Le voisin des livres

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Eric LELABOUSSE, passionné de littérature et de voyages, d'histoire et de géopolitique, je suis enseignant en retraite depuis Juillet. J'ai aussi fondé et présidé un club de rugby-loisir en  [+]

Le voisin des livres


Je m'appelle Sylvia, j'ai 49 ans. Je suis divorcée et j'ai deux filles de 23 et 21 ans qui vivent dans le petit appartement qu'elles ont en commun près des facultés ; elles viennent régulièrement chez moi, parfois chez leur papa J'habite Orléans. De temps en temps, j'ai un chéri.parce que j'ai un petit coup de cœur. Quand mon petit coup de cœur s'en va, le chéri s'en va aussi. Et tout est simple, tout est clair. Mais ce n'est pas ça le plus important ou tout du moins ce dont j'aimerais parler. Voilà.
J'ai une petite librairie spécialisée dans la littérature russe et d'Europe Centrale. Je connais et reconnais beaucoup de celles et ceux qui viennent dans ma librairie. Je n'aime pas trop les appeler mes clients. Je sais que de fait, ils le sont. Mais ils ne sont pas que ça évidemment. J'ai toujours aimé la littérature.

J'ai fait mes études de littérature comparée à Paris. A ce moment-là, grâce à la générosité de ma tante et celle de mes parents, je logeais dans un petit appartement du 18ème arrondissement. Il était tout ce dont on peut rêver à 20 ans. Parfaitement Belle Epoque. L'entrée de l'immeuble était discrète. Je logeais au 2ème étage, le dernier. On accédait grâce à un escalier en colimaçon en bois avec une grosse rampe toujours brillante et lustrée. Les marches craquaient tendrement sous mes pas. Cela sentait bon la cire et le propre. Il y avait aussi un ascenseur à l'ancienne avec la grille métallique qui se ferme manuellement. Je l'utilisais uniquement lorsque je rapportais des courses, je préférais monter ou descendre les escaliers, j'avais l'impression de faire corps avec cet endroit que j'aimais tant. Je passais devant les portes des autres habitants que je croisais parfois avec un « Bonjour-Bonsoir » élégant et gentiment distant.
Mon appartement était composé d'une petite entrée, un couloir qui menait au séjour-cuisine. A droite de ce couloir, la salle de bain et ensuite ma petite chambre, mansardée à souhait. Les murs étaient blancs ce qui agrandissait les pièces et les rendait plus lumineuses bien qu'elle ne fussent pas sombres. Quelques meubles, tous en bois clair, mon bureau au fond du séjour et au mur une reproduction du « Violoniste » de Chagall, celui qui a un oiseau posé sur son genou. Bien évidemment ma bibliothèque occupait le plus grand pan de mur du salon, sur pratiquement toute la longueur. J'aimais beaucoup cette bibliothèque, ses rayonnages étaient irréguliers, carrés ou rectangles debout ou couchés avec des espaces de rangement volontairement décalés. Je me suis sentie chez moi uniquement quand ma bibliothèque fut installée et mes livres rangés un peu par thème, un peu selon leur collection, un peu selon leur format, un peu selon leur couleur de couverture aussi. Une table ronde pour quatre personnes, quatre chaises, un petit meuble pour ma chaîne et la télévision, un canapé deux places et une armoire complétaient l'ameublement du salon. Un petit balcon derrière la porte-fenêtre me permettait de fumer accoudée et rêvassante. J'avais conscience d'habiter un appartement neuf, spacieux, lumineux et avec beaucoup de charme. J'étais heureuse, travailleuse, enthousiasmée par mes études, ma vie à Paris même si je sortais peu.. Mes journées étaient très rythmées avec mes cours, les transports, le travail à effectuer et un peu de détente. Parfois des amis venaient passer un moment le soir, restant dîner, mais c'était vraiment occasionnellement. J'avais connu un garçon, Marc, pendant quelques semaines et puis comme il y avait de la tendresse et trop peu d'amour, cette relation s'est arrêtée aussi joliment qu'elle avait commencé, avec douceur. Si un petit amour passait par là, je saurais le reconnaître et l'apprivoiser, j'étais confiante. Je me sentais si bien dans mon appartement avec ma bibliothèque . Je me sentais vive, libre, remplie de beaux espoirs et de projets, je me sentais disponible à toutes les émotions et c'est surtout la littérature qui m'enthousiasmait le plus. J'avais l'impression de découvrir des continents, des paysages, des rencontres... J'étais dans un enthousiasme permanent.

