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La naissance d’Émilie aurait pu être rangée parmi les événements les plus heureux, un de ces moments où la félicité est telle que la perfection même semble atteinte, un moment de bonheur pur, de plénitude. Léa et Luc avaient espéré et attendu la concrétisation de leur amour juste le temps nécessaire pour rendre l’événement merveilleux, ni plus, ni moins. L’attente avait été raisonnable, la grossesse, apaisée. Elle ne fut pas de ces grossesses précipitées et inattendues qui propulsent les parents dans leur nouveau rôle avec angoisse, en les arrachant au nid fusionnel et égoïste du couple. Elle ne fut pas non plus de ces grossesses tardives ardemment désirées qui monopolisent le corps et l’esprit, qui tournent à l’obsession et qui assignent le bébé au centre d’un monde à trois qui exclut toute autre relation.
Non, Léa et Luc s’aimaient d’une passion endiguée et mesurée par un respect et une confiance mutuels. Le désir d’un enfant, sa conception puis sa maturation dans le giron serein de la matrice maternelle s’étaient enchaînés dans une douce et tranquille évidence. Quatre bras et deux regards s’apprêtaient à accueillir le fruit de cet amour et, un soir d’été, alors que la chaleur de la journée commençait à décliner dans la lumière douce et orangée du soleil couchant, Émilie sortit sa petite tête, jeta son premier cri comme le chant du rossignol, chant d’amour à jamais tourné vers sa source. Ses yeux troubles de nourrisson accrochèrent le regard de sa mère, peau contre peau ; l’instant se figea, intense et fragile comme seuls peuvent l’être les instants d’éternité, fulgurants, à jamais inscrits dans la mémoire de l’âme, même quand tout a disparu. La voix grave et sonore de son père vibra à ses oreilles comme à travers la paroi qui l’avait protégée pendant neuf mois et la chaleur de ces mains marqua à tout jamais son corps comme une empreinte indélébile qui l’inscrivait dans les racines de sa famille. Oui, à bien des égards, ce fut une naissance idyllique.
Quand elle reçut son prénom, premier cadeau qui assurait son appartenance à la société des hommes, ce fut comme une musique, la matérialisation sonore du lien qui lia Émilie à Léa et à Luc aussi. « Émilie, ma chérie, ma Milie, ma chérie... » Comme deux oiseaux qui se béquetaient avec tendresse, Léa chantait et Émilie gazouillait, les yeux rivés l’une à l’autre. Luc et Léa n’avaient pas d’idées bien arrêtées sur l’éducation qu’ils souhaitaient donner à leur fille. Appréhendant leur nouveau rôle de parents comme ils avaient appréhendé les débuts de leur amour en suivant le credo du « chaque jour est un nouveau jour », chaque réveil à trois devint une nouvelle découverte, un nouvel espoir, parfois aussi une nouvelle inquiétude. Mais chaque nuit apportait son sommeil réparateur, sa petite amnésie sélective qui permet d’affronter les lendemains avec joie et avec espoir.
La petite enfance d’Émilie n’eut rien d’exceptionnel dans les étapes franchies : premiers pas, premiers mots, premières dents, premières colères. Luc et Léa accueillirent toutes ces premières fois avec la bienveillance et la force tantôt affermie, tantôt vacillante de la plupart des parents. Le ciel d’Émilie se limitait encore au regard et aux bras maternels et à la voix toujours sonore, parfois grondante de son père. Chaque chagrin, chaque petit bonheur était accueilli par ce firmament parental et rien ne semblait pouvoir perturber ces moments de félicité.
Quand elle eut trois ans, Émilie découvrit une passion qui allait marquer sa vie, même si dans les premiers instants elle apparut comme une toquade d’enfant, un passe-temps charmant, amusant même à bien des égards. Cette passion fut, celle, étonnante, du découpage et de toutes les activités mettant en œuvre du papier, des ciseaux, des crayons et un rouleau de scotch. Si Léa et Luc ne se distinguaient pas par des positions réactionnaires en matière d’éducation, leurs valeurs et leurs convictions éloignèrent Émilie de toutes les sortes d’écrans qui se multipliaient à cette époque : télé, tablettes, et autres smartphones... Premiers gribouillages, premiers collages et bricolages. Les petites mains, d’abord maculées de feutre, devinrent plus habiles et tandis que les dessins défilaient sur la porte du frigo, bonshommes patates, soleils souriants, maisons en deux dimensions entourées de jardins aux fleurs gigantesques, Émilie s’appropriait le monde, le découvrant, le créant avec une exubérance et un appétit sans cesse renouvelés. Chacun de ses désirs se concrétisait dans ses petites mains d’enfant, ses petites mains de fée du papier, effilées et aériennes. Il n’était pas rare de la retrouver le soir, dans son lit, entourée de papiers épars et de crayons, parfois même d’une agrafeuse, en dépit de la surveillance parentale, en train de reproduire un livre lu à l’école, le dessin animé vu quelques heures auparavant, mais aussi un sac à dos, un smartphone ou une tablette dont le cordon d’alimentation, intégralement constitué de bandelettes coupées et collées les unes aux autres, était relié au mur avec un bout de pâte à fixe.
