Le banquier et l'astronome

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Là où je suis. JE NE SUIS RIEN ET NE VEUX RIEN ÊTRE SINON....ÊTRE - JE SUIS - j'ai lu, vécu, appréhendé, souffert, appris. Je deviens parce que je suis  [+]

Une mère élevait seule ses enfants. Elle n'avait pas eu de rêves matériels pour eux si ce n'était de leur enseigner des valeurs : les rendre bons, humbles, moraux et hauts de conscience et d'amour.
Les tâches ne manquaient pas. L'argent rentrait à la hauteur d'un seul salaire et suffisait à peine mais la mère était comblée d'avoir un travail pour sustenter sa progéniture. La misère était souvent au rendez-vous mais nul ne manquait jamais de rien, la Providence veillant à rétablir l'équilibre dans une maisonnée où de tels souhaits étaient prononcés.

Les anges avaient en cette chaumière une ouverture, il fallait bien la saisir !

La mère demanda un soir après avoir lu un conte à ses enfants ce qu'ils aimeraient faire plus tard, quel était leur vœu de métier.
Le premier dit: « Moi, je serai banquier ! Je veux avoir beaucoup d'argent et bien vivre. Et aussi je veux être archéologue.

Tu y arriveras mon fils ! Dit la mère. Tu vivras bien et tu gratteras aussi la terre mais il te faudra beaucoup travailler pour cela. Je t'offrirai les moyens d'y arriver, c'est à dire mon soutien et mon amour. Vois comme je travaille dur et comme nous ne manquons de rien, comme nous sommes heureux !"

Le second dit : « Moi, maman, je serai astronome pour me perdre dans les étoiles et être toujours libre, voler comme les oiseaux, la tête légère dans le ciel.
Tu le seras ! Répondit la mère. Tu seras libre comme l'oiseau mais avant il te faudra connaître la cage pour apprécier ta liberté. Derrière tes barreaux, tu regarderas le ciel puis comme les oiseaux, tu atteindras tes inespérées étoiles. »

La mère avaient prononcé ces mots avec tendresse et moralité comme on lit un conte qui enseigne.

Les années étaient passées. Les garçons avaient grandi, ils étaient devenus grands et beaux.

Ils s'étaient donné les moyens de leurs rêves, tant bien que les anges n'avaient jamais oublié les paroles de ce beau soir de complicité et de partages et les prirent au mot.

Le premier-né devint rebelle, anarchiste, provoquant partout où il y avait de l'argent à prendre, c'est à dire voler; non pas comme son frère l'avait espéré pour lui-même mais un voleur simplement, un qui prend tout sur son passage pour revendre les biens d'autrui. Il prenait la terre par poignées pour la jeter sur les passants.

« Bien ! Pensa l'ange gardien. C'est ce qu'il veut ! Être riche de la sorte, je lui donnerai la rue, la nudité, la laideur ! Il veut fouiller la terre, je le ferai dormir dessus été comme hiver, qu'il pleuve, qu'il neige ! Il sera inscrit en lettres noires sur son corps le passé de ses désirs. Il se tatouera un " A " qu'il devra relever d'un phœnix. »
Le second oublia les étoiles et leur ciel et préféra les étoiles de la drogue et de l'alcool. Il planait avec délice mais chaque retour le fracassait comme chacun de ses "voyages"! De substance en substance, il ne faisait plus que toucher terre, rampant comme un serpent.

« Bien ! Dit l'ange, gardien du second. C'est ce que tu veux ? Les étoiles ne t'intéressent plus et tu voudrais que je meurs à moi-même alors que j'ai envie de l'astre solaire que tu n'imagines pas comme étant plus rayonnant, plus rassurant que tes doses étranges ! Tu as oublié les oiseaux et leur magnifique envol vers la liberté ! Je t'offrirai la cage et les barreaux ! Pendant sept ans, tu connaîtras ma coupe de colère et tu ne verras plus le ciel que derrière des murs en béton et fenêtres doublées de barreaux !

