Le jeu du destin

il y a
6 min
397
lectures
29

L'écriture pour moi veut dire l'évidence, l'harmonie, le plaisir, la palpitation, le séjour entre les mots et les phrases  [+]

Au crépuscule , de faibles feux solaires jaillissaient, s'élançaient , armés, glorieux dans le bleu matinal. Dans un tout petit village, le petit écolier Ali efflanqué, maigre, et squelettique, marchait à grands pas dans un chemin si boueux de giboulée, où on entendit des soufflements d'un aquilon très violent, que la boue gicla sur le petit. Il traversait chaque matinée 5 km de chemin à l'école. Ses joues rosies de froideur , son petit corps gélifiait de froid sévère et de peur des chiens sauvages. Il souffrit tellement, sa mère dans sa petite masure si misérable, si vétuste et si délabrée, ne cessait guère de geindre de faibles plaintes inarticulées de douleurs, de peine, et de souffrance d'une voix gémissante, lamentable et plaintive. Son corps était délicat, fluet et fragile, un manque de force morale et une dénutrition si violente. Alors, Ali arriva et pénétra la classe en frissonnant de la crainte. Ce matin là, le maître tardait de venir, c'était une personne sale, vulgaire et sans éducation, un furax furieux roulant des yeux de braises allumées foribondes de colère folle , sans mesure, d'acharnement, de furie, et de violence extrêmes, ne cessait guère de réprimander. En résumant, un fou forcené de la frénésie et même de la fureur de vivre. Un chahut, un tabage, une agitation bruyante si terrible d'écoliers entendus de très loin, les élèves bavardaient du jargon à haute voix, pendant que le petit contemplait des fusains, des arbrisseaux à feuilles sombres et luisants à fruits rouges qui entraient d'une fenêtre. Et d'un seul coup brusque, le maladroit pénétra avec une telle arrogance malgré qu'il était mal fagoté , ficelé et d'une excessive sévérité. Il était tout édenté avec une chauve tête, et un cou poilé comme celui du dindon.

Et d'un ton pompeux , sentencieux et déclamatoire protesta :"

_"Allez -y prenez vos nouveaux cahiers de leçons!"

Malheureusement, le pauvre Ali n'a pas pu l'acheter , car la petite somme de leur père décédé ne suffisait que d'emplir leurs nécessaires besoins domestiques. Soudainement, le maître criait à grosse voix:"Eh!toi! Le petit gnome dont les yeux dédaigneux, viens ici ! Espèce de nains et de luttins ! ! Le petit s'approcha de lui avec lenteur en tressaillant d'effroi. Le méchant qui lui montait la moutarde au nez, le prit de ses oreilles vers le tableau en annonçant une volée de bois vert:

_Sale nigaud, paresseux, fanfaron, vantard, jocrive , ne joue jamais avec moi, où est ton cahier grossier, impoli?

À ce moment là , tout le monde se taisait d'angoisse, et le pauvre baissa sa tête sans prononcer aucun mot et le maître termina sa parole en clabaudant:"vas-y pauvre bête , transforme cette phrase au pluriel!!

Il répondait impeccablement, posa la craie et revint à sa place tout de suite. Et d'un ton brusque, ce braconien braillait, vociférait, criait des cris d'orfraie, le tira de sa place en blâmant , fustigeant, critiquant, désapprouvant violemment et annonça :_"Mais c'est quoi cette sottise, cette paresse là, cette phrase est trop bourrée de fautes, où est la marque de majuscule au début de la phrase? tellement c'est une faute funeste, tragique, ignare , que tu es un mal instruit, indigent et incorrect moutard!

Quelle mauviette ce sot-là!

