Léon - Partie 1

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Tac... Tac... Tac...

C’était toujours le même rythme. Un tempo régulier qui annonçait un arrêt brutal de ses pensées. Ce battement se répétait en boucles identiques. Au départ lointaines, elles devenaient voisines. Il ressentait alors un fort et unique pincement. Son coeur s’accélérait et gravissait une pente raide pour ensuite se stabiliser, et redescendre lentement. L’inverse exact des montagnes russes du parc d’attractions où ses parents avaient l’habitude de l’emmener. Alors le bal de ses souvenirs s’arrêtait brusquement, inachevé.

Un épais rideau noir tombait. Et puis rien. Silence.

Sa mémoire mettait en scène des éléments qui s'organisaient par vagues successives d’émotions. Dans ce balancier se mélangeaient des anecdotes banales comme des moments beaucoup plus intenses. Comme cette fois où il avait volé à sa mère une robe et des boucles d’oreilles pour se pavaner avec, tout en l’imitant. Ou, bien plus triste, sa Mamita en pleurs, lui annonçant le grave accident de ses parents. Et la mort de sa mère, et les lourdes conséquences pour son père. Mais, dans ce flux et reflux mémoriel, apparaissaient le plus souvent deux autres jeunes garçons avec lesquels ils formaient un noeud indissociable: Lucas et Théophile.

Lucas était le plus téméraire des trois, il n’avait jamais froid au yeux. Les deux autres n’hésitaient presque pas avant de le suivre dans ses nouvelles péripéties tellement son énergie et son excitation étaient communicatives. Théophile lui, était beaucoup plus réservé. C’était l’intello de la bande, toujours le nez fourré dans les magazines que son père lui offrait le dimanche. Même s’il n’y comprenait foutre rien par moments, il adorait sentir l’odeur chimique des pages neuves qu’il tournait et retournait avidement. Et puis il y avait lui, Léon. Il était le liant entres ces deux ingrédients, il nouait les appétits de l’un avec les frayeurs de l’autre. Il était l’épaule, il était l’oreille, le complice des deux autres. A eux trois ils constituaient un joli trio. Trois musiciens qui jouaient chaque jour la même partition avec un instrument différent.

Lorsque un jour Lucas surgit essoufflé chez Théophile, Léon ressentit comme une profonde douleur au creux de son ventre. Son corps semblait lui indiquer qu’un événement qu’il cherche encore à comprendre, allait les percuter de plein fouet.


*


Théophile ouvrit difficilement les yeux, encore enfoui sous sa couette et sa capuche recouvrant une bonne partie de son front. Son appartement mal isolé et cette région humide lui faisaient passer chaque matin d’hiver une épreuve digne d’un entraînement militaire. Il tituba jusqu’à la salle de bain, tourna uniquement le robinet gauche de la douche, urina et se réfugia ensuite sous l’eau brûlante. Un café suivit de deux tartines de pain recouvertes de fromage, son sac rempli d’un casque audio, un carnet de note, un litre d’eau minérale, son enregistreur et voilà qu’il dévalait déjà quatre à quatre les marches du vieil escalier grinçant de son immeuble.

Il sortit du métro et arriva au bâtiment moderne où se trouvait le quotidien pour lequel il travaillait. Il s’arrêta comme à son habitude pour écouter le long râle interminable de la porte d’entrée qui se refermait derrière lui. Il se remémorait le court morceau de musique que lui avait inspiré l’enregistrement de ce gémissement métallique quand un jeune homme de petite corpulence lui agrippa l’épaule:

— Alors t’as écouté mon dernier son ??? s’étouffa-t-il.
— Pas eu le temps hier mec, désolé. dit-il en se dérobant à la main froide et osseuse du garçon d’une rapidité qui lui fit relâcher son emprise. Il continua son chemin après lui avoir jeté un rapide coup d’oeil. Le garçon l’accompagna dans son mouvement.
— Ah, ok, tu me diras, j’y ai passé une partie de la nuit à le re-bidouiller dans tous les sens mais je crois que je me suis perdu là...
— Je te le dis à chaque fois Hugo, lâche-le et mets tes oreilles sur un autre track, t’y reviendra plus tard t’inquiètes !
— Ben ouais mais bon... avoua-t-il tout penaud.
— C’est dur mais ça fait un bien fou! Tu paies ton café et je débute ma journée ? lui demanda t-il en relevant sa capuche.
— Allé ! lui acquiesça en retour le garçon, mais tu me promets de me filer un ou deux bons conseils d’arrangement.
— Ok, ça marche, lui répondit-il dans un demi-sourire qui propagea une douceur fraternelle dans le reste de son visage.

