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Le régime minceur

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Eddy-T

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Entreprendre un régime, l'idée est féminine, du moins en apparence. S'il entre dans la danse, l'homme se fera discret, ce n'est pas un challenge qu'il aime à claironner. Mais, lorsque le succès confirme sa constance, vient à la couronner, il lève le secret et le jeté de hanches, quelque peu rassuré, s'affirme dans l'aisance et dans la volupté.
Chez la femme, en revanche, lorsqu'elle est décidée, l'attaque sera plus franche, les amies avisées et bien souvent complices, car expérimentées. Pour celle qui entre en lice, c'est une initiation et l'intronisation se fera sans malice autour d'une collation, ultime bénéfice avant les privations et autres sacrifices.
L'automne est loin déjà, à peine un souvenir. Les journées sont plus brèves, grignotées par des nuits rendues interminables, mais va leur succéder, un peu comme une trêve, la saison des succès les plus beaux de la table. Noël et ses repas, réveillons tralala, tout sera remarquable jusqu'à ce que la balance, jugeant le fait notable, attire l'attention, mais...
L'hiver peut être long, pour certains, exécrable, ses soirées monotones. Il faudra bien combler, aider le temps à fuir, aller au restaurant, inviter des parents, des amis, maîtresses et amants, dîner plus longuement pour tous les satisfaire, reprendre du dessert, ou grignoter tout seul, les yeux sans le regard, l'appétit sans espoir et le ventre à l'envers, ne sachant trop quoi faire, sinon que de errer devant le frigidaire, pour enfin le piller.
Les menus opulents et les plateaux repas tendent sournoisement des vêtements trop las.
Le printemps, désiré, est enfin apparu, mais nous ne sommes qu'en avril, ne te découvre pas d'un fil. Vestes et pantalons, jupes longues et blousons pourront dissimuler, pour encore un long mois, les restes des excès, les sources du tracas. En mai, ce qu'il me plait ? Bien sûr, anticiper, pour ne pas paniquer, boire et éliminer, et reprendre la gym, il y a la fermeté. Surtout ne pas attendre juin pour se préparer à l'été, il faudrait jeûner dans l'urgence, ingurgiter des coupes faim, ce qui est pire que faire bombance pour le moral et la santé.
Mai est le mois rêvé pour augmenter ses chances, profiter du délai afin d'être plus belle dès le début juillet, confiante pour les vacances, si heureuse à s'imaginer, allongée, bien huilée, maîtrisant l'art du bikini et ce de jour comme de nuit.
Pour commencer à tout gommer, et ce n'est pas que pour la frime, rien ne vaut un petit régime.
Vite aller consulter mes revues féminines, chercher en librairie un livre taille fine qui pourrait m'expliquer comment vivre d'en-cas sans devenir un cas aux yeux du médecin, ni source de tracas pour amis et voisins.
Des auteurs à foison qui chantent la leçon chacun à sa manière. L'orchestre est au complet mais les nombreux couplets, sources de dissonances, produisent un ballet quelque peu compliqué pour entrer dans la danse.
Lequel va s'enrichir de mes franches misères ? L'écrivain, le libraire, ou le bio magasin ? Les trois, évidement. Voilà un point de sûr, les autres le sont moins. Des conseils par millions :
Tout d'abord commencer par un état des lieux, apprécier les dommages, évaluer de son mieux, ne pas en rajouter en parlant de ravages et faire ainsi barrage à ces rêves de conquête, à ce corps de starlette, promis par l'écrivain.
Pour l'objectivité, il y a la pesée :
Pour un kilo de trop, la mesure est fragile et il serait futile de se porter pâlotte, ou jouer les Don Quichotte à combattre le vent. Autant dormir tranquille que d'arpenter la ville, en quête du Saint Graal et laisser son moral en pâture aux corbeaux. Ce n'est rien un kilo, d'autres parlent en quintaux.
De deux à cinq kilos, là, le blé est en herbe et c'est presque dommage d'avoir à moissonner si tôt avant l'été, une terre aussi superbe, si douce et vallonnée. Mais la vie est cruelle et rester demoiselle condamne quelquefois à se couper une aile pour se faire accepter et ainsi conserver les bonnes grâces du troupeau, sans crainte des remarques murmurées dans son dos.