Eh bien, le petit qui était à l'état d'une personne effarée, égarée, troublée en provoquant un effroi terrible mêlé de stupeur et d'affolement. Une grosse crainte et une défiance glaçaient ses veines, il ne savait quoi faire en cet instant là, même les élèves stupéfaits restaient bouche -bée. C'était comme une goutte d'eau qui fait déborder un vase. Et d'un ton furtif, rapide et discret à la dérobée qui passe presque inaperçu commença à le tabasser à si forts horions très violents dans la paume de ses petites mains , et puis à lui donner des coups de pied intenses et terribles à ses petites jambes fuselées, fragiles et molles jusqu'à ce qu'il ne pouvait pas à se mettre debout, ses collègues se gaussèrent , se moquèrent ouvertement de lui, et le véhément engueula comme du poisson pourri en le chassant:

_ Vas-y ouste! Mauvais galopin turbulent, insupportable, grognon, revêche, maussade,(en le poussant), vas-y Dégage ta saleté de ma classe! Que tu es d'une avarice sordide! Pauvre avare! Pauvre grigou! Pauvre ladre! Espèce de cons et de coquins! Famille flopée de paresseux! Oh mon Dieu! Qu'est ce que cette fainéantise, cette paresse, cette flemme brutales! Qu'il est si godiche, si benêt , si maladroit ce gars!

Les élèves qui ne cessaient guère leurs moqueries, en revanche, ses deux amis intimes voulaient l'aider à revenir à son logis très éloigné et d'essayer de le calmer après la parole offense du branquignol.

À ses mots chagrinants , offensés, Ali se rembrunit, se remfrognait. Il furetait, musardait, flânait toutes les ruelles, près des taudis insalubres des quartiers pauvres quittant la scolarité, et sa mère dont la santé détraquée, souffreteuse dans son étroite pièce où se dégageait une odeur prenante et désagréable exhalante ce qui a longtemps été maintenu dans leurs atmosphère viciée, respiré le remugle. Adonc, Ali prit la décision d'aller chercher un boulot dans l'espoir d'avoir une somme d'argent afin d'aider sa famille anéantie et ruinée après le décès du père. Au début ,en passant près de l'école, il allait reluquer les cours d'une si petite fenêtre secrète de la classe. Mais un jour, cet enfant recevait des repoussements brutaux par un refus des étudiants et du méchant qui blâmait en s'interrogeant aux élèves: "hé !vous! , effarouchez cette bête là, il ne mérite pas d'étudier!dégagez le d'ici! Qu'il est si dégueulasse !

Le torrent des larmes ne tarissait jamais de ses profonds yeux et le sentiment d'abandon, de solitude, d'impuissance, de souffrance, du désarroi ne quittait jamais son esprit. Une âme de détresse totale. Et l'expression contractée du visage, n'abandonnait guère sa petite figure innocente . Il devenait de plus en plus famélique , étique tel un clou, et d'un teint sans éclat, d'une couleur fade , délavée, pâle et terne. Il se sentit affaibli, fatigué, las moralement et perclus de douleurs, et à chaque journée , après ses longues recherches de travail , il escaladait les arbres tel un singe, dans l'espoir de s'émotionner par les sons musicaux, les belles mélodies du Rossignol. Pendant qu'un vieillard le contemplait toujours si longuement d'une portière boisée de sa baraque. Brusquement, une matinée, il sortit en lui disant d'un ton interrogatif:

_"Descends de ton perchoir mon fils."

Le petit descendit vite soupçonné, et le vieil ajouta:" mais qu'est ce que tu fais ici ? As-tu abandonné la scolarité ? "

De petites gouttelettes de larmes innocentes coulaient sur sa face en réclamant à voix basse:"j'aimerais bien étudier , mais malheureusement , j'étais destiné à vivre cela, j'étais obligé de l'abandonner pour certaines circonstances"

Il s'arrêta un moment, puis termina sa parole :"le maître était toujours si incommode, si ennuyé, si gêné, si embarrassé et si troublé, d'une attitude haineuse, méchante et agressive, m'a chassé de l'école, et au lieu de rester à la maison comme chômeur, je trouve que c'était obligatoire d'aller postuler un travail pour payer nos dépenses. Le vieillard reprit la parole en écarquillant ses yeux d'étonnement:"Et ton père ne travaille pas???"

_"Mon père est décédé l'année dernière, ma mère est toujours dolente, et ma petite soeur souffrante du diabète , mais elle s'occupait de ma mère , donc moi, j'ai besoin de travailler".

_"tu sais que je suis un mécanicien et je t'ai bien aimé, viens avec moi, je vais t'apprendre la mécanique".

