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Le gros Joshua

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Yopatate

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Debout, devant sa table de cuisson flambant neuve, huit feux, induction, réglage de la température de chauffe, et non pas un simple thermostat, mille cinq cent euros au bas mot, mais quels plaisirs en perspective. Malheureusement, il n’est que quatorze heures, impossible de cuisiner, impossible de manger maintenant, ce n’est pas l’heure.
Une pièce de son appartement est dédiée à sa bibliothèque, vaste, moquette brun sombre au sol, épaisse et douce aux pieds, feutrant tous les bruits, d’innombrables rayonnages d’étagères en acajou du sol au plafond, échelle sur roulette pour attraper les volumes les plus hauts. Au milieu de la pièce trône un fauteuil en cuir, profond et moelleux, comme le siège d’un roi, et à sa droite une simple petite table destinée à recevoir le volume convoité en attente d’une prochaine ouverture. En face, la fenêtre, dont on devine la présence grâce aux rideaux en velours épais ocres qui l’ornent, occultant ainsi la lumière naturelle et le temps qui passe.
Il y passe énormément de temps, peut être la majeure partie de son temps, en tout cas tout son temps libre, assis dans son fauteuil, sur sa table une tasse de thé infusée deux minutes achetée dans son magasin favori, les rideaux toujours tirés pour que la course du soleil n’influence pas sa lecture en rythmant le temps qui passe. Il choisit son volume avec soin, selon l’envie du moment, il a ses préférés, Robuchon et Bocuse les plus connus, les meilleurs. Confortablement installé, il prend son repose livre sur les genoux, y dépose l’ouvrage qu’il ouvre à la première page, il humidifie le bout de son index, comme s’il léchait un restant de sauce accroché au coin de cette page et commence son investigation, il n’y cherche rien en particulier, simplement un voyage dans la gastronomie, simplement se mettre l’eau à la bouche de manière à faire monter l’envie de se préparer un festin. Son regard erre de tartes en compotes, de rôtis en quiches, il s’arrête un instant sur une magnifique bisque de homard, ce qui l’emmène dans un inventaire de son congélateur à la recherche d’une queue de ce fabuleux crustacé. Les pages tournent, les minutes et bientôt les heures défilent, son estomac commence à le chatouiller, il repose son livre, délicatement, et se lève, il est temps.
C’est l’esprit plein des idées qu’il a pioché dans son volume de gastronomie française du début du siècle, qu’il se dirige, l’estomac vide, vers sa cuisine. Pièce flambant neuve, ultramoderne, vingt cinq mètres carrés de technologie dédiés au plaisir de la table et des papilles, des ustensiles dernier cri, tout ce qui est imaginable en terme d’électroménager, four, table de cuisson, four vapeur, cellule de refroidissement rapide, mijoteuse, four à bois, réfrigérateur américain, congélateur, machine de mise sous vide, sonde de température..... L’excitation monte d’un cran, ses yeux courent aux quatre coins de la pièce et déjà il élabore son plan d’action tout en prenant son tablier suspendu derrière la porte pour le nouer autour de son immense taille. Il surmonte enfin sa tête d’une toque de chef pour parfaire sa tenue et pouvoir se lâcher dans l’arène de la cuisine.
Ail, oignon, huile, odeur de rôti, larme, viande crue, parée, coupée, revenue, épices et herbes, eau, crème, légumes, savamment épluchés et découpés pour donner le meilleur d’eux-mêmes, feu doux, pour laisser le temps aux saveurs de se disperser dans chaque met, pour laisser le temps aux alliances de se faire, il met toutes les astuces de chefs dont il a connaissance en place pour évincer une saveur malvenue et en faire ressortir une trop timide pour s’exprimer pleinement.
C’est le moment de l’attente, il prend son tabouret, se poste juste devant la table de cuisson et le four pour en apprécier chaque effluve qui échappe des plats presque hermétiquement fermés, pour profiter des moindres changements d’états de sa recette, pour que la salive lui suinte des glandes, inonde sa cavité buccale et déborde des commissures de ses lèvres. Que l’envie excite son estomac, aiguise ses sens, développe sa faim, qu’il établisse des prières pour satisfaire autant le corps que l'esprit comme des êtres indépendants, insatiables et intransigeants. Ses yeux brillent devant ses casseroles en inox reflétant sa silhouette outrancière, démesurément exagérée, déformée, la salive jaillit en jets erratiques, sa langue sort de sa bouche, comme un serpent agressé, peut être pense-t-il gouter à l’odeur s’échappant des plats, en tirer une quelconque saveur qui étancherait provisoirement son appétit d’ogre. Ses yeux sont deux billes, ils ne clignent plus, ils sont secs et douloureux, ils sont à l’affût du moindre mouvement, d’une bulle de sauce qui viendrait mourir à la surface et libérer une vapeur chargée d’odeur provenant des profondeurs, du changement de couleur du rôti annonçant du craquant ou du croustillant. Il trépigne, sa jambe sautille dans un mouvement saccadé, automatique. Il est raide, animal, fauve, carnassier. Il fait peur, comme un chien prêt à attaquer simplement retenu par une corde effilochée.