De cinq à dix kilos, sans crier au secours, c'est l'heure de faire un tour de la propriété. Plutôt qu'hypothéquer ou y mettre le feu, songer rénovation, plus que restauration, semble être un bel enjeu pour réduire ses portions. Reviens alors le temps de ré-envisager les yeux dans le miroir, ivres de contempler la grâce retrouvée et la gloire à camper tout en haut du podium... ou du moins en rêver.
A dix kilos et plus, si tout se loge en bas, la décote à l'argus pourrait venir de là. Dix kilos, c'est galère, que la mode est misère, dommage qu'elle ait changé. Le siècle des lumières est loin dans le passé, ce que l'on voit briller, maintenant, sans avoir à douter, c'est l'électricité ! Donc, ce sera la guerre, conduite pas à pas comme une guérilla, faite sur tous les fronts et du haut jusqu'en bas, une conflagration. Notre Fort Alamo, ce sera le frigo.
Pour compléter le calibrage, évaluer pleinement l'étendue du naufrage, repérer les voies d'eau, il faut savoir où colmater. Là, rien de tel que mesurer. Le tour de cuisse reste un indice, mais le tour de poitrine, de la taille et des hanches demeure à tout jamais parmi les grands classiques, le passage obligé, le cœur de la supplique, l'autel où conjurer ses sombres maléfices.
Si c'est 60-90-92.
Vous avez le tiercé...
Il est dans le désordre !
Mesurer, mesurer encore, peser, peser son corps, compter, compter... Comté, un morceau de Comté, ou alors de gruyère, une part de camembert, une barre au chocolat, un reste de pizza, quelque chose. Enfin quoi.
Comme dit si bien le sage, en cas de grignotage, condamnez le frigo.
Mais le plus infernal, ce n'est pas les kilos, c'est lorsque le moral vous détourne le dos. Car pour être à la page ou faire beaucoup d'envieux, il faudra du courage et un mental de preux. Plus que de la constance, mais de l'abnégation, le cœur d'un samouraï face à la tentation, quêtant vaille que vaille sa voie de rédemption.
Et l'esprit de flotter en folles conjectures et de s'écarteler entre habit corseté et jupette pour l'été, ivresse d'un décolleté et scaphandre ou armure. Qui oubliera jamais ce que la vie est dure ? Mais pour se consoler, poursuivre l'aventure, résister aux méfaits d'un arrêt des portions, aux risques de craquer en triplant sa ration, autant solliciter son imagination. Aller dans le futur, pour mieux l'apprivoiser, provoquer le succès, ou le favoriser, en projetant l'image de sa prochaine allure : acheter une robe, ou bien un pantalon, en trente-huit ou quarante si tel est l'objectif et se piquer au vif de pouvoir l'enfiler dans un, deux ou six mois, sans y être à l'étroit ou craquer les coutures.
Les grands aventuriers savent aussi rêver avant que d'affronter à mains nues leur futur !
L'état des lieux est fait, les mesures bien notées, le moral est d'enfer, l'objectif est fixé, il n'y a plus qu'à faire... et à persévérer.
Mais par où commencer pour trouver ses repères, prendre le bon sentier ? Vers quelle chapelle tourner sa foi pour en faire autre chose qu'un long chemin de croix, trouver le fil d'Ariane dans ce labyrinthe des profanes aux mille et une pièces ?
Y a t-il un GPS ?
Quel est le programme ligne pour vivre en taille fine ?
Faut-il suivre un coaching, entrer en séminaire et se faire Weight Watchers, ou bien sélectionner parmi quelques consignes.
Aucune n'est indigne, il suffit d'élaguer :
- Commencer par de l'allégé, en débusquant sur les paquets, en lettres minuscules, si la chasse annoncée aux gras de nos cellules sera concrétisée, ou si l'effet d'annonce n'est que publicité. Si ce qui est dedans est à 0%, il ne faut pas douter, achetons rassurés : le prix est là pour compenser, lui reste à 100%.
