faite câline.
― Tu ne m’aimes donc pas ? Se plaignit-elle.
Un parfum capiteux embaumait son cou.
― Bien sûr que si, avait-il répliqué l’air interloqué. Serais-tu jalouse ?
― Et pourquoi pas ? Parce qu’à tes yeux je ne suis qu’un robot attaché à ce vaisseau ? Parfois au cœur de célestes nuits je rêve... Je rêve de serrer dans mes bras celui qui me sortira de ma condition d’androïde, mais c’est impossible, n’est-ce pas ?
― Hum... je le crains. Avec Astrée nous allons débarquer sur cette planète.
― Je me souviendrai de toi et de nos enlacements Allan, les électrons lumineux dans leur course folle scanderont ton nom.
― Ka, s’il te plaît, je dois me concentrer sur la procédure d’approche, le grylle est inquiet.
Sans tenir compte de cette remarque, elle avait poursuivi en plaquant sa cuisse contre la sienne.
― Éternellement je répéterai ton nom aux nébuleuses afin qu’elles le portent aux étoiles.
Le programmeur de ces androïdes avait un peu trop forcé sur les sentiments poétiques, avait pensé Allan, néanmoins, les voyages avec de belles créatures avaient tout de même du bon.
Ka avait poursuivi d’une voix suave et langoureuse :
― Je ne peux te parler que de feu et d’amour, les humains sont fugitifs comme le parcours des vagues sur la mer des Mélancolies.
Allan ne l’écoutait plus, il avait fait plonger l’aviso pour longuement survoler et explorer le sol.
― Je te guettais, je t’espérais comme le désert attend l’arrivée d’une douce ondée matinale.
Ces dernières paroles s’étaient perdues dans la tension et la fébrilité de l’événement, l’ordicortex avait prononcé l’analyse suivante :
― Surface en partie mystérieuse, quelques zones inexplorées, neige et chaleur, terre et mer, présence d’une civilisation autochtone, routes commerciales fréquentées, s’armer et se préparer pour l’inattendu...


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GIGIdu41 · il y a
Manifestement, Allan la trouve vraiment canon, Ka, non ?... Reste à savoir si, dans le chapitre suivant, Astrée deviendra un boulet pour lui ?
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Flore · il y a
J'ai mis beaucoup de temps à trouver la tranquilité neccessaire à la lecture. Toujours un téléphone, ou une visite. Il n'y a que le soir...Un grand voyage fasciant , bravo....
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André Page · il y a
La fortune et la mort... la vie et la zone intemporelle, mais ils sont toujours là, ouf! gloups une autre planète! Hooop! un clic et j'y serai! :)
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Alain de La Roche · il y a
Ne vous moquez pas André.
La vie d’astronavigant n’est pas une sinécure.
Moi qui ai fait mon service militaire dans les fantassin-cosmonautes, je peux en témoigner.

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André Page · il y a
:) C'est passionnant, en tout cas, une sacrée imagination.
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Margue · il y a
pauvre Allan, que la vie est dure ! difficile de garder le cap.... rires
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Alain de La Roche · il y a
Ma pauvre Margue, si tu savais... La vie d'Allan est encore plus dure dans le chapitre 4 !
http://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/les-damnes-de-terra-mater-chapitre-4

J’espère que tu vas mieux.
Mercredi prochain je vais disparaitre dans un endroit où il y a peu de connexion internet, en arctique entre Norvège et Russie.
Alors, essai de passer de bonnes fêtes de fin d’année, sans moi. :-(
ALAIN

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Brocéliande · il y a
La Lune ..toujours Bleue ...Astrée, Ka ...Allan fort et faible ...des descriptions qui vivent, des recettes qui font presque envie ...comment ne pas continuer à aimer ? je suis sortie de ma forêt jusqu'à tes terres ...c'est un grand voyage qui me fascine toujours autant ... alors j'aime ...ouiiii ...
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Alain de La Roche · il y a
Ma Dame, êtes-vous Morgan ou Viviane ?
Que ne suis-je chevalier pour vous servir mais sachez qu’à bord du vaisseau d’Allan, une couchette à sustentation anti G vous sera toujours réservée.

De même, un siège anti-gravité sera offert aux votants pour ce chapitre quant aux autres… qu’ils se démmer… enfin, que Dieu leur vienne en aide car le voyage va devenir de plus en plus difficile.