Luc et Léa s’amusaient souvent de ces trouvailles fantaisistes, voire saugrenues, mais les excès d’Émilie les déroutaient parfois. Un jour, Léa dut se fâcher et refuser à Émilie un rouleau de scotch et une rame de papier que la petite fée comptait transformer en jeu de mikado... Pourquoi n’y arriverait-elle pas, il suffisait de le désirer après tout, et de faire fonctionner les ciseaux, et la colle, et le papier ! Léa n’envisagea pas le projet avec le même enthousiasme. « Un mikado ma chérie ? Mais... Comment veux-tu faire un mikado avec du papier ? Les bâtonnets sont en bois ! » Mais la toute-puissance que ressentait Émilie était sans limite. Le monde lui appartenait, façonné avec du papier au gré de ses désirs et il lui était impossible de penser autrement du haut de ses cinq ans. Ses premières colères et ses premières frustrations surgirent ainsi des premières limites matérielles qu’elle rencontra dans ses multiples entreprises. L’affaire du mikado avait été l’objet d’une longue discussion mais Léa finit par refuser formellement le projet. Si l’opération magique était envisageable dans l’esprit de la petite fille, la mère décida que ses talents d’alchimiste de la papeterie devaient trouver sa limite ici. Précisément ici. On ne va pas contre les lois de la nature. Et si le bois peut se transformer en papier, le papier ne peut pas redevenir bois. La nature ne l’autorise pas.
Un autre jour, ce fut l’affaire du hamac pour peluche. Émilie venait de découvrir avec joie cet objet merveilleux en jouant dans le jardin d’une petite voisine et le désir irrépressible d’en posséder un bien à elle l’avait saisie dans une pulsion que seule l’enfance peut connaître. Léa avait voulu s’interposer alléguant à nouveau les lois de la matière et de la gravité, ajoutant également les préoccupations plus triviales et plus matérielles de préservation du papier peint de la chambre... Ces premiers contacts avec la rationalité et les idées des autres, bien souvent aux antipodes de ses désirs, heurtèrent Émilie de plein fouet. Elle, si habituée au regard amusé de sa mère, ne comprit pas la teneur de ce « non ». Elle avait juste sept ans et l’âge de raison ne s’était pas encore emparé de son âme d’enfant. Elle se braqua, s’agaça, insista, cria et s’obstina. Le premier mur s’éleva devant elle : un bloc compact, sans faille, le « non » maternel entièrement figé dans ce corps qui lui tenait tête. Un corps entier, celui qu’elle aimait tant et qui lui disait « non ». D’où partit le premier élan de haine ? De la mère ? De la fille ? On l’ignore. Mais c’est de de la bouche de Léa que sortit un « Tête de pioche ! » agacé, et c’est de la bouche d’Émilie que sortit un « Toi-même ! » vindicatif. La paire de ciseaux fut confisquée au même titre que le scotch et cet événement fut le premier séisme dans l’univers sans tâche d’Émilie. Mais la terre maternelle est solide et si d’autres répliques se succédèrent au fil des mois, Émilie continua d’adorer Léa et Léa continua d’adorer Émilie. Le ciel pouvait s’obscurcir, les nuages étaient éphémères et ne cachaient jamais le soleil très longtemps.
Ce ne fut pas un séisme mais bien une fin du monde qui s’abattit sur Émilie quand elle eut dix ans. Sur Émilie et sur Luc aussi, le deuxième pilier de son univers. La nouvelle tomba sur le père et sur la fille comme un coup de tonnerre dans un ciel serein, aussi brutal qu’inattendu. Leur ciel s’assombrit d’un coup, le cancer envahit leur vie, leur univers tout entier. Et tout s’effondra. Rien ne laissait présager la maladie de Léa dont la santé n’avait d’égale que la joie de vivre et dont le caractère savait affronter les coups durs habituels d’une vie sereine et équilibrée. Rien non plus ne laissait présager que le petit crabe pervers s’attaquerait à sa gorge, elle qui n’avait jamais fumé une seule cigarette de sa vie. Quel malheur inconnu avait pu s’étrangler dans sa gorge pour sortir sous la forme d’une tumeur déjà trop développée pour être retirée au moment où elle fut décelée ? Le caractère inattendu de l’annonce, ajouté à la fulgurance