Son minuteur égraine les secondes qui le séparent de la table, il se décide enfin à bouger, s’extrait de son tabouret avec difficulté, regret, en jetant un dernier regard aux différents plats, amoureux transit quittant son aimée. Il se dirige vers son salon, pièce carrée sans charme, murs blancs, parquet marron, table en bois style Louis XVI trônant au milieu, flanquée de son fauteuil, énorme, aux coussins en tissu vieux rose recouvert de plastique. Juste avant de sortir de la cuisine, il prend son nécessaire à manger, tout prêt, toujours prêt, complet, aucun besoin de réfléchir, juste d’agir. Une grande assiette en porcelaine blanche, sans motif, pour ne pas déranger son regard ; un couteau, une fourchette, une cuillère à soupe, une cuillère à café, le tout en argent noblement ciselé pour augmenter le plaisir de l’utilisateur ; un verre à eau magistral en cristal, fin et sculpté, pour laisser au liquide la place de s’exprimer pleinement; une carafe, du même cristal et de la même facture, emplie d’une eau tempérée à quinze degrés; et enfin un thermos en inox, simple, presque austère en comparaison, remplie d’une eau tiède. Il jette la nappe blanche sur la table, délicatement brodée de fil vert pâle tout juste visible, pour ajouter du noble à ce tissu sans charme. Dessus il dispose soigneusement ses ustensiles, aux cordons, tout à équidistance de son assiette, un centimètre des rebords de l’assiette pour les couverts, deux centimètres du rebord de la table. Il retourne dans sa cuisine, et pour parfaire le décor de sa table, pose un vase dans lequel est disposé un bouquet de roses en plastique, apportant une majesté figée et mortelle. Les mains appuyées sur le dossier de son siège, il admire son travail, comme à chaque fois le dressage de sa table est identique au précédent, rien ne change, cela lui donne des repères, il sait que le repas arrive à la prochaine étape, il peut profiter de ce moment, des dernières minutes qui le séparent de la dégustation. Cela lui permet aussi d’apprécier son appétit qui monte, progressivement, lentement, à chaque seconde qui passe, il s’étale.
Ce n’est d’abord qu’un simple sentiment, une sensation infime émergeant des confins de son esprit, ai-je faim ?, et puis quelques minutes après elle éclot, une évidence, assurément et avec arrogance. Elle croît, effrontément et se rappelle à lui d’une manière de plus en plus affirmée, de plus en plus rapprochée, de plus en plus exigeante. Des idées naissent, d’aliments par lesquels elles souhaitent être satisfaite, jamais les mêmes, toujours différents. Elle s’érige en chef, magnanime d’abord, laissant du leste sachant faire des concessions, sur la quantité, la forme, s’il lui donne un petit quelque chose, elle se calme, mais s’il se joue d’elle, l’ignore, elle perd toute patience, et devient dictateur, obsédante, elle ne lui laisse pas une seconde de répit, l’épuise d’idée, l’assomme d’envie, ne le laisse pas en paix, vocifère ses ordres en dépit du bon sens. Elle crie elle enrage, elle frappe, elle fait mal, s’emballe, s’enflamme, tiraille. Vide, il n’a plus d’autre choix que de la satisfaire, rapidement, répondant à ses ordres avides, elle paraît insatiable.
Retour à la cuisine, comme un somnambule, la bave dégouline de sa bouche, les yeux à demi clos, il est devant le placard où il range tous les plats nécessaires au dressage des différentes victuailles, d’abord une grande soupière en porcelaine de Limoges aux décors bucoliques d’une scène de campagne, ou le potage aux cèpes trouve une place de premier choix. Puis un long plat en argent se voit surmonté d’un gigantesque rôti de bœuf cuit juste rosé, qu’il nappe d’une sauce grand veneur, le reste se voyant versé dans une saucière en argent double paroi permettant une conservation au bain-marie à la température idéale ; l’accompagnement, une purée de pomme de terre à la truffe blanche du Périgord prend place dans un plat en porcelaine. Il commence à tout disposer sur sa table, au plus près de son assiette. Le potage ensuite la viande et la purée, puis enfin le grand plateau de fromages de régions et sa corbeille de pains spéciaux. Il retourne en cuisine afin de dresser le dessert, une charlotte poires chocolat, sur son plat à gâteau sur pied en cristal joliment ciselé tout en transparence et relief, il en prédécoupe les parts afin de faciliter le service de fin de repas. Avant de retourner dans la salle à manger, il presse sur le bouton de la machine à café, afin qu’il coule et qu’il puisse en profiter juste chaud avec le dessert.