Les rencontres avec les autres habitants de ce que j'appelais mon bateau se sont faites petit à petit dans une politesse de circonstance avec des « Comment allez-vous ? » qui amenaient parfois à parler dans les escaliers du week end passé ou à venir,sans rien de plus. Chacun vaquait à ses occupations avec son rythme propre de travail, de déplacement. Jamais nous ne nous invitions les uns chez les autres. Pour le moment tout du moins. En face de chez moi habitaient deux colocataires d'environ 25 ans, Marc et Hervé qui travaillaient je crois dans une agence immobilière. En descendant au 1er étage, il y avait une femme de peut-être 40 ans, Isabelle L. qui était préparatrice en pharmacie. Célibataire ou divorcée, je ne savais pas mais sans enfant, tout du moins à ma connaissance. Au rez-de-chaussée, un appartement pratiquement jamais occupé, Parfois un jeune couple y passait un week end et d'autres fois, un autre couple, jeune lui aussi y passait quelques jours de vacances je crois.Le couple du rez-de-chaussée en face cet appartement, Charles et Léa, environ vingt-cinq ans ont gentiment prévenu qu 'ils allaient fêter son anniversaire à elle le Samedi qui allait venir et s'excusaient d'avance pour le bruit qu'il pourrait y avoir à cette occasion. Par bienveillance et presque pour nous amadouer, ils nous ont tous invités la veille de l'événement à prendre un verre chez eux. Les jours étaient encore longs, l'automne chaud et coloré, c'était magnifique. J'y suis donc allé vers 19 h 30 comme ils nous l'avaient proposé et j'avais apporté un petit cadeau évidemment. Un livre. C'est le cadeau que je préfère offrir depuis toujours et pour toujours. C'est tellement agréable, intéressant d'offrir un livre. Jamais en se dépêchant. Bien au contraire. Il faut prendre le temps. Se faire plaisir dans la recherche. Il faut imaginer un peu la vie de la personne, préjuger de ses goûts, ses passions, sa sensibilité, ses émotions, ses capacités et ses talents à réagir, à comprendre, à être ému...Plus on connaît la personne, plus c'est délicat, plus c'est précis, plus c'est intéressant ; moins on connaît la personne, plus on essaie de cerner, d'imaginer, voire d'inventer, plus c'est intéressant.
Il faut aussi faire preuve d'humilité et ne pas considérer la récipiendaire comme quelqu'un qui ne lirait pas ou qui serait sans trop de culture. Ne pas se montrer pédant. Initier ? Proposer ? Faire découvrir , ? Divertir ? Intéresser ? Roman ? Polar ? Nouvelles ? Bande dessinée ? Roman historique ? D 'aventures ? Biographies ? Et si je cherchais à faire plaisir avant tout ? Plaisir à moi avant tout peut-être, ce plaisir d'offrir un livre que j'aurai chéri et pas forcément lu d'ailleurs. Je savais que Léa était institutrice, elle tenait à ce nom le préférant à professeur des écoles qui pour elle ne signifiait pas grand-chose ou en tous cas ne lui correspondait pas. Cette réflexion qu'elle m'avait avouée peu de temps avant cette soirée m'avait plu.
Finalement, j'ai choisi un livre que j'avais déjà lu peu de temps auparavant et qui m'avait charmée : « Agostino » d'Alberto Moravia. J'avais été très sensible à ce tout jeune adolescent et son ouverture involontaire sur le monde. Je me sentais terriblement adulte par rapport à lui. J'avais été touchée par la façon dont Moravia me faisait sentir sa curiosité, son désenchantement, son désarroi et sa construction. Je dis « me » parce que j'ai toujours cru que les auteurs n'écrivaient que pour moi. Je le crois encore d'ailleurs. Je me doute bien que tous les amoureux de la littérature pensent ainsi. C'est pour ça qu'on aime partager les livres qu'on aime. Comme une invitation. Voilà donc le livre que j'avais choisi pour l'invitation de Léa.