de la maladie, rendirent pathétique la fin de la jeune femme. Émilie découvrit le non-sens de la tragédie, son caractère implacable et injuste, mais surtout sa toute-puissance. Elle perdit d’abord la force et la joie de vivre de sa mère. Puis sa voix, sa si jolie voix qui murmurait toujours à son oreille : « Émilie, ma chérie, ma Milie », puis son corps, définitivement, qui disparut un jour de son regard, de son espace, à jamais. Une planche de bois, une grande voiture noire et la terre. Le bruit de la terre sur la planche. Enfin la pierre, dure et froide, dernier rempart qui coupa définitivement Émilie de la terre et du ciel maternels. Pour toujours. Disparus également le visage souriant et les joues douces, les bras toujours ouverts et accueillants, la poitrine chaude et palpitante, les jambes toujours prêtes à s’élancer. Ne restait plus que le souvenir d’un timbre sonore, d’une odeur de rose et de poudre mêlées. Et le vide immense, un trou jamais comblé, abyssal, qui creusa au fond de l’estomac d’Émilie un gouffre désert et inhabité. Un lien invisible reliait le ventre à la gorge nouée, aux fontaines de larmes de ses yeux. Comme si le cri seul pouvait sortir de son ventre évidé. En perdant le ventre qui l’avait contenue, Émilie se sentit à jamais perforée, comme si son ventre ne pouvait plus que refléter ce vide et hurler sa douleur.
Luc fut anéanti dans les premiers temps, incapable de faire face à la perte de celle qui avait si bien occupé les rôles d’amante, d’épouse et de mère. Puis le sens du devoir l’avait rattrapé dans sa chute vertigineuse, comme une main douce mais ferme, l’avait remonté au bord du gouffre d’où il s’était laissé tomber. Il fit barrage de son corps et retint leur fille par sa présence, son amour et ses sourires où perlaient toujours quelques larmes. Émilie découvrit alors que l’existence était un grand tableau tout en nuances de couleurs, des plus vives aux plus pastelles. Elle apprit à en appréhender les dosages par instinct, elle découvrit la nouvelle palette de leur nouvelle vie. Un goûter impromptu après un retour imprévu du travail, c’était un large trait bleu étalé dans le ciel devenu maintenant gris neutre. Un vrai éclat de rire, franc et sonore de son père, c’était un rayon jaune d’or qui traversait le ciel d’une journée morose. Le câlin après la lecture du soir, c’était le rose tendre qui encadrait les limites de leur existence à deux. Mais ce nouveau tableau connaissait encore des tâches d’ombre qui revenaient régulièrement quand le souvenir de l’absente était trop violent. Les couleurs se diluaient alors et le bleu se nuançait de reflets irisés, comme du métal, le jaune pâlissait subitement et le rose s’assombrissait dans des teintes marron ou rouge.
Émilie accepta de tenir son rôle de petite fille courageuse et soutint son père autant qu’il la soutenait. Elle était devenue un pilier à son tour, même si ce pilier était plus petit, plus fragile. Il tint bon. Il tint tellement bon que Luc ne remarqua pas, tout d’abord, que sa fille commençait à adopter des comportements étranges et inquiétants par leur récurrence. Alors que sa passion du découpage s’était apaisée avec le temps (elle était maintenant devenue une grande fille), elle se remit tout à coup à reprendre ses habitudes d’enfant. Luc ne s’en inquiéta pas tout d’abord, y voyant une forme de régression à une période heureuse de leur existence. Mais cette nouvelle manie finit par occuper tout le temps et l’espace d’Émilie, au sens propre comme au figuré. Il n’y eu plus un seul instant de libre qui ne fut occupé par cette activité et il n’était pas rare que Luc découvre qu’une fois la lumière éteinte, elle était rallumée aussitôt et les ciseaux reprenaient leur danse folle dans un cliquetis incessant, musique obsédante que Luc entendait derrière la cloison. La tâche était sans fin, comme dans les contes ou dans les mythes où les héros sont obligés d’accomplir des actes répétitifs dont le sens mystérieux leur échappe et qui n’a d’égal que la difficulté des épreuves : trier des pois et des lentilles, filer de la paille en or, découvrir le nom improbable d’un lutin maléfique... Luc repensait à toutes ces histoires qu'ils avaient lues à Émilie ; il s’imaginait qu’un esprit malin s’était emparé de sa fille et il n’aurait pas été étonné de découvrir, derrière la porte de sa chambre, une fée ou un lutin qui se serait substitué à son enfant. Une pudeur d’abord, puis une crainte le retenait. Chaque matin, il découvrait un monceau de papiers découpés, certains collés entre eux, d’autres coloriés, au pied du lit de sa fille, parfois à l’intérieur même du lit, sous le petit corps abandonné dans le sommeil. La peur de la bousculer, la paresse, la tristesse le faisaient renoncer à toute demande de rangement. Il ne pouvait, ne voulait pas lutter contre cette lubie qu’il ne comprenait pas. Les papiers s’amoncelaient par strates successives, et formaient un bloc de mystère tout en déchirures et en collages.