Ils se dirigèrent alors tout deux vers la machine à café qui illuminait en partie la salle de repos de sa blancheur froide. Seule une onde sonore faible mais permanente occupait l’espace auditif. Sa veste en cuir encore sur le dos, Théo frémit, le regard perdu sur une annonce de machine à laver recouvrant partiellement celle de deux chatons roux à donner.

— Au fait j’y repensais... Au sujet de Léon... c’est bientôt non ? hésita Hugo, son regard fixé sur la progression digitale du remplissage en cours, frottant mécaniquement son large front dégarni.
— Oui... Demain, répondit-il d’une voix neutre, un léger spasme secouant sa paupière.
— Ca va aller ?
— Je pense, je sais pas... dit-il en tremblant. Tu sais, ça va faire dix ans, mais c’est encore trop tôt pour moi je crois... Il réajusta la bretelle de son sac à dos machinalement et enfonça l’ongle de son pouce dans le tissu synthétique recouvrant cette dernière.
La machine se manifesta par plusieurs bips aiguës.
— Oui... acquiesça-t-il en saisissant le café allongé et en lui offrant. Tiens, réchauffe-toi. Il lui tendit avec délicatesse le gobelet à moitié rempli du liquide noir et brûlant. Ses deux billes marrons reflétaient l’éclairage blafard de la machine, ce qui donnait à Hugo un côté synthétique un peu angoissant.
— Merci, dit-il en recouvrant le gobelet en plastique de ses deux mains. J’ai eu une idée pour cette année, pour que les suivantes soient moins difficiles.
— Ah ? fit l’homme en posant son regard sur les deux iris bleues de Théophile.

L’homme au physique émacié que son gros blouson et son pull à capuche peinaient à dissimuler alla s'asseoir et cala confortablement son dos contre le mur. Il souffla deux courtes fois sur le café fumant et porta le liquide à ses lèvres. Il avala doucement la substance, ferma les yeux tout en laissant glisser le long de son oesophage la sensation réconfortante. Il reprit la parole quelques instants après, le ton de sa voix se colora alors d’un orange soyeux et rassurant, comme si le jus venait de repeindre ses cordes vocales à grands coups de pinceaux caféinés:

— Je vais faire un montage sonore, lâcha-t-il.
— Un montage ? De quoi ? Sa voix ? demanda Hugo surpris.
— Mais non t’es con, j’avais pas d’enregistreur à ce moment là... J’étais qu’un ado quand il... s’arrêta-t-il gêné. Un bref instant s’écoula puis il reprit. Je vais aller à la rencontre des personnes qui l’ont connu et je vais leur demander qu’ils me racontent les souvenirs qu’ils ont de mon pote, confessa-t-il. Son regard se perdit de nouveau mais cette fois sur la façade grise et sale de l’immeuble voisin.
Hugo s’approcha de lui et posa sa main sur l’épaule de son collègue, il se leva en la dégageant doucement cette fois, pour ne pas le froisser. Son gobelet balancé dans la poubelle, il se retourna et dit:

— Passe à un autre morceau mec, puis un autre et un autre encore ! Je l’écoute à ma pause déj, promis.

Puis Théophile disparu dans le couloir, le frottement de son jean et le craquement de son blouson comme dernières empreintes sonores parvenant aux oreilles d’Hugo.