Il est maintenant attablé, il saisit sa serviette d’un blanc immaculé, et du geste d’un habitué, la secoue une fois, sèchement, pour la déplier et l’étendre sur ses genoux à la manière d’un aristocrate d’une autre époque. Il est comme en transe, est-ce lui qui est assis sur cette chaise, ou une caricature, il prend la soupière pleine de soupe, et à l’aide de la louche se sert d’abord l’équivalent des trois quarts de bol, d’une manière distinguée et théâtrale, il prend sa cuillère à soupe et commence à déguster le breuvage épais et chaud, il le sent couler, d’abord dans la cavité buccale ce qui lui permet d’en décrypter les saveurs fines et délicates, puis la douce chaleur se dirige, via l’œsophage, dans l’estomac et disperse sa douceur langoureuse et engourdissante, comme un bébé qui reçoit les premières tétées du sein de sa mère, il s’apaise. Il déguste ce potage, qui disparaît un peu plus à chaque cuillérée, en apprécie les saveurs et en critique le moindre déséquilibre, comme un critique gastronomique, avec lenteur, en levant le nez après la gorgée, tapissant tous les recoins de sa bouche afin d’en extirper son essence. Puis il accélère le rythme, les saveurs sont devenues habitudes et l’appétit inextinguible reprend ses droits, la dégustation est finie il est temps de bouffer. La cuillère se charge de plus en plus, il ne prend plus la précaution avant de l’amener à sa bouche d’effleurer le dessous de la cuillère sur le dessus du potage afin de la débarrasser d’une goutte qui pourrait tacher la nappe, d’ailleurs l’accident arrive, la goutte tombe, et la faim tourne à la voracité, le premier bol est fini, il se sert sans précaution le deuxième rempli à ras bord, sans cérémonie, il l’attaque, la cuillère plonge au fond du bol, pour aller chercher le maximum de liquide, le buste se plit pour limiter le trajet de la cuillère, elle s’enfonce ensuite dans la bouche du gros Joshua, véritable caverne sombre aux rochers en saillis, blancs et acérés, prêt à déchiqueter la moindre chair s’approchant sans précaution.
Il perd de son intérêt pour le potage, son appétit aiguisé, il a besoin de mastiquer, de déchiqueter, de broyer, il a besoin d’en avoir plein la bouche, que ça déborde, il a besoin de dévorer, goulument, atrocement, salement, de se bâfrer, de s’en mettre pleins la panse, plein le bide, il saisit le plat de rôti, pousse son assiette de côté, prend le couteau à viande et sa fourchette pour manger à même le plat, sans cérémonie, il coupe d’énormes morceaux de viande sanguinolente, cuite à la perfection, enfourne le dit morceau et avec difficulté commence sa longue mastication, du jus gicle des commissures de ses lèvres et coule sur son menton, longe le cou, est détourné par la pomme d’Adam, pour finir absorber par le col de la chemise blanche, souillée. Des postillons de sang rosé quand il expire par la bouche, essoufflé par cet effort, viennent mourir en constellation sur la nappe pour en dessiner une carte inconnue. La bouche est pleine, saturée, il a du mal à saisir des morceaux de chair entre ses dents pour en commencer la mise en mort, il jubile, tout coule, tout déborde, il broie tant bien que mal, manque de s’étouffer, la viande transformé en bouillie ne se tient plus, c’est un sentiment proche de la jouissance qui commence à naître au creux de son esprit, l’extase se développe au même rythme que le rôtie se désagrège, plus il avale, plus il se remplit et plus tout s’efface autour de lui, les aliments prennent la place de tout, libère l’esprit, sa langue sort de sa bouche pour lécher ses lèvres et le bas de son menton à la recherche du moindre déchet, comme un chien, il remet bouchée après bouchée toujours plus de morceaux, arrivé à la moitié du rôti, faisant fi du peu de cette convenance anglaise et élégante qui lui restait encore, il pose le couteau et la fourchette sur la table pour saisir à pleine main ce morceau de muscle, le porter à sa bouche en décorant la nappe d’une pléiade de tâches marrons rouges, mêlant sang et jus de cuisson dans un bordeau peu ragoûtant . Avec les dents, il arrache la chair du morceau en tirant et cisaillant de toute ses forces, avide, de la chair se coince entre ses dent lui procurant une gêne atrocement jouissive, en augmentant son besoin de mastication pour s’en débarrasser. Entre et pendant les bouchées, il plonge sa main dans le plat de purée et le porte à sa bouche pour créer une mixture immonde pour les autres et suave pour lui, permettant l’apparition dans sa bouche d’une texture lisse et sèche dont il sentira le parcours douloureux et long dans son œsophage pour terminer avec lourdeur dans son estomac et en sentir un peu plus encore les parois se distendre dans une douleur extasiante.