Je suis donc arrivée alors que la soirée venait à peine de commencer, chacun faisait plus ample connaissance avec tout le monde dans une ambiance joyeusement décontractée. Marc et Hervé avaient apporté l'un des fleurs, l'autre une bouteille de champagne, Isabelle avait choisi une étole en soie, ravissante. Charles et Léa, surpris par tant de gentillesse étaient heureux, très souriants et un peu empruntés. Nous étions tous gais de nous retrouver ensemble, de nous trouver serait plus exact. On apprenait à se connaître, à se reconnaître. Les sourires répondaient aux sourires, le vouvoiement s'effaçait naturellement. J'ai offert mon cadeau à Léa, elle m'avoua de façon sincère qu'elle aimait beaucoup lire et qu'elle ne connaissait pas cet auteur, elle était,ravie et m'embrassa avec émotion. J'étais ravie moi aussi et soulagée que mon cadeau lui plût autant. Charles et Léa rayonnaient et n'avaient jamais songé que leur petite invitation puisse avoir autant de résonance chez chacun d'entre nous. En fait, nous avions tous envie de nous rencontrer et jusqu'alors,aucun d'entre nous n'en avait pris l'initiative, se retranchant derrière quelque excuse, la mienne était très facile : j'étais trop jeune...

La soirée était animée, chaleureuse lorsqu'on sonna à la porte. Charles alla ouvrir, de fait, on n'attendait plus personne, d'ailleurs, personne ne prêta vraiment attention ou entendit cette sonnerie. Il apparut dans la pièce, superbe homme de 60. ans au moins, cheveux blancs épais et assez longs, vêtu d'un manteau en cachemire entre le bleu marine et le bleu roi avec une écharpe fuschia. Une allure altière avec un sourire qui se voulait timide mais n'était rien de moins que superbe. Les conversations s'arrêtèrent net. Il se présenta : il s'appelait Jean, il était le propriétaire de l'appartement du rez-de-chaussée où venaient parfois ses enfants. Il était de passage à Paris pour quelques semaines, ensuite, il retournerait à Rimouski au Québec où il habitait depuis plus de 20 ans et possédait un grand magasin spécialisé dans les accessoires de navigation maritime ainsi que quelques ouvrages d'aventures de marins. Il souhaitait d'ailleurs développer davantage le côté librairie, des voyageurs-écrivains, il était passé aux écrivains-voyageurs... Ayant vu l'avis pour l'anniversaire, il s'était fait un plaisir de se joindre au groupe et une fois qu'il eût salué tout le monde et prît un verre, il offrit son cadeau à Léa. C'était un livre. « Eaux printanières » de Tourgueniev. Il expliqua son choix en précisant qu'il adorait la littérature en général et la littérature russe en particulier et espérait que ce cadeau plairait à Léa. C'est à moi qu'il plaisait cet homme parce qu'il offrait un livre. Un livre d'une culture que je connaissais pas encore et qui m'ouvrait des horizons, des voyages, des rencontres, des plaisirs encore insoupçonnés. Il semblait pour le moment concentrer tous les regards, toutes les attentions. La conversation s'était ralentie depuis son arrivée, on ne savait pas trop comment se comporter, je crois qu'il nous impressionnait tous par son charisme. Il