*


La ronde des souvenirs de Léon, quand elle reprenait, suivait une alternance rythmique émotionnelle. Aux anecdotes qui restaient étrangement distinctes malgré le peu d’importance qu’elles avaient eu dans sa vie, une aussi primordiale que l’accident de ses parents paraissait floue et par moments indéchiffrable. Seulement nette dans certains angles, à certains instants, sur un détail anodin. Il pouvait ainsi reconstituer petit à petit cet incident tragique.
Il était seul, comme cela arrivait régulièrement le samedi soir. Ses parents aimaient à rejoindre les quelques amis qui leur restaient de leur bande formée au lycée. Ils passaient leur soirée à se remémorer de vieilles anecdotes qu’ils ramenaient au présent, aidés de petits mais nombreux verres de rhum. Surtout pour sa mère.
La solitude de Léon se poursuivait le dimanche malgré le retour de ses parents. Après chacune de ces soirées les deux adultes ne s’adressaient quasiment plus la parole. Lorsque leur regard avait le malheur de se croiser et que Léon se trouvait à proximité, le garçon luttait pour ne pas être renversé par cette onde silencieuse mais ravageuse qui résultait du violent choc de leurs regards. Du haut de ses treize ans et malgré son manque évident d’expérience post-alcoolique, il savait que les relents âcres qui se dégageaient de l’haleine de sa mère en étaient la cause.
Dans le flou ondulatoire des vagues de la mémoire du jeune homme, se détachaient et remontaient à la surface les souvenirs des nombreuses disputes parentales. L’abus régulier chez sa mère de ce feu liquide les consumaient aussi bien l’un que l’autre, grignotant le dernier lien qui préservait l’unité familiale.

La dernière attache céda une nuit de septembre.

Il apprit par sa Mamita que ses parents avaient fait une embardée violente à la suite d’un virage manqué. Sa mère était au volant. Morte sur le coup, la saveur épicée de son dernier verre encore sur les lèvres. Son père fût hospitalisé. Sa jambe compressé entre le tableau de bord et son siège ne pût que partiellement être sauvée. Il se retrouva condamné à marcher assisté d’une canne pour le restant de ses jours.
Le reliquat de ce drame était trop vaporeux dans la mémoire de Léon, seul des fragments se distinguaient comme des mains tendues: les souvenirs de Lucas et Théophile. Sans eux, il se serait noyé, aussi mutique et sinistre que son père.
Les deux complices rivalisaient d’ingéniosité pour consoler Léon, pesaient de tout leur poids sur la balance du destin de leur camarade. Sa Mamita décédée quelques mois plus tard, seuls ces deux là comptaient. Son paternel reclus dans la réfection du logis laissé vacant, sombrait.

Et puis Lucas avait débarqué un après-midi dans la chambre de Théophile avec cette idée stupide.

Il les entraina dans le garage de son oncle avec pour seul prétexte quelque chose d’urgent à leur montrer. L’adolescent, pourtant en surpoids, bondissait en tous sens sur les quelques centaines de mètres qui les séparaient du bâtiment. Une fois sur place et l’excitation des deux autres garçons à son plus haut point, Lucas ouvrit le vieux frigo constellé de rouille et s’exclama: « TAAAAADAAAAAMMMMMM ! »

Soudain, au travers de ses pensées qui se faisaient de plus en plus limpides et de sensations physiques qui s‘éveillaient en lui, Léon discerna dans son étrange réalité à nouveau cette boucle sonore redoutée: Tac... Tac... Tac... Tac... Tac...
Alors une pointe effilée pénétra lentement la peau de son avant-bras et inonda ses veines d’un fluide glacé. La farandole de souvenirs se stoppa net. Et puis rien. Silence.


*


La première personne à inscrire sur la liste des individus à interviewer ne fit aucun doute dans l’esprit de Théophile. En réalité, s’il ne devait en visiter qu’une seule ça serait elle. Dix longues années s’étaient écoulées, sans aucunes nouvelles, ni physiques ni virtuelles. Théophile se sentit remonter le temps quand il parcouru dans sa vieille Clio bordeaux la centaine de kilomètres qui séparaient le présent de son passé.

Il gara son véhicule sur une des nombreuses places laissées vacantes devant la vieille boulangerie de son enfance. A part l’emplacement du commerce, toute la devanture et l’intérieur s’étaient modernisés, ou plutôt enlaidis, voir complètement dénaturés selon lui. La boutique ressemblait à toutes les autres boulangeries de la région et le chaland pouvait se sentir rassuré d’être ainsi chez lui, partout.
Il commanda deux pains au chocolat larges et graisseux, lubrifiant abondamment les deux serviettes et le sachet blanc que la commerçante lui remit en échange de son billet froissé. En sortant l’avertisseur criard résonna. Il plissa les yeux et inclina la tête de douleur. La monnaie glissée dans sa poche, il remonta la bretelle de son sac, s’arrêta et inspira profondément. Il relâcha sa goulée d’air et empoigna, décidé, le pommeau de porte du vieux bistrot attenant à la boulangerie.