Dans un moment de clarté, flottant au milieu des déchets orgiaques, il examine ses doigts enduits de nourritures et de sauce, ils sont boudinés, sales, ses yeux errent jusqu’à ses cuisses, jonchées de détritus, le tissus de sa serviette a du mal à couvrir et cacher son pantalon, et par delà cette toile, il voit sa graisse faisant des bosses. Son regard se perd sur les murs de son salon, et se pose sur une vieille photo de famille, dans un cadre doré d’une opulence décalée, dessus, des visages aux lèvres étirées dans un sourire de circonstance, faussement chaleureux, leurs regards d’acier, inquisiteur, agresseur, juge d’une scène abominable, spectateur sadique, dégouté, écœuré, il redouble la mâche, comme pour s’éloigner, s’enfoncer encore plus loin en lui, aux confins de son être, aux confins de la vie, de sa vie . Délaissant le peu de rôti qu’il reste, il prend, sans respect aucun, le plateau de fromage et saisi les morceaux, un à un sans aucun ordre, les porte à sa bouche et arrache des parties entières comme par pénitence, expiant à chaque coup de dents, des fautes inexistantes. Les fromages passent, la douleur augmente, l’oubli s’étale dans le peu de conscience qui lui reste, les mains comme des mécaniques bien huilées amènent les aliments sans plus aucun sentiment vers cette bouche éternellement insatisfaite, insatiable, la douleur de cette distension devenant récompense, devenant calin d’une douceur hérissée de pointes effilées.
Une douleur atroce lui vrille l’estomac, c’est le premier signe de la première vidange. Il soulève la nappe et prend la grande bassine en plastique orange, la dépose à sa droite et se penche juste au dessus, c’est sans effort que le premier jet de vomi sort, la délivrance, la bassine se remplie l’estomac se vide par saccades d’abord agréables, puis douloureuses, les spasmes de contraction envoie une onde jusque dans ses yeux qui se gorgent de larmes pourtant il n’est pas triste. Il se relève, lentement, comme sous le choc, prend le thermos d’eau tiède et ingurgite le liquide goulument, pour remplir son estomac et en vider encore son contenue, en diluer l’épaisseur pour en faciliter l’éjection, pour ne pas se laisser imprégner par ces aliments, dans des jets plus liquides et moins douloureux. La bassine est à moitié pleine d’une masse indéterminée, invisible à ses yeux, son esprit ne pense qu’à la charlotte poires chocolat, trônant insolente à l’autre bout de la table, ça pu, l’odeur qui émane de la cuvette est immonde elle emplie ses narines de sa pourriture intérieurs. Il écarte la bassine du bout du pied pour qu’elle s’oublie sous la table, il redevient tranquille, ses yeux s’assèchent, ils se rallument à la pensée de pouvoir remanger, encore. Malgré le goût âcre et acide qui persiste dans sa bouche, c’est d’un geste empli de cérémonie qu’il prend le dessert et trempe gloutonnement sa main jusqu’au poignée dans le somptueux gâteau pour en récupérer les différentes strates et en apprécier les saveurs en se léchant la main, savoureusement, animalement.
Comment vomir le vide, comment sortir du vide de l’intérieur, le vide ne se vomit pas, il se subit, comme une maladie incurable. Alors Joshua mange, mange pour vomir un semblant de vide, bouffe pour vomir de la bouffe et faire exister son mal invisible, le rendre palpable, lui dessiner des contours marécageux, lui donner l’odeur putride qu’il a à l’intérieur et qui est désespérément invisible aux autres. Il mange, mange, jusqu’au trop plein, mieux vaut être plein que vide.
Comme un vieux Lord anglais désargenté voulant conserver le peu de dignité qu’il lui reste, dans ses vêtements hors d’âge et d’un autre temps, maintenant l’illusion d’une richesse perdue en buvant son thé en sachet premier prix dans une porcelaine chinoise ébréchée. Il déguste son café, sale, couvert de vomissure, le regard hagard, hébété, sonné, anesthésié, dans un geste automatique, ne voyant rien sur la table, malgré l’amas d’immondice la jonchant, malgré la saleté et la puanteur de la scène orgiaque qui vient de s’y dérouler. Il pousse sa tasse, se lève, marche, léthargique comme absent de son corps pour aller s’oublier dans son lit. Il passe devant le miroir en pieds qui orne le couloir qui mène à la chambre, et c’est un sac vide qui s’y reflète, avec cette impression que son corps essaie de fuir les contours de ses vêtements en se recroquevillant vers l’intérieur comme plongeant dans le vide.
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