Mais l’amour paternel a aussi ses limites et un jour, alors qu’il repoussait du pied le tas de papier afin de passer l’aspirateur, Luc eut un sursaut de colère et d’agacement. Il était fatigué, malheureux et tellement seul. Léa lui manquait terriblement, à un point difficile à concevoir. Alors, c’est en gris acier que se teignit le ciel de leur famille meurtrie, et ses yeux aussi, quand il s’écria : « Émilie, il faut faire quelque chose, soit tu ranges tous ces papiers, soit je les jette. Ça devient irrespirable, tu vas finir par étouffer dans cette chambre ! Je ne peux même pas nettoyer le sol. » Émilie se braqua, comme elle s’était braquée autrefois pour le hamac à peluches, une dispute s’ensuivit et la menace tomba, de ce pragmatisme cruel que l’on ne trouve pas dans les contes de fées : « Si ce n’est pas rangé dans deux heures, je mets tout à la poubelle. » La porte claqua et un silence de mort s’abattit sur le père et sur la fille comme si un vent glacé avait chassé toutes les couleurs du tableau de leur existence. Luc eut des remords, il aurait voulu s’excuser, mais une honte l’empêchait de franchir le seuil de la chambre, de toucher même la poignée de la porte. Il restait pétrifié comme si la violence de son discours avait jeté sur eux deux une malédiction irréversible. Derrière le mur, on entendait un bruit de scotch dévidé et arraché avec rage, et des sanglots de colère ponctués par des reniflements. Peu à peu on n’entendit plus que le dévidoir et le bruit méthodique du geste sec au moment du découpage. Le rythme devint plus régulier, moins haletant. Les froissements chauds du papier accompagnaient les sons stridents du scotch et enfin, on entendit un dernier son, comme un froissement plus intense. Puis, plus rien.
Luc, qui guettait chaque bruit, chaque mouvement, n’osa pas mettre sa menace à exécution et dépassa largement le délai de deux heures avant d’oser se manifester. Quand la nuit commença à tomber, la peur prit le dessus sur la colère et la pudeur. Il frappa doucement à la porte en appelant : « Milie, ma chérie, je peux entrer ? ». La chambre restait silencieuse ; il prit la décision d’ouvrir délicatement la porte. La lampe de chevet seule était allumée et il ne comprit pas tout de suite ce qui se dessinait sur le lit d’Émilie. Il vit d’abord une silhouette lovée en chien de fusil et collée à elle, une masse sombre qu’il ne distinguait pas dans la pénombre. Sur l’oreiller, de longues bandelettes de papier coloriées en noir avaient sans doute été enroulées autour d’un crayon pour créer des mouvements d’ondulation. Rassemblées et scotchées sur une feuille blanche taillée en une forme ovale, elles encadraient des nuances de rose et de bleu jetées çà et là sur la surface immaculée. Quelques traits plus sombres, de noir et de brun, illuminaient comme un soleil le velouté du papier qui avait visiblement été choisi avec soin. Collé au dos d’Émilie, un bouillonné de papier rose froissé avait été ramassé d’abord dans un enroulé de scotch savamment agencé avant de s’étaler comme la corolle d’une fleur. On percevait les traits rageurs et précipités des crayons de couleur qui avaient dû occuper les petites mains de longues heures. Plus bas, deux grandes bandes faites de papier coupé et collé et recouvertes d’une ombre beige venaient épouser les jambes d’Émilie dans une tendre caresse.
La petite fille s’était assoupie, le sourire aux lèvres, quelques perles étincelantes brillaient encore au bord des cils. Elle avait croisé les bras sur sa poitrine et, dans ses petites mains de fée, elle accrochait deux dernières bandes qui avaient été faites avec du papier d’écolier, ligné et encore tracé de lettres enfantines. Sans doute à court de matériel, Émilie avait-elle dépecé ce vestige de son enfance heureuse ? L’encre légèrement diluée par le temps et la manipulation du papier donnait l’illusion de veines bleues qui parcouraient les mains et les bras de papier qui l’enveloppaient. Luc s’approcha davantage et lut, sur une bride papier qui s’enroulait aux doigts d’Émilie, un reste de poème qu’il avait oublié et que sa mémoire ramena dans un souvenir fulgurant comme une musique qui remonte du fond de la mémoire car elle n’a jamais été oubliée :