Ali le joyeux, son teint devenait resplendissant et florissant. Les jours passèrent, et la mère commençait à réagir positivement au traitement. Son fils devint de plus en plus célèbre dans le village. Elle devint si fière de son travail fignolé, exécuté par un soin minutieux. Un matin très tôt, le méchant maître vieilli entra avec outrecuidance et fatuité dans une brillante voiture au garage du jeune mécanicien. Et d'un seul coup brusque, le pauvre qui était entrain de prendre son petit déjeuner, goba une si grande tranche de pain soudainement en aspirant et même sans la mâcher. Après quelques minutes de silence,Ali lui demandait avec hésitation :" laisse! Laisse ta bagnole à demain, le vieux qui ne comprenait rien du tout , s'étonna et sortit.

Cependant, il a fait presque toutes les réparations nécessaires pour que la voiture devint toute neuve. Après, des heures et des heures, le vieux revint une autre fois, et demanda à grosse voix:"combien??"

_"2000 dhs Monsieur"

_" Mais comment? , je ne possède que quelques dirhams , mais c'est trop cher comme même !"

_" tu n'as pas le choix, soit tu me payes le montant, ou j'appelle la police!"

_" comment je peux te payer toute cette somme , et je suis qu'un si misérable, n'y a-t-il pas dans ton coeur un grain de miséricorde et de compassion pour ce pauvre homme?

_"veux-tu vraiment que j'aie pitié de toi? Essaie de te remémorer, de cogiter, et de méditer ce que t'as fait avec l'un de tes élèves qui a perdu son avenir fleuri à cause de toi, et de tes mauvaises paroles offensées ! !

_"ne me rappelle plus de ce maudit , ce détestable, cet exécrable, ce damné là !"

Ali se vexait et l'interromput tout de suite en hurlant:"tais-toi mauvais injuste, je pense que tu ne m'as pas encore connu , c'est moi Ali , le maudit que t'as chassé ce jour là, mais tout est oublié , vas-y dégage toi de mon garage, et ne reviens jamais ici!"

Le vieillard baissa sa tête d'humilité et de honte en disant:"et le montant!"

_"dégage d'ici , que tu es un si fumiste, si amateur, si fantaisiste et si mendiant!!"

Et depuis ce jour là, Ali et sa famille migraient vers la ville, en quête de renommée ailleurs, et tout cela grâce à sa bénédiction par Dieu et par sa mère.

Et en conclusion, je recommande à tout lecteur de ne jamais perdre espoir dans la vie , tout est possible grâce à la persévérance, et au bon travail.
29

Un petit mot pour l'auteur ? 20 commentaires

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Mohamed Laïd Athmani
Mohamed Laïd Athmani · il y a
J'ai aimé.
Texte très touchant.
En rapport avec la réalité vécue dans nos montagnes.
C'est tout un univers qui est présenté.
Je t'invite à lire: "" DIGOINAISES CORPS ET ÂME"

Image de Eric Lelabousse
Eric Lelabousse · il y a
J'aime ce récit touchant. Tous mes encouragements.
Image de Wiame Diouane
Wiame Diouane · il y a
Merci Éric pour votre lecture
Image de Dominique Coste
Dominique Coste · il y a
J'ai beaucoup aimé l'ambiance..un texte touchant. Mon vote.
Image de jusyfa *** Julien
jusyfa *** Julien · il y a
Le fond est excellent, la forme demande plus d'attention, les ingrédients pour la réussite sont présents.
Julien.

Image de Wiame Diouane
Wiame Diouane · il y a
Mes remerciements pour votre lecture !
Image de Oussama Bouchama
Oussama Bouchama · il y a
C’était un court récit assez touchant! J’ai bien aimé la richesse du vocabulaire de ce texte et je vous encourage d’en faire mieux
Image de Wiame Diouane
Wiame Diouane · il y a
Merci beaucoup pour ta lecture et ton commentaire élogieux.
Image de Marc Cambon
Marc Cambon · il y a
Je suis d'accord avec vous la ténacité avant tout

Vous aimerez aussi !

Nouvelles

Il est réveillé !

Chantal Sourire

Tout ce que je sais, on me l’a raconté.
Le vacarme venu des entrailles de la terre, écrasement de tôles, crissement des rails tordus, hurlements de bêtes piégées quand elles pouvaient encore... [+]