Comme la vieille femme lui avait indiqué hier au téléphone, il était là. L'homme était assis au fond de l’antique salle aux murs ocres et denses qui semblaient peser de toute leur hauteur sur lui. Sa mine était plombée et son regard perdu sur la bave mousseuse qui descendait le long de son grand verre.

Théophile s’approcha de l’homme, serra plus fort son sachet de pâtisserie luisant et dit d’une voix hésitante:

— Bon... Bonjour Lulu.
L’homme fronça les sourcils et releva brusquement la tête, réveillé par ce vieux timbre amical qui venait bouleverser son monde. Il observa le visage gêné du journaliste droit dans les yeux et coupa court à la suspension temporelle.
— P’tain Théo ! Mais merde, quesse t’ fou là vieux !? Incroya’b ça ! Surtout aujourd’hui p’tain! Et il se leva et serra fort Théophile contre lui.

Face à cet élan chaleureux et inattendu, les yeux de Théo s’embuèrent. Il resserra son étreinte tout en laissant échapper un sanglot. Il était très heureux de la réaction de son ami, simple et chaleureuse. Aucun remords. Comme ils avaient toujours été ensemble, rien n’avait changé. Mis à part la bedaine fort avancée que son ami portait à présent.
Lucas proposa à son camarade de s’asseoir et voulu lui commander une pinte mais ce dernier lui suggéra plutôt un café pour accompagner les deux viennoiseries qu’il déposa sur la table. Il consentit avec joie et pris les mains de son ami comme pour se rassurer de la réalité du moment.

— Quel plaisir mon Théo de t’revouar, tu t’rends compte, dix ans déjà qu’il... Son faciès s’assombrit soudain, les mots lui manquant.
— Qu’il est mort... oui... reprit Théo, les yeux humides à nouveau.
— Non, pas mort ! Non... disparu Toto, disparu... Il se reposa sur le dossier de sa chaise le regard triste et mordit dans son pain au chocolat, un amas de miettes se déposa sur son ventre.
— Pour moi c’est la même, il est plus là. Ca passe pas et ça passera jamais je crois. Je me demande tout le temps ce qu’il aurait pu devenir, les voyages qu’on aurait fait, l’homme qu’il aurait été... C’est dur merde! Tout ça à cause de cette FOUTUE... Théophile en larmes suspendit la fin de sa phrase. Le regard abattu de Lucas qui pleurait à son tour lui fit regretter ses paroles. Il approcha la tête du garçon contre la sienne et lui posa les bras autour du cou. Ils s’enlacèrent un moment avant de relâcher leur étreintes, gênés.

— Tu n’y es évidemment pour rien mon Lulu, pardonne-moi. Théophile renifla embarrassé et sortit un mouchoir de son sac à dos.
— J’en suis la cause pourtant, j’ai beau m’dire qu’non mais... Sans cette cuite monumentale qu’on s’est collé tous les trois, on aurait dix ans de souvenirs en plus à partager... lâcha-t-il. Lucas se tassa sur son siège et se gratta derrière l’angle droit de sa mâchoire légèrement prognathe. Il emprunta un mouchoir à Théo et le remplit abondamment.
Théo se redressa et le regarda d’un air malicieux. Il sortit de son sac son enregistreur et l’enclencha. Il le pointa en direction de Lucas.
— Au lieu de dire des conneries raconte moi plutôt tout ces vrais moments qu’on a partagé avec Léon, du lourd, du sincère ! Ca, ça bougera pas mon gars, c’est nous! Cet enregistrement on se l’écoutera quand ça ira pas, il vivra encore Léon ! On l’oubliera jamais !
Le visage du jeune homme s’était réchauffé. Il était presque ardent, son regard fier et déterminé. Il posa l’appareil sur la table en bois.
Lucas, surpris, s’arrêta un instant et observa son ami.
— T’as changé mon Toto p’tain, tu manges quoi là-bas ? T’es plein d’assurance, t’es droit comme un i ! Ca m’fait plaisir d’voir ça... T’as vu moi ? lui sourit-il en pointant sa panse de son index. Vaut mieux pas me pousser dans une rue en pente ! s’exclama-t-il.