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Brocéliande · il y a
Oh non ...le voyage va être de plus en plus délicieux intriguant m
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Brocéliande · il y a
magnifique (chatpeluche un rien cosmique saute sur l'ordi )..je garde alors l'invitation pour la couchette incroyable et je prends le siège anti-gravité sans me poser de questions ...messire de Demain, vous êtes un aventurier bien incroyable et on a envie de vous lire de vous écouter ...le voyage prochain est une promesse .. ..
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Laurence Blondon · il y a
J'aime toujours ! Et j'attend la suite avec impatience ! Encore bravo!
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Aubry Françon · il y a
L'espace, ultime frontière... super suite mais que va nous réserver cette nouvelle planète ?
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Alain de La Roche · il y a
Allons Aubry, ne vous moquez pas !
Vous faites comme si vous n’aviez jamais passé la porte des étoiles en dématérialisation de chacun de vos atomes.
Pas à moi !
Je vous soupçonne même d’être un astroprospecteur de classe 2, comme Allan, mais bon, si vous souhaitez conserver le secret…

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Aubry Françon · il y a
Argh ! Ma couverture est foutue ! Je vous envoie un xénomorphe en représailles ;-)
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Chtitebulle · il y a
Ahhhhhhhhh !!! Merci !!!
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Alain de La Roche · il y a
Dites-moi Chtitebulle, quelque chose me chafouine :
Vous avez de grandes lunettes ou vous avez une toute petite tête ?

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Chtitebulle · il y a
Ce ne sont pas de vraies lunettes, juste un montage photo ! Sourire
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Alain de La Roche · il y a
Quel dommage ! Je vous croyais extra-terrestre venue d’une lointaine planète peuplée de microcéphales.
Je crois que Vivian Roof en est originaire, mais chuuuut. ;-)

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Sylvie Franceus · il y a
Coucou Alain, J'aime bien te lire et je me dis que ton texte lu à voix haute serait encore plus palpitant.... tu devrais tenter l'expérience.... je te prête ma voix, si tu veux.... dis oui !
Et chépa pourquoi mais... cette Ka... elle m'agace... trop parfaite... trop tout...gggggrrrrr oui, elle m'agace ... et commandant par ci et commandant par là....gggrrrrrr et cette plastique irréprochable.....
Ecris encore et conte moi encore tes histoires cosmo-géniales.
Où en étions nous.... ah oui... le mage.....
Une bise inter sidérale
sylvie

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Alain de La Roche · il y a
Mon texte déclamé à haute voix ?
Aaaaah oui !
Mais seulement dans le chœur de l’église abbatiale du Mont Saint Michel.
:-)))

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Sylvie Franceus · il y a
J'ai pas dit " déclamé " !!!!
J'ai dit " Lu " comme les biscuits.... c'est pas pareil, Monsieur de la Roche !
Dans le cœur de l'église... oh oui, alors !!!!!
T'es vraiment un ingrat..... j'te fais des compliments.... et toi... pas un merci.... rien.... je rêve !!!!! J'en crois pas mes yeux bleus, nan ....

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Flocal93 · il y a
Si j'avais pu me douter que le grylle s'exprimait en hiéroglyphes ! Il est vrai que je n'avais l'ègyptien antique qu'en trente-cinquième langue, au lycée...
Et j'étais persuadé qu'ils allaient nous faire de magnifiques petits androïdes, avec Ka, mais pas du tout !... Ah, on peut dire que tu sais tenir ton public en haleine.
Du coup, on attend l'épisode suivant pour savoir comment va tourner cette aventure... Encore bravo.

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Alain de La Roche · il y a
Certains prétendent que des extra-terrestres venus de Sirius seraient à la base des connaissances de l’antique Egypte (architecture, astronomie, écriture, calendrier…).
Par ailleurs, il est étonnant que le peuple Dogon, sans aucun moyen ni connaissance astronomique connaissait Sirius B.
;-)

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Flocal93 · il y a
Idem pour les Incas. Il est vrai que l'on a découvert des formes géométriques dans leurs constructions visibles seulement de l'espace... de là à en déduire qu'à l'origine, il y avait une influence extra-terrestre. Sans compter leurs connaissances médicinales que l'on redécouvre aujourd'hui, leur croyance tournée vers les astres et l'espace et une flopée de petits mystères de la vie de tous les jours. Mais qu'ils restent où ils sont, j'ai déjà assez de mal à trouver une place où me garer !...
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