s'en rendait compte et en était à la fois flatté et gêné. Il posa quelques questions à chacun d'entre nous, sur nos activités, nos métiers, nous laissant parler et ainsi les conversations reprirent leur cours. Ainsi on apprit qu' Isabelle aurait aimé faire de la recherche en biologie et qu'elle le ferait peut-être, que Léa affectionnait particulièrement sa classe de CM, que Marc et Hervé se spécialiseraient probablement dans les appartements de type studio ou F 2 plus faciles à vendre ou à louer, que Charles stagiaire dans une étude de notaire n'aimait pas trop le droit en tous cas pas celui-là et aimerait devenir juge pour enfants. Quant à moi, j'ai avoué que j'aimerais faire de la traduction littéraire ou enseigner comme les professeurs de mon université dont j'admirais la culture et l'aisance.
La petite soirée s'anima joyeusement, chacun parlait et écoutait les anecdotes des uns, les espoirs des autres, les fragments de vie de tous. Puis la soirée arriva tranquillement sur sa fin, on savait que Charles et Léa recevaient beaucoup d'amis le lendemain, personne n'osa prolonger ce moment unique et pourtant chacun en avait envie. Je n'aime pas les conversations « d'au-revoir-debout-devant la porte » où arrivent des banalités ou des longueurs. Aussi, après avoir chaleureusement remercié Charles et Léa, je saluai chacun des invités, les embrassant avec toutefois une petit gêne pour Jean. A cause de la différence d'âge. Peut-être.
Je suis rentrée, remplie de toutes sortes d'émotions, presque submergée. J'avais l'impression que tous les possibles s'ouvraient devant moi.
Nous ne nous sommes pas croisés la semaine qui a suivi ou si peu mais chacun sentait qu'une bienfaisante convivialité nous unissait. Seul Jean n'avait été vu par personne. Pour moi, il était entouré d'un peu de mystère, d'un peu d'inconnu et aussi même si je ne le savais pas encore et surtout n'osais me l'avouer ni même le concevoir, de beaucoup de charme.

Les semaines suivaient les week end qui précédaient les semaines. Je retournais environ une fois par mois chez mes parents à qui je racontais avec force détails ma vie trépidante d'étudiante et de très jeune femme. Quand je leur parlais de mes relations avec les « passagers de mon bateau », je restais très évasive sur Jean. Comment aurait-il pu en être autrement ? Je l'avais rarement croisé depuis la soirée et il paraissait toujours empressé même s'il me saluait avec une sincère gentillesse de circonstance, il me tutoyait, je le vouvoyais.
Quand je restais à Paris, j'en profitais pour appréhender tous les plaisirs simples de cette ville, marcher dans les petites rues discrètes du quartier Montmartre, le long des quais, laissant vagabonder mon imagination et laissant libre cours à mon bien-être. J'aimais particulièrement sortir visiter des expositions de peinture, aller au
cinéma dont j'étais très friande, parfois un petit restau avec des copains de la fac ; il m'arriva de passer la nuit avec l'un d'eux. Jamais chez moi, pas dans ma « cabine de bateau ». Mais j'aimais par-dessus tout flâner dans les librairies, surtout chez les bouquinistes.