- Investir dans une bicyclette, des trainings ou bien des baskets pour se faire circuler le sang bien plus souvent que de coutume et trottiner sans amertume, malgré que les mollets virent au violacé, le dos proclame sa déroute et le souffle écrasé par des côtes qui, toutes, se sont tétanisées, ébahies qu'autant d'air puisse ainsi pénétrer. Mais le cœur allégé d'avoir trouvé sa route et le regard porté, au loin à l'intérieur, de celui qui est sûr d'arriver en vainqueur... pour héler au plus vite S.0.S. masseur.
- Manger des fruits et des légumes, râper carottes et navets et prendre comme un escargot une salade pour dîner, c'est bien et plus que beau si l'on goûte les joies de se coucher très tôt, en faisant une croix sur la bête à deux dos. Ou se gaver de crudités, dès l'aube au petit déjeuner, faire une cure de longue durée, citrons- tomates-raisins, qu'importe, puisque l'assassin nous fera galoper, de toilettes en bidets, en priant qu'en chemin on ne glisse des pieds.
- Fuir les hydrates de carbone, ceux qui font les kilos en tonnes, envisager la vie sans pain, sans le croissant chaque matin et remplacer ses nouilles par de la ratatouille, ses ravioles au gruyère par des lentilles entières et ses gâteaux de riz par quelques salsifis et bien sûr dire adieu à la bière d'abbaye, tout autant qu'au demi, seul ou entre copains. Le maltose : ennemi. Glucose et saccharose aussi, c'est dire si le soda sera un bon parti... pour des économies et la vie quelque peu austère. A trop en supprimer, ce qui est assuré, c'est la fin de la lutte, peut-être la rechute. Plaisir, mon bon plaisir. Et ce mot oublié peut faire craindre le pire.
- Imiter grand père Cro-Magnon et faire fermer quelques boutiques en s'adonnant sans concession au régime paléolithique : c'est dîner sans s'en faire, comme à l'âge de pierre, viandes maigres et poissons, fruits de mer à foison, légumes non bouillis, fruits mûrs de saison et toute l'eau du puits jusqu'à la déraison. Puis s'offrir un fusil, un lancer pour pêcher et dire à son patron, dès qu'il est quatorze heures, qu'on part aux champignons. Chasseurs, pêcheurs, cueilleurs, allons manifester pour que les trente-cinq heures soient réduites de moitié, autrement, c'est à jeun qu'il faudra travailler.
- Oméga 3 par ci, oméga 6 par-là, comprimés de DHEA et le matin de Guarana, cachets aux trois repas comme un octogénaire. Ce serait négliger, lors des préliminaires, qu'un pilulier n'est érotique que quand depuis longtemps on a fermé boutique.
Pour un ventre esthétique, les fibres ont un effet qui surprend mais magique. Exit les gonflements, les problèmes de transit. Trois comprimés le soir, tout va bien, il fait noir !
- Il y a aussi les crèmes quand on fuit le carême, rêvant de placebo pour gommer le bobo, en oubliant qu'il rime aussi avec gogo. Et puisque l'esthétique prime un peu, pourquoi pas, dépérir famélique s'évite dans certains cas. Un roi de la ponction et de l'aspirateur saura gommer sur l'heure ces quelques capitons. Qui sera amateur de la liposuccion ?
- Protéines en sachets, soupes lyophilisées contre l'obésité, un dé de pain complet, années après années, tofu, miso, mungo, sensuels comme un râteau, yaourts au soja, en veux-tu en voilà, farine de sarrasin, huile d'onagre et de lin parce que je le veux bien, flocons de quinoa, et boulgour par amour, ou bien je craque ou bien je Montignac. Belle philosophie, enfin un style de vie. Mangez et maigrissez, Saint Michel s'y connaît, car sa potion magique, trésor de scientifiques, est une révolution : l'index glycémique. Très peu de restrictions, ce qui fait ventre est bon sous quelques conditions : surveillez l'insuline, c'est elle le vrai poison et notre pancréas, la source des tracas.
- Mais le plus merveilleux, à garder pour la fin, est qu'on peut vivre mieux en consommant du vin, et pourquoi pas plus vieux. Par ses polyphénols, il nous fait oublier qu'il contient de l'alcool et se fait pardonner. Il est de notre cœur un des grands protecteurs. Mais qu'attend la sécu pour nous le rembourser ? S'il reste un paradoxe pour nous autres français, le voici révélé. Consommez, consommez, s'il en reste, invitez, trinquez à votre gré, vous êtes protégés. Et le viticulteur de se mettre à rêver : appelez-moi Docteur, j'en ai la faculté !

