Le rêve

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Bonjour, toi.
Je m’appelle Sara, et je suis endormie. Je crois que je rêve, et ce rêve est doux, moite. Il fait chaud. L’air est chaud dans cette pièce sombre aux rideaux à peine entrouverts. Il alangui mon corps qui se complet dans ce rêve et fait mouvoir mes mains doucement sur ma peau. Je me caresse du bout des doigts et je sens mes doigts caresser ma peau. Ses doigts m’appartiennent mais ils pourraient être autres, ils pourraient être tout ce que je désire. Et je désire! Mon esprit imagine, il crée des images, des envies et ne se presse pas. Oh! Non, il prend son temps. Il aime ça. J’aime ça. Il réveille un corps pourtant si bien endormi, allongé, presque immobile. Je ne bouge que peu, c’est à l’intérieur de moi que tout s’active, se presse, me presse, crée une sensation en moi d’un manque à combler, un manque qui, je le sais, va être comblé. Sensation irrésistible d’attente que l’on fait durer. Une pression dans mon corps que je vais libérer, je le sais, je le sens, mais pas tout de suite. Mon esprit décide d’être lent, puissant. J’ai envie de dévorer, de croquer, de prendre, mais mon esprit m’oriente différemment, il m’immobilise par la pensée et il donne mon corps à quelque chose, à quelqu’un d’autre. Des doigts inconnus parcourent mon corps et je voudrais me donner à eux, me donner à ces lèvres entrouvertes et à cette langue rose et mouillée qui s’en échappe pour de courts instants, à quelques endroits de mon corps auxquels je ne m’attends pas. Je la sens cette bouche, qui m’embrasse si légèrement sous le nombril avant de me donner un baiser sur la cuisse, à l’intérieur, si proche de ma chaleur, de ma douloureuse impatience. Je sens ce souffle chaud qui se déplace le long de ma cuisse, qui remonte lentement à la suite de cette petite langue rose qui se trace un chemin brûlant. Est-ce une femme qui m’explore ainsi? Un homme? Un être réel de chairs et de sang brûlants? Est-ce la courbe d’un sein que j’imagine entre mes mains? A qui sont les cheveux que j'agrippe? Est-ce la moiteur exquise d’une entrecuisse ouverte si largement pour moi que je sens entre mes doigts glissants ou un membre dressé, offert à mes doigts exigeants? Quelle importance, mon esprit décide que ce sera tout cela à la fois. Ces draps se partagent un être et plusieurs, seul ou tout à la fois. Je veux tout toucher, tout goûter, tout prendre et que l’on me prenne tout. Je suis insatiable et je désire et ne désire pas atteindre la satiété.

L’air devient étouffant, les draps qui me recouvrent trop lourds et mon unique sous-vêtement devient une nuisance, un obstacle à ces doigts et à cette bouche qui s’approchent sans jamais m’atteindre complètement. J’utilise une main, puis deux, puis mes jambes et enfin mes pieds pour les retirer et je me retrouve soudain complètement nue, sur ce lit vide uniquement occupé par mon corps impatient. Mon désir est chaud, doux et moite. Je gémis d’impatience et ce son me surprend et m’excite. Je me mords la lèvre et mon esprit y va de plus belle. Mes doigts pincent mes tétons, agrippent mes seins et les pressent pendant que cette langue enfin parcourt mon intimité d’un seul mouvement long et appuyé du bas vers le haut, et je me crispe de délice quand elle passe sur le centre de mon désir, s’y appuie une seconde de trop ou de moins, le fait palpiter et me fait trembler.

Encore! Donne m’en plus, ne t’arrêtes pas là! Mais non, tu es têtu.e, tu viens simplement me donner un baiser, partager avec moi ce goût qui m’appartient. Tu le déposes sur mes lèvres et dans ma bouche que tu entrouves avec ta langue. Tu caresses la mienne doucement, tu me montres la douceur et la fermeté dont elle est capable, que tu vas m’infliger si tu le veux bien. Oh oui! Je le veux. S’il-te-plait, montre moi ce que cette langue peut me faire. Alors tu écartes mes jambes avec l’une de tes mains, une cuisse puis l’autre, jusqu’à ce que je sois complètement ouverte, au supplice de toi, de ton bon vouloir. Elles s’écartent davantage encore, toutes seules, jusqu’à ce qu’elles touchent presque le lit. Je te veux si fort, je me tends vers toi. Tu ne me laisses pas te toucher, ni même t’effleurer, mes mains doivent rester immobiles, agrippées sur ce lit dont je voudrais maintenant m’échapper afin de te goûter à mon tour, mais c’est maintenant une prison, une délicieuse prison qui ne connaît pas de pitié et ne me rendra pas ma liberté avant que je n’explose, entraînant ses murs invisibles avec moi.