Bien! Dirent les deux anges en un seul chœur . Ils auront ce qu'ils ont mérité ! Nous aurons à beaucoup aimer leur mère qui sera noyée de chagrin pour l'aider à garder l'espérance de leur vœux premiers. Ne fermons pas le toit ! "

Les années continuèrent à passer, lentes pour chacun, la misère grandissante, l'effroi, la terreur, le froid dans les cœurs mais pas dans celui de la mère, qui terrassée, ne se mit qu'à les aimer davantage en leur disant : « Je vous attends. Je compterai, certes les heures, mais chaque jour où le soleil brillera, je vous donnerai le pain et le vin qui n'a de substance qu'en l'éther des mondes. De vos jeunes vies, je ferai le berceau des étoiles en l"oiseau qui n'a besoin que de paille et de grains pour vivre. »

Les anges entendirent cela et se mirent à chanter. Ils avaient une amie terrestre qui avait bien de la douleur mais ils savaient qu'ils pouvaient compter sur elle.

Sept années furent révolues.

Le premier-né revint à la maison. Il embrassa l'amour, c'est à dire sa mère.

« Acceptes-tu que je me repose chez toi ? Dit-il. J'ai trouvé un travail, maman ! Je commence demain, je vais être éboueur . Regarde ! J'ai tatoué un phœnix sur mon "A" pour que plus jamais il ne ternisse ma mémoire.
- Bien mon fils, installe-toi en notre maison, tu es bienvenu. Viens ! Allons dîner car il se fait tard et je pleure encore ton frère, vois-tu, mais toi ce soir tu me donnes un sourire qui fend le toit de notre maison pour rejoindre les étoiles. Donnons le à l'oiseau qui le mènera à ton frère derrière les barreaux de sa prison. »

Le second arriva peu de temps après. Il embrassa l'amour, c'est à dire sa mère et dit :

« Comment as-tu pu vivre toutes ces années de douleurs ? Tu n'as jamais failli à ton sentiment ! Comment fais-tu ? Je viens juste prendre un repas puis partir vivre décrocher les étoiles pour toi. Je veux que chacun de tes sourires soit autant d'étoiles que les oiseaux porteront au ciel. J'ai fait tout ce que je dois faire : trouver un logement, un travail, faits mes papiers. Je suis libre. Libre ! »

Qu'as-tu appris ? dit la mère au premier-né.
J'ai appris que l'argent et les choses n'ont pas de valeur, qu'ils procurent malheur chaque fois que je ne pensai que par eux sans voir l'utilité qu'ils procurent en la vie. J'ai appris à vivre avec si peu de choses dans la rue que je n'ai plus de besoin superflu. J'ai appris surtout que l'amour est plus grand que toutes les choses et l'argent du monde. J'ai eu pitié de toi chaque fois que tu me voyais sous un pont m'apportant à manger, autant que je ressentais ta compassion.

- Qu'as-tu appris ?" dit la mère au second fils.

- J'ai appris que tes sourires étaient les plus beaux des oiseaux, tes dons les plus belles des étoiles. Je les ai explorés et ai découvert des mondes insoupçonnés que je n'aurais jamais pu imaginer sans les barreaux que j'ai dessinés. J'ai exploré le ciel chaque soir derrière ma fenêtre qui donnait sur le vaste champ de solitude et chaque matin, je patientais pour jeter le jour qui a passé en une brassée de feuillets que je regardais voler au vent chaque septième jour. »
Les fils serrèrent leur mère tout contre eux, si fort, qu'elle vit les oiseaux voler loin des cages dorées, loin des cages prisons, loin des trous noirs. Ils étaient devenus beaux.

« Bien ! dirent les anges. Nous croyons qu'ils ont compris la leçon. Chaque larme qui coule est un sourire pour nous et chaque sourire est un rire, alors que demander de plus ? Voici bien une famille heureuse qui n'a fait don que de ses sourires et de ses rires à nos volontés solaires.

L'un des frères demanda : A toute leçon apprise, pourquoi certains adorant Mamon ne sont pas punis comme la vie nous a châtiés ?
C'est très simple, répondit la mère. Tout est dans la capacité de chacun à supporter une leçon. Ce qu'un ne vit pas aujourd'hui, il le vivra demain. Nul n'adore richesses et n'en fait l'éloge ou le but sans que la misère ne vienne un jour l'embrasser.

Reprenons notre chemin ! Dirent les anges. Jamais ne lâchons ces deux êtres ! Un peu de repos nous fera cependant le plus grand bien avant la prochaine leçon ! Et si ce n'est en cette vie, ce sera pour l'incarnation suivante... car nul n'adore Mamon sans récolter le fruit de sa disgrâce morale. Nul n'a conscience que tout est continuité ! Ainsi le proclame le soleil !

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