Demain... Disons, après demain, peut-être...
Demain, ce sera dur, démarre l'aventure et quelques restrictions. Mais l'heure est nostalgique, le cœur est romantique à se faire des frissons, comme dans cette chanson :
« Que serais-je sans toi » ma truffe au chocolat, mon whisky, mon coca, mon jambon, ma pizza, ma choucroute à la bière, camembert et gruyère, ma galette des rois.
« Dis, quand reviendras-tu, dis, au moins le sais-tu ? » mon foie gras, ma vodka, ma paupiette au porto, mon tajine aux pruneaux, mon pain blanc, mon croissant saucé de crème anglaise, enrichie d'un coulis parfumé à la fraise et de quelques nougats.
« Ne me quitte pas » mon verre de Sangria, mon Margaux, mon Meursault, mon dindon aux marrons, mon lapin, mon caneton, mon poulet Bordelaise, ma brebis écossaise, mon gigot à la broche, mon éclair, ma brioche... Encore que... ma brioche.
« C'est extra, c'est extra » un soda avec un pan-bagnat, un plat de cassoulet, une entrecôte grillée, le bœuf bourguignon, les rognons au madère et la fourme d'Ambert, les confitures de mûres sur un gâteau marbré après quelques beignets.
« J'ai rendez-vous avec vous » mes agneaux en ragoût, mes oies et mes chapons, mes timbales aux rognons, mes escargots farcis, mes rillettes au curry, mes pommes de terre frites et mes Château-Lafitte, mes œuf-durs mayonnaise, mon bœuf sauté lyonnaise, mes crêpes flambées au rhum et mes chaussons aux pommes.
« Quand on n'a que l'amour » pour le couscous du jour, les truffes en casserole, les saucisses, les ravioles, les ortolans rôtis, les grives et les perdrix, l'andouillette au Sancerre et les Mac-hamburgers.
Mais, si « les copains d'abord » sont les steaks au roquefort, les daubes de mouton, les boudins, les lardons, saucés en tartiflette et le veau en blanquette, alors... « il n'y a pas d'amour heureux » !