Alors tu t’éloignes. Tu me regardes, ainsi ouverte. Je sens ton regard s’attarder sur ma bouche entrouverte, sur mes seins sensibles, sur les courbes de mon ventre, sur la douceur de mes cuisses et enfin sur mon intimité. Et là tu t’arrêtes. Je me sens vulnérable et pourtant si forte, si fière. Tu observes et tu désires. Tu veux me torturer mais c’est en toi que tu sens monter une vague brûlante de désir. Je vois ton regard s’assombrir, désirer. Tu voudrais me consommer toute entière mais tu sais que ce sera meilleur si tu prends ton temps. Alors tes mains se mettent à caresser mon corps; mes bras, mes jambes, mon ventre, mon cou, mes joues, ma bouche, l’intérieur de ma bouche, mes cheveux, mes seins. Pendant tout ce temps tu t’assures que je ne bouge pas, que mes jambes restent écartées comme tu l’as voulu, à ta merci, et enfin! Enfin tu poses tes deux mains sur mes cuisses et tu penches ta tête à l’intérieur. Tu me frôles avec ton nez, tes lèvres, ton souffle. Je n’en peux plus, je me tortille mais tu me tiens, tes mains sont aussi fermes que ta bouche est douce. Tu oses enfin sortir le bout de la langue que tu poses délicatement sur mes lèvres. Tu les découvres, tu en fais le tour, tu réveilles chacun des capteurs sensoriels qui les composent. J’ai l’impression de les découvrir avec toi. Puis tu retires ta langue. Je sursaute, j’ai besoin d’elle, j’ai besoin que tu continues. Tu respires et tu me pénètres de ta langue d’un seul mouvement, puis tu la retires complètement. Je me contracte dans l’espoir de la retenir mais elle est déjà partie. Je gémis de mécontentement. Tu ris doucement. Tu sais que ce n’est que le début. Alors tu agrippes mon clitoris entre tes lèvres et tu le suces doucement. La pression est légère, ta bouche est si chaude et humide. Tu le caresses de ta langue et je me cambre pour me rapprocher encore de ta bouche, toujours plus près, je voudrais m’emprisonner dedans. Mais tu te retires encore. Tu te mets à me lécher lentement, de haut en bas, de bas en haut. Tes mains maintiennent toujours mes cuisses fermement écartées mais mon bassin essaie quand même de suivre tes mouvements de langue. Tu glisses alors un doigts dans mon étau mouillé et tes mouvements se synchronisent. Ta langue me fend en deux et ton doigt me transperce. Cette double pression me procure du plaisir, beaucoup de plaisir. Je veux te sentir en moi maintenant, c’est tout ce que je peux voir dans mon esprit. Je veux te sentir dur, si dur, me remplir toute entière. Mon corps se tend tout entier vers toi, quand soudain je sens d’autres mains m’agripper les seins et une autre bouche me donner un baiser. Mes mains sont libérées et découvrent un autre corps délicieux, qui me réclame, désire mes caresses. Je te sens toujours entre mes jambes, qui me donnes du plaisir, et je veux donner à mon tour. Cet autre corps est exigeant, les jambes s’écartent et me chevauchent et je sens une moiteur nouvelle sur mon ventre pendant que mes mains se soulèvent pour presser doucement deux seins ronds, tendus de désirs. Ce corps nouveau ondule et il est si beau! Je le désire, il me donne faim. J’agrippe ces hanches, soulève ce corps menu et le place au-dessus de mon visage, là d’où je peux en dardant ma langue, goûter à ce miel délicieux. Mes mains sont sur ces fesses rebondies, les pressent avec force et les rapprochent encore de mon visage. Je la pénètre à mon tour de ma langue et je sens qu’on presse quelque chose de dur contre ma propre intimité. Je frémis d’impatience. Enfin! Mais tu me tortures encore. Tu me caresses avec ton sexe, tu le rapproches de l’entrée de mon vagin et tu appuies doucement, mais sans me pénétrer. D’excitation j’aspire ce sexe qui emplit ma bouche, je le suce, je le caresse avec ma langue. Je te sens qui soudain me pénètre de tout ton long et tout mon corps se contracte d’excitation, de satisfaction. Et tu n’en peux plus. Tu me pénètres encore et encore, fort. Et tu t’arrêtes. Jusqu’à ce que je t’en réclame davantage. Et je le fais, encore et encore. A présent ma bouche est libre de gémir, ma main est orientée vers cette intimité moite que ma bouche explorait encore quelques secondes auparavant. Nous gémissons tous en concert, nos mains s’activent sur nos corps, s’agrippent, l’on se mord et s’embrasse. Nous sommes beaux et nous nous aimons. Je n’en peux plus, je sens mon bas ventre se contracter, je sens le plaisir monter, cette vague dont nous connaissons l’accomplissement, que nous désirons mais que l’on retarde parce que c’est si bon!

Je me réveille juste avant d’atteindre le paroxysme de mon plaisir. Je respire fort, mes yeux restent fermés. Je suis toujours nue, et ma main se dirige naturellement vers mon intimité mouillée afin de finir ce que tu as commencé.
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