Tout les deux s’esclaffèrent et rire de bon coeur un long instant quand un homme d’une cinquantaine d’année passa devant la baie vitrée du troquet.

Lucas le suivit du regard et une ombre voila son visage. Il racla sa gorge et serra son verre vide à en faire blanchir ses jointures. Le verre était sur le point de perdre son combat quand Théophile demanda:

— Qui c’est ce type ? Lucas relâcha sa main et s’appuya sur son avant-bras.
— Tu l’as pas reconnu ? maugréa-t-il.
— Ben non... attends... Si... Mais c’est... Etienne ? balbutia-t-il. Lucas hocha la tête tout en compressant sa mâchoire. Mais il habite plus ici pourtant ? interrogea Théo le front plissé, ses yeux nettoyant les angles de son champ de vision à la recherche d’une réponse.
— Et si mon pote ! Je le croise souvent par ici... Il a pas pu déménager malgré tout ce bordel. Sa mère ne pouvant vivre sans lui y pourra quitter c’t’endroit qu’une fois qu’elle s’ra pu là... répondit Lucas fixant les deux tireuses à bière situées à son exact opposé.
— Je savais pas... Quand les flics l’ont relâché et que tout s’est effondré après des semaines, je pensais qu’il avait tracé le plus loin possible, changé de pays, refait sa vie quoi ! s’exclama le reporter tout en cherchant l’homme du regard.

A cet instant, un vieux Scénic blanc crasseux passa dans le sens inverse du quinquagénaire. Lucas le suivit du regard.

— R’garde, c’est sa bagnole, y doit rentrer chez lui à c’t’ heure. Lucas examina sa montre et fit un signe au patron qui les guettait derrière son vieux zinc élimé.
— Attends, il habite bien à côté de la maison de Mamita? demanda le reporter qui paraissait agité.
— Ben ouais, toujours. Répondit Lucas qui semblait à l’instant bien plus se réjouir de son verre qui se remplissait au loin que de la conversation avec son vieil ami.

Théophile se leva d’un bon, enfourna son appareil encore en marche dans son sac, agrippa le bras de Lucas sous l’aisselle et essaya de le lever, en vain.

— Allez viens, on va lui dire deux mots ! Il voudra peut-être nous causer depuis le temps ! Ma caisse est juste devant, ça m’fera plaisir de revoir le coin en plus ! Plein d’entrain, il déposa un billet de dix euros sur la table et pris la direction de la sortie.

Lucas paraissait tout étourdi par la mise à feu soudaine de son ami et laissa tomber ses deux bras le long de sa chaise. L’étincelle n’était plus en lui comme à l’époque mais chez l’autre à présent. Son quotidien maussade depuis la disparition de Léon reprenait vie à l’instant. Le barman le sortit de ses pensées, déposant bruyamment une pinte fraîche et écumante sur la table.

Théo ouvrait déjà sa portière quand Lucas s’exclama: « Ben Toto... Et ma bière ??? »
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Utilisateur désactivé · il y a
J'ai adoré votre nouvelle! Les personnages sont très vivants et l'histoire prenante. J'espère que vous publierez bien vite la suite, il me tarde d'en connaître la fin...!
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LéoLio · il y a
Merci M.L ! Je vais la publier ce week-end :)
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Tranquillou974 · il y a
Bonjour LéoLio,
Quelle joie et quel honneur d'être la première à commenter votre nouvelle !
Je trouve que votre récit est très bien construit.
J'ai également beaucoup aimé les dialogues enchâssés, car ils lui donnent rythme et allant.
Excellente continuation et au plaisir de partager avec vous lectures et commentaires :)
Tranquillou974

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LéoLio · il y a
Merci pour votre commentaire encourageant, je posterai bientôt la deuxième partie de la nouvelle. A très bientôt !

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