« Maman, ta voix, la plus douce musique,
Maman, ton cœur, qui répond à mon cœur, »

Son cœur se serra. Il revit la petite fille, émue, les joues roses, récitant des étoiles plein les yeux, son premier poème de fête des mères. Il n’eut pas besoin de rechercher la suite du texte qui surgit de lui-même dans son esprit :

« Je ne connais de chant plus beau, plus pathétique,
Je ne connais d’accent ayant plus de douceur.
Maman, ta voix, et ma joie étincelle,
Et mon rêve est plus vrai et mon ciel est plus bleu,
Je t’entends et, soudain, la lumière est plus belle
Car je la vois danser tout au fond de tes yeux... »*

Il caressa avec tendresse la petite joue encore humide, éteignit la lampe de chevet, quitta la chambre dont il referma la porte avec douceur. Par terre, comme un accent circonflexe, les deux lames d’une paire de ciseaux étincelante reflétaient la lumière de la lune.


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* Rolande Cielny

PRIX

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Baluol · il y a
La naïveté créatrice comme riposte a l'indicible... une nouvelle triste mais belle, qui souligne des liens indestructibles...
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Laurent Martin · il y a
C'est triste 😱
Perdre sa maman à cet âge, pauvre enfant 😞
J'ai dévoré votre texte, très tendre par la forme et dur par le fond... car étant papa, j'ai la hantise de vivre un drame de ce genre ...

Vous avez mes 4voix
Si la curiosité vous en dit, je vous invite à venir decouvrir mon oeuvre en lice pour le TTC
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/paillasson-le-herisson
Merci d'avance pour votre lecture

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Samia.mbodong · il y a
Beaucoup d'émotion dans ce texte, un voyage temporel dans la vie de cette enfant douée pour le découpage. Vous transcrivez parfaitement bien les sentiments de Léa d'Emilie et même du père qui finit par ne plus savoir. Votre écriture est agréable à suivre et nous entraîne dans ce voyage dramatique, de maladie, de chagrin et tristesse.
Pour la fin vous nous laissez le choix...
Bravo et merci pour ce texte fort.

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Dimaria Gbénou · il y a
Super bien. On peut me 1er de débats sur ce texte et je l'ai fait. Ça apporte quelque chose et c'est super intéressant. Bravo et bonne continuation. au cas où le temps vous le permettrait, je vous invite à découvrir ma nouvelle " sous le regard du diable " qui participe au Prix littéraire " Jeunes écritures ...? https://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/sous-le-regard-du-diable
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Eddy Bonin · il y a
Bravo Cécilia. C'est très bien exprimé... Toutes mes voix d'encouragement.
N'hésitez pas à en faire de même si, seulement, ma nouvelle vous plait :) Un voyage au Japon en 3 minutes chrono : https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/une-main-tendue-4

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Pherton Casimir · il y a
J'adore ce texte... Bonne chance à vous ! Toutes mes voix !
Je vous invite à me supporter https://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/friendzone Friendzone, hyper intéressant.
Merci !

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Felix CULPA · il y a
On est bien faible face à la souffrance et à la maladie ! Votre récit est plein d'émotions ! Je vous donne mes 3 voix et je m'abonne. Merci de soutenir mes deux textes en concours !
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/les-droits-de-lame
https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/le-braquage-poetique

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Marie-Françoise · il y a
joli texte émotions garanties voici mes voix. Mon lapin brun est en finale jusqu'à demain viendrez-vs le soutenir ?
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Chantal Sourire · il y a
Beaucoup d'émotions chez le lecteur, un drame pour cette fillette et mon vote !
Et je vous invite sur ma page si le coeur vous en dit, merci ...

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