L'euphorie au taquet et promis au succès, le bal va commencer. Une première danse ? C'est l'heure de faire bombance : au petit déjeuner, œufs brouillés, chicorée, lait écrémé en poudre, voilà pour en découdre avec la matinée.
En sursis, à midi, carottes du jardin sur un lit de lentilles et dix grains de raisin pour colmater la faim. Et le verre de Bordeaux ? Remplacé par de l'eau. Haro sur les kilos, délectons-nous d'espoir en attendant ce soir.
Pour un autre festin : Radis à égayer d'une tranche de pain, pas du blanc du complet, au levain s'il vous plait, escalope de poulet aux brocolis bouillis et pour faire châtelain, fromage frais du matin au sel de Guérande.
Il est des êtres élus qui usent de prébendes, quand d'autres plus joufflus n'ont que les dividendes.
D'agapes en banquets aux menus éthérés, l'esprit s'est engourdi, fuit la réalité et part se réfugier dans des lieux plus heureux et surtout accueillants, où flottent des vivants sur le voile de mes yeux.
Je me suis vu en malandrin, parti soudoyer mes copains pour cent grammes de gruyère et un demi de bière à pomper sous la mousse. Je me suis vu devant mon psy, culpabilisant jour et nuit de fantasmer sur ma voisine, ses seins pointant comme deux pralines, rose bonbon au goût de fraise, son corps enduit de crème anglaise et cette alléchante obsession à vouloir l'attirer sur un lit de meringues bien caramélisées. Je me suis vu croquer ma belle qui portait pour toute dentelle, les marques des plus beaux appas. Pas de tristes galettes ni de longues baguettes, mais des miches dorées, brioches et babas et ses deux calissons jalousement aimés. J'en ai fait mon repas, en rêve pour cette fois et ma douce Cosette me sauvait du trépas.
Je suis ce que je mange ? Au rythme où je mincis, je serai vite un ange. Adieu mon pharmacien, même vous n'y pouvez rien ! Je meure à jeun ou bien je tiens ?
Mais je tiens par un fil, Dieu que c'est difficile de conserver la foi lors d'un dîner en ville, de lorgner sans émoi l'assiette d'un voisin, de vivre sans regret en se mourront de faim, d'être l'unique objet de ce rituel factice puisque l'autel ce soir reçoit mon sacrifice !
Et hier déjà.
Ce soir, n'en parlons pas.
Et demain... Après demain, encore. Y aura -t-il une fin ?
Oui, il y a une faim et pas qu'une petite, elle est là qui m'habite, me poursuit et m'incite à revivre vraiment.
Et c'est pour maintenant.
Me revoilà, veaux, vaches, cochons, couvées, je vous veux en pâtés et en chipolatas, je vous veux en gelée, sans regrets cette fois, farcis et persillés, embrochés et flambés et en plus contester que l'on cite le gras devant ce tribunal qu'est la haute couture, assénant ses diktats sur la grâce et l'allure, dont les porte-drapeaux défilent, flamants roses, élancées, emplumées, mais moroses.
Alors oui, vivre ! Rions, mangeons, trinquons nos verres et ensuite dansons, caressons-nous du ventre, après cela rentrons pour s'offrir des baisers et faisons prendre l'air aux ressorts du sommier. Et là, tout contre moi, oui, tu le sentiras, tu le verras de près.
Regardé au plus près, le bourrelet offre des atouts. Entre nous, chacun dit bourrelet, bourrelet, mais le mot n'est pas laid.
Un ami de naguère qui était à l'école l'incontournable idole, appelé Pierre, dit aussi Le Petit Larousse, le nomme « renflement adipeux. ». Entre les deux, il n'y a pas à tâtonner, bien encore moins à se tâter, bourrelet, le bien nommé, est plus doux, plus rond, et beaucoup plus coquet. Un bourrelet, on pourrait, sinon l'exhiber, du moins le montrer, n'en pas faire mystère, mais un renflement adipeux, qui oserait l'évoquer, le laisser deviner même, passerait pour odieux. Et quant à l'étaler, le mettre en première page, ce serait s'exposer tout nu aux persiflages.
Laissons les renflements, surtout les adipeux, aux manants et aux gueux, et chantons le bourrelet, il est à célébrer.
Lui qui fait le corps rond, chaud comme un édredon, apportant son moelleux dans un couple amoureux, lui évitant les bleus, les chocs et même les rayures si l'un des partenaires, au format fil de fer, râpait son ossature sur un corps plus heureux et plus voluptueux.
Entre nous, c'est l'enfer, sans lui on prend des gnons qui plombent l'atmosphère. Sourions des poireaux et des haricots verts, de ces formes à l'envers, raides comme des barreaux, un peu juste en hiver pour se tenir au chaud. Plaignons les anguleux, les hâves et les étiques, secs comme un coup de trique, n'offrant pour satisfaire que restes squelettiques, qui scandent les ébats, sans les mettre en musique.
Le bourrelet a du bon.
Fêtons les oreillers, les minces et les épais, même les coussinets, gavons-nous de melons, de petits ou d'oblongs, même de potirons, jouons de l'épaisseur, des plis, de l'arrondi, même de la grosseur et louons l'embonpoint et la belle opulence, la générosité n'est jamais une offense.
Si le corps est privé de vivre sa chanson, ce sont les bleus au cœur qui réveillonneront.
Le régime, un désir de minceur ?
N'est-il plutôt un leurre pour mille et une raisons, quand il prend la rigueur d'une révolution ? C'est un bouleversement et le corps au supplice, souffre mille tourments, impossibles à gérer et au premier faux-pas, il se met à stocker et il refait du gras.
Que faire ?
Mais un petit régime ! Le second, car un seul c'est trop peu pour se faire une raison. Le corps le sait pourtant, prenant ses précautions, anticipant alors en cas de privation, transformant la sanction en prises de kilos. Commence alors un jeu où chacun est perdant : le yoyo, puisqu’il n'est qu'ascendant.
Le problème principal, n'est pas que le régime, c'est l'arrêt, c'est l'après. Pour ne pas l'arrêter, il faut qu'il soit vivable, qu'il reste du plaisir quand on se met à table. Faire régime des régimes sera plus profitable et changer quelques habitudes, parmi les moins louables, rendra la vie moins rude, la minceur abordable, en douceur, certes, mais sans fables.
Et l'esprit dégagé d'un bon quintal d'ennuis et de contrariétés s'allège lui aussi, acceptant d’être soi plutôt que quelqu’un d’autre pour renaître debout, libre et fier simplement, d'exister sans colères au milieu des vivants.