C'est là que Jean m'a surprise, un Dimanche matin de Janvier. Il faisait un agréable froid sec, une belle lumière pâle. J'errais mes regards sur les ouvrages, regardant l'illustration ou lisant le 4ème de couverture. Je m'intéressais aussi aux auteurs dans les courtes biographies qui étaient rapportées et parfois même j'ouvrais le livre au hasard en j'en lisais une page. Une vieille édition des « Histoires extraordinaires » d' Edgar Poe m'attirait particulièrement. Arrivant derrière moi, il me fit sursauter en m'expliquant que la traduction de Baudelaire était la meilleure parce qu'ils étaient d' à peu près de la même époque et qu'ils avaient aussi la même poésie, les mêmes souffrances, les mêmes enfers artificiels ; ils étaient faits pour se rencontrer et que leur rencontre à la place d'avoir existé in facto pour eux seuls était née de la traduction de Baudelaire et par là nous apportait à tous. La littérature était donc plus importante que la réalité ? Voilà comment a commencé notre dialogue à nous. A nous deux.
Il était souriant, je suis devenue me semble-t-il, lumineuse. J'ai bien évidemment acheté le livre, je le respire encore quelquefois. Il a quitté les bouquinistes rapidement, je suis restée encore un moment flânant dans les livres et respirant l'air frais et ensoleillé.
Quelques jours plus tard, Jean a déposé dans chacune de nos boîtes aux lettres une invitation pour nous réunir avant son retour au Québec. Il nous précisait que son appartement allait être vendu. Je me doutais que de cet instant naîtrait une nostalgie pour toujours. Je ne m'étais pas trompée. Nous sommes pratiquement tous arrivés en même temps et chacun d'entre nous avait fait un effort d'élégance vestimentaire particulier. Par-dessus mon jean et mes chaussures en cuir blanc, j'avais passé un ample chemisier blanc et coton et un foulard en soie où le fuschia prédominait. Sachant que Jean déménageait, j'avais beaucoup réfléchi au cadeau que j'allais lui offrir. Je voulais quelque chose qui reste, quelque chose qu'il garde. J'ai donc choisi un magnifique stylo-plume en bois dans son écrin en bois de santal dont j'aime tant l'odeur. L'appartement de Jean était vidé de beaucoup de ses meubles. Sur la grande table du séjour étaient disposés les bouteilles de champagne dans des seaux à glace et des canapés salés et sucrés. Mais j'ai immédiatement remarqué la bibliothèque. Devant mon air à la fois interrogateur et admiratif, Jean nous expliqua, et à moi particulièrement, qu'il ne sentait chez lui qu'une fois sa bibliothèque mise en place et les livres disposés selon leur thème, leur collection, leur format et aussi leur couleur.
Je n'ai aucun souvenir des cadeaux apportés par les autres habitants « du bateau » mais je sais que Jean a été très heureux du mien. Je le sais même s'il a remercié chacun d'entre nous avec la même gentillesse et émotion exquise. J'ai admiré sa bibliothèque j'ai longuement regardé les ouvrages qui s'y trouvaient, j'ai eu l'impression d'entre-apercevoir des continents entier de plaisirs, de découvertes et de rencontres dont je serais heureuse plus tard. Dès le départ de Jean.
La soirée fut évidemment trop courte et très animée.,C'est vrai qu'on le connaissait si peu. Cette dernière soirée fut enjouée presque surjouée parce qu'on s'avoue par nos rires, nos conversations et dans cette polie familiarité qu'on a crée quelque chose de pérenne . Dans nos mémoires en tous cas. Dans nos mémoires surtout. Nous avons remercié et quitté Jean avec les promesses d'usage de s'écrire, de donner de nos nouvelles, d'aller au Québec, de se revoir...
Je ne sais pas ce que j'ai dit exactement à Jean au moment de nous quitter. Mais il y avait de la lumière.

Le lendemain, Jean était parti et j'ai trouvé dans ma boîte aux lettres ce petit paquet-cadeau qui contenait «  La Souveraine » de Nina Berberova avec ce petit mot :

« C'est la vie qui fait l'auteur, c'est la vie qui fait le lecteur. Je ne sais pas s'il faut être heureux pour écrire mais je sais qu'il faut être heureux pour bien lire. Sois-le. » Jean

Je n'ai eu de cesse d'essayer de l'être et j'y suis souvent parvenue.
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Chantal Mourel · il y a
C’est un beau texte , tout en pudeur...