PRIX

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Patricia Burny-Deleau · il y a
Vous racontez ma vie ! Il m'en a fallu des rég...années avant d'acquérir cette philosophie ! Bravo !
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Lilith · il y a
Sympa! J'aime beaucoup la chute, bravo à l'auteur! J'ai eu tellemnt faim xD
D'ailleurs, j'ai écrit une nouvelle du même style, étant débutante, j'apprécierais avoir un avis :)
http://short-edition.com/oeuvre/tres-tres-court/plume-rouge

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J.M. Raynaud · il y a
un texte qui donne faim !
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Eddy-T · il y a
Merci d'avoir pris le temps de lire et de commenter.
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J.M. Raynaud · il y a
et je retiens : un pilulier n'est érotique que quand depuis longtemps on a fermé boutique !!!
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Denis Lepine · il y a
mince alors! j'ai voté, je vous invite à découvrir mon texte de chanson: 'dans mon cahier' sur: http://short-edition.com/oeuvre/poetik/dans-mon-cahier
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KELM · il y a
beau vraiment , je vote

je vous invite par amour à venir lire et soutenir ( Monsieur Noir ) et merci
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/monsieur-noir

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Keith Simmonds · il y a
Un récit bien raconté et très agréable! Mon vote!
Mes deux œuvres, ÉTÉ EN FLAMMES et BAL POPULAIRE, sont en lice
pour le Grand Prix Été 2016. Je vous invite à venir les soutenir si le cœur
vous en dit, merci! http://short-edition.com/oeuvre/poetik/ete-en-flammes
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/bal-populaire

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Joëlle Brethes · il y a
Je suis d'accord avec Emma. J'ajouterai en outre que j'ai apprécié les "rimes" intérieures du texte qui en font une oeuvre qu'on imagine très bien sur scène...
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Eddy-T · il y a
Merci Joëlle pour vos commentaires réguliers. Oui, j'aime bien rimer la prose ce qui donne un rythme particulier à la lecture, et comme vous l'avez si bien remarqué, à voix haute.
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Emma · il y a
Le sujet est d'actualité, les journaux vont bientôt entamer la course aux régimes... a priori pas envie de lire un truc de plus à ce sujet. Mais voilà, j'aime la façon dont vous l'avez traité, avec une langue riche comme une -bonne- tarte à la crème.
Un peu long, le texte aurait pu être condensé, pas forcément original par le sujet traité donc, mais goûteux et agréable à lire.

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Eddy-T · il y a
Merci Emma, j'espère aussi que vous avez souri en le lisant, c'est excellent